Python molurus

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Python molurus

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Python molure

Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
Famille Pythonidae
Genre Python

Nom binominal

Python molurus
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

  • Coluber molurus Linnaeus, 1758
  • Python castanea Schneider, 1801
  • Python cinerea Schneider, 1801
  • Python albicans Schneider, 1801
  • Python orbiculata Schneider, 1801
  • Python ordinata Schneider, 1801
  • Coluber boaeformis Shaw, 1802
  • Python bora Daudin, 1803
  • Python tigris Daudin, 1803
  • Python jamesonii Gray, 1842
  • Python molurus var sondaica Werner, 1899
  • Python molurus var intermedia Werner, 1899
  • Python molurus var ocellatus Werner, 1899
  • Python molurus pimbura Deraniyagala, 1945

Statut de conservation UICN

( NT)
NT : Quasi menacé

Le Python molure (Python molurus) est une espèce de serpents de la famille des Pythonidae[1].

Description[modifier | modifier le code]

C'est un gros serpent constricteur, pouvant dépasser les 6,5 m de long pour 180 kg maximum, et il est même fait mention d'un spécimen de 8,15 m (Bellosa, 2004).

Taxonomie[modifier | modifier le code]

La sous-espèce Python molurus bivittatus a été élevée au rang d'espèce.

Distribution[modifier | modifier le code]

Répartition géographique naturelle du Python molure.

Cette espèce se rencontre au Pakistan, en Inde, en Birmanie et au Viêt Nam[1].

Au 20e siècle il a aussi été introduit illégalement (par des terrariophiles non avertis de la taille du serpent et qui, ne pouvant plus le loger et s'en occuper quand il atteint sa taille adulte, le relâchent dans la nature) en Floride et colonise les Everglades où il est en concurrence avec l'alligator du Mississippi.

Habitat[modifier | modifier le code]

On trouve Python molurus dans une grande variété d'habitats allant des prairies aux marais, en passant par les forêts ou espaces rocailleux. Il peut parfois être présent dans des terriers de mammifères abandonnés, des troncs d'arbres creux ou de la mangrove. Dans tous les cas, ils sont présents auprès d'une source d'eau permanente.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Python molure en train d'avaler un jeune Cerf axis dans le Parc national de Mudumalai en Inde

Ce serpent se nourrit de mammifères, oiseaux et reptiles. Il chasse à l'affût et pratique la constriction sur ses proies. Comme beaucoup de serpents constricteurs, les os de ses mâchoires sont disjoints, ce qui lui permet d'avaler des proies de grande taille.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Bien qu'ayant une reproduction sexuée (animaux ovipares), il est fait mention par plusieurs auteurs de spécimens présumés parthénogèniques (Groot et al., 2003 et Kuhn & Schmidt, 2003).

La reproduction sexuée peut avoir lieu lorsque la femelle a atteint la taille d'environ 4 mètres. Deux mois après l’accouplement, elle pond une centaine d'œufs dans un endroit chaud. Les jeunes naissent après avoir été couvés deux mois par leur mère, qui a la capacité de faire augmenter la température de son corps au-delà de la température ambiante par contraction musculaire (bien que Python molurus, à l'instar des autres serpents, soit une espèce poïkilotherme). Les jeunes mesurent de 40 à 55 cm et sont susceptibles de se nourrir de rongeurs et autres petits vertébrés.

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Ce serpent a souvent été tué pour sa peau. Il est également parfois mangé par des populations indiennes, où sa graisse est réputée pour avoir des vertus médicinales. L'espèce est considérée comme "quasi menacée" par l'UICN. Par ailleurs, elle est protégée par plusieurs législations locales, comme celles des États indiens de Kerala et de Tamil Nadu.

En revanche aux États-Unis, notamment en Floride, une augmentation rapide de leur nombre a conduit à des lois fédérales récentes qui interdisent la possession ou le transport sans autorisation de ce genre de python. Les habitants de cet état du sud-est peuvent aussi les chasser durant certaines saisons avec un permis[2].

Conservation en captivité[modifier | modifier le code]

Le python indien (Python molurus), est difficilement accessible sur le marché (il est soumis à l'annexe II de la CITES). En raison de sa grande taille à l'âge adulte et de sa puissance[3], sa maintenance n'est pas des plus aisée. Python bivittatus, autrefois considéré comme une sous-espèce de Python molurus, est plus souvent rencontré en captivité que ce dernier mais est parfois désigné sous le même nom ("python molure"), ce qui peut prêter à confusion.

Jeunes pythons albinos.

Il est par exemple considéré comme un animal dangereux en droit français et sa détention soumise à l'obtention d'un certificat de capacité.

Sélection[modifier | modifier le code]

Comme pour d'autres reptiles maintenus en captivité, certaines phases de python molure sont sélectionnées et reproduites afin d'offrir au public des serpents présentant une plus grande variété de couleurs et de motifs. Il existe ainsi des formes albinos, « labyrinthe » et vertes qui diffèrent de la robe arborée par le serpent dans la nature. Les animaux présentant des couleurs et motifs particuliers sont généralement vendus à des prix supérieurs aux animaux dits "classiques".

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom spécifique molurus vient du grec molouros qui désignait un serpent (Wall, 1921).

Galerie[modifier | modifier le code]

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Référence Reptarium Reptile Database : Python molurus  (en)
  2. Agence France-Presse, « Un python femelle géant rempli de 87 oeufs retrouvé en Floride », Le Point,‎ 16 août 2012 (lire en ligne)
  3. (fr) Philippe Gérard, Le terrarium : manuel d'élevage et de maintenance des animaux insolites, Animalia éditions,‎ 2004, 176 p. (ISBN 2-915740-07-0), p. 112

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bellosa, 2004 : Faszination Rekordschlange. Teil 3: Lass dich nicht beissen. Reptilia, vol. 9, n. 3, p. 42-44.
  • Groot, Bruins & Breeuwer, 2003 : Molecular genetic evidence for parthenogenesis in the Burmese Python, Python molurus bivittatus. Heredity, vol. 90, p. 130-135 (texte intégral).
  • Kluge, 1993 : Aspidites and the phylogeny of Pythonine snakes. Records of the Australian Museum, Supplément 19, p. 1-77 (texte intégral).
  • Kuhl, 1820 : Beiträge zur Zoologie und vergleichenden Anatomie, p. 1-152 (texte intégral).
  • Kuhn & Schmidt, 2003 : Parthenogenese beim Dunklen tigerpython (Python molurus bivittatus). Reptilia (Münster), vol. 8, n. 6, p. 78-82.
  • Whitaker, 1993 : Population status of the Indian python (Python molurus) on the Indian Subcontinent. Herpetological Natural History, vol. 1, n. 1, p. 87-89.