Push-pull (agriculture)

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Le desmodium dégage des substances chimiques qui éloignent les insectes ravageurs

Le push-pull (le chasser-charmer), aussi appelé répulsion-attraction, est une approche de lutte biologique qui consiste à chasser les insectes ravageurs d'une culture principale et à les charmer vers la lisière du champ[1]. Cette méthode dépend de l'agencement pensé de plantes dotées de la capacité biologique ou chimique de repousser, attirer ou piéger les insectes, évitant l'utilisation de pesticides de synthèse ou OGM. La technique fut développée par Thomas Risley Odhiambo[2] de l'ICPE (International Centre of Insect Physiology and Ecology) et offre une utilité particulière en Afrique de l'est, surtout au Kenya, pour lutter contre les insectes nuisibles pour le maïs[3].

Chasser (push)[modifier | modifier le code]

L'action de chasser (push) dans ce mécanisme est fournie par les plantes qui dégagent des substances chimiques qui repoussent les perce-tiges, les éloignant de la culture principale (maïs ou sorghum/sorge). Les espèces dotées des meilleures capacités de répulsion sont des variétés de la légumineuse Desmodium, qu'on plante entre les rangs de maïs ou sorge. Étant une plante de faible hauteur, il ne perturbe pas la croissance de la culture principale, et d'ailleurs, contribue à la stabilité du sol, améliorant sa fertilité par moyen d'une meilleure teneur en matières organiques et la fixation de l'azote. Il représente également un aliment pour bétail bien nourricier et étouffe la mauvaise herbe Striga. Une seconde plante chasseuse est l'herbe de mélasse (Melinis minutiflora), un aliment pour bétail nourricier capable de repousser les tiques tout en attirant des parasites qui attaquent les larves des perces-tiges.

Une substance visqueuse qui suinte de l'herbe à éléphants piège les parasites[4].

Charmer (pull)[modifier | modifier le code]

L'approche dépend d'une poignée de cultures plantées en lisière du maïs ou sorghum. Des graminées indigènes/domestiquées et sauvages aident à protéger les cultures en attirant et piégeant les perce-tiges. Plantées dans la marge autour des champs de maïs et sorghum, ces graminées charment les papillons de nuit adultes grâce aux substances chimiques émises. En même temps, elles servent de refuge pour les ennemis naturels du perce-tige. D'autres cultures, telles que l'herbe à éléphants (Pennisetum purpureum), produisent un liquide collant qui piège le parasite et limite ses dégâts.

Application en Afrique noire[modifier | modifier le code]

Racines avec des striga

Les perce-tiges (stemborers), le striga parasite et une faible fertilité des sols constituent les trois contraintes principales sur la production efficace de céréales en Afrique subsaharienne. Les pertes dues aux perce-tiges peuvent atteindre 80 % dans certaines régions, une moyenne de 15-40 % dans d'autres régions. Les pertes à cause de la mauvaise herbe striga, d'autre part, varient entre 30 % et 100 % dans la plupart des régions, aggravées par la faible fertilité des sols qu'on trouve à travers la région. Là où les deux pestes frappent ensemble, les fermiers risquent de perdre toute leur récolte. La valeur des produits agricoles détruits par les perce-tiges et le striga s'élève à sept milliards de dollars américains annuellement, touchant en grande partie les agriculteurs vivriers, pauvres en ressources.

Maîtriser les perce-tiges en utilisant des pesticides est non seulement coûteux et nuisible à l'environnement, mais s'avère inefficace puisque les produits chimiques ne peuvent pas pénétrer dans les tiges où couvent les larves des perce-tiges. De la même façon, l'utilisation de désherbants contre le striga n'est ni efficace ni faisable chez les petits agriculteurs de la région pour des raisons biologiques et socioéconomiques. La prévention des pertes dues aux perce-tiges et le striga, en plus d'une meilleure qualité du sol dans la seule Afrique de l'est pourraient nourrir 27 millions de personnes de plus.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Documentaire Les Moissons du Futur de Marie-Monique Robin diffusé sur arte[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]