Purisme (linguistique)

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Le purisme, en linguistique, est l'attitude qui consiste à chercher à rendre une langue « pure » en la débarrassant d'éléments considérés comme un appauvrissement du langage et une menace pour son intégrité. Ces éléments rejetés sont le plus souvent :

Les puristes font ainsi une distinction entre un langage « correct » ou « mauvais » : ainsi, il sera jugé que telle personne qui utilise tel terme « parle mal », tandis que telle personne qui en utilise un autre « parle correctement ». Le problème du purisme peut cependant se poser de manière différente selon le statut social des langues :

  • les langues établies comme le français, l'espagnol ou le japonais, sont solides, dynamiques et leurs structures fondamentales ne sont pas réellement menacées par les emprunts et les innovations ;
  • les langues subordonnées ou langues minoritaires, comme le basque, le corse ou les langues kanaks, sont fragilisées par les interférences massives des langues dominantes, qui tendent plus à les remplacer qu'à leur fournir de nouveaux éléments.

Exemples[modifier | modifier le code]

  • Dans la langue française, un néologisme provenant du latin, du grec ancien ou d'un mélange des deux sera préféré à un emprunt anglais, car les deux premières langues, étant la base du français cultivé, sont jugées « plus pures ».
  • Certaines chroniques donnent les termes « à employer ».
  • Refus de l'emploi de « soi-disant » pour parler d'un objet, puisque la définition donnée par la plupart des dictionnaires comme Larousse ou Le petit Robert est « qui se prétend comme tel » [1].
  • Lors de la réforme de la langue turque, Atatürk fit enlever les mots d'origine arabe ou perse.
  • Les puristes du hindi et du swahili ont voulu rompre avec les mots hérités de la colonisation.

Critiques du purisme[modifier | modifier le code]

  • Raymond Queneau, l'un des principaux opposants au purisme en linguistique, souligne l'écart entre le français écrit et le français oral. Ainsi, il cite : « On ne peut plus soigner la France sans lui dire « tire ta langue ». Elle la tire. Moi je la trouve un peu blanchâtre. Ces sacrés Habits verts la soignent, et mal. Il faudrait qu’elle soit un peu plus rose cette langue. Un peu plus rose - au moins. » Dans Bâtons, chiffres et lettres, il propose une réforme radicale de l'orthographe et de la grammaire afin de moderniser le langage[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]site de l'université March Bloch.
  2. RFI-Raymond Queneau, un linguiste révolutionnaire