Puits Sainte-Marie

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Puits Sainte-Marie
Image illustrative de l'article Puits Sainte-Marie
Puits Sainte-Marie
Coordonnées 47° 42′ 10″ N 6° 37′ 47″ E / 47.702855, 6.62974 (Puits Sainte-Marie)47° 42′ 10″ Nord 6° 37′ 47″ Est / 47.702855, 6.62974 (Puits Sainte-Marie)  [BRGM 1]
Début du fonçage 23 avril 1864
Mise en service 1866
Profondeur 359 mètres
Arrêt 1869 (extraction)
1958 (aérage)
Remblaiement ou serrement 1959
Administration
Pays France
Région Franche-Comté
Département Haute-Saône
Commune Ronchamp
Caractéristiques
Compagnie Houillères de Ronchamp
Groupe Électricité de France
Ressources Houille
Protection  Inscrit MH (2001)
Patrimoine XXe s. (2001)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Puits Sainte-Marie

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Puits Sainte-Marie

Géolocalisation sur la carte : Bassin minier de Ronchamp et Champagney

(Voir situation sur carte : Bassin minier de Ronchamp et Champagney)
Puits Sainte-Marie

Le puits Sainte-Marie est un charbonnage appartenant aux houillères de Ronchamp situé à Ronchamp, en Haute-Saône, dans l'Est de la France. Il a connu une activité très irrégulière entre 1866 et 1958. Le chevalement en béton armé date de 1924. Depuis le 29 mars 2001, le chevalement, dernier témoin architectural conservé des mines de charbon de Ronchamp, est inscrit comme monument historique et a obtenu le label « Patrimoine du XXe siècle ».

Situation avant le fonçage[modifier | modifier le code]

En 1830, un sondage est creusé au sommet le la Colline de Bourlémont, non loin de l'emplacement du futur puits Sainte-Marie. Il rencontre le terrain houiller, mais pas de trace de charbon[1].

Dans les années 1860, les houillères de Ronchamp exploitent le centre du bassin minier connu. On dénombre les puits Saint-Charles et Saint-Joseph à l'ouest et les puits Sainte-Pauline et Sainte-Barbe à l'est. Afin de les remplacer, le creusement du puits Sainte-Marie est entrepris à l'ouest pour succéder au vieux puits Saint-Charles, et à l'est le creusement du puits Saint-Georges pour succéder au puits Sainte-Pauline (sans succès)[2].

Fonçage[modifier | modifier le code]

C'est en 1863 que le conseil d'administration décide de creuser un nouveau puits à l'ouest du puits Saint-Charles afin de remplacer ce dernier. À cette époque, les limites du bassin de Ronchamp ne sont pas connues[3]. L'emplacement du puits est établi au pied de la colline de Bourlémont au sommet de laquelle se trouve la chapelle Notre-Dame-du-Haut[4].

Le fonçage du puits débute le 1er avril 1864 et s'achève au bout de deux ans grâce à un treuil à vapeur de six chevaux[2],[4]. Mais à 305 mètres de profondeur, on rencontre une couche de 60 centimètres de charbon ; le puits est ensuite approfondi jusqu’au terrain de transition[Note 1], à 359 mètres, sans rencontrer d'autres couches exploitables[5].

Recherches[modifier | modifier le code]

Malgré ces mauvais résultats, la décision est prise d'aménager le puits comme un site d'extraction avec des cages munies de systèmes de sécurité et d'y mener plusieurs chantiers de recherche[5]. Deux galeries sont creusées. L'une d'entre elles est creusée en direction de l'ouest et rencontre de nombreux accidents de terrain. C'est à ce moment-là que l'on découvre la limite occidentale du bassin minier de Ronchamp[5].

Dans l'autre galerie, seules sont découvertes de fines veines de houille de 70 centimètres entrecoupées de filets schistes et de pyrite[5].

Malgré tout, un petit chantier d'abattage est établi à 400 mètres de la recette inférieure du puits et un peu plus de 1 000 tonnes de ce charbon y sont extraites[6]. Une galerie de jonction est ensuite creusée avec le puits Saint-Charles et l'extraction au puits Sainte-Marie s’arrête là[3].

Incidents[modifier | modifier le code]

Les recherches effectuées au fond du puits Sainte-Marie sont perturbées par plusieurs types d'incidents[7].

C'est d'abord la machine d'extraction qui pose problème. Il s'agit d'une petite machine à vapeur actionnant un treuil. Ce dispositif ne doit durer que le temps du fonçage, mais n'est jamais remplacé. Il permet de remonter cinq tonnes de déblais par jour[7]. Cette machine casse le 13 novembre 1866 en remontant un chariot de charbon. Au moment de l'incident, cinq mineurs se trouvent au fond. Ils sont remontés le lendemain à l'aide d'un treuil à engrenage[7].

En janvier 1868, une cage d'extraction se décroche et endommage des guides avant de tomber dans le puisard. Cet incident provoque quinze jours de chômage pour remettre les installations en état[7].

Le puits Sainte-Marie connaît également un coup de grisou le 24 janvier 1869. Cet accident fait huit morts et trois blessés qui sont retrouvés le 1er février suivant après avoir réparé 250 mètres de boisages[8].

Aérage[modifier | modifier le code]

Photo noir et blanc montrant une ruine et une cheminée d'usine au pied de la colline de la chapelle Notre-Dame-du-Haut
Les ruines du puits Sainte-Marie en 1910.

Le 17 février 1869, le percement en direction du puits Saint-Charles est terminé et le puits Sainte-Marie devient le puits d'aérage pour tous les chantiers de celui-ci[9].

Le puits Sainte-Marie devient ensuite le puits d'aérage général pour tous ses voisins qui eux, exploitent le charbon[9]. Pour cela le puits reçoit de nouvelles infrastructures : l'orifice du puits est fermé par une fermeture mobile à joint hydraulique tandis que le ventilateur Guibal de neuf mètres de diamètre du puits Sainte-Pauline est installé sur le carreau de la fosse. Il est ensuite remplacé par un ventilateur Lemielle plus puissant[10].

Il est abandonné à la suite de la fermeture définitive des puits Saint-Charles, Notre-Dame-d'Éboulet et Saint-Joseph, en 1896[4]. Mais, tout comme le puits no 10, n'est pas remblayé pour permettre aux éventuels gaz de s’échapper, il est alors entouré d’un mur de 2,50 m de haut sur toute sa longueur[11]. Les installations, laissées à l'abandon, tombent en ruine dans les années 1910[2],[12],[i 1].

En 1924, les houillères de Ronchamp désormais en difficulté ne veulent plus négliger la moindre couche exploitable. C'est ainsi que le puits Sainte-Marie renaît de ses cendres, et est équipé d'un chevalement en béton armé conçu par l'ingénieur Liégeois Charles Tournay, d'un treuil électrique et de deux ventilateurs[9],[13]. Mais le puits du Chanois est préféré pour exploiter la houille, car celui-ci est installé près des installations de triage et de lavage. Le puits Sainte-Marie, relié par un montage[Note 2] à ce puits, est néanmoins utilisé comme puits d'aérage général jusqu'à l'abandon des houillères de Ronchamp en 1958[9]. En 1950, ses molettes et sa machine d'extraction sont retirées pour être remontées sur le puits de l'Étançon situé aux affleurements[9].

Reconversion et conservation[modifier | modifier le code]

Après la fermeture, le puits est remblayé avec du schiste. La dalle en béton est coulée le 27 août 1959 par l’entreprise Cotta[i 2],[14],[15]. Dès la fermeture du puits, il est envisagé de démolir le chevalement. Mais la population, très attachée à son patrimoine, s'y oppose, en particulier le docteur Marcel Maulini, créateur du musée éponyme qui forment un comité pour le rachat et l'aménagement du puits Sainte-Marie qui parvient à sauver le chevalement en 1972[16] et EDF le cède au conseil général de la Haute-Saône pour un franc symbolique[17]. Le docteur Maulini, membre du conseil municipal depuis 1953[18], prévoyait alors de le transformer en musée de la mine, mais des problèmes avec les élus locaux l'ont obligé à le construire par ses propres moyens[19],[20].

En 1976, un sondage par carottage est réalisé sur l'ancien carreau de la mine pour rechercher de l'Uranium repéré dans la région de Ronchamp[i 3],[14]. En 1979, le chevalement est rénové par l'entreprise Meuziau[i 4],[14]. En 1994, le carreau du puits est réaménagé avec une locomotive et des berlines (des wagonnets de mine)[16].

Le chevalement est inscrit aux monuments historiques[Note 3] le 29 mars 2001 avec le label « Patrimoine du XXe siècle »[21]. Enfin, en juillet 2011, les alentours du chevalement sont réaménagés dans le cadre d'un chantier international de jeunesse[22],[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le terrain de transition est composé de toutes les couches se trouvant sous le terrain houiller, à partir du socle où repose celui-ci.
  2. Il s'agit d'une galerie inclinée, creusée en 1928, par laquelle on accède, en montant, à la zone minéralisée.
  3. Citation de la notice (base Mérimée) : « Il s'agit de la dernière construction à caractère industriel témoignant de l'activité de la société des Houillères de Ronchamp, et plus largement du seul témoignage, bien que tardif, de l'activité houillère de la région. ».

Références[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Références aux fiches du BRGM[modifier | modifier le code]

Le BRGM est l'organisme public français référent dans le domaine des sciences de la Terre pour la gestion des ressources et des risques du sol et du sous-sol.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean-Jacques Parietti, Les Houillères de Ronchamp vol. I : La mine, Éditions Comtoises,‎ 2001 (ISBN 2-914425-08-2) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Jacques Parietti, Les Houillères de Ronchamp vol. II : Les mineurs, fc culture & patrimoine,‎ 2010 (ISBN 978-2-36230-001-1) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Jacques Parietti, Les dossiers de la Houillère 1 : Le puits Sainte Marie, Association des amis du musée de la mine,‎ 1999 (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Jacques Parietti, Les dossiers de la Houillère 3 : Le puits Saint Charles, Association des amis du musée de la mine,‎ 1999 (2) (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Jacques Parietti et Christiane Petitot, Géomètre aux houillères de Ronchamp, Association des amis du musée de la mine,‎ 2005 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • François Mathet, Mémoire sur les mines de Ronchamp, Société de l'industrie minérale,‎ 1882 (lire en ligne)
  • PNRBV, Le charbon de Ronchamp, Déchiffrer le patrimoine, Parc naturel régional des Ballons des Vosges (ISBN 2-910328-31-7) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

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