Pueraria montana

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Pueraria montana est une espèce de plantes vivaces de la famille des Fabacées, originaire d'Extrême-Orient. C'est l'une des espèces du genre Pueraria. Elle est cultivée dans son aire d'origine pour ses racines fournissant une fécule alimentaire.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom générique, Pueraria, fait référence à l’exceptionnelle vitalité de ces plantes[réf. souhaitée] .


La plante cultivée appelée en français kudzu[réf. souhaitée], Nepalem[5] ou Vigne japonaise[5], Kudzu du Japon[6] ou encore Puéraire hirsute[6], correspond généralement à :

  • La sous-espèce : Pueraria montana var. lobata (Willdenow) Maesen & S.M. Almeida ex Sanjappa & Predeep[1] (variété acceptée par Flora of North América (FNA)[1])

On la distingue du Kudzu des tropiques ou Puéraria faux-haricot (Pueraria phaseoloïdes), plante fourragère du même genre botanique[4],[5].

Description[modifier | modifier le code]

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C'est une plante grimpante à tiges ligneuses capables de grimper dans les arbres jusqu'à une hauteur de vingt à trente mètres, vivace par ses racines. Ses tiges qui ressemblent à des sarments de vigne lui permettent de s’accrocher à tout support.

Une fois installé, un plant de kudzu peut croître de vingt mètres par saison, à la moyenne de 30 cms par jour. C'est une liane vigoureuse dont les tiges à la base peuvent avoir jusqu'à 10 cms de diamètre, et dont les racines charnues peuvent atteindre plus de deux mètres de long et dix à vingt cms de diamètre, et peser jusqu'à 180 kilogrammes. Chaque pied peut émettre jusqu'à trente tiges.

Les feuilles, caduques, alternes, sont composées trifoliolées, et munies d'un pétiole de dix à vingt cm de long. Les folioles larges terminées en pointe ont environ quinze cm de long sur dix de large et peuvent être plus ou moins lobées. Le limbe est pubescent surtout à la face inférieure.

Les fleurs, du type papilionacé et de couleur pourpres, sont relativement petites et réunies en grappes comprenant trente à 80 fleurs, longues de dix à vingt-cinq cms et qui rappellent celles de la glycine. Elles produisent un nectar abondant et attirent de nombreux insectes, y compris les abeilles.

La floraison se produit en fin d'été et donne naissance à des gousses allongées, étroites et plates contenant jusqu'à dix graines.

La pueraria est utilisée en cuisine asiatique comme fécule pour son grand pouvoir épaississant.

Aire de répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire des régions tempérées et chaudes de l'Extrême-Orient et du Pacifique occidental :

Elle a été introduite dès le XIXe siècle en Europe et aux États-Unis. De nos jours, elle est naturalisée en Ukraine et dans la région du Caucase, en Afrique du Sud, ainsi qu'aux États-Unis où elle est considérée comme une plante envahissante.

Le kudzu pousse bien dans une large gamme de milieux et dans la plupart des types de sols. Il préfère cependant les lisières de forêts, les champs en friche, les bords de route et les zones perturbées où l'ensoleillement est abondant. Il prospère mieux là où les hivers ne descendent pas sous les –15 °C, où la température moyenne l'été est régulièrement au-dessus de 27 °C et où la pluviosité annuelle est d'au moins 1000 mm. Dans les régions où la température descend sous les –15 °C, il est détruit au-dessus du sol mais peut repartir des racines au printemps.

Liste des variétés[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (30 janvier 2014)[7] :

  • variété Pueraria montana var. lobata
  • variété Pueraria montana var. thomsonii

Selon The Plant List (30 janvier 2014)[8] :

  • variété Pueraria montana var. chinensis (Ohwi) Sanjappa & Pradeep
  • variété Pueraria montana var. lobata (Willd.) Sanjappa & Pradeep
  • variété Pueraria montana var. montana (Lour.) Merr.


Selon les auteurs, la variété lobata peut correspondre à :

  • une sous-espèce :
    • Pueraria montana var. lobata (Willdenow) Maesen & S.M. Almeida ex Sanjappa & Predeep[1] (variété acceptée par Flora of North América (FNA)[1])
    • Pueraria montana var. lobata (Willd.) Sanjapa & Pradeep[5]
    • Pueraria montana (Lour.) Merr. var. lobata (Willd.) Maesen & S. M.[réf. souhaitée]
  • ou bien encore aux synonymes suivants :
    • Dolichos lobatus Willdenow[1]
    • Pueraria lobata (Willdenow) Ohwi[1]

Utilisations[modifier | modifier le code]

Culinaires[modifier | modifier le code]

Les parties non-ligneuses de la plante sont comestibles. Les jeunes feuilles peuvent être consommées en salade ou cuisinées comme un légume-feuille et les fleurs frites en beignets (à l'instar des fleurs de courgette) tandis que les racines tubéreuses riches en amidon peuvent être préparées comme n'importe quel tubercule.

Les racines féculentes de cette plante sont réduites en une fine poudre servant à préparer diverses sortes de Wagashi (confiseries traditionnelles japonaises) ou utilisée en phytothérapie. Additionnée d'eau et chauffée, elle devient claire et sert d'épaississant alimentaire.

Le terme de « Kudzu » est apparu d'abord dans les Kojiki et Nihonshoki pour désigner une sorte de laine ou kazura (葛/蔓?) couramment utilisée par les habitants de Kuzu (国栖?, prononcer « kudzu »), région de l'actuelle Yoshino (préfecture de Nara). On ne sait pas si c'est le nom de la ville qui a été étendu à la plante ou l'inverse. Le kudzu est connu depuis au moins 1 300 ans et on suppose qu'il a une origine encore plus ancienne. Au cours des ères Nara et Heian, il aurait servi à payer les impôts. Même de nos jours, la poudre de kudzu Yoshino a encore la meilleure réputation. La préfecture de Kagoshima est le plus important producteur de dérivés du kudzu.

Médicinales[modifier | modifier le code]

Des études ont montré que le kudzu peut réduire à la fois la gueule de bois et l'alcoolisme ainsi qu'être utilisée dans le traitement de la cocaïnomanie.[réf. nécessaire] Le mécanisme n'a pas encore été élucidé, mais il pourrait être en relation avec le métabolisme de l'alcool et les circuits nerveux dans le cerveau. Le kudzu contient aussi un certain nombre de substances utiles, des isoflavones, dont la daidzéine (un agent anti-inflammatoire et antimicrobien), la daidzine (un anti-cancereux) et la génistéine (un agent antileucémique). Le kudzu est l'unique source d'une isoflavones, la puérarine. Les composés des racines de kudzu peuvent affecter les neurotransmetteurs (dont la sérotonine, le GABA et le glutamate) et ils ont montré leur valeur dans le traitement de la migraine et de certaines céphalées. Dans la médecine traditionnelle chinoise, le kudzu était employé contre les acouphènes, le vertige ou le syndrome de Wei (chaleur superficielle près de la surface).

Le kudzu en tant qu'espèce exotique envahissante[modifier | modifier le code]

L'espèce peut être très envahissante et recouvrir de vieilles bâtisses ou des arbres.

Le kudzu a été introduit du Japon aux États-Unis en 1876 à l'occasion de la Philadelphia Centennial Exposition, où il fut présenté comme plante fourragère et comme plante ornementale. De 1935 au début des années 1950, les agriculteurs du sud des États-Unis ont été encouragés à planter du kudzu pour combattre l'érosion des sols et les Civilian Conservation Corps de Franklin Roosevelt l'ont largement planté pendant des années. Le kudzu fut déclaré plante envahissante par le ministère américain de l'Agriculture en 1953 et fut dès lors retiré de la liste des plantes admises comme plantes couvre-sol.

Le kudzu est maintenant très répandu dans la plupart des États du Sud-Est des États-Unis et se trouve vers le nord jusqu'en Pennsylvanie et vers le sud jusqu'au nord de la Floride. On l'a également trouvé (de façon plutôt inexplicable) dans le Comté de Clackamas dans l'Oregon en 2000. Au total, le kudzu infeste de 20 à 30 000 km² de territoire aux États-Unis et entraîne environ 500 millions de dollars de frais annuels tant pour les terres perdues pour la culture que pour les charges engagées pour combattre son expansion. Cette plante ne supporte pas les très basses températures si elles conduisent le seuil de gelée plus bas que l'ensemble de son système de racines ; toutefois, elle nécessite une saison froide (une bonne gelée annuelle).

Les tiges de kudzu, qui recouvrent toutes les surfaces horizontales et verticales, qu'elles soient naturelles ou créées par l'homme, peuvent pratiquement interdire de traverser tout un territoire à la marche. Cette espèce tue ou dégrade les autres plantes en les étouffant sous un solide manteau de feuilles, en étranglant les tiges ligneuses et les troncs des arbres et en cassant les branches ou en déracinant même des arbres sous son poids.

L'expansion du kudzu aux États-Unis se fait principalement par multiplication végétative par les stolons et les rhizomes et aussi par l'enracinement des tiges qui produisent des racines adventives au niveau des nœuds et engendrent ainsi de nouveaux pieds. Le kudzu se propage aussi par ses graines, qui sont contenues dans des gousses et mûrissent en automne. Une ou deux graines viables sont produites par bouquet de gousses. Ces graines à tégument coriace peuvent germer après plusieurs années, ce qui provoque la réapparition de la plante des années après qu'on a cru l'avoir éradiquée.

Contrôle[modifier | modifier le code]

Pour maîtriser à long terme l'expansion de cette plante, il est nécessaire de détruire en totalité son système racinaire très étendu. Le moindre reste de collet racinaire peut conduire à la réinfestation d'une zone. Les moyens mécaniques consistent à couper les tiges juste au-dessous du niveau du sol et à détruire toute la matière enlevée. Un fauchage à ras chaque mois, ou un pâturage régulier intense pendant deux saisons de végétation, ou bien des cultures répétées peuvent être efficaces. Les coupes de kudzu peuvent servir à alimenter le bétail, ou bien être brûlées ou ensachées dans des sacs en matière plastique envoyés en décharge. Si c'est fait au printemps, les coupes doivent être répétées au fur et à mesure des repousses pour épuiser les réserves de la plante en glucides. Les coupes en fin de saison devraient être suivies immédiatement sur les tiges coupées d'un herbicide systémique, capable ainsi de se véhiculer dans le système racinaire. Des applications répétées de plusieurs herbicides de sol se sont révélées efficaces dans des zones forestières. Des recherches ont été entreprises par le service américain des forêts (U.S. Forest Service) pour mettre au point des méthodes de lutte biologique et l'utilisation d'un champignon est actuellement testée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Voir la fiche de cette espèce sur le site VASCAN (Base de données des plantes vasculaires du Canada) de Canadensys.
  2. a, b, c et d Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  3. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  4. a et b Voir définition donnée par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française.
  5. a, b, c et d Voir cette espèce sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)
  6. a et b Voir cette espèce sur le site idRef
  7. NCBI, consulté le 30 janvier 2014
  8. The Plant List, consulté le 30 janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bases taxinomiques[modifier | modifier le code]

Autres liens externes[modifier | modifier le code]