Puce (couleur)

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Le terme puce remplace souvent dans le domaine de l'habillement et de la mode, le nom de couleur marron, la nuance variant quelque peu selon les fabriquants et les époques. On trouve « puce foncé », « puce-gris ». Des termes dérivés comme ventre de puce ont pu désigner des nuances trop différentes pour être englobées sous la même appellation.

Origine[modifier | modifier le code]

« La mode a toujours eu des bizarreries et elle a fait naître des fantaisies, des caprices excentriques.

Durant l'été de 1775, la reine ayant choisi une robe de taffetas d'une couleur brune, le roi en l'apercevant, s'écria en riant :
— C'est couleur de puce.
Immédiatement le mot fit fortune et les dames de la cour, puis les bourgeoises de la ville, voulurent posséder des taffetas puce. Les hommes ne tardèrent pas à adopter la même couleur.

Les marchands d'étoffes concentrèrent leurs efforts sur cette couleur et à l'ouverture de l'hiver, ils exposèrent des étoffes jeune puce, vieille puce et ces nuances se subdivisèrent en ventre, dos, cuisse et tête de puce ; il y eut même la couleur puce royale. »

— Gazette anecdotique, 1892[1].

Définitions, évolutions[modifier | modifier le code]

D'une création contemporaine de la couleur cuisse de nymphe émue, dont le créateur, Beaulard, est crédité de l'invention des noms de couleurs dos et ventre de puce[2], puce survivra à des dizaines d'autres noms plus ou moins arbitraires ou de circonstance. On en a, par l'Encyclopédie Panckoucke, une définition précise :

« PUCE. C'est un rouge brunâtre. On le fait avec un alunage, un bain de pyrolignate de fer et un garançage. En donnant plus ou moins d'intensité au bain de garance, on obtiendra une couleur qui se rapprochera plus ou moins du rouge. »

— Manufactures, arts et métiers, 1828[3].

Pour Chevreul (1860), Puce est « 4 bleu-violet 13 ton », c'est-à-dire un violet tirant légèrement sur le bleu, rabattu[4]. La couleur ne semble pas avoir de rapport avec l'insecte Pulex irritans, mais plutôt avec la puce d'eau ou daphnie ou bien à la puce de lit (punaise)[5].

Dans les nuanciers moderne de tissu ou de fil, puce correspond à une assez large variété de teintes, correspondant à l'une ou l'autre de ces définitions, ou à des intermédiaires.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, 30 septembre 1892, p. 2019, lire sur Gallica. Cette anecdote est prise dans Louis Petit de Bachaumont, Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres en France depuis 1762 jusqu'à nos jours, ou Journal d'un observateur, t. 8,‎ 1780 (lire en ligne), p. 248, qui date sa note du 13 novembre 1775.
  2. « Les modes. Épitre à Beaulard », La feuille sans titre, 26 mars 1777, sur Gallica.
  3. Roland de la Platière, Manufactures, arts et métiers, t. 4, Paris, Panckoucke,‎ 1828.
  4. Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ 1861, p. 135 (lire en ligne).
  5. www.la-punaise-de-lit.com.