Publius Rutilius Rufus

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Publius Rutilius Rufus (158 av. J.-C. - v. 78 av. J.-C.) est un homme politique, un orateur et un historien de la République romaine. C'est aussi le grand-oncle de Jules César.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le troisième enfant de Marcus Rutilius, et commença des études de grec, de droit et de philosophie[1].

En 134 av. J.-C., il commence sa carrière militaire comme tribun sous Scipion Émilien devant Numance[2]. En 109 av. J.-C., il est légat sous Quintus Caecilius Metellus, lors de la guerre contre Jugurtha en Numidie, avec Caius Marius. Il se distingue à la bataille de Muthul, où il fait face à une charge de l'ennemi commandé par Bomilcar et parvient à capturer ou à mutiler la plupart des éléphants de guerre des Numides.

En 105 av. J.-C., il est consul, puis en 94 av. J.-C. légat de Quintus Mucius Scævola en Asie et gouverneur de l'Asie. En aidant son supérieur dans ses efforts de protection des provinciaux contre les extorsions des publicains, fermiers de la perception des impôts, Rufus s'est attiré la haine de l'ordre équestre.

En 92 av. J.-C., il est accusé à tort de concussion, les membres du jury étant des chevaliers. Il est défendu par son neveu Gaius Aurelius Cotta. Par stoïcisme, il refuse l'emploi de tout artifice oratoire pour sa défense et est condamné[3]. Il s'exile à Mytilène, puis à Smyrne, où il est accueilli avec les honneurs et où il passe le reste de sa vie, consacrée à l'étude. Il refuse de revenir à Rome lorsque Sylla le lui demande[2].

Formation et œuvres[modifier | modifier le code]

Il a suivi les enseignements du philosophe grec Panétius et a adopté le stoïcisme. Il s'intéresse à l'astronomie[4]. Il a écrit sa biographie[5], divers discours[6] et des ouvrages d'histoire en grec, dont une vie de Scipion Émilien, citée par Isidore de Séville[2]. Son oeuvre historique est encore connue de Plutarque, qui l'utilise comme source pour sa Vie de Marius[7].

En 78 av. J.-C., Cicéron vient lui rendre visite à Smyrne, et en fait en 54 av. J.-C. un des protagonistes des dialogues du De Republica[8].

Le De viris illustribus, célèbre manuel de latin rédigé par l'abbé Lhomond au XVIIIe siècle, lui consacre une notice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Œuvres posthumes de Monsieur de ***
  2. a, b et c Cicéron (trad. Esther Breguet), La République, Les Belles Lettres, 1980, (ISBN 2-251-01078-5), p=27
  3. Cicéron, Brutus, XXX, 113-115
  4. Cicéron, De Republica, I, XI, 17
  5. Tacite, Agricola, 1, 3
  6. Cicéron, Brutus, XXX, 114
  7. Vie de Marius, 28.[1]
  8. Cicéron, De Republica, I, VIII, 13

Articles connexes[modifier | modifier le code]