Psychose infantile

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La psychose infantile est une série de troubles de l'organisation de la personnalité et de la relation de l'enfant avec lui-même, avec l'autre et avec son monde extérieur.

Il existe plusieurs caractéristiques communes entre les psychoses :

  • altération globale des capacités de communication ;
  • troubles relationnels ;
  • comportement inadapté à la réalité (retrait, replis, manque d'intérêt) ;
  • fonctionnement cognitif souvent altéré (10 % à 30 % dans l'autisme) ;
  • touche plus les garçons que les filles.

Cette dénomination a été abandonnée dans la classification internationale de l'OMS (CIM-10) au profit de la notion de Trouble envahissant du développement, qui regroupe l'autisme, le syndrome d'Asperger, et d'autres troubles apparentés.

L'autisme infantile et les troubles autistiques[modifier | modifier le code]

Leo Kanner, en 1943, décrit le premier autisme infantile : il présente 11 cas d'enfants qui ont un caractère commun, le trouble du contact.

L'autisme est la forme la plus archaïque et typique des psychoses infantiles.

L'autisme de Kanner ou la forme typique[modifier | modifier le code]

Le trouble du contact et des relations sociales ou le retrait autistique[modifier | modifier le code]

C'est le signe le plus précoce et le plus fréquent.

Dès le début de la vie ces enfants n'accrochent pas le regard, n'ont pas d'expression de plaisir.

Ils évitent tout contact corporel, et utilisent le corps de l'autre comme objet ou comme prolongement de leur propre corps.

Ils sont solitaires, différents, inaccessibles, dans leur monde. Leurs émotions sont décalées avec la réalité.

Les troubles de la communication et du langage[modifier | modifier le code]

Le langage n'apparaît pas à l'âge habituel ou pas du tout : c'est le signe d'un trouble grave d'autisme.

Ce sont des enfants silencieux ou au contraire s'expriment par cris. Ils n'ont pas de valeur de communication.

Leur langage est fait de particularités : écholalie immédiate ou retardée, prosodie monotone ou saccadée, inversion pronominale (utilisation du « tu », « il », mais jamais « je »), soliloque (parlent tout seul), incongruités, néo langage, fonction symbolique du langage perturbée (ont du mal à utiliser les termes abstraits).

Leur compréhension est moins touchée que l'expression mais ils comprennent quand même mieux les mots concrets et les tâches simples. L'humour et le questionnement sont synonymes de refus. Ces enfants montrent une grande intolérance à la frustration. La demande, la contrainte vient faire effraction à leur "bulle autistique", et génère souvent des crises d'angoisse. Ces crises peuvent se traduire par un repli, des balancements, mais aussi des cris, et parfois des passages à l'actes sur l'objet frustrateur (en l'occurrence la personne donnant la frustration)

Ils n'ont pas de gestes conventionnels ou de mimiques faciales et le sourire est rare. L'imitation n'existe pas.

Caractère restrictif, répétitif et stéréotypé des comportements, intérêts et activités[modifier | modifier le code]

Les intérêts sont restreints.

Ils utilisent les objets de manière détournée ou stéréotypée.

Ils n'ont pas de jeux symboliques (poupée, dînette, etc.) et d'imitation.

Ils veulent maintenir leur environnement stable et immuable, donc cela est compliqué à gérer par la famille.

Réactions particulières à l'environnement et bizarrerie des comportements[modifier | modifier le code]

Ils sont hypo ou hyper sensibles aux stimuli sensoriels. Ils sont fascinés par la musique et en particulier les chansons.

Ils s'auto-stimulent.

Ils sélectionnent leurs aliments.

Ils réagissent au « cube brûlant » (prendre des objets et les jeter).

Leurs réactions sont violentes envers eux-mêmes ou les autres lors de frustrations, de changements, d'interdictions et de peur.

Ils ont des troubles du sommeil.

Les fonctions intellectuelles[modifier | modifier le code]

Une minorité ont un retard de QI et c'est même en France reconnu dans un document officiel (voir recommandations de la Fédération Française de Psychiatrie en matière de diagnostic, 2005- HAS).

Le développement est atypique et hétérogène : les performances visuo-spatiales et la mémoire sont meilleures que le traitement de l'information et que la communication.

Une classification spécifique à la France[modifier | modifier le code]

Le terme « psychose infantile » n'est employé qu'en France. Il n'est pas repris dans les classifications internationales (CIM-10, DSM-IV) qui lui préfèrent le terme de Trouble envahissant du développement. Pour s'en convaincre :

De nombreuses associations de parents d'enfants autiste préféreraient que la France harmonise ses pratiques et son vocabulaire avec des références internationales.

Les autres psychoses infantiles[modifier | modifier le code]

Les psychoses précoces déficitaires : elles correspondent d'emblée à des associations de troubles psychopathologiques psychotiques et d'une pathologie neuro-dégénérative pas toujours identifiables (nombreuses pathologies souvent génétiques de découverte plus ou moins récente dont le syndrome de Rett).

Les psychoses maniaco-dépressives précoces : pouvant toucher l'enfant dès l'âge de cinq ou six ans. Les épisodes en particulier maniaques sont difficilement repérables dans une hypomanie d'allure chronique, ils sont souvent confondus avec une instabilité psychomotrice rebelle aux thérapeutiques classiques (méthylphénydone et autres) où la logorrhée inextinguible et l'élation devrait permettre de corriger le diagnostic et la thérapeutique ...

Les autres psychoses de la seconde enfance : elles débutent après l'âge de deux ans et jusque là le développement de l'enfant est normal

Liens externes[modifier | modifier le code]