Psychologisme

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Le psychologisme est un terme péjoratif qui désigne une tendance à tout interpréter au travers du spectre de la psychologie, et de faire de la psyché individuelle le noyau dur permettant de comprendre le monde. Pour cette raison, il est souvent assimilé à un réductionnisme et aussi à un relativisme, car il ignore d'autres facteurs d'explication qui ne relèvent pas de la psychologie individuelle.

Le psychologisme en philosophie[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

En philosophie, le psychologisme est une variante du naturalisme : certaines notions peuvent être interprétées d'un point de vue "psychologiste" , par exemple :

Existe-t-il un "bien" en soi ou alors la morale n'est-elle qu'un produit nécessairement engendré par la façon dont le cerveau humain fonctionne ?

On pourrait poser les mêmes questions pour "le vrai", "la logique", ...

Le psychologisme peut alors être vu comme un réductionnisme qui dénie à ces notions toute existence en dehors du psychisme humain. Il a été, sous cette forme, particulièrement attaqué par Frege et Carnap, qui préféraient faire des concepts des entités abstraites plutôt que des entités mentales.

De plus, pour la phénoménologie, toute conscience est conscience de quelque chose : cette chose que je vois n'est pas "dans" ma conscience mais à l'endroit même où je la vois. « Le psychologisme, partant de la formule ambiguë « le monde est notre représentation », fait s'évanouir l'arbre que je perçois en une myriade de sensations, d'impressions colorées, tactiles, thermiques, etc., qui sont des « représentations ». De sorte que, finalement, l'arbre apparaît comme une somme de contenus subjectifs et qu'il est lui-même un phénomène subjectif. Au contraire, Husserl commence par mettre l'arbre hors de nous[1]. »

Le psychologisme scientifique contemporain[modifier | modifier le code]

Certaines approches en psychologie évolutionniste et en neurosciences peuvent être perçues comme psychologistes.

On reproche parfois à ces sciences une "circularité" de méthode consistant à vouloir définir des notions comme celle de logique avec les moyens même de la science moderne, c’est-à-dire en particulier la logique elle-même.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Sartre, L'imagination (1936), Paris, PUF ("Quadrige"), 2012, ch. IV, "Husserl", p. 122

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le spiritualisme, en tant que fondée sur une conception "transcendante" de l'homme, s'oppose au psychologisme, car ce dernier entrainerait la réduction des phénomènes spirituels à une dimension triviale. Mais à l'inverse le "réalisme idéal" auquel renvoie le spiritualisme et sa conception "transcendante " de l'homme, peut être vue comme un "réductionisme" (ou un "augmentisme"), tout aussi trivial, aux yeux des tenants du psychologisme. Ici c'est la trivialité d'une attitude de pensée qui dévalorise "ce qui est" au profit de ce qui n'est pas (l'idée de la transcendance) qui manifeste une forme de réductionnisme.
  • L'analyse marxiste s'oppose à la psychanalyse et au psychologisme. Il existe cependant un freudo-marxisme. Rappelons également le renouveau dans les études marxistes provoqué par le Pour Marx de Louis Althusser paru en 1965, lecture marxiste menée à l'aune des théories psychanalytiques freudienne et lacanienne d'une part, des recherches en sémiologie d'autre part (cf. Bernard Sichère, in 50 ans de philosophie française)