Psychologie de l'art

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Autoportrait à l'oreille bandée, 1889, Vincent van Gogh.

La psychologie de l'art vise à l'étude des états de conscience et phénomènes inconscients à l’œuvre dans la création artistique ou la réception de l’œuvre.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'analyse de la création artistique reprend l'idée d'une primauté de l'artiste lui-même dans l'interprétation de l'art ; idée développée depuis la Renaissance et le romantisme, et déjà reprises dans les approches biographiques de certains historiens de l’art du XIXe (Cf. Kunstwissenschaft).


À partir de 1905, avec l’ébauche par Freud de la théorie des pulsions, l’art devient un objet de psychoanalyse. Cette démarche ne vise pas à l'évaluation de la valeur de l'œuvre, mais à l’explication des processus psychiques intrinsèques à son élaboration.

« Trouver le rapport entre les impressions de l’enfance et la destinée de l’artiste d’un côté et ses œuvres comme réactions à ces stimulations d’autre part, appartient à l’objet le plus attirant de l’examen analytique » — Freud[1]

Cette analyse se base notamment sur le concept de sublimation ; la création artistique est considérée comme la transposition d’une pulsion (désir) : la tentative pour l’artiste de surmonter son insatisfaction par la création d'un objet socialement valorisé, susceptible de satisfaire son désir. De même, par cette approche, l’art est envisagé comme symptôme : il devient alors l'outil possible d’un diagnostic clinique ou d’une thérapie (art-thérapie).

L'analyse de la réception prolonge la théorie de la Gestalt, psychologie de la forme (XXe). Cette analyse de l'art s’attache à déterminer les processus psychologiques de la réception des œuvres par le spectateur. Cette réception n’est plus alors considérée comme simple perception et découverte (du savoir de l’artiste), mais comme la reconnaissance d’un savoir propre au spectateur, à sa propre culture et son milieu social (Gombrich, Arnheim).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élie Faure, Histoire de l'art, V : L'Esprit des Formes, Paris, c. 1926 (nombr. rééd.).
  • Ernst Gombrich, L'Art et l'illusion (Psychologie de la représentation picturale) [Art and Illusion (1960)], G. Durand (trad.), Paris, Gallimard, 1971.
  • André Malraux, Les Voix du Silence, Paris, Gallimard, 1953 ; La Tête d'Obsidienne, Paris, Gallimard, 1974.
  • René Huyghe, Dialogue avec le visible, Paris, Flammarion, 1955 ; Les puissances de l'Image, Paris, Flammarion, 1965 ; De l'art à la philosophie, Paris, Flammarion, 1990.

Psycho :

  • Sigmund Freud, Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, 1927? + (Moïse de Michel-Ange)
  • Charles Baudouin, La Psychanalyse de l’art, Paris, Alcan, 1929.
  • Jacques Lacan, Le stade du miroir comme formateur de la fonction « Je », 1966.
  • Ernst Kris, Psychanalyse de l'art, ?

Études :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Freud, « Das Interesse an der Psychoanalyse » dans Gesammelte Werke, cité dans L’enfance de l’art, trad .Kofman, 1970, t.8, p. 417

Voir aussi[modifier | modifier le code]