Pruine

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Les prunes sont un exemple de fruits pruineux, c'est-à-dire recouverts de pruine.

La pruine (du latin pruina, givre) est une couche cireuse, glauque et légèrement poudreuse, qui recouvre la surface d'un organe, végétal ou animal, lui conférant un aspect givré ou poussiéreux, allant jusqu'à cacher sa coloration normale sous-jacente. Elle peut être enlevée par simple frottement. On parle de pruinescence et de pruinosité et de quelque chose de pruineux.

Chez les végétaux[modifier | modifier le code]

Chez les plantes[modifier | modifier le code]

Sur les falaises maritimes, certaines touffes de la fétuque rouge se couvrent d’une pruine bleutée au printemps
Pellicule fragile, la pruine des fruits disparaît rapidement dès qu’on les manipule

La présence d'une couche de pruine, ou pruinosité, s'observe notamment sur des fruits (raisin, mirabelle, prune…), certaines plantes grasses (ou succulentes) et les jeunes chaumes de bambou.

La pruinosité protège le végétal de la chaleur et des agressions extérieures en retenant les bactéries.

La pruine est un élément naturel produit par la plante et composé de fines structures de cire. La forme de celles-ci est caractéristique de l'espèce et peut être simple (bâton) à complexe (arbuscule, parasol…).[réf. nécessaire] La pruine présente sur le raisin est un gage de fraîcheur ; elle permet la vinification en absorbant quantité de levures et moisissures utiles à la fermentation[1].

Le relief des dépôts cireux crée des micro-turbulences au niveau de la surface qui accélèrent les échanges de chaleur de la plante avec son milieu[2].

Chez les champignons[modifier | modifier le code]

La cuticule de certains champignons basidiomycètes et ascomycètes est recouverte d'une couche de pruine. C'est le cas notamment chez Clitopilus prunulus jeune, Boletus pruinatus, Cantharellus subpruinosus, Conocybe tenera, Disciotis venosa

Chez les insectes[modifier | modifier le code]

CommonWhitetail juvenile male.jpg
En haut : un jeune mâle Plathemis lydia ; en bas : un mâle adulte avec l'abdomen pruinescent.

Dans le monde animal, la pruine ou pruinescence s'observe chez les insectes, en particulier chez de nombreuses espèces d'odonates, dont :

mais aussi chez la cicadelle pruineuse (Metcalfa pruinosa)[3], et chez des pucerons, notamment dans le genre Dysaphis[4].

La pruine est généralement de couleur blanche à bleu pâle, mais peut aussi être grise, rose, violette ou rouge ; ces couleurs pouvant être produites par la dispersion de la lumière par « effet Tyndall ». Quand la pruinescence est pâle, l'animal peut refléter les rayons ultra-violets[5].

Chez Plathemis lydia et Pachydiplax longipennis, la pruinescence des mâles sur le dos de l'abdomen est un avertisseur de menace territoriale pour les autres mâles, tout en étant un indice de reconnaissance intra-spécifique[6]. D'autres espèces d'odonates semblent utiliser la pruinescence pour reconnaître des membres de leur propre espèce ; une autre utilité pourrait être de refroidir le corps en réfléchissant les rayonnements[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie de la Vigne, du Vin et des Alcools
  2. Wilhelm Nultsch, Botanique générale, Paris, De Boeck Université,‎ 1998, xvi, 602 p. (ISBN 2744500224)
  3. FREDON Aquitaine : Fiche Metcalfa pruinosa
  4. François Leclant, Les pucerons des plantes cultivées. Clefs d'identification. 3, Cultures fruitières, Éditions Quae,‎ 2000, 128 p.
  5. a et b (en) Phillip S. Corbet, Dragonflies : Behavior and Ecology of Odonata, Ithaca, NY, Cornell University Press,‎ 1999 (ISBN 0-8014-2592-1), p. 281–282
  6. (en) Clifford Johnson, « A Study of Territoriality and Breeding Behavior in Pachydiplax longipennis Burmeister (Odonata:Libellulidae) », The Southwestern Naturalist, vol. 7, no 3/4,‎ 1962, p. 191–197 (DOI 10.2307/3668841, JSTOR 3668841)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Lecomte, « Les cires végétales : sources et applications », Oléagineux, Corps Gras, Lipides, vol. 16, no 4,‎ jull-déc. 2009, p. 262-6 (lire en ligne)