Prudemanche

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Prudemanche
Image illustrative de l'article Prudemanche
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Dreux
Canton Brezolles
Intercommunalité Agglo du Pays de Dreux
Maire
Mandat
Alain Massot
2014-2020
Code postal 28270
Code commune 28308
Démographie
Population
municipale
253 hab. (2011)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 43′ 01″ N 1° 08′ 14″ E / 48.7169, 1.137248° 43′ 01″ Nord 1° 08′ 14″ Est / 48.7169, 1.1372  
Altitude Min. 122 m – Max. 184 m
Superficie 15,43 km2
Localisation

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Prudemanche est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune s'étend sur deux paysages très différents :

  • au nord, limité par le cours de la Meuvette, un paysage très boisé, au sol caillouteux, au travers duquel les eaux de ruissellement ont creusé quelques vallons pour atteindre la rivière,
  • au sud, un paysage très ouvert faisant partie du plateau de Laons dont les premières parcelles furent défrichées quelques millénaires avant notre ère, par les paysans de l'époque néolithique dont on a conservé les monuments funéraires mégalithiques au bois des Vallées et près de Badainville. Ici et là, les haches, en silex taillé et poli, avec lesquelles ces paysans défrichèrent la région ont été retrouvées en assez grand nombre.
Carte de Prudemanche et des communes limitrophes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis l'époque préhistorique, le sol a été exploité sans relâche. Des traces d'enclos agraires, près de la ferme de La Loge, des déchets de la métallurgie du fer près de La Bouverie, des poteries gallo-romaines complètes trouvées aux Terres Rouges (sépultures ?), et des pièces de monnaies romaines au Pérou, à l'effigie de l'empereur Vespasien (69-79) attestent la présence et les activités d'une communauté humaine locale aux époques gauloise et gallo-romaine.

Le nom de Marigny porte la marque de la langue gallo-romaine et nous apprend qu'un domaine agricole portant le nom de son propriétaire a dû être l'embryon de ce hameau. Cette implantation est, sans doute, liée au fait qu'une voie romaine, venant de Paris par Dreux, Escorpain et Corbonval, passait par la vallée de La Loge, et à proximité de La Bouverie, pour filer sur Cheigneuville (commune de Saint-Lubin-de-Cravant). C'était un chemin encore très fréquenté au XVIIe siècle par les voyageurs circulant entre Paris et les régions de l'Ouest.

Au XIIe siècle, ou peu de temps avant, un noble chevalier qui faisait partie de la milice de Hugues seigneur du Thimerais, donna à l'abbaye de Coulombs une terre, proche de Marigny, dénommée "pratum dominicum", "la prairie du Seigneur"; par altération, au fil des années, ce nom aurait donné Prudemanche.

Selon une autre hypothèse ce nom viendrait du latin portus, gorge de montagne, Mancha en rapport avec la configuration de son territoire long et plus étroit à mesure qu'il avance vers le Nord.

En 1184, la terre de Marigny est possédée, en commun, par les moines de Coulombs et les lépreux de Beaulieu.

Au XIIe siècle siècle, le domaine de Marigny est une seigneurie, et, plusieurs pièces aux Archives d'Eure-et-Loir, font mention des seigneurs de Marigny.

En 1189, Guillaume de Marigny est cité comme témoin dans une Charte au prieuré de Brezolles.

L'abbaye de Coulombs y installa sans doute un prieuré avec une chapelle. Ce centre devait devenir la paroisse de la communauté constituée par tous ceux et celles qui travaillaient dans cette campagne. Au fil des siècles, sans doute sous l'influence de Coulombs, se rattachèrent à cette communauté tous les hameaux des environs pour constituer la paroisse que nous connaissons aujourd'hui.

En 1298, Pierre de Marigny devient le neuvième abbé du monastère de St Vincent auprès de Châteauneuf-en-Thymerais.

En 1317, Louis de France, comte d'Évreux, fils du roi Philippe le Hardi donne à Philippe le Long, la terre de Marigny que lui avait remis Louis X le Hutin.

En 1350, Marigny appartient à la famille de Fayel, originaire du Vermandois et du Beauvaisis. Celle-ci la reçoit en compensation des dommages subis sous l'occupation anglaise pendant les règnes de Charles VI et de Charles VII, le domaine de la Perruche situé à gauche de la route de Brezolles à St Remy, en face de Marigny ; (il n'en reste plus aucun bâtiment aujourd'hui) mais relevait féodalement de La Ferté-Vidame

En 1669, Henri de Fayel, seigneur de Marigny et de la Perruche fut tué en l'église de Blevy en participant à un duel ; voici en quelle occasion :

"le dimanche 20 octobre 1669, Charles de Paris, écuyer, sieur de la Noue et Guillaume de Colas, sieur de Baronval, étaient en contestation pour les droits honorifiques. Ils avaient plusieurs fois insulté et même frappé le curé de Blévy en fonction. II s'agissait de savoir qui des deux gentilshommes devait avoir l'eau bénite et le pain bénit. N'ayant pu s'accorder, chacun des prétendants réunit dans l'église de Blévy, plusieurs de ses amis, armés d'épées, de pistolets et de fusils. On commença par se menacer de part et d'autre, et bientôt on en vint aux voies de fait. On se battit avec acharnement dans l'église, ce qui fit sortir les habitants en foule. Plusieurs coups de fusils et de pistolets furent tirés, dont le sieur de Baronval fut tué sur la place par le chevalier de Saint-Arnoult. Le sieur de Marigny était avec la dame de la Noue, à laquelle il donnait le bras pour la tirer de la presse, car elle était sur le point d'accoucher ; il fut blessé à mort, près de la balustrade du chœur. La Houssaye fut pareillement blessé à mort, ainsi que de la Noue, principal agresseur qui mourut huit jours après, de la suite de ses blessures. »
Seize nobles et deux de leurs valets qui avaient pris part à cette affaire, furent jugés souverainement à Chartres par une commission composée des officiers du bailliage, présidé par un maître des requêtes, intendant d'Orléans. Par jugement rendu le 16 janvier 1670, ils furent déclarés criminels de lèse-majesté divine et humaine, et dûment atteints et convaincus d'assemblées illicites, de combats prémédités, de " sacrilèges et profanations commises dans l'église de Blévy, ... déchus des privilèges de noblesse et déclarés ignobles et roturiers, etc. . .
" le sieur de Marigny, déclaré mort, coupable des dits crimes, " fut condamné a 600 livres d'amendes. . . Pour sûreté du paiement de cette somme, tous les fiefs de la Perruche furent saisis. Mais la veuve de Henri de Fayel, Marguerite du Gaillardbois, femme de courage et de tête, bien appuyée d'ailleurs, parvint, en vendant une ferme de 120 arpents qu'elle possédait près de Laons, son argenterie, etc., à faire lever le séquestre et à rétablir l'intégrité du son domaine, moins la ferme de Laons; du reste cette malheureuse affaire, qui était dans les mœurs du temps, ne nuisit en rien à la considération dont jouissait la maison de Fayel, comme on le voit par la suite.

En 1795, Charles Philippe François de Fayel mourut sous les drapeaux et son frère Louis Paul de Fayel resta célibataire. Avec la dernière représentante de la famille : Agnès, Marie, Jacqueline de Fayel s'éteignit cette branche des de Fayel de Marigny de la Perruche.

Au cours des temps modernes, la paroisse ne connut pas vraiment d'événements marquants. À la Révolution, l'abolition des privilèges et la redistribution des terres ayant appartenu aux grands ordres religieux ne changea guère les mentalités.

Le fait qu'en 1795, Louis Charles de Fayel, seigneur de La Perruche et de Marigny prit simplement le nom de Marigny et mourut, maire de Prudemanche en 1807 est significatif de la paix qui régna au village dans cette période agitée.

Trois lieux-dits évoquent un peu ce que fut autrefois la vie des paysans de Prudemanche

"Le vieux moulin" situé au nord de la Bouverie en un endroit élevé, bien dégagé, utilisait la force du vent pour moudre les céréales cultivées aux environs.
"La chapelle du gué" près d'un gué sur la Meuvette permettant le passage du chemin reliant le Chêne-Simon au hameau des Marnières s'élevait une chapelle dédiée à la Vierge Marie que l'on venait implorer pour obtenir la pluie dans les grandes années de sécheresse. Cette chapelle fut abandonnée avant la Révolution.
"Les Marnières" un hameau de quelques maisons situé dans la vallée de la Meuvette était habité par les marnerons qui extrayaient la marne pour fabriquer la chaux et amender les terres.

Au cours des deux grands conflits mondiaux du XXe siècle, la population connut les souffrances et les deuils comme toutes les communes de France mais aucun fait de guerre ne vint troubler la campagne.

Dans le clocher de l'église, la cloche dont de Fayel fut le parrain, continue à sonner pour les rassemblements de la communauté lors des baptêmes, des mariages et des enterrements de ceux qui ont leur racine dans ce paisible village.

Légendes au coin du feu (rapportées par E. Lefèvre en 1853) D'après la tradition orale que je vais reproduire, aussi fidèlement que possible, dans toute sa naiveté

La Fontaine miraculeuse. - Non loin du chemin de Brezolles à Nonancourt, était une fontaine célèbre dans la localité, dite la fontaine des Bougrins, et qui ne tarit jamais. Son eau, suivant une croyance populaire, puisée avant le lever du soleil et bue de suite, à la propriété de guérir des fièvres. Voici l'origine de cette fontaine,
« Comme l'ami de Notre Seigneur (Saint-Lubin) allait d'un endroit appelé depuis Saint-Lubin-des-Joncherets, à un lieu appelé depuis aussi Saint-Lubin-de-Cravant, la mule qu'il montait ayant eu soif, frappa la terre de l'un de ses pieds et donna ainsi le jour à la fontaine, puis elle but. »

La chronique ajoute :

« À quelques pas de la fontaine, à Prudemanche, la mule mangea des bougrins (épis de blé battus) à satiété; mais étant arrivée à Saint-Lubin-de-Cravant, elle se trouva si mal de ce qu'elle avait bu et mangé à Prudemanche, qu'elle en creva. De là, le surnom de cravant qui fut donné à cette localité. »

Source : Brezolles et ses environs par Edouard Lefèvre Éditions Res Universis 16 rue O Tierce, 80000 AMIENS

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires à partir de 1945
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2010 René Coolen    
2010 2014 Jean Poitevin    
2014   Alain Massot    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 253 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
482 507 506 430 447 402 388 356 361
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
343 323 303 282 287 291 286 280 260
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
236 233 236 205 167 205 203 194 170
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
143 118 119 112 150 196 233 245 252
2011 - - - - - - - -
253 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le vieux chêne de Prudemanche : âgé de plusieurs siècles, d'une circonférence de 6,67 m à 1,3 m du sol, il est mort en 2011, mais toujours debout en janvier 2014[3].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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