Provenchères-sur-Fave

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Provenchères-sur-Fave
Rue principale
Rue principale
Blason de Provenchères-sur-Fave
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Saint-Dié-des-Vosges
Canton Provenchères-sur-Fave
Intercommunalité Communauté de communes
de la Fave
Maire
Mandat
Christian Petit
2014-2020
Code postal 88490
Code commune 88361
Démographie
Gentilé Provenchérois(es)
Population
municipale
894 hab. (2011)
Densité 123 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 28″ N 7° 04′ 46″ E / 48.3077777778, 7.07944444444 ()48° 18′ 28″ Nord 7° 04′ 46″ Est / 48.3077777778, 7.07944444444 ()  
Altitude 402 m (min. : 393 m) (max. : 651 m)
Superficie 7,27 km2
Localisation

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Provenchères-sur-Fave

Provenchères-sur-Fave est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine.

Ses habitants sont appelés les Provenchérois.

Il y a homonymie partielle avec la commune de Provenchères-lès-Darney du même département.

Géographie[modifier | modifier le code]

Comme son nom actuel l'indique, la commune est située à gauche de la rivière de la Fave, un affluent droit de la Meurthe qui localement se grossit des ruisseaux de Saint-Catherine, de la Petite-Fosse et de la Goutte.

Situation[modifier | modifier le code]

Les sommets voisins sont relativement éloignés et leurs buttes sommitales de grès triasiques, couvertes de résineux, se détachent particulièrement bien à l'horizon : la montagne Ormont culmine plus à l'ouest à 900 m d'altitude au Sapin Sec mais laisse une pointe avancée, le Spitzemberg à 640 m qui a autrefois porté un château d'observation, contrôlant la vallée, la même bande de terrains gréseux a laissé plus loin la borne isolée du Voyemont à 793 m et le petit plateau surélevé du Climont à 965 m vers le nord-est. Toutefois le territoire communal qui s'étend entre des collines prolongeant le Spitzemberg et la vallée de la Fave ne culmine qu'à 651 mètres d'altitude, au-dessus du hameau des Truches près du vieux chemin rejoignant le vieux pèlerinage de la Grande Fosse.

Traversée par la RN 420, le village de Provenchères est distant de 16 km de Saint-Dié-des-Vosges et de 78 km de Strasbourg par le col de Saales. Le canton est inclus en totalité dans le parc régional des Ballons.

La population se répartit entre le village de Provenchères et les hameaux dont Brafosse.

Communes limitrophes de Provenchères-sur-Fave
La Petite-Fosse La Grande-Fosse Colroy-la-Grande
La Petite-Fosse Provenchères-sur-Fave Colroy-la-Grande
La Petite-Fosse Lusse Lusse

Toponymie[modifier | modifier le code]

Provenchères-sur-Fave, peut être identifiée au « Pervincaria » dans le latin des grimoires du XIIIe siècle, Provencheriae, Provenchères, puis Provenchères-en-Vosges au XIXe siècle[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le lieu est assurément connu comme un centre d'une grande paroisse au XIIIe siècle. Au début du XIIIe siècle, le seigneur Drouin, homme fort du ban de Provenchères, a rassemblé en une seule entité paroissiale les multiples communautés ou seigneuries qui existaient sur les territoires actuels du Beulay, de Provenchères, de La Petite-Fosse et de La Grande-Fosse, mais aussi apparemment Colroy, Lusse, Lesseux et Combrimont.

Temps anciens[modifier | modifier le code]

À cette époque, il est évident que l'entité paroissiale en gestation dépend du Val de Saint-Dié. Pourtant au VIIe siècle, les flancs au nord de l'Ormont, du Spitzemberg et des collines qui les prolongent à l'orient appartiennent au ban de Gondelbert, centré à La Grande Fosse. Les bénédictins de Senones, installés tardivement au XIe siècle, n'ont apparemment jamais pris le contrôle de la totalité du ban saint Gondelbert qu'ils revendiquent par écrit, mais qui s'était profondément morcelé au tournant du millénaire en un grand nombre de bans, formations politiques de taille modeste. Ainsi Saâles, Spitzemberg, Provenchères, Ban-de-Sapt, Senones... promus centres de ban veulent jouer un rôle politique. L'émiettement du pouvoir politique local a favorisé des mainmises et échanges répétés du duc de Lorraine, avoués de Moyenmoutier et Saint-Dié ainsi que des tractations prévaricantes d'officiers ducaux, véritables fonctionnaires rapaces.
Une partie des terres de Provenchères, assurément mises au valeur dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, ont été dès le Xe siècle rattachées au domaine du monastère de Saint-Dié, alors simple succursale de Moyenmoutier. C'est ainsi, que par intérêt ducal ou local, le cœur du ban primitif de Gondelbert a été intégré au XIe siècle, sous la seigneurie spirituelle du grand ban de Saint-Dié. Même l'abbaye de Beaupré, puis celle de Bongard, chargées successivement de gérer le domaine de La Grande Fosse et peut-être de restaurer une grandeur perdue au ban primitif de Gondelbert a accepté d'emblée la suprématie du monastère de Saint-Dié, lui-même contrôlé par le prestigieux monastère bénédictin de Moyenmoutier.

Attestant, semble-t-il, un bon rendement du terroir agricole sur la paroisse de Provenchères, les revenus en bleds prennent une place de premier choix dans les importants comptes de la collégiale saint Dié. Les terres capitulaires de Provenchères semblent faire jeu égal avec celles de Mandray. Les chanoines de Saint-Dié y sont apparemment les principaux seigneurs au XIIIe et XIVe siècles. Aussi n'est-ce pas étonnant que la légende rapporte que le village s'est construit sur des terrains défrichés par les moines de Saint-Dié au VIIe siècle. Devenus les seigneurs principaux au XIIIe siècle, les puissants chanoines, seigneurs et financiers, ont survalorisé l'héroïque tâche de prédécesseurs imaginaires, qui ne peuvent que leur avoir légué légitimement ce riche patrimoine. Après la rapide dépression des années 1350-1390, la population croît lentement jusqu'au XVIe siècle, elle peut être estimée a minima entre 400 et 500 habitants.

Tour (XIIe) et clocher à bulbe (1712)

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Les guerres du milieu du XVIIe siècle et les invasions des Suédois, alliés aux Français pendant la guerre de Trente Ans, amenèrent la famine et la peste : il y eut beaucoup de morts et de départs, peu de naissances pendant plusieurs décennies. Vers 1660, les six gros hameaux de la paroisse de Provenchères comptent plus de soixante grandes familles, la plupart fort appauvries. En 1700, la paroisse de Provenchères avait environ 180 feux ou foyers fiscaux. Elle a probablement compté entre 800 et 900 habitants dans les années 1760.

Le premier seigneur de Provenchères appartenant à la famille Dolmaire fut noble Paul Ier Dolmaire (1623-1709), aussi seigneur de La Tressonnerie et d’Anould en partie[2], juge civil et criminel ès sièges bailliager et prévôtal de Saint-Dié dès 1656, maître-échevin en cette ville lors de son mariage, lieutenant particulier en ce bailliage jusqu’à sa mort, qui fit enregistrer « d’argent, à une teste d’ours au naturel, écartelé, fascé et contrefascé d’or et d’azur de huit pièces » en l’Armorial général de Lorraine, dressé en conséquence de l’arrêt du Conseil d’État rendu le 20 novembre 1696[3]. Il avait épousé en 1656 à Saint-Dié damoiselle Marguerite Tabouret de Maxéville, veuve de François L’Escarmoussier (1617-...), adjudant-général de l’armée du duc Charles IV, et fille de Charles Tabouret († avant le 21 mai 1662), seigneur de Maxéville en partie, châtelain et gruyer de Blâmont, et de sa femme dame Élisabeth Fournier (1596-après 1661).

Démographie historique de la commune[modifier | modifier le code]

En 1839 et 1840, le maire et l'adjoint se nomment respectivement Cendre et Fade. En 1846 et 1848, Saint-Dizier et Joly. En 1859, Saint-Dizier et Fade.

Promue chef-lieu de canton après l'annexion d'Alsace-Lorraine[modifier | modifier le code]

Avant la guerre de 1870, Provenchères-en-Vosges n'est qu'une commune du canton de Saales. L'annexion de l'Alsace-Lorraine dissèque le canton de Saales arbitrairement de part en part de la ligne de crête, la commune séparée de son chef-lieu est promue à la tête du canton résiduel. Elle a pris le nom actuel de Provenchères-sur-Fave par un décret de 1881.

En 1877, Provenchères compte 935 habitants, à la grande joie du maire Gaire et de son adjoint Gérard. Un receveur des douanes Gressot, aidé de son commis Watelet surveille la nouvelle frontière.

Provenchères-sur-Fave fut très éprouvée durant les deux conflits mondiaux et a été décorée des Croix de Guerre 14-18 et 39-45.

L'église Sainte-Catherine

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 2010 en cours Christian Petit   Technicien
mars 1995 avril 2010 François Schmuck   Retraité de l'enseignement, démissionnaire pour raison de santé
  1995 Léopold Humbert    
    Adrien Mathis   Boulanger, conseiller général
    René Durand    
    Armand Miclot   Directeur d'école
Les données manquantes sont à compléter.

Le canton de Provenchères-sur-Fave compte 7 communes pour un total de 2 415 habitants : Le Beulay, Colroy-la-Grande, La Grande-Fosse, Lubine, Lusse, La Petite-Fosse et Provenchères-sur-Fave. Il coïncide avec la Communauté de communes de la Fave.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 894 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
388 463 473 545 653 706 741 713 693
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
810 808 935 918 900 874 910 858 791
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
771 650 780 787 765 600 640 706 728
1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 - -
761 685 733 755 844 870 894 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Sainte-Catherine, de fondation romane, reconstruite au début du XVIIIe siècle. Tour du XIIe siècle surélevée et coiffée d'un bulbe en 1712. Le bulbe a été construit par des charpentiers polonais, amenés par Stanislas 1er, roi de Pologne et Duc de Lorraine. L'édifice comporte un orgue construit en 1895 par Henri Didier, reconstruit par François Didier et transformé en 1960 par Alfred Kern[6].
La chapelle Saint-Gondelbert

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
"Écartelé aux 1 et 4 d'argent à une tête d'ours de sable, armée et lampassée de gueules ; aux 2 et 3 fascé et contrefascé d'or et d'azur de trois pièces."
Commentaires : Ce sont les armes de la famille Dolmaire de Provenchères, citée dès 1597 à Saint-Dié et anoblie par lettres patentes données le 28 novembre 1632 à Nancy par le duc Charles IV, en la personne de Jean II Dolmaire (1606-1656), garde-du-scel à Saint-Dié, commis du trésor des chartes, maître des requêtes ordinaires et gruyer dudit Saint-Dié, fils d’honnête homme Jean Ier Dolmaire (° ca 1567, † après 1613), gruyer de Son Altesse le duc de Lorraine à La Croix-aux-Mines puis à Saint-Dié en 1612, et de sa femme honnête damoiselle Nicole († après 1614)[7].

Économie[modifier | modifier le code]

  • En 1867, sur 727 hectares, 309 étaient en labours, 162 en prés, 175 en bois, 11 en jardins, vergers, chenevières et 1 en friches. Les cultures principales étaient le blé, l'avoine et la pomme de terre. On y trouvait un tissage mécanique avec 664 métiers et 150 ouvriers. Les principaux commerces étaient le bois de construction et le vin.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Essais sur Provenchères-sur-Fave à travers les âges, La Voivre, Imprimerie Claudel, 1985.
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ 4ème trimestre 1979, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Provenchères-sur-Fave, p. 942

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce toponyme proviendrait, selon l'érudit Dom Calmet, du nom latin proventus, signifiant terre de rapport. Les linguistes ou les spécialistes de toponymie, qui décèlent des traces indéniables d'une occupation dense au Bas-Empire, non exempte d'un important héritage gaulois, restent fort sceptiques sur les interprétations latines de l'abbé de Senones
  2. Cf. Comte Arthur de Bizemont in Bulletin de la Société philomatique vosgienne (29e année, 1903-1904), Saint-Dié : C. Cuny, 1904.
  3. Armorial peint, p. 283.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  6. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise,‎ 1991, 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 470 à 472
    Présentation des orgues de l’église Sainte-Catherine
  7. Cf. Dom Ambroise Pelletier (1703-1757), OSB, curé de Senones, Nobiliaire ou Armorial général de la Lorraine et du Barrois en forme de dictionnaire où se trouvent les armes gravées et environnées de très-beaux cartouches, et mises à côté de chacun des articles qui les concernent, tome Ier contenant les anoblis, Nancy : Thomas père et fils, 1758, pp. 199-200.