Contestation dans les Territoires palestiniens en 2011

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Contestation en Palestine en 2011

Informations
Date janvier 2011-en cours
Localisation Drapeau de la Palestine Palestine, frontières d'Israël
Répression
Blessés 380-730
Morts 30-40

Les révoltes arabes de 2011 ont un écho dans les Territoires palestiniens.

Contexte[modifier | modifier le code]

Manifestations[modifier | modifier le code]

En janvier et février, des manifestations ont lieu, mais elles sont interdites par l'Autorité palestinienne. Mahmoud al-Zahar l'un des dirigeants du Hamas à Gaza a rejeté un appel de Khaled Mechaal chef du bureau politique de l'organisation se trouvant à Damas, d'organiser des rassemblements de masse contre Israël dans la bande de Gaza dans la foulée du Printemps arabe, déclarant « Contre qui seraient exactement ces rassemblements ? Une telle résistance serait opportune, si la bande de Gaza aurait été occupée. » [1].


Comme dans les autres pays, ce mouvement est fortement nationaliste et unitaire. Cela permet un rebond de la contestation en mars, sur le thème de l'unité nationale et de la fin de la division entre Gaza (contrôlé par le Hamas) et la Cisjordanie, contrôlée par le Fatah, avec une manifestation le 15 mars[2],[3].

Les manifestations du 16 mars ont lieu à Naplouse, Hébron et Gaza. Les manifestants sont 3000 place Manara, à Ramallah. La popularité des thèmes des manifestations, annoncées des semaines à l'avance sur Internet, a permis de réunir des dizaines de milliers de supporters virtuels, et empêcher leur interdiction. Les dirigeants ennemis, Mahmoud Abbas et Ismaïl Haniyeh, ont même tous deux fait des déclarations allant dans le sens de la réunion des deux parties de la Palestine autonome[2],[3].

Ensuite, des places sont occupées, les revendications portant sur la fin de la division de la Palestine entre Cisjordanie et Gaza et une Palestine démocratique. Plusieurs fois détruits, ces campements de jeunes sont à chaque fois remontés, notamment sur la place Manara de Ramallah[4].


Les manifestations de Sourif : le printemps arabe met fin aux crimes d'honneur[modifier | modifier le code]

Le corps d'Ayah Baradeya est découvert dans un puits le 24 avril[5]. Il apparaît rapidement qu'elle a été victime, un an plus tôt, de son oncle, qui l'a tuée à cause de relations qu'il jugeait contraire à l'honneur de la famille (d'où l'appellation impropre de « crime d'honneur »)[5]. Les frères de la jeune femme créent des pages Facebook en l'honneur de leur sœur morte, appellent au procès du criminel, et à la non-expulsion de la famille de l'oncle (punition collective traditionnelle)[5]. La population de Sourif manifeste alors en masse ; d'autres manifestations ont lieu à Hébron et Ramallah. Le 15 mai, deux des trois articles des codes pénaux qui absolvaient les crimes d'honneur sont abolis[5].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Jusqu'à maintenant, la principale conséquence du « printemps arabe » pour les Palestiniens est le changement des politiques étrangères des pays arabes. Les accords du Caire, signés le 4 mai entre le Hamas et le Fatah au cours d’une cérémonie fermée aux médias[6], ne sont pas appliqués[7] (ils prévoient la constitution d’un gouvernement de techniciens et d’hommes indépendants, soutenus par treize autres partis palestiniens, et des élections présidentielle et législative avec la réforme de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP)[8]. L’accord est renouvelé dans ses grandes lignes le 24 novembre[7]. Ces accords ont été rendus possibles parce que le pouvoir syrien, allié du Hamas et qui s’y opposait, est affaibli par une importante révolte[9],[8] qui a entraîné le déménagement du siège du Hamas au Qatar[10],[11]. Les évènements au Bahreïn (pays qui finance les partis palestiniens) et le changement d’orientation diplomatique de l’Égypte causé par la révolution dans ce pays ont également joué[8],[12],[11]. La seule conséquence concrète de la signature de ces accords est la libération de centaines de prisonniers politiques détenus par chacun des deux partis, et la fusion des deux systèmes sécuritaires[13].

Les États-Unis et Israël, deux autres acteurs importants du processus de paix, rejettent cet accord[3], qui renforce un parti terroriste[14]. Israël prend immédiatement des sanctions financières, en annulant le versement de 300 millions de shekels de taxes prélevés pour le compte de l’Autorité palestinienne[15].

Inversement, l'Égypte post-25 janvier ouvre à partir du 26 mai[16] le poste-frontière de Rafah, le seul accès terrestre de la bande de Gaza non-contrôlé par Israël, ce qui permettrai de mettre fin au blocus que subit depuis quatre ans la population palestinienne[8],[12],[17] et qui plonge 60 % des Gazaouis dans la détresse alimentaire[18]. Le passage des marchandises n'est pas encore autorisé[16].

Symboliquement, le 3 mai, Daniel Barenboïm et 25 musiciens classiques européens entrent dans la bande de Gaza par le poste frontière de Rafah et donnent un concert au centre culturel Al Mathaf à Gaza. Le concert, organisé par des ONG palestiniennes, était soutenu par l'agence de l'Onu chargée des réfugiés palestiniens à Gaza et en Cisjordanie (UNRWA)[19],[20].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4170429,00.html
  2. a et b Delphine Mathieussent, « Les Palestiniens défilent pour l’unité nationale », Libération, publié le 16 mars, consulté le 17 mars 2011
  3. a, b et c Laurent Zecchini, « Les mouvements palestiniens Fatah et Hamas annoncent une réconciliation », Le Monde, 29 avril 2011, p. 7
  4. Alain Gresh, « Ramallah, 11 avril », Nouvelles d’Orient, blog du Monde diplomatique, 12 avril 2011, consulté le 13 avril 2011
  5. a, b, c et d Benjamin Barthe, « L'indignation d'un village palestinien met fin à l'indulgence pour les crimes d'honneur », Le Monde, 20 mai 2011, p. 4
  6. Alexandre Buccianti, « Cérémonie de réconciliation entre le Hamas et le Fatah au Caire », RFI, publié le 4 mai 2011
  7. a et b Alain Gresh, « Ramallah (II) : les négociations entre le Fatah et le Hamas », blog Nouvelles d’Orient, Le Monde diplomatique, publié le 5 décembre 2011, consulté le 6 décembre 2011
  8. a, b, c et d Alain Gresh, « L’Egypte derrière l’accord Hamas-Fatah », Nouvelles d’Orient, blogs du Monde diplomatique, publié le 3 mai 2011, consulté le 4 mai 2011
  9. Alexandre Buccianti, « Premier pas au Caire vers une réconciliation entre le Hamas et le Fatah », RFI, modifié le 28 avril 2011, consulté le 28 avril 2011
  10. La direction du Hamas quitte la Syrie pour le Qatar, Bonjour Qatar, 2 mai 2011, consulté le 5 mai
  11. a et b Hicham Mourad, « L’Egypte en quête d’une nouvelle stature », Al Ahram Hebdo, no 869, 4 au 10 mai 2011
  12. a et b May Al-Maghrabi, « Le Caire se démarque », Al Ahram Hebdo, no 869, 4 au 10 mai 2011, consulté le 4 mai
  13. Alexandre Buccianti, « Les factions palestiniennes signent un accord de réconciliation au Caire », RFI, publié le 3 mai 2011, consulté le 4 mai
  14. AFP, « Les Palestiniens tournent la page noire de la division », Le Nouvel-Observateur, 4 mai 2011
  15. Laurent Zecchini, « Israël punit l’Autorité palestinienne après son rapprochement avec le Hamas », Le Monde, 4 mai 2011, p. 10
  16. a et b Alexandre Buccianti, « L'Egypte rouvre le terminal de Rafah à titre permanent », Radio France internationale, 28 mai 2011
  17. « L'Egypte annonce la réouverture de sa frontière avec la bande de Gaza », Le Monde, 30 avril 2011, p. 8
  18. Céline Lussato, « Rafah : un nouvel espoir dans la bande de Gaza », Le Nouvel-Observateur, publié le 27 mai 2011 (modifié le 28 mai), consulté le 30 mai 2011
  19. Reuters, « Daniel Barenboïm donne un concert de la paix à Gaza », L'Express,publié le 3 mai 2011, consulté le 5 mai 2011
  20. « Daniel Barenboïm dirige un "concert pour la paix" à Gaza », Radio Canada, publié le 3 mai 2011, consulté le 5 mai 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]