Droits des animaux

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la protection animale ou libération animale. Pour l'association, voir Droits des Animaux (association). Pour le livre, voir La Libération animale.

Les Droits des animaux sont la rédaction juridique des notions de protection animale ou libération animale. Ils sont fondés sur l'idée que les besoins et intérêts des autres espèces animales — se nourrir, se déplacer, se reproduire, éviter la souffrance par exemple — sont les mêmes que ceux des êtres humains[1]. Les défenseurs des droits des animaux jugent que ces derniers ne devraient plus être considérés comme des objets que l'on peut posséder ou utiliser, mais qu'ils devraient être considérés comme des personnes légales[2] et des membres à part entière de la communauté humaine[3].

L'idée d'accorder des droits aux animaux est soutenue par des professeurs de droit tels qu'Alan Dershowitz[4] et Laurence Tribe (en) de la Faculté de droit de Harvard[2], et des cours de loi animale sont maintenant dispensés dans 92 des 180 écoles de droit des États-Unis[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le débat sur les droits des animaux n'est pas récent[6]. Il a été initié par des philosophes de l'Antiquité[1] comme Pythagore au VIe siècle avant notre ère, que l'on a appelé « le premier philosophe des droits des animaux »[7]. Il réclamait le respect pour les animaux parce qu'il croyait en la transmigration des âmes entre humains et non-humains : en tuant un animal, on aurait pu alors tuer un ancêtre. Il défendait le végétarisme, rejetant l'emploi des animaux comme nourritures ou victimes sacrificielles[8],[9].

Peter Singer, dans son Oxford Companion to Philosophy, estime que le premier chapitre de la Genèse décrit comment Dieu donna aux êtres humains la domination sur les animaux, modérée dans la Torah par des injonctions à la douceur ; par exemple, en ne faisant pas travailler ses bœufs lors du chabbat. Le Nouveau Testament est dépourvu de telles exhortations, Paul interprétant cette exigence au bénéfice des propriétaires humains et non des animaux eux-mêmes. Augustin considère que Jésus a permis au porc de Gadarène de se noyer dans le but de démontrer que l'homme n'a aucun devoir de prendre soin des animaux, une position adoptée par Thomas d'Aquin, qui dit que les humains ne devraient montrer de la charité envers les animaux que pour s'assurer que des habitudes de cruauté ne s'insinuent dans notre traitement envers les êtres humains[10], une position reprise par Locke et Kant.

Buste de Théophraste

Aristote, au IVe siècle av. J.-C., déclarait que les animaux se plaçaient loin en dessous des humains dans la scala naturæ, à cause de leur prétendue irrationalité, et parce qu'ils n'auraient pas d'intérêt propre[1]. L'un de ses élèves, Théophraste, exprima son désaccord, se positionnant contre la consommation de viande en alléguant qu'elle privait les animaux de leur vie, et qu'elle était donc injuste. Les animaux, dit-il, peuvent raisonner, sentir, et ressentir de la même manière que les êtres humains[11]. Cet avis ne prévalut pas, et c'est la position d'Aristote - selon laquelle les humains et les non-humains vivaient dans des règnes moraux différents parce que les uns étaient doués de raison et non les autres - qui persista largement jusqu'aux contestations de certains philosophes dans les années 1970.

Au XVIIe siècle, le philosophe français René Descartes soutint que les animaux n'avaient ni âme ni esprit, et qu'ils n'étaient que des automates complexes. Ils ne pouvaient donc ni penser ni souffrir. Ils seraient équipés pour voir, entendre, toucher, et même éprouver la peur et la colère, mais ils ne seraient pas conscients. En opposition à cette thèse, Jean-Jacques Rousseau, dans la préface de son Discours sur l'inégalité (1754), rappelle que l'homme a commencé comme un animal, bien que non « dépourvu d'intelligence et de liberté »[12]. Cependant, les animaux étant des êtres doués de sensibilité, « ils devraient participer au droit naturel, et … l'homme est sujet à de certains devoirs envers eux ».

Plus tard, au XVIIIe siècle, l'un des fondateurs de l'utilitarisme moderne, le philosophe anglais Jeremy Bentham, déclara que la souffrance des animaux est aussi réelle et moralement importante que la souffrance humaine, et que « le jour viendra où le reste de la création animale acquerra ces droits qui n'auraient jamais dû leur être refusés si ce n'est de la main de la tyrannie »[13]. Bentham considérait que la faculté de souffrir, et non la faculté de raisonner, devait être le critère pour évaluer le traitement juste des autres êtres. Si la capacité à raisonner en était le critère, plusieurs êtres humains, en comptant les bébés et les personnes handicapées, seraient traitées comme s'ils étaient des choses, écrivit-il en une citation célèbre.

Au XIXe siècle, Arthur Schopenhauer déclare que les animaux partagent la même essence que les humains, malgré le manque de faculté à raisonner. Bien qu'il considère le végétarisme comme excessif, il défend le respect envers les animaux dans la morale, et dénonce la vivisection. Sa critique de l'éthique kantienne contient une longue polémique, souvent passionnée, contre l'exclusion des animaux de son système moral.

La première association de protection animale ou de bien-être animal, la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, fut fondée en Grande-Bretagne en 1824, et des groupes similaires naquirent rapidement ensuite en Europe puis en Amérique du Nord. En France, la Société protectrice des animaux (SPA) est créée en 1845, à Paris, en ayant pour objet d'améliorer « le sort des animaux, dans une pensée de justice, de morale, d'économie bien entendue et d'hygiène publique »[14]. Le 2 juillet 1850, le général de Gramont fait adopter une loi relative aux mauvais traitements infligés aux animaux domestiques. Le premier groupe aux États-Unis, l'American Society for the Prevention of Cruelty to Animals, entra dans la charte de l'État de New York en 1866. Le premier mouvement anti-vivisection fut créé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le concept de droits des animaux devint le thème d'un livre influent en 1892, Animals' Rights: Considered in Relation to Social Progress, par le réformateur social anglais Henry Salt, un an après avoir formé la Ligue Humanitaire, avec pour objectif d'interdire la chasse en tant que sport.

Au début du XXe siècle, les associations défendant le bien-être animal et les lois contre la cruauté envers les animaux, étaient présentes dans presque tous les pays du monde. Des groupes spécialisés dans la défense des animaux se sont multipliés, entre ceux qui se consacrent à la préservation des espèces en danger, et les autres, telles que People for the Ethical Treatment of Animals (PETA), qui protestent contre les méthodes de chasse brutales ou douloureuses, les mauvais traitements aux animaux élevés dans les élevages intensifs, et l'utilisation d'animaux dans les expériences et les divertissements. En 1978, une Déclaration universelle des droits de l'animal a été proclamée à la Maison de l'Unesco. Elle n'a cependant pas de valeur juridique.

Théoriciens et aspect législatif du droit des animaux à travers le végétarisme[modifier | modifier le code]

Buste de Pythagore.
L'empereur japonais Temmu.

Le végétarisme est une pratique qui peut être motivée par le droit – défini comme l'« ensemble des règles qui régissent la conduite de l'homme en société, les rapports sociaux [15] », dans le cadre évidemment du droit considérant comme nécessaire les droits des animaux.

Le végétarisme (ou l'interdiction de tuer/manger un animal), en tant que norme à faire respecter par des lois, existe depuis l'Antiquité, avec, en Inde, les édits de l'empereur Ashoka (v. 304 av. J.-C. - 232 av. J.-C.), au Gujarat, les lois du roi jaïn Kumârapâla (1143–1172) [16],[17],[18], et, au Japon, les lois promulguées (en 676 ap. J.-C.) par l'empereur Temmu [19] par exemple, mais aussi en Europe à l'époque présocratique, avec, en particulier, Pythagore et Empédocle [20] :

« Cicéron rapproche de manière critique les deux philosophes Pythagore et Empédocle quand il rapporte qu'à leurs yeux, tous les vivants jouissant du même droit, il fallait que les mêmes sanctions frappent les homicides et ceux qui tuent des animaux [21] : les hommes (...) ne forment pas seulement une communauté avec les dieux, mais avec les bêtes (...) – en vertu, dit le Sceptique Sextus Empiricus, d'un « esprit un qui pénètre, à la façon d'une âme, le cosmos tout entier [21] » »

— Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité, p.66 [20].

En passant aux philosophes du XXe siècle, il y a les thèses des philosophes du droit italiens Martinetti et surtout Goretti. En 1926, Piero Martinetti avait publié La psiche degli animali (Le psychisme des animaux), dans lequel il avait souligné que les animaux possèdent l'intelligence et la conscience et, en général, une vie intérieure, comme il ressort des « attitudes, les gestes, la physionomie » ; cette vie intérieure est « probablement très différente et loin » de la vie intérieure humaine, mais elle « a aussi les caractéristiques de la conscience et ne peut pas être réduite à un simple mécanisme physiologique »[22]. En 1928 Goretti dépasse ce point de vue, et affirme que les animaux sont de véritables « sujets de droit » et que l'animal a une « conscience morale » et une perception du juridique[23]. De cette façon, il a anticipé les questions de la bioéthique et de l’éthologie ; malgré l'originalité et le caractère novateur des thèses de Cesare Goretti, son travail a été entièrement négligé dans le débat sur les droits des animaux et dans les études d'éthologie[24],[25].

« On ne peut nier à l'animal, quoique vague, l'utilisation de la catégorie de causalité ; de la même façon, on ne peut pas exclure que l'animal, participant à notre monde, ait un sens obscur de ce que peut être la propriété ou l'obligation. D'innombrables cas démontrent comment le chien est le gardien jaloux de la propriété de son maître, et comment il participe à son utilisation. Quoique inconnue, doit fonctionner en lui cette vision de la réalité extérieure comme quelque chose qui lui est propre ; ce n’est que pour l'homme civilisé qu’il s'agit de structures sophistiquées. Il est absurde de penser que l'animal qui rend service à son maître agit seulement selon son instinct. [...] Le chien sent, de façon obscure et significative, ce rapport pour les services rendus et échangés. Bien sûr, l'animal ne peut pas comprendre le concept de ce qui est la propriété, l'obligation ; il suffit qu’il montre vers l'extérieur de faire usage de ces principes, qui en lui fonctionnent encore en manière obscure et sensible.[pas clair] »

— Cesare Goretti, L’animale quale soggetto di diritto, 1928

Aujourd'hui, c'est le philosophe américain Tom Regan, professeur à l'université d'État de Caroline du Nord (et président en 1993 de l' American Society for Value Inquiry), qui est célèbre pour sa défense du végétarisme et des animaux dans le cadre du droit ; en premier lieu, il prend appui, pour développer sa théorie du droit, sur la considération de la vie mentale des animaux, considérée selon leur degré de complexité, et en arrive à ce bilan :

« La conclusion de T. Regan est la suivante : certains animaux ont une vie mentale suffisamment complexe pour avoir une expérience propre de leur bien-être. En d'autres termes, ils ont une vie mentale assez complexe pour que ce qui leur arrive leur importe. »

— Jean-Yves Goffi, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik [26].

Ce faisant, les conséquences de ce point de vue amènent à considérer l'animal en tant que tel comme détenteur de droits :

« Les êtres qui sont les sujets d'une vie ont une valeur inhérente. Seul le langage des droits est apte à exprimer l'exigence de ne pas leur infliger des dommages sans des raisons contraignantes. (...) On est le sujet d'une vie dès lors qu'on est capable de manifester une vie mentale assez complexe pour s'intéresser à son bien-être (...). Il s'ensuit que les animaux sont des sujets d'une vie et qu'ils sont des titulaires de droits, même s'ils ne le savent pas. »

— Jean-Yves Goffi, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik [27].

Les obligations qu'impose une telle conception du droit, vont au-delà de la pratique du végétarisme :

« Tom Regan considère comme injustifiables des pratiques ou des institutions comme la chasse, la pêche, l'alimentation carnée, les cirques, les zoos, l'élevage intensif. (...) Il englobe dans la même condamnation l'expérimentation sur l'animal dans une perspective médicale ou biologique (...). Il n'admet de transgression au principe de (non)-dommage que dans des cas soigneusement définis d'auto-défense.(...) Être le sujet d'une vie (...) suffit à conférer des droits et à justifier la protection du titulaire de ces droits, avant même que quoi que ce soit ait été énoncé à propos de ce qui rend la vie digne d'être vécue. La puissance publique doit protéger impartialement ces droits, indépendamment de toute conception du bien et du mal [28]. »

— Jean-Yves Goffi, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik [29].

Ce point de vue est partagé (mais élargi à tout être vivant sensible et non aux seuls animaux qui ont des capacités cognitives complexes [30]) par le professeur de droit à l'université d'État du New JerseyGary Francione [30], qui écrit [31] :

« Le mouvement pour les droits des animaux soutient que tous les êtres sensibles, humains ou non, ont un droit : le droit fondamental à ne pas être traités comme la propriété d'autrui. Notre reconnaissance de ce droit fondamental signifie que nous devons abolir – et non pas simplement réglementer – les pratiques établies d'exploitation animale, parce qu'elles supposent que les animaux sont la propriété des humains. (...) Nous considérons que le pas principal vers l'abolition que chacun de nous peut franchir consiste à adopter un mode de vie végan et à éduquer le public sur ce mode de vie [32],[33]. »

Ce rapport au droit se veut donc une conception de la justice concernant les êtres humains ou non humains pour le bénéfice de tous ; ainsi, dans l’introduction de Vegetarianism, a way of life, de Dudley Giehl, Isaac Bashevis Singer écrit :

« Tant que les êtres humains continueront à répandre le sang des animaux, il n’existera pas de paix dans le monde. La distance qui existe entre la création des chambres à gaz à la Hitler et les camps de concentration à la Staline n’est que d’un pas, car tous ces actes ont été perpétrés au nom d’une justice sociale et il n’y aura aucune justice tant que l’homme empoignera un couteau ou un pistolet pour détruire des êtres plus faibles que lui. »

Mouvement moderne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Front de libération des animaux .

Aujourd’hui, des mouvements de défense des animaux existent un peu partout dans le monde. Ils sont plus nombreux en Angleterre et aux Etats-Unis, au Canada et dans les pays du Nord de l’Europe. En France, ils ont eu plus de mal à se développer. Les lobbys des éleveurs ou des chasseurs ont beaucoup travaillé à décrédibiliser ceux qui défendent les animaux. Parmi les mouvements français, certains ont réussi à se faire reconnaître comme la fondation 30 millions d'amis, la ligue de protection des oiseaux d’Allain Bougrain-Dubourg Ligue pour la protection des oiseaux ou encore la Fondation Brigitte-Bardot . D’autre mouvements plus jeunes commencent aussi à gagner en visibilité comme L214 qui s’implique notamment dans la défense des animaux dans les élevages intensifs ou comme le mouvement belge Gaia Voice of the Voiceless Gaia qui possède un département réservé aux enfants. Aux Etats-Unis, un des plus grands mouvements de défense animale s’appelle Peta (People for the Ethical Treatment of Animals, soit les personnes qui sont pour un traitement éthique des animaux) Péta . Spécialisé dans les actions médiatiques, il a réussi à mobiliser de nombreux people autour de sa cause. Ainsi, le chanteur Paul Mac Cartney et les acteurs Joaquin Phoenix (Gladiator), Anne Hathaway (Les misérables), Jessica Chastain (The tree of life), Casey Affleck (Les amants du Texas) ou encore Rooney Mara (Millenium) soutiennent le mouvement et n’hésitent pas à poser ou tourner des vidéos pour défendre les animaux. En France, de nombreux petits mouvements sont nés aux côtés des grandes organisations comme la fondation Brigitte Bardot. Parmi eux, l’Aspas plaide pour une meilleure protection des animaux sauvages, le comité radicalement anti corrida (CRAC) réclame l’abolition de cette pratique, la ligue de protection des oiseaux (LPO) est spécialisée dans la protection des volatiles…

Depuis sa création sous l'impulsion du psychologue Richard Ryder à l’université anglaise d’Oxford, l'éthique animale s'impose comme nouvelle discipline universitaire dans les facultés anglo-saxonnes. L’éthique animale est l'étude de la responsabilité morale des hommes vis-à-vis de ce qu'ils font subir aux animaux. Elle se demande ce qu'il est bien ou mal de faire aux animaux et se trouve à la base des réflexions menées sur le droit des animaux.

« ‘’Les universitaires ont mis en lumière une attitude qu'ils appellent le "spécisme". Comme le racisme, elle consiste à privilégier les individus de sa propre espèce (soit les humains) et à les considérer comme supérieurs aux autres. Alors que rien ne justifie cette attitude, sinon les sentiments. Et parmi les espèces, certains préfèrent les animaux mignons ou qui ont l'air inoffensifs aux animaux moins jolis et réputés dangereux. C'est aussi une forme de spécisme car les animaux qui ne nous semblent pas beaux sont parfois très gentils.’’ Florence Pinaud, Respecter les animaux à petits pas, Actes Sud Junior, 2013, p 19 »

Certains mouvements sont parfois considérés comme radicaux, c'est-à-dire qu’ils réalisent des actions « coup de poing » qui sont dénoncées comme étant trop violentes. C’est le cas des mouvements anglais Animal Rights Militia (ARM) Animal Rights Militia ou Animal Liberation Front (ALF) Front de libération des animaux et du mouvement américain The Revolutionary Cels - Animal Liberation Brigade (RCALB) (en). Ces mouvements s’en prennent parfois aux directeurs des laboratoires qui pratiquent la vivisection. Il n’existe pas de mouvements de ce type en France. Aurobindo Ghose déclare : « La vie est la vie, que ce soit un chat, un chien ou un homme. Il n'y a pas de différence entre un chat, un chien, un homme. L'idée de différence est une conception humaine pour mettre l'homme à son avantage. »

Critique du droit des animaux et de l'antispécisme[modifier | modifier le code]

Certaines critiques du concept de droits pour les animaux argumentent que ceux-ci, étant beaucoup plus que les humains mus par leurs instincts (qui déterminent leurs réponses aux stimuli) n'ont pas la capacité de signer un contrat social ou de faire des choix moraux. En conséquence, ne peuvent donc pas être considérés comme possédant des droits moraux. Le philosophe Roger Scruton postule que seuls les êtres humains ont des devoirs et que « le corollaire est inévitable : nous seuls avons des droits »[34]. Les critiques soutenant cette position avancent qu'il n'est pas mauvais en soi d'utiliser les animaux pour se nourrir, se distraire, ou faire de la recherche, bien que les êtres humains puissent avoir l'obligation de garantir qu'ils ne souffriront pas inutilement[35]. Cette dernière position est généralement nommée la position du bien-être animal, soutenue par certaines des associations de protection des animaux les plus anciennes.

La maître de conférence à la Faculté de droit de Clermont-Ferrand, Anne-Marie Sohm-Bourgeois est claire à propos de l'attribution de droits aux animaux : « Ce changement [donner des droits aux animaux] apporterait-il une véritable amélioration de la condition animale? Le but recherché peut-il justifier les problèmes posés par la modification de nos traditionnels concepts juridiques ? On doit hélas! répondre par la négative. L’animal, devenu titulaire de droits, ne pourra jamais les exercer et, comme aujourd’hui, c’est son maître, ou un organisme habilité qui le fera pour lui. Or, en l’état actuel des textes, il en est déjà ainsi[36]. »

Comme le pense notamment l’ethnologue italien Sergio Dalla Bernardina, les concepts du droit des animaux, et de nombreux autres comme l'antispécisme (voir ci-dessous), la libération animale et l'éthique animale, s'inscrivent dans une comédie de l’innocence répondant à des ambitions purement égocentriques[37]. Cette stratégie sert entre autres à résoudre les tensions morales suscitées par notre style de vie en faisant croire qu’un changement est imminent. En échange, les militants qui sont mis en spectacle y gagnent en estime de soi, et la collectivité aussi, car ce sont ses émissaires, dans l’esprit de ce texte de Friedrich Nietzsche extrait de L’Antéchrist : « Lorsqu’on est chargé de tâches sacrées comme d’amender, de sauver, de racheter les hommes, lorsqu’on abrite la divinité dans sa poitrine, lorsqu’on est le porte-parole d’impératifs de l’au-delà, du seul fait de cette mission, on se trouve d’emblée hors des évaluations purement intellectuelles soi-même déjà presque sanctifié par cette mission, soi-même déjà l’archétype d’un ordre supérieur[38]! »

Selon cette version des choses, le droit des animaux, voire le mouvement animaliste est considérée par certains comme une forme de sentimentalisme où l’enjeu est moins le changement que l’espoir ou l’idée du changement avec la sensation éphémère de bien-être qu’il procure à petit prix. Dès lors, dans le jargon des animalistes, « libération animale », « abolition » et « droit des animaux » veulent véritablement dire « bien-être animal » et « réduire la souffrance »[39]. Les cyniques du XVIIe siècle comme La Rochefoucauld étaient fort conscients de cette machination culturelle qu’ils définissaient comme « le tribut que le vice paie à la vertu »[40]. Selon le mot d’Olivier Reboul, « c'est sans doute l'aspect le plus démoniaque de cette logique : nous faire réagir aux conséquences suscitées par les causes pour les faire admettre ipso facto[41] ».

Aux États-Unis, au nom de l’émancipation animale et la fin du spécisme – l’équivalent animal du racisme – les amoureux des bêtes se livrent, selon le mot du journaliste Michael Schaffer, à de véritables « guerres de chiens ». Ils réclament le droit de laisser leurs chiens errer dans les parcs et les réserves naturelles, mettant ainsi en danger plusieurs espèces animales et botaniques en voie de disparition, toujours selon le journaliste. Ainsi, à Fort Funstun, par exemple, une réserve naturelle près de San Francisco, la ville dont le nom fait référence à François d'Assise, le saint patron des animaux, l’endroit où l’on retrouve le plus grand nombre d’animaux de compagnie au monde, Schaffer a pu apercevoir en une seule journée plus de 400 chiens laissés en liberté pendant que leurs maîtres cémébraient l’entrée de leurs amis à quatre pattes dans le panthéon de l’humanité[42]. Ce scénario se répète à différent degré plus ou moins partout dans le monde où sévit ce genre de dérive idéologique.

Gary Francione 2.jpg

De toute évidence, aux yeux des antispécistes et des militants de la libération animale et du droit des animaux, les animaux de compagnie qu'ils tiennent sous leur joug sont dans une catégorie à part ne faisant pas partie des animaux qui sont exploités. Un deux poids deux mesures difficile à expliquer compte tenu des faits[43]. Gary Francione, par exemple, le leader de la mouvance animalitaire, est un féru amateur de chiens. Il n'en a pas un mais cinq. Or, en s'affichant en public avec ses animaux, il fait implicitement la promotion de ce qu'il prétend vouloir abolir, dans l'esprit du mot d'Olivier Reboul cité ci-dessus. Ce qui démontre bien pour les opposants à cette cause qu'il ne fait pas partie de la solution mais du problème. On peut en dire autant sur toutes les têtes d'affiche du mouvement animalitaire : chez les Anglophones, Peter Singer, Tom Regan, Ingrid Newkirk, Oprah Winfrey et [1] Paul McCartney, en France, Brigitte Bardot, Boris Cyrulnik, Élizabeth Hardouin-Fugier, Élizabeth de Fontenay et Karine Lou Matignon, au Québec, Jacques Languirand, Julie Snyder, Patricia Tulasne et Normand Baillargeon. De fait, ils entrent tous dans la contradiction en ayant eux-mêmes des animaux, et ce, même si par affection, ils obtiennent leurs animaux dans un refuge.

Dans son livre, Domination et affection. La fabrication des animaux de compagnie (Dominance and Affection: The Making of Pets), le professeur Yi-Fu Tuan de l’Université Yale aux États-Unis explique comment l’affection, une forme soft de violence, sert d’instrument à la volonté de puissance :

« Ce n’est pas l’amour qui fait tourner le monde […]. Reste l’affection. Mais l’affection n’est pas l’opposé de la domination, c’est plutôt ce qui la rend plus humaine. La domination peut être cruelle et violente, sans la moindre trace d’affection. Ce qu’elle produit à ce moment-là est une victime. Par contre, lorsqu’elle est combinée à l’affection, elle produit un animal de compagnie. […] L’affection atténue la domination en la rendant plus douce et plus acceptable à nos yeux, mais l’affection en soi n’est possible que dans les relations entre supérieurs et inférieurs. C’est la douce sensation de plaisir et de supériorité que l’on ressent envers l’objet de sa sollicitude. Le mot sollicitude est empreint d’humanité, au point d'oublier, bien trop facilement, qu’il est irrémédiablement entaché de condescendance et de paternalisme[44]. »

En termes plus explicites, voici ce que dit l’ethnologue italien Sergio Dalla Bernardina sur cette relation de supérieur à inférieur : « Si l’esclavage a été aboli depuis longtemps, une bonne partie de la population garde chez soi des petites bêtes complètement asservies. Par cet expédient, n’importe quel individu, même le plus humble et complexé, peut savourer le plaisir d’être « Maître » (c’est d’ailleurs ainsi qu’il se fait appeler : « Je suis le maître de Mirza. ») et tyranniser des êtres vivants [...]. Ceux qui aiment la soumission totale préfèrent les chiens ou les chevaux. Les adeptes de la soumission light choisissent les chats[45]. »

Marjorie Spiegel, encore plus explicite, écrit ceci dans son livre, La comparaison redoutée. L'esclavage humain et animal (The Dreaded Comparison: Human and Animal Slavery):

« On peut considérer le rapport entre un chien et son maître comme un exemple parmi d’autres d’esclavage. Pour le maître, le chien est un bon chien tant qu’il marche au pied, ne démontre pas trop d’intérêt pour les étrangers ou les autres chiens, ne court pas à moins d’avoir la permission, n’aboie pas tant qu’on ne lui en donne pas l’ordre, et n’a pas de besoins émotifs à moins que son maître en exprime le désir. […] Si un chien désire faire autre chose que ce qui plaît au maître, comme socialiser et jouer avec ses semblables, il peut être puni, voire battu. Toutes les actions indépendantes sont ainsi découragées. Pour éviter d’être battu et puni, le chien apprend à refouler ses désirs et à se conformer à ceux de son maître, son propriétaire légal omnipuissant. Et si à n’importe quel moment, le maître se lasse, il peut l’abandonner en fourrière, où il sera détruit ni vu ni connu[46]. »

Une façon de voir les choses partagée par le chercheur français, Hubert Montagner, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale :

« L’homme n’hésite pas à trafiquer l’apparence de l’animal, à le confiner dans des espaces sous son contrôle, faisant preuve d’une tyrannie certaine. Il lui impose une proximité exclusive ou peu partagée. Il limite ses possibilités d’expression spécifique, notamment avec ses congénères. Il sélectionne chez l’animal des formes et des comportements répondant à ses attentes et le conditionne à des rituels. Il lui impose ses compétences, des codes et des décisions. Il l’enferme dans ses émotions, affects et projections, et attend de lui des interactions conventionnelles[47]. »

Le rapport à l 'animal de compagnie cautionné en masse par les animalistes, y compris par le groupe PETA, est donc une forme soft ou édulcorée de domination à mettre dans le même sac que la domination plus manifestement hard ou violente qui s’exerce envers les autres catégories d'animaux comme les taureaux de la corrida. Cette domination aux visages multiples, et qui varie dans la forme à l’intérieur de ces deux pôles opposés, hard et soft, mais de la même nature, est la négation pure et simple du respect et de l’amour au sens propre[48]. Or, à en juger par la popularité inédite des animaux de compagnie dans les sociétés occidentales, l'amour n'est pas le sentiment dominant, mais bel et bien la violence, sa négation.

Les méfaits de cette relation de propriétaire à propriété passent inaperçus pour plusieurs raisons principales :

1) Selon Michel Foucault, dans notre culture, la violence, la cruauté et la volonté de puissance sont en général dissociées du monde de l’affection et du plaisir, voire de l'amour[49]. Dès lors, s'il est facile de déceler la violence qui se manifeste par les coups, il est beaucoup plus difficile de déceler celle qui se manifeste par les caresses et les paroles pieuses. Pour la déceler, un révélateur, la raison, est indispensable. À l'aide de ce « médicament », le seul antidote à la bêtise humaine, il s'agit de gratter la surface pour faire apparaitre la cruelle réalité de la domination dégriffée par l'affection, une forme de violence beaucoup plus perverse par sa subtilité que la violence manifeste.

2) Peu de gens connaissent suffisamment bien les animaux pour prendre conscience des méfaits qui se cachent dans le rapport entre les humains et les animaux de compagnie. Selon Karen L. Overall, une psychologue américaine pour animaux, 1 % seulement des propriétaires d’animaux connaissent les besoins biologiques et les comportements normaux et anormaux des animaux à qui ils imposent la captivité[50]. Comment voulez-vous dans ces conditions faire la part des choses?

3) L’amour des animaux, un sentiment au sens large qui s’exprime entre autres par le végétarisme, le droit des animaux, l’antispécisme, les soins vétérinaires, voire la simple possession d’un animal de compagnie est une source de fierté pour bien des gens. Paradoxalement, dans presque toutes les cultures, cet amour entâché de condescendance et de paternalisme est associé à de très grandes qualités humaines[51]. « Celui qui est cruel envers les animaux ne peut être un homme bon » a dit le philosophe allemand Schopenhauer. L'Indien Gandhi et l'Américain Thomas Paine, entre autres, étaient du même avis[52]. Selon l'ethnologue Éric Baratay, pour l’Église catholique, aimer un animal à la façon des saints comme François d’Assise est « un procédé fort ingénieux, pour établir parmi les hommes le règne pur de la charité, d’extirper le goût du sang et de la cruauté, de rendre l’homme meilleur pour ses congénères et donc de protéger l’humanité elle-même[53]». Pour certaines personnes influentes, sans les animaux à nos côtés, « le monde ne serait pas humain »[54],[55]. Dès lors, pour se montrer sous leur meilleur jour, bon nombre de politiciens, de vedettes, de mauvais garçons et de simples badauds ne manquent pas une occasion pour s’afficher en public en train « d’aimer » un animal. Par ce subterfuge d’une grande valeur symbolique à leurs yeux et à ceux d’autrui, ils claironnent à leur façon ceci : « faites-moi confiance, je suis une bonne personne, vous voyez bien, j’aime les animaux[56],[57],[58]! » Dans cet esprit, selon l’historienne Elizabeth Hardouin-Fugier, le gouvernement d’Hitler, par exemple, « s’empare dès 1933 du thème de la protection législative de l’animal en même temps que de l’ensemble des institutions civiles, intellectuelles et culturelles allemandes pour se parer d’un prétendu humanisme[59] ». Or, remettre en question cet « amour » porté aux nues par ceux qui font l'opinion est non seulement une atteinte grave à l’amour propre, mais une remise en question radicale du progrès social qui lui est associé. Ce qui suscite une résistance énorme, sous forme de déni et de colère, par exemple, car personne, c’est fort compréhensible, n’aime se faire déculotter en public [60],[61].

4) Pour paraphraser Upton Sinclair, il est difficile de faire comprendre quelque chose à une personne si son salaire, voire son amour propre, exige qu’il ne la comprenne pas. Nous avons dans notre psychologie une immunité idéologique qui nous défend, inconsciemment, des idées qui peuvent menacer notre survie ou hypothéquer notre équilibre psychique[62]. Alors que nos sens captent le monde tel qu’il est, notre cerveau, dans l'ombre, effectue un travail d'édition, un couper-coller, pour ajuster la réalité à l'idée qu'il s'en fait. Ce que nous voyons, lisons ou entendons est remanié pour concorder avec des notions apprises pendant notre apprentissage. Ainsi, la scotomisation, selon Le Petit Robert, « l’exclusion inconsciente d’une réalité extérieure du champ de conscience; un déni de la réalité, une forclusion, un mécanisme psychique par lequel des représentations insupportables sont rejetées avant même d’être intégrées à l’inconscient du sujet (à la différence du refoulement) » joue un rôle de premier plan dont on mesure mal l’importance et qui expliquerait pourquoi les croyances et les traditions les plus absurdes sont si difficiles à changer; « absurde », car de toute évidence, comme en fait foi notamment l’expérience nazie[63],[64], il ne suffit pas « d’aimer » ou de se faire « aimer » par un animal pour être une bonne personne. Si Hitler, Pol Pot, Jim Jones et Charles Manson ont réussi à se faire aimer par un animal, c’est à la portée du premier venu.

5) La domestication étant perçue, en général, y compris par les défenseurs des thèses qui sont présentées sur cette page, comme quelque chose d’irréversible, cet « amour » des animaux est une forme de compromis qui sert entre autres à adoucir aux yeux des humains, la cruauté inhérente à la domestication. Or, selon le spécialiste de la domestication, Jean-Pierre Digard, anthropologue et ethnologue, la domestication n’est pas une finalité ayant eu lieu il y a environ 10 000 ans, tous les jours, « on domestique les animaux si ce n’est en les nourrissant ou en les faisant obéir »; il faut « l’entretenir, continuellement, jour après jour, sous peine de dédomestication »[65]. En d'autres mots, relâchez le moindrement votre emprise et votre chien bien civilisé reprendra au galop ses comportements naturels Cela ne veut pas dire pour autant qu’il pourrait survivre en liberté. Certains, les moins dénaturés, sont certes capables, mais pas la très grande majorité. Il serait donc absurde, de remettre en liberté par principe, un animal domestique. De plus, cela créerait des problèmes environnementaux insurmontables pour notre espèce. Cela dit, la domestication est facile à renverser. Il s’agit tout simplement d’arrêter de la reproduire. C’est une simple question d’offre et de demande. Ainsi, pour y mettre fin, à la mort de son animal, par exemple, une personne ou une collectivité peut décider, de son propre chef, en toute connaissance de cause, de ne plus récidiver. Comme le dit La Boétie : « Soyez résolu à ne plus servir, et vous voilà libre. »

6) Personne à vrai dire n’est dupe - ils savent mais ne veulent pas savoir – c’est surtout pour cette raison, de l'avis de ceux qui remettent en question cet amour cannibale, que la résistance et le déni sont si farouches. Ce projet d'élever le statut des animaux de compagnie à celui des humains et de leur donner des droits est un projet idéologique à visé anthropocentrique, voire égocentrique, qui ne concerne que ceux qui le défendent pour se faire du capital social (voir ci-dessus, le 2e et le 3e paragraphe)[66].

7) Nous n’avons pas dans notre psychologie d’autres points de références comportementales pouvant servir de comparaison. À l’intérieur des balises normatives de la société, nous agissons — en essence et non dans la forme, du moins en Occident — avec nos conjoints, enfants, amis, employés, collègues, citoyens, etc., comme nous agissons avec les animaux[67]. Et c’est précisément le problème. Une fois passé l'attrait du nouveau, grand nombre de parents n’abandonnent pas leurs enfants dans des fourrières, par exemple, comme ils le feraient avec un chien ou un chat, mais les abandonnent volontiers, symboliquement, en les négligeant, voire en les initiant à la cruauté dégriffée par l'affection.

Comme le dit H. D. Thoreau dans Walden : « Il en est mille pour massacrer les branches du mal contre un qui frappe à la racine, et il se peut que celui qui consacre la plus large somme de temps et d'argent aux nécessiteux contribue le plus par sa manière de vivre à produire cette misère qu'il tâche en vain à soulager. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Animal Rights. » Encyclopædia Britannica. 2007
  2. a et b « Personhood'Redefined: Animal Rights Strategy Gets at the Essence of Being Human », Association of American Medical Colleges, retrieved July 12, 2006
  3. Taylor, Angus. Animals and Ethics: An Overview of the Philosophical Debate, Broadview Press, May 2003
  4. Dershowitz, Alan. Rights from Wrongs: A Secular Theory of the Origins of Rights, 2004, pp. 198–99, and "Darwin, Meet Dershowitz," The Animals' Advocate, Winter 2002, volume 21
  5. "Animal law courses", Animal Legal Defense Fund (en)
  6. Pour une historique détaillée, voir Georges Chapouthier, Au bon vouloir de l'homme, l'animal, Éditions Denoël, Paris,1990
  7. Violin, Mary Ann. "Pythagoras—The First Animal Rights Philosopher," Between the Species 6:122–127, cited in Taylor, Angus. Animals and Ethics. Broad view Press, p. 34
  8. Taylor, Angus. Animals and Ethics. Broadview Press, p. 34.
  9. Pythagoras's thought has been the subject of much debate; none of his original work is extant. See Huffman, Carl. "Pythagoras" in Zalta, Edward N. The Stanford Encyclopedia of Philosophy, Winter 2006, retrieved January 10, 2007
  10. Singer, Peter. "Animals" in Honderich, Ted (ed). The Oxford Companion to Philosophy, Oxford University Press, 1995
  11. Taylor, Angus. Animals and Ethics. Broadview Press, p. 35
  12. Rousseau, Jean-Jacques. Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1754, préface
  13. Bentham, Jeremy. An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, 1789. Latest edition: Adamant Media Corporation, 2005
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  15. Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863, [lire en ligne]
  16. http://books.google.fr/books?id=WzEzXDk0v6sC&pg=PA57&lpg=PA57&dq=kumarapala+gujarat++meat&source=bl&ots=1o0pDeAgnt&sig=SVotY6UDgrMG8W9eM4TwvTkQM6k&hl=fr&ei=DM2CTJ-OH5O34Ab8nLnTCw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBkQ6AEwAA#v=onepage&q=kumarapala%20gujarat%20%20meat&f=false
  17. http://indianfood.indianetzone.com/1/gujarat.htm
  18. http://www.clas.ufl.edu/users/bron/ern/J.pdf
  19. http://www.ivu.org/french/news/3-98/japan1.html
  20. a et b Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité, Élisabeth de Fontenay, éditions Fayard.
  21. a et b Référence donnée par Élisabeth de Fontenay dans son ouvrage : Cf. Les Présocratiques, édition établie par J.-P. Dumont, D. Delattre et J.-L. Poirier, Paris, Gallimard, l'histoire philosophique grecque.
  22. (it) Piero Martinetti, La psiche degli animali en Saggi e discorsi, éd. Paravia, Torino, 1926, maintenant en Pietà verso gli animali (édité par Alessandro De Chiara), éd. Il Melangolo, Genova, 1999
  23. (it) Cesare Goretti, L’animale come soggetto di diritto, en Rivista di filosofia, 1928, 348 ss. ; aussi, sous forme abrégée, dans Paolo Di Lucia, Filosofia del diritto, Raffaello Cortina editore, Milano, 2002, 83 s.
  24. (it) Paolo Di Lucia, ‘’Filosofia del diritto’’, Raffaello Cortina editore, Milano, 2002, 82
  25. (it) Attilio Pisano, Diritti deumanizzati, éd. Giuffrè, Milano, 2012, 39 s.
  26. Jean-Yves Goffi, professeur agrégé de philosophie et docteur d'Etat en lettres et sciences humaines, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.900, ISBN 2-07-073709-8
  27. Jean-Yves Goffi, professeur agrégé de philosophie et docteur d'Etat en lettres et sciences humaines, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.902, ISBN 2-07-073709-8
  28. Note de Jean-Yves Goffi : « L'objection classique consiste à tenir l'affirmation de droits pour une théorie déjà morale dans son principe. »
  29. Jean-Yves Goffi, professeur agrégé de philosophie et docteur d'Etat en lettres et sciences humaines, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.902-903, ISBN 2-07-073709-8
  30. a et b http://www.herenow4u.net/index.php?id=66584
  31. Principes parus dans la revue Les cahiers antispecistes, décembre 2003. Des militants ont demandé à Gary Francione d'énoncer une série de principes résumant ce que sont pour lui les bases éthiques d'un authentique mouvement pour les droits des animaux.
  32. Texte intégral de l'interview sur le magazine de l'association Friends of Animal, 2002
  33. http://www.herenow4u.net/index.php?id=70363
  34. Scruton, Roger. Animal Rights and Wrongs, Metro, 2000.ISBN 1-900512-81-5
  35. Frey, R.G. Interests and Rights: The Case against Animals. Clarendon Press, 1980 ISBN 0-19-824421-5
  36. Anne-Marie Sohm-Bourgeois (1990). « La personnification de l’animal : une tentation à repousser. » Recueil Dalloz Sirey, 7e Cahier. [En ligne] Adresse URL : http://pronaturafrance.free.fr/personnif.html (Page consultée le 12 février 2012).
  37. Sergio Dalla Bernardina (2006). L’éloquence des bêtes. Métailié. Pour une critique de ce livre par Sophie Bobet, une collègue ethnologue de M. Bernardina voir [En ligne] : Adresse URL : www.inra.fr/dpenv/pdf/BibliC54.pdf (page consultée en juin 2011).
  38. Ibid. Cette citation de Nietzsche est tirée du livre de Sergio Dalla Bernardina.
  39. Reboul, Olivier. Langage et idéologie. PUF. 1981.
  40. Patrick West (2004). Conspicuous Compassion: Why sometimes it really is cruel to be kind. Civitas, VII et 2
  41. Olivier Reboul (1984). Langage et idéologie. PUF.
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  43. Stuart Spencer (2006). « History and Ethics of Keeping Pets: Comparison with Farm Animals. » Journal of Agricultural and Environmental Ethics; 19 : 17-25; David Sztybel (2006). « Can the Treatment of Animals Be Compared to the Holocaust? » Ethics and the environment; 11(1); Leslie Irvine (2004). « Pampered or Enslaved? The Moral Dilemmas of Pets. » International Journal of Sociology and Social Policy; 24 (4) : 5-16; Swabe Joanna (1998). « Animals as a Natural Resource: Ambivalence in the Human-Animal Relationship in a Veterinary Practice. » Animals, Disease, and Human Society. Human-animal Relations and the Rise of Veterinary Medicine. Routledge; Marjory Spiegel (1996). The Dreaded Comparison: Human and Animal Slavery. Mirror Books; Vadakarn, J. L. (1994). Parle à mon chien, ma tête est malade. Albin Michel. Michael W. Fox (1990). Inhumane Society: The American Way of Exploiting Animals. St. Martin’s Press; Yi-Fu Tuan. Ouvr. cité; S. Wolfensohn (1981). « The things we do to dogs. » New Scientist : 404-407. Sur le même thème : Charles Danten (2014). Slaves of Our Affection. The Myth of the Happy Pet. Smashwords; Le prix du bonheur I. Le mythe de l’animal-roi. Smashwords; Le prix du bonheur II. Le mythe de l’enfant-roi. Smashwords. Une version papier de ces livres est offerte sur Createspace et Amazon; (1999) Un vétérinaire en colère. VLB; (2008 à 2012). Le Québec sceptique : « Pourquoi les animaux s’attachent-ils à nous? » no 77; « Le point sur la recherche en zoothérapie. » no 76; «  Le mythe de l’animal-roi ». no 75; « La vaccination des animaux de compagnie pour des raisons non scientifiques. » no 72; « Remise en question de la zoothérapie. » no 68. Voir aussi sur Wikipédia. L’encyclopédie libre : « Critique de la zoothérapie », « Quelques dérives de l’anthropomorphisme », « Critique du droit des animaux et de l’antispécisme. » ; La Presse : « Derrière le drame du berger blanc. » ; À bâbord : « L’anthropomorphisme et ses dérives »; L’Autjournal : « Critique de la zoothérapie »; The Montreal Gazette : « Slaves of Our Affection. » et « Living Prozac. »
  44. Yi-Fu Tuan. Ouvr. cité.
  45. Sergio Dalla Bernardina (2006). L’éloquence des bêtes. Métailié.
  46. Marjory Spiegel (1996). The Dreaded Comparison: Human and Animal Slavery. Mirror Books.
  47. Hubert Montagner (1998). « Un élément de qualité de vie. » Rencontres à Nantes, éditions AFIRAC: 5. In: Talin, Christian (2000). Anthropologie de l’animal de compagnie: L’animal autre figure de l’altérité. Paris: L’Atelier de L’Archet.
  48. Yi-Fu Tuan. Ouvr. cité; Marjorie Spiegel. Ouvr. cité; Sergio Dalla Bernardina. Ouvr. Cité; HubetMontagné. Ouvré cité.
  49. Yi-Fu Tuan (1998). Escapism. The Johns Hopkins University Press.
  50. Karen L. Overall (1997). Clinical Behavioral Medicine for Small Animals. Mosby.
  51. Éric Baratay (1995). « Respect de l’animal et respect de l’autre, l’exemple de la zoophilie catholique à l’époque contemporaine. » Des bêtes et des hommes : un jeu sur la distance : 255-265; (1998). « Le Christ est-il mort pour les bêtes? » Étude Rurales : 27-48; Jean-Pierre Albert (1995). « L’Ange et la Bête : Sur quelques motifs hagiographiques. » Des bêtes et des hommes : un jeu sur la distance : 255-265; Katherine C. Grier (2006). Pets in America. A History. Harcourt: 17.
  52. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer (2008). Éthique animale. PUF.
  53. Éric Baratay. Ouvr. cité. Voir aussi à ce propos : Karine-Lou Matignon (2000). Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Albin Michel; Temple Grandin et Catherine Johnson (2009). Animals Make Us Human. Houghton Mifflin Harcourt; Katherine C. Grier. Ouvr. cité; Kathleen Kete (1994). « Animal protection in Nineteenth-Century France. » The Beast in the boudoir. Petkeeping in Nineteenth-Century Paris. University of California Press; Thomas, Keith (1983). Dans le jardin de la nature. La mutation des sensibilités en Angleterre à l’époque moderne (1500-1800). Gallimard (Bibliothèque des histoires).
  54. Karine-Lou Matignon (2000). Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Albin Michel.
  55. Temple Grandin et Catherine Johnson (2009). Animals make us human. Houghton Mifflin Harcourt.
  56. Dal F Lory. « Feeding wild animals: The urge,the interaction, and the consequences. » Anthrozoös; 1 (4) 255.
  57. Katherine C. Grier (2006). « Domesticity and the Qualities of Men and Women. » Pets in America. A History. Harcourt.
  58. Patrick West. Ouvr. cité.
  59. Élisabeth Hardouin-Fugier (2002). La protection de l'animal sous le nazisme. Luc Ferry ou le rétablissement de l'ordre. Éditions Tahin Party : 129-151.

  60. Luc Boltanski (1993). La souffrance à distance : morale humanitaire, médias et politique. Métailié. Dans le chapitre « L’opacité du désir », Boltanski disserte sur « le soupçon d’impureté qui pèse depuis deux siècles sur les désirs altruistes ».
  61. Sur le même thème, un classique, Eric Hoffer (1954). The True Believer: Thoughts on the Nature of Mass Movements. Perennial Classics.
  62. Michael Shermer. How Thinking Goes Wrong. Twenty-five Fallacies That Lead Us to Believe Weird Things. Tiré de son livre publié en 1997, Why People Believe Weird Things. Henry Holt.
  63. Steven Pinker (2009). « The rights movement. » The better angels of our nature. Vicking: 462.

  64. Boris Sax (2000). Animals in the Third Reich: Pets, Scapegoats and the Holocaust. Continuum.
  65. Jean-Pierre Digard (2005). Les Français et leurs animaux. Ethnologie d’une passion. Paris : Fayard : 161. Du même auteur: (1990). L’Homme et les animaux domestiques: Anthropologie d’une passion. Paris. Fayard. Voir aussi les écrits d'un autre spécialiste de la domestication : Jared Diamond (1999). Guns germs, and Steel: The fates of human societies. WW.Norton; [Domestication]: (1987). « The worst mistake in the history of the human race. » Discover, p. 64-66; (2002). « Evolution, consequences and future of plant and animal domestication. » Nature, vol. 418.
  66. Luc Boltanski. Ouvr. cité.
  67. André G. Haudricourt (1962). « Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d’autrui. » L’Homme; (2), no 1 : 40-50; Jean-Pierre Digard (2005). Les Français et leurs animaux: Ethnologie d’un phénomène de société. Fayard : 40.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (fr) Bernardina, Sergio Dalla. L’éloquence des bêtes. Métailié. 2006.
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]