Droits des animaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Protection animale)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la protection animale ou libération animale. Pour l'association, voir Droits des Animaux (association). Pour le livre, voir La Libération animale.

Les droits des animaux sont la rédaction juridique des notions de protection animale ou libération animale. Ils sont fondés sur l'idée que les besoins et intérêts des autres espèces animales — se nourrir, se déplacer, se reproduire, éviter la souffrance par exemple — sont les mêmes que ceux des êtres humains[1]. Les défenseurs des droits des animaux jugent que ces derniers ne devraient plus être considérés comme des objets que l'on peut posséder ou utiliser, mais qu'ils devraient être considérés comme des personnes légales (voir animalisme)[2] et des membres à part entière de la communauté humaine[3].

L'idée d'accorder des droits aux animaux est soutenue par des professeurs de droit tels qu'Alan Dershowitz[4] et Laurence Tribe (en) de la Faculté de droit de Harvard[2], et des cours de loi animale sont maintenant dispensés dans 92 des 180 écoles de droit des États-Unis[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le débat sur les droits des animaux n'est pas récent[6]. Il a été initié par des philosophes de l'Antiquité[1] comme Pythagore au VIe siècle avant notre ère, que l'on a appelé « le premier philosophe des droits des animaux »[7]. Il réclamait le respect pour les animaux parce qu'il croyait en la transmigration des âmes entre humains et non-humains : en tuant un animal, on aurait pu alors tuer un ancêtre. Il défendait le végétarisme, rejetant l'emploi des animaux comme nourritures ou victimes sacrificielles[8],[9].

Peter Singer, dans son Oxford Companion to Philosophy, estime que le premier chapitre de la Genèse décrit comment Dieu donna aux êtres humains la domination sur les animaux, modérée dans la Torah par des injonctions à la douceur ; par exemple, en ne faisant pas travailler ses bœufs lors du chabbat. Le Nouveau Testament est dépourvu de telles exhortations, Paul interprétant cette exigence au bénéfice des propriétaires humains et non des animaux eux-mêmes. Augustin considère que Jésus a laissé les porcs de Gadarène se noyer[10] dans le but de démontrer que l'homme n'a aucun devoir de prendre soin des animaux, une position adoptée par Thomas d'Aquin, qui dit que les humains ne devraient montrer de la charité envers les animaux que pour s'assurer que des habitudes de cruauté ne s'insinuent dans notre traitement envers les êtres humains[11], une position reprise par Locke et Kant.

Buste de Théophraste

Aristote, au IVe siècle av. J.-C., déclarait que les animaux se plaçaient loin en dessous des humains dans la scala naturæ, à cause de leur prétendue irrationalité, et parce qu'ils n'auraient pas d'intérêt propre[1]. L'un de ses élèves, Théophraste, exprima son désaccord, se positionnant contre la consommation de viande en alléguant qu'elle privait les animaux de leur vie, et qu'elle était donc injuste. Les animaux, dit-il, peuvent raisonner, sentir, et ressentir de la même manière que les êtres humains[12]. Cet avis ne prévalut pas, et c'est la position d'Aristote - selon laquelle les humains et les non-humains vivaient dans des règnes moraux différents parce que les uns étaient doués de raison et non les autres - qui persista largement jusqu'aux contestations de certains philosophes dans les années 1970.

Au XVIIe siècle, le philosophe français René Descartes soutint que les animaux n'avaient ni âme ni esprit, et qu'ils n'étaient que des automates complexes. Ils ne pouvaient donc ni penser ni souffrir. Ils seraient équipés pour voir, entendre, toucher, et même éprouver la peur et la colère, mais ils ne seraient pas conscients. En opposition à cette thèse, Jean-Jacques Rousseau, dans la préface de son Discours sur l'inégalité (1754), rappelle que l'homme a commencé comme un animal, bien que non « dépourvu d'intelligence et de liberté »[13]. Cependant, les animaux étant des êtres doués de sensibilité, « ils devraient participer au droit naturel, et … l'homme est sujet à de certains devoirs envers eux ».

Plus tard, au XVIIIe siècle, l'un des fondateurs de l'utilitarisme moderne, le philosophe anglais Jeremy Bentham, déclara que la souffrance des animaux est aussi réelle et moralement importante que la souffrance humaine, et que « le jour viendra où le reste de la création animale acquerra ces droits qui n'auraient jamais dû leur être refusés si ce n'est de la main de la tyrannie »[14]. Bentham considérait que la faculté de souffrir, et non la faculté de raisonner, devait être le critère pour évaluer le traitement juste des autres êtres. Si la capacité à raisonner en était le critère, plusieurs êtres humains, en comptant les bébés et les personnes handicapées, seraient traitées comme s'ils étaient des choses, écrivit-il en une citation célèbre.

Au XIXe siècle, Arthur Schopenhauer déclare que les animaux partagent la même essence que les humains, malgré le manque de faculté à raisonner. Bien qu'il considère le végétarisme comme excessif, il défend le respect envers les animaux dans la morale, et dénonce la vivisection. Sa critique de l'éthique kantienne contient une longue polémique, souvent passionnée, contre l'exclusion des animaux de son système moral.

La première association de protection animale ou de bien-être animal, la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, fut fondée en Grande-Bretagne en 1824, et des groupes similaires naquirent rapidement ensuite en Europe puis en Amérique du Nord. En France, la Société protectrice des animaux (SPA) est créée en 1845, à Paris, en ayant pour objet d'améliorer « le sort des animaux, dans une pensée de justice, de morale, d'économie bien entendue et d'hygiène publique »[15]. Le 2 juillet 1850, le général de Gramont fait adopter une loi relative aux mauvais traitements infligés aux animaux domestiques. Le premier groupe aux États-Unis, l'American Society for the Prevention of Cruelty to Animals, entra dans la charte de l'État de New York en 1866. Le premier mouvement anti-vivisection fut créé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le concept de droits des animaux devint le thème d'un livre influent en 1892, Animals' Rights: Considered in Relation to Social Progress, par le réformateur social anglais Henry Salt, un an après avoir formé la Ligue Humanitaire, avec pour objectif d'interdire la chasse en tant que sport.

Au début du XXe siècle, les associations défendant le bien-être animal et les lois contre la cruauté envers les animaux, étaient présentes dans presque tous les pays du monde. Des groupes spécialisés dans la défense des animaux se sont multipliés, entre ceux qui se consacrent à la préservation des espèces en danger, et les autres, telles que People for the Ethical Treatment of Animals (PETA), qui protestent contre les méthodes de chasse brutales ou douloureuses, les mauvais traitements aux animaux élevés dans les élevages intensifs, et l'utilisation d'animaux dans les expériences et les divertissements. En 1978, une Déclaration universelle des droits de l'animal a été proclamée à la Maison de l'Unesco. Elle n'a cependant pas de valeur juridique.

Théoriciens et aspect législatif du droit des animaux à travers le végétarisme[modifier | modifier le code]

Buste de Pythagore.
L'empereur japonais Temmu.

Le végétarisme est une pratique qui peut être motivée par le droit – défini comme l'« ensemble des règles qui régissent la conduite de l'homme en société, les rapports sociaux [16] », dans le cadre évidemment du droit considérant comme nécessaire les droits des animaux.

Le végétarisme (ou l'interdiction de tuer/manger un animal), en tant que norme à faire respecter par des lois, existe depuis l'Antiquité, avec, en Inde, les édits de l'empereur Ashoka (v. 304 av. J.-C. - 232 av. J.-C.), au Gujarat, les lois du roi jaïn Kumârapâla (1143–1172) [17],[18],[19], et, au Japon, les lois promulguées (en 676 ap. J.-C.) par l'empereur Temmu [20] par exemple, mais aussi en Europe à l'époque présocratique, avec, en particulier, Pythagore et Empédocle [21] :

« Cicéron rapproche de manière critique les deux philosophes Pythagore et Empédocle quand il rapporte qu'à leurs yeux, tous les vivants jouissant du même droit, il fallait que les mêmes sanctions frappent les homicides et ceux qui tuent des animaux [22] : les hommes (...) ne forment pas seulement une communauté avec les dieux, mais avec les bêtes (...) – en vertu, dit le Sceptique Sextus Empiricus, d'un « esprit un qui pénètre, à la façon d'une âme, le cosmos tout entier [22] » »

— Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité, p.66 [21].

En passant aux philosophes du XXe siècle, il y a les thèses des philosophes du droit italiens Martinetti et surtout Goretti. En 1926, Piero Martinetti avait publié La psiche degli animali (Le psychisme des animaux), dans lequel il avait souligné que les animaux possèdent l'intelligence et la conscience et, en général, une vie intérieure, comme il ressort des « attitudes, les gestes, la physionomie » ; cette vie intérieure est « probablement très différente et loin » de la vie intérieure humaine, mais elle « a aussi les caractéristiques de la conscience et ne peut pas être réduite à un simple mécanisme physiologique »[23]. En 1928 Goretti dépasse ce point de vue, et affirme que les animaux sont de véritables « sujets de droit » et que l'animal a une « conscience morale » et une perception du juridique[24]. De cette façon, il a anticipé les questions de la bioéthique et de l’éthologie ; malgré l'originalité et le caractère novateur des thèses de Cesare Goretti, son travail a été entièrement négligé dans le débat sur les droits des animaux et dans les études d'éthologie[25],[26].

« On ne peut nier à l'animal, quoique vague, l'utilisation de la catégorie de causalité ; de la même façon, on ne peut pas exclure que l'animal, participant à notre monde, ait un sens obscur de ce que peut être la propriété ou l'obligation. D'innombrables cas démontrent comment le chien est le gardien jaloux de la propriété de son maître, et comment il participe à son utilisation. Quoique inconnue, doit fonctionner en lui cette vision de la réalité extérieure comme quelque chose qui lui est propre ; ce n’est que pour l'homme civilisé qu’il s'agit de structures sophistiquées. Il est absurde de penser que l'animal qui rend service à son maître agit seulement selon son instinct. [...] Le chien sent, de façon obscure et significative, ce rapport pour les services rendus et échangés. Bien sûr, l'animal ne peut pas comprendre le concept de ce qui est la propriété, l'obligation ; il suffit qu’il montre vers l'extérieur de faire usage de ces principes, qui en lui fonctionnent encore en manière obscure et sensible.[pas clair] »

— Cesare Goretti, L’animale quale soggetto di diritto, 1928

Aujourd'hui, c'est le philosophe américain Tom Regan, professeur à l'université d'État de Caroline du Nord (et président en 1993 de l' American Society for Value Inquiry), qui est célèbre pour sa défense du végétarisme et des animaux dans le cadre du droit ; en premier lieu, il prend appui, pour développer sa théorie du droit, sur la considération de la vie mentale des animaux, considérée selon leur degré de complexité, et en arrive à ce bilan :

« La conclusion de T. Regan est la suivante : certains animaux ont une vie mentale suffisamment complexe pour avoir une expérience propre de leur bien-être. En d'autres termes, ils ont une vie mentale assez complexe pour que ce qui leur arrive leur importe. »

— Jean-Yves Goffi, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik [27].

Ce faisant, les conséquences de ce point de vue amènent à considérer l'animal en tant que tel comme détenteur de droits :

« Les êtres qui sont les sujets d'une vie ont une valeur inhérente. Seul le langage des droits est apte à exprimer l'exigence de ne pas leur infliger des dommages sans des raisons contraignantes. (...) On est le sujet d'une vie dès lors qu'on est capable de manifester une vie mentale assez complexe pour s'intéresser à son bien-être (...). Il s'ensuit que les animaux sont des sujets d'une vie et qu'ils sont des titulaires de droits, même s'ils ne le savent pas. »

— Jean-Yves Goffi, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik [28].

Les obligations qu'impose une telle conception du droit, vont au-delà de la pratique du végétarisme :

« Tom Regan considère comme injustifiables des pratiques ou des institutions comme la chasse, la pêche, l'alimentation carnée, les cirques, les zoos, l'élevage intensif. (...) Il englobe dans la même condamnation l'expérimentation sur l'animal dans une perspective médicale ou biologique (...). Il n'admet de transgression au principe de (non)-dommage que dans des cas soigneusement définis d'auto-défense.(...) Être le sujet d'une vie (...) suffit à conférer des droits et à justifier la protection du titulaire de ces droits, avant même que quoi que ce soit ait été énoncé à propos de ce qui rend la vie digne d'être vécue. La puissance publique doit protéger impartialement ces droits, indépendamment de toute conception du bien et du mal [29]. »

— Jean-Yves Goffi, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik [30].

Ce point de vue est partagé (mais élargi à tout être vivant sensible et non aux seuls animaux qui ont des capacités cognitives complexes [31]) par le professeur de droit à l'université d'État du New JerseyGary Francione [31], qui écrit [32] :

« Le mouvement pour les droits des animaux soutient que tous les êtres sensibles, humains ou non, ont un droit : le droit fondamental à ne pas être traités comme la propriété d'autrui. Notre reconnaissance de ce droit fondamental signifie que nous devons abolir – et non pas simplement réglementer – les pratiques établies d'exploitation animale, parce qu'elles supposent que les animaux sont la propriété des humains. (...) Nous considérons que le pas principal vers l'abolition que chacun de nous peut franchir consiste à adopter un mode de vie végan et à éduquer le public sur ce mode de vie [33],[34]. »

Ce rapport au droit se veut donc une conception de la justice concernant les êtres humains ou non humains pour le bénéfice de tous ; ainsi, dans l’introduction de Vegetarianism, a way of life, de Dudley Giehl, Isaac Bashevis Singer écrit :

« Tant que les êtres humains continueront à répandre le sang des animaux, il n’existera pas de paix dans le monde. La distance qui existe entre la création des chambres à gaz à la Hitler et les camps de concentration à la Staline n’est que d’un pas, car tous ces actes ont été perpétrés au nom d’une justice sociale et il n’y aura aucune justice tant que l’homme empoignera un couteau ou un pistolet pour détruire des êtres plus faibles que lui. »

Différents mouvements à travers le monde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Front de libération des animaux .

Aujourd’hui, des mouvements de défense des animaux existent un peu partout dans le monde. Ils sont plus nombreux en Angleterre et aux États-Unis, au Canada et dans les pays du Nord de l’Europe. En France, ils ont eu plus de mal à se développer. Parmi les mouvements français, certains ont réussi à se faire reconnaitre comme la fondation 30 millions d'amis, la ligue de protection des oiseaux d’Allain Bougrain-Dubourg Ligue pour la protection des oiseaux ou encore la Fondation Brigitte-Bardot . D’autre mouvements plus jeunes commencent aussi à gagner en visibilité comme L214 qui s’implique notamment dans la défense des animaux dans les élevages intensifs ou comme le mouvement belge Gaia (Gaia Voice of the Voiceless) qui possède un département réservé aux enfants.

Aux États-Unis, un des plus grands mouvements de défense animale s’appelle Peta (People for the Ethical Treatment of Animals, soit les personnes qui sont pour un traitement éthique des animaux). Spécialisé dans les actions médiatiques, ce mouvement mobilise des personnalités célèbres autour de sa cause. Ainsi, le chanteur Paul McCartney et les acteurs Joaquin Phoenix, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Casey Affleck ou encore Rooney Mara soutiennent le mouvement et n’hésitent pas à poser ou tourner des vidéos pour défendre les animaux. En France, de nombreux petits mouvements sont nés aux côtés des grandes organisations comme la fondation Brigitte-Bardot. Parmi eux, l’Aspas plaide pour une meilleure protection des animaux sauvages, le comité radicalement anti corrida (CRAC) réclame l’abolition de cette pratique, la ligue de protection des oiseaux (LPO) est spécialisée dans la protection des volatil, etc.

Depuis sa création, sous l'impulsion du psychologue Richard Ryder à l’Université anglaise d’Oxford, l'éthique animale s'impose comme nouvelle discipline universitaire dans les facultés anglo-saxonnes. L’éthique animale est l'étude de la responsabilité morale des hommes vis-à-vis de ce qu'ils font subir aux animaux. Elle se demande ce qu'il est bien ou mal de faire aux animaux et se trouve à la base des réflexions menées sur le droit des animaux.

« ‘’Les universitaires ont mis en lumière une attitude qu'ils appellent le "spécisme". Comme le racisme, elle consiste à privilégier les individus de sa propre espèce (soit les humains) et à les considérer comme supérieurs aux autres. Alors que rien ne justifie cette attitude, sinon les sentiments. Et parmi les espèces, certains préfèrent les animaux mignons ou qui ont l'air inoffensifs aux animaux moins jolis et réputés dangereux. C'est aussi une forme de spécisme car les animaux qui ne nous semblent pas beaux sont parfois très gentils.’’ Florence Pinaud, Respecter les animaux à petits pas, Actes Sud Junior, 2013, p 19 »

Certains mouvements sont parfois considérés comme radicaux, c'est-à-dire qu’ils réalisent des actions « coup de poing » qui sont dénoncées comme étant trop violentes. C’est le cas des mouvements anglais Animal Rights Militia (ARM) Animal Rights Militia ou Animal Liberation Front (ALF) Front de libération des animaux et du mouvement américain The Revolutionary Cels - Animal Liberation Brigade (RCALB) (en). Ces mouvements s’en prennent parfois aux directeurs des laboratoires qui pratiquent la vivisection. Il n’existe pas de mouvements connus de ce type en France. Aurobindo Ghose déclare : « La vie est la vie, que ce soit un chat, un chien ou un homme. Il n'y a pas de différence entre un chat, un chien, un homme. L'idée de différence est une conception humaine pour mettre l'homme à son avantage. »

Critique du droit des animaux et de l'antispécisme[modifier | modifier le code]

Certaines critiques du concept de droits pour les animaux argumentent que ceux-ci n'ont pas la capacité de signer un contrat social ou de faire des choix moraux. En conséquence, ne peuvent donc pas être considérés comme possédant des droits moraux. Le philosophe Roger Scruton postule que seuls les êtres humains ont des devoirs et que « le corollaire est inévitable : nous seuls avons des droits »[35]. Les critiques soutenant cette position avancent qu'il n'est pas mauvais en soi d'utiliser les animaux pour se nourrir, se distraire, ou faire de la recherche, bien que les êtres humains puissent avoir l'obligation de garantir qu'ils ne souffriront pas inutilement[36]. Cette dernière position est généralement nommée la position du bien-être animal, soutenue par certaines des associations de protection des animaux les plus anciennes.

La maître de conférence à la Faculté de droit de Clermont-Ferrand, Anne-Marie Sohm-Bourgeois dit à propos de l'attribution de droits aux animaux : « Ce changement [donner des droits aux animaux] apporterait-il une véritable amélioration de la condition animale? Le but recherché peut-il justifier les problèmes posés par la modification de nos traditionnels concepts juridiques ? On doit hélas ! répondre par la négative. L’animal, devenu titulaire de droits, ne pourra jamais les exercer et, comme aujourd’hui, c’est son maître, ou un organisme habilité qui le fera pour lui. Or, en l’état actuel des textes, il en est déjà ainsi[37]. »

Pour l’ethnologue italien Sergio Dalla Bernardina, les concepts du droit des animaux, et de nombreux autres comme l'antispécisme, la libération animale et l'éthique animale, s'inscrivent dans une comédie de l’innocence répondant à des ambitions purement égocentriques[38].

Selon cette version des choses, le droit des animaux, voire le mouvement animaliste est considérée par certains comme une forme de sentimentalisme où l’enjeu est moins le changement que l’espoir ou l’idée du changement avec la sensation éphémère de bien-être qu’il procure à petit prix. Dès lors, dans le jargon des animalistes, « libération animale », « abolition » et « droit des animaux » voudraient véritablement dire « bien-être animal » et « réduire la souffrance »[39].

La domestication[modifier | modifier le code]

Gary Francione 2.jpg

Dans son livre, Domination et affection. La fabrication des animaux de compagnie (Dominance and Affection: The Making of Pets), le professeur Yi-Fu Tuan de l’Université Yale aux États-Unis explique comment l’affection, une forme soft de violence, sert d’instrument à la volonté de puissance :

« Ce n’est pas l’amour qui fait tourner le monde […]. Reste l’affection. Mais l’affection n’est pas l’opposé de la domination, c’est plutôt ce qui la rend plus humaine. La domination peut être cruelle et violente, sans la moindre trace d’affection. Ce qu’elle produit à ce moment-là est une victime. Par contre, lorsqu’elle est combinée à l’affection, elle produit un animal de compagnie. […] L’affection atténue la domination en la rendant plus douce et plus acceptable à nos yeux, mais l’affection en soi n’est possible que dans les relations entre supérieurs et inférieurs. C’est la douce sensation de plaisir et de supériorité que l’on ressent envers l’objet de sa sollicitude. Le mot sollicitude est empreint d’humanité, au point d'oublier, bien trop facilement, qu’il est irrémédiablement entaché de condescendance et de paternalisme[40]. »

Voici ce que dit l’ethnologue italien Sergio Dalla Bernardina sur cette relation de supérieur à inférieur : « Si l’esclavage a été aboli depuis longtemps, une bonne partie de la population garde chez soi des petites bêtes complètement asservies. Par cet expédient, n’importe quel individu, même le plus humble et complexé, peut savourer le plaisir d’être « Maître » (c’est d’ailleurs ainsi qu’il se fait appeler : « Je suis le maître de Mirza. ») et tyranniser des êtres vivants [...]. Ceux qui aiment la soumission totale préfèrent les chiens ou les chevaux. Les adeptes de la soumission light choisissent les chats[41]. »

Marjorie Spiegel, écrit ceci dans son livre, La comparaison redoutée. L'esclavage humain et animal (The Dreaded Comparison: Human and Animal Slavery):

« On peut considérer le rapport entre un chien et son maître comme un exemple parmi d’autres d’esclavage. Pour le maître, le chien est un bon chien tant qu’il marche au pied, ne démontre pas trop d’intérêt pour les étrangers ou les autres chiens, ne court pas à moins d’avoir la permission, n’aboie pas tant qu’on ne lui en donne pas l’ordre, et n’a pas de besoins émotifs à moins que son maître en exprime le désir. […] Si un chien désire faire autre chose que ce qui plaît au maître, comme socialiser et jouer avec ses semblables, il peut être puni, voire battu. Toutes les actions indépendantes sont ainsi découragées. Pour éviter d’être battu et puni, le chien apprend à refouler ses désirs et à se conformer à ceux de son maître, son propriétaire légal omnipuissant. Et si à n’importe quel moment, le maître se lasse, il peut l’abandonner en fourrière, où il sera détruit ni vu ni connu[42]. »

Une façon de voir les choses partagée par le chercheur français, Hubert Montagner, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale :

« L’homme n’hésite pas à trafiquer l’apparence de l’animal, à le confiner dans des espaces sous son contrôle, faisant preuve d’une tyrannie certaine. Il lui impose une proximité exclusive ou peu partagée. Il limite ses possibilités d’expression spécifique, notamment avec ses congénères. Il sélectionne chez l’animal des formes et des comportements répondant à ses attentes et le conditionne à des rituels. Il lui impose ses compétences, des codes et des décisions. Il l’enferme dans ses émotions, affects et projections, et attend de lui des interactions conventionnelles[43]. »

Les méfaits de cette relation de propriétaire à propriété passent inaperçus pour plusieurs raisons principales :

  • Selon Michel Foucault, dans notre culture, la violence, la cruauté et la volonté de puissance sont en général dissociées du monde de l’affection et du plaisir, voire de l'amour[44]. Dès lors, s'il est facile de déceler la violence qui se manifeste par les coups, il est beaucoup plus difficile de déceler celle qui se manifeste par les caresses et les paroles pieuses. Pour la déceler, un révélateur, la raison, est indispensable. À l'aide de ce « médicament », le seul antidote à la bêtise humaine, il s'agit de gratter la surface pour faire apparaitre la cruelle réalité de la domination dégriffée par l'affection, une forme de violence beaucoup plus perverse par sa subtilité que la violence manifeste.
  • Peu de gens connaissent suffisamment bien les animaux pour prendre conscience des méfaits qui se cachent dans le rapport entre les humains et les animaux de compagnie. Selon Karen L. Overall, une psychologue américaine pour animaux, 1 % seulement des propriétaires d’animaux connaissent les besoins biologiques et les comportements normaux et anormaux des animaux à qui ils imposent la captivité[45].
  • L’amour des animaux, au sens large du terme, dans de nombreuses cultures, est associé à de très grandes qualités humaines[46]. « Celui qui est cruel envers les animaux ne peut être un homme bon » a dit le philosophe allemand Schopenhauer. L'Indien Gandhi et l'Américain Thomas Paine, entre autres, étaient du même avis[47]. Selon l'ethnologue Éric Baratay, pour l’Église catholique, aimer un animal à la façon des saints comme François d’Assise est « un procédé fort ingénieux, pour établir parmi les hommes le règne pur de la charité, d’extirper le goût du sang et de la cruauté, de rendre l’homme meilleur pour ses congénères et donc de protéger l’humanité elle-même[48]». Pour certaines personnes influentes, sans les animaux à nos côtés, « le monde ne serait pas humain »[49],[50]. Dans cet esprit, selon l’historienne Elizabeth Hardouin-Fugier, le gouvernement d’Hitler, par exemple, « s’empare dès 1933 du thème de la protection législative de l’animal en même temps que de l’ensemble des institutions civiles, intellectuelles et culturelles allemandes pour se parer d’un prétendu humanisme[51] ».
  • Pour Upton Sinclair, il est difficile de faire comprendre quelque chose à une personne si son salaire, voire son amour propre, exige qu’il ne la comprenne pas. Nous avons dans notre psychologie une immunité idéologique qui nous défend, inconsciemment, des idées qui peuvent menacer notre survie ou hypothéquer notre équilibre psychique[52]. Alors que nos sens captent le monde tel qu’il est, notre cerveau, dans l'ombre, effectue un travail d'édition, un couper-coller, pour ajuster la réalité à l'idée qu'il s'en fait. Ce que nous voyons, lisons ou entendons est remanié pour concorder avec des notions apprises pendant notre apprentissage.
  • La domestication étant perçue, en général, y compris par les défenseurs des thèses qui sont présentées sur cette page, comme quelque chose d’irréversible, cet « amour » des animaux est une forme de compromis qui sert entre autres à adoucir aux yeux des humains, la cruauté inhérente à la domestication. Or, selon le spécialiste de la domestication, Jean-Pierre Digard, anthropologue et ethnologue, la domestication n’est pas une finalité ayant eu lieu il y a environ 10 000 ans, tous les jours, « on domestique les animaux si ce n’est en les nourrissant ou en les faisant obéir »; il faut « l’entretenir, continuellement, jour après jour, sous peine de dédomestication »[53].
  • Pour Eric Baratay, nous n’avons pas dans notre psychologie d’autres points de références comportementales pouvant servir de comparaison. À l’intérieur des balises normatives de la société, nous agissons — en essence et non dans la forme, du moins en Occident — avec nos conjoints, enfants, amis, employés, collègues, citoyens, etc., comme nous agissons avec les animaux[54].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Animal Rights. » Encyclopædia Britannica. 2007
  2. a et b « Personhood'Redefined: Animal Rights Strategy Gets at the Essence of Being Human », Association of American Medical Colleges, retrieved July 12, 2006
  3. Taylor, Angus. Animals and Ethics: An Overview of the Philosophical Debate, Broadview Press, May 2003
  4. Dershowitz, Alan. Rights from Wrongs: A Secular Theory of the Origins of Rights, 2004, pp. 198–99, and "Darwin, Meet Dershowitz," The Animals' Advocate, Winter 2002, volume 21
  5. "Animal law courses", Animal Legal Defense Fund (en)
  6. Pour une historique détaillée, voir Georges Chapouthier, Au bon vouloir de l'homme, l'animal, Éditions Denoël, Paris,1990
  7. Violin, Mary Ann. "Pythagoras—The First Animal Rights Philosopher," Between the Species 6:122–127, cited in Taylor, Angus. Animals and Ethics. Broad view Press, p. 34
  8. Taylor, Angus. Animals and Ethics. Broadview Press, p. 34.
  9. Pythagoras's thought has been the subject of much debate; none of his original work is extant. See Huffman, Carl. "Pythagoras" in Zalta, Edward N. The Stanford Encyclopedia of Philosophy, Winter 2006, retrieved January 10, 2007
  10. Mt. 8.28
  11. Singer, Peter. "Animals" in Honderich, Ted (ed). The Oxford Companion to Philosophy, Oxford University Press, 1995
  12. Taylor, Angus. Animals and Ethics. Broadview Press, p. 35
  13. Rousseau, Jean-Jacques. Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1754, préface
  14. Bentham, Jeremy. An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, 1789. Latest edition: Adamant Media Corporation, 2005
  15. Georges Fleury, La Belle Histoire de la SPA : De 1845 à nos jours, Grasset, Paris, 1995. ISBN 2-246-49631-4
  16. Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863, [lire en ligne]
  17. http://books.google.fr/books?id=WzEzXDk0v6sC&pg=PA57&lpg=PA57&dq=kumarapala+gujarat++meat&source=bl&ots=1o0pDeAgnt&sig=SVotY6UDgrMG8W9eM4TwvTkQM6k&hl=fr&ei=DM2CTJ-OH5O34Ab8nLnTCw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBkQ6AEwAA#v=onepage&q=kumarapala%20gujarat%20%20meat&f=false
  18. http://indianfood.indianetzone.com/1/gujarat.htm
  19. http://www.clas.ufl.edu/users/bron/ern/J.pdf
  20. http://www.ivu.org/french/news/3-98/japan1.html
  21. a et b Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité, Élisabeth de Fontenay, éditions Fayard.
  22. a et b Référence donnée par Élisabeth de Fontenay dans son ouvrage : Cf. Les Présocratiques, édition établie par J.-P. Dumont, D. Delattre et J.-L. Poirier, Paris, Gallimard, l'histoire philosophique grecque.
  23. (it) Piero Martinetti, La psiche degli animali en Saggi e discorsi, éd. Paravia, Torino, 1926, maintenant en Pietà verso gli animali (édité par Alessandro De Chiara), éd. Il Melangolo, Genova, 1999
  24. (it) Cesare Goretti, L’animale come soggetto di diritto, en Rivista di filosofia, 1928, 348 ss. ; aussi, sous forme abrégée, dans Paolo Di Lucia, Filosofia del diritto, Raffaello Cortina editore, Milano, 2002, 83 s.
  25. (it) Paolo Di Lucia, ‘’Filosofia del diritto’’, Raffaello Cortina editore, Milano, 2002, 82
  26. (it) Attilio Pisano, Diritti deumanizzati, éd. Giuffrè, Milano, 2012, 39 s.
  27. Jean-Yves Goffi, professeur agrégé de philosophie et docteur d'Etat en lettres et sciences humaines, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.900, ISBN 2-07-073709-8
  28. Jean-Yves Goffi, professeur agrégé de philosophie et docteur d'Etat en lettres et sciences humaines, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.902, ISBN 2-07-073709-8
  29. Note de Jean-Yves Goffi : « L'objection classique consiste à tenir l'affirmation de droits pour une théorie déjà morale dans son principe. »
  30. Jean-Yves Goffi, professeur agrégé de philosophie et docteur d'Etat en lettres et sciences humaines, Droits des animaux et libération animale, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.902-903, ISBN 2-07-073709-8
  31. a et b http://www.herenow4u.net/index.php?id=66584
  32. Principes parus dans la revue Les cahiers antispecistes, décembre 2003. Des militants ont demandé à Gary Francione d'énoncer une série de principes résumant ce que sont pour lui les bases éthiques d'un authentique mouvement pour les droits des animaux.
  33. Texte intégral de l'interview sur le magazine de l'association Friends of Animal, 2002
  34. http://www.herenow4u.net/index.php?id=70363
  35. Scruton, Roger. Animal Rights and Wrongs, Metro, 2000.ISBN 1-900512-81-5
  36. Frey, R.G. Interests and Rights: The Case against Animals. Clarendon Press, 1980 ISBN 0-19-824421-5
  37. Anne-Marie Sohm-Bourgeois (1990). « La personnification de l’animal : une tentation à repousser. » Recueil Dalloz Sirey, 7e Cahier. [En ligne] Adresse URL : http://pronaturafrance.free.fr/personnif.html (Page consultée le 12 février 2012).
  38. Sergio Dalla Bernardina (2006). L’éloquence des bêtes. Métailié. Pour une critique de ce livre par Sophie Bobet, une collègue ethnologue de M. Bernardina voir [En ligne] : Adresse URL : www.inra.fr/dpenv/pdf/BibliC54.pdf (page consultée en juin 2011).
  39. Reboul, Olivier. Langage et idéologie. PUF. 1981.
  40. Yi-Fu Tuan. Ouvr. cité.
  41. Sergio Dalla Bernardina (2006). L’éloquence des bêtes. Métailié, p. 184
  42. Marjory Spiegel (1996). The Dreaded Comparison: Human and Animal Slavery. Mirror Books.
  43. Hubert Montagner (1998). « Un élément de qualité de vie. » Rencontres à Nantes, éditions AFIRAC: 5. In: Talin, Christian (2000). Anthropologie de l’animal de compagnie: L’animal autre figure de l’altérité. Paris: L’Atelier de L’Archet.
  44. Yi-Fu Tuan (1998). Escapism. The Johns Hopkins University Press.
  45. Karen L. Overall (1997). Clinical Behavioral Medicine for Small Animals. Mosby.
  46. Éric Baratay (1995). « Respect de l’animal et respect de l’autre, l’exemple de la zoophilie catholique à l’époque contemporaine. » Des bêtes et des hommes : un jeu sur la distance : 255-265; (1998). « Le Christ est-il mort pour les bêtes? » Étude Rurales : 27-48; Jean-Pierre Albert (1995). « L’Ange et la Bête : Sur quelques motifs hagiographiques. » Des bêtes et des hommes : un jeu sur la distance : 255-265; Katherine C. Grier (2006). Pets in America. A History. Harcourt: 17.
  47. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer (2008). Éthique animale. PUF.
  48. Éric Baratay. Ouvr. cité. Voir aussi à ce propos : Karine-Lou Matignon (2000). Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Albin Michel; Temple Grandin et Catherine Johnson (2009). Animals Make Us Human. Houghton Mifflin Harcourt; Katherine C. Grier. Ouvr. cité; Kathleen Kete (1994). « Animal protection in Nineteenth-Century France. » The Beast in the boudoir. Petkeeping in Nineteenth-Century Paris. University of California Press; Thomas, Keith (1983). Dans le jardin de la nature. La mutation des sensibilités en Angleterre à l’époque moderne (1500-1800). Gallimard (Bibliothèque des histoires).
  49. Karine-Lou Matignon (2000). Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Albin Michel.
  50. Temple Grandin et Catherine Johnson (2009). Animals make us human. Houghton Mifflin Harcourt.
  51. Élisabeth Hardouin-Fugier (2002). La protection de l'animal sous le nazisme. Luc Ferry ou le rétablissement de l'ordre. Éditions Tahin Party : 129-151.
  52. Michael Shermer. How Thinking Goes Wrong. Twenty-five Fallacies That Lead Us to Believe Weird Things. Tiré de son livre publié en 1997, Why People Believe Weird Things. Henry Holt.
  53. Jean-Pierre Digard (2005). Les Français et leurs animaux. Ethnologie d’une passion. Paris : Fayard : 161. Du même auteur: (1990). L’Homme et les animaux domestiques: Anthropologie d’une passion. Paris. Fayard. Voir aussi les écrits d'un autre spécialiste de la domestication : Jared Diamond (1999). Guns germs, and Steel: The fates of human societies. WW.Norton; [Domestication]: (1987). « The worst mistake in the history of the human race. » Discover, p. 64-66; (2002). « Evolution, consequences and future of plant and animal domestication. » Nature, vol. 418.
  54. André G. Haudricourt (1962). « Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d’autrui. » L’Homme; (2), no 1 : 40-50; Jean-Pierre Digard (2005). Les Français et leurs animaux: Ethnologie d’un phénomène de société. Fayard : 40.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Armstrong, Susan et Botzler, Richard.The Animal Ethics Reader. Londres. Routledge. 2003.
  • (fr) Baratay, Éric. Et l'homme créa l'animal : Histoire d'une condition. Odile Jacob, 2003.
  • (fr) Baratay, Éric. La société des animaux, de la Révolution à la Libération. La Martinière, 2008.
  • (fr) Bernardina, Sergio Dalla. L’éloquence des bêtes. Métailié. 2006.
  • (fr) Boltanski, Luc. La souffrance à distance : morale humanitaire, médias et politique. Métailié. 1993.
  • (fr) Burgat, Florence. Animal mon prochain, Paris, Odile Jacob, 1997.
  • (fr) Burgat, Florence. Liberté et inquiétude de la vie animale, Kimé, 2007.
  • (it) Cesare, Goretti. L'animale quale soggetto di diritto (L'animal comme sujet de droit). en "Rivista di filosofia". 1928: 348.
  • (fr) Chapouthier, Georges. Les Droits de l'animal, PUF "Que sais-je ?" 1992.
  • (fr) Chapouthier, Georges et Nouët, Jean-Claude (dir.). Les Droits de l'animal aujourd'hui. Arléa, 1997.
  • (fr) Christen, Yves. L'animal est-il une personne ? Flammarion, 2009.
  • (fr) Danten, Charles. Le prix du bonheur I. Le mythe de l'animal-roi. Éditions Smashwords. 2013.
  • (fr) Danten, Charles. Le prix du bonheur II. Le mythe de l'enfant-roi. Éditions Smashwords. 2013.
  • (en) Danten Charles. Slaves of our Affection. The mythe of the Happy Pet. Éditions Smashwords. 2013.
  • (en) Francione, Gary. Rain without thunder: the ideology of the animal rights movement. Temple University Press. 1996.
  • (en) Herscovic Alan. Second Nature. The Animal-rights Controversy. Toronto. 1991.
  • (en) Hoffer, Eric. The true believer: Thoughts on the nature of mass movements. Perennial Classics. 1952.
  • Landry, Caroline. Le scandale de l’animal business. Éditions du Rocher. 2009.
  • (fr) Reboul, Olivier. Langage et idéologie. Paris. PUF. 1980.
  • (en) Regan, Tom. The Case for Animal Rights (1983). University of California Press. 2004.
  • (fr) Reus, Estiva. « Utilitarisme et anti-utilitarisme dans l'éthique contemporaine de l'égalité animale. » Cahiers antispécistes; n°32. mars 2010.
  • (fr) Reus, Estiva. "Quels droits politiques pour les animaux? - Introduction à Zoopolis de Sue Donaldson et Will Kymlicka", ECA, septembre 2014.
  • (en) Rollin, Bernard E. Animal Rights & Human Morality. Prometheus Books. 2006.
  • (en) Singer, Peter. In Defense of Animals: The Second Wave. Wiley-Blackwell. 2005.
  • (fr) Singer, Peter. La Libération animale (1975). Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot. » 2012.
  • Singer, Brent A. « An Extension of Rawls' Theory of Justice to Environmental Ethics. » Environmental Ethics 10. 1988: 217-231.
  • (en) Sunstein, Cass et Nussbaum, Martha Craven (dir.). Animal Rights : Current Debates and New Directions. Oxford University Press, USA; nouvelle édition. 2005.
  • Spiegel, Marjory. The Dreaded Comparison: Human and Animal Slavery. Mirror books. 1996.
  • Tuan, Yi-Fu. Dominance and affection. The making of pets. Yale University Press. 1984.
  • (fr) Utria, Enrique. Droits des animaux, théories d'un mouvement. Association Droits des animaux. 2007.
  • Vadakarn, Jean Luc. Parle à mon chien ma tête est malade. 1992
  • (fr) Van DeVeer, Donald. « Of Beasts, Persons, and the Original Position. » The Monist; 62. 1979: 368-377. 1984.
  • (fr) Vilmer, Jean-Baptiste Jeangène. Éthique animale. Paris. PUF. 2008.
  • (fr) Vilmer, Jean-Baptiste Jeangène (dir.), Anthologie d'éthique animale, Paris, PUF, 2011.
  • (en) West, Patrick. Conspicuous Compassion: Why sometimes it really is cruel to be kind. Civitas, VII et 2. 2004.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]