Prononciation du japonais

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Rappelons que le japonais possède trois systèmes d'écriture :

  • Les kanas, systèmes syllabiques, existant en deux formes :
    • hiragana pour les mots d'origine locale ;
    • katakana pour les mots d'origine étrangère.
  • Les kanjis, directement d'origine chinoise (chinois simplifié : 汉字 ; chinois traditionnel : 漢字 ; pinyin : hànzì), qui peuvent avoir plusieurs prononciations en langue japonaise :
    • la prononciation « on'yomi » (音読み, « lecture sonore »), reproduisant approximativement la prononciation chinoise du kanji emprunté ;
    • une ou plusieurs prononciations « kun'yomi (訓読み, « lecture sémantique »), où l'utilisation du caractère han est sémantique : la prononciation est nativement japonaise.

Prononciation des deux syllabaires[modifier | modifier le code]

Syllabaire hiragana[modifier | modifier le code]

La partie supérieure gauche, constituée de syllabes ayant une consonne « sonore » (historiquement sonore : y figure le [h], qui est un ancien [p], et y manque le [p]) et une voyelle simple est appelée le tableau dit « des cinquante sons ». Toutes les syllabes du japonais ne peuvent cependant s'écrire par un signe unique de ce système :

  • Quand la consonne est complétée par un [j] (puis quelquefois assimilée en [ɕ]) on utilise la syllabe en [i] (deuxième colonne) et on lui adjoint le signe [ja], [jɯ] ou [jo]. C'est ce que montrent les trois colonnes ajoutées à droites.
  • Quand la consonne est [g], [dz], [d], [b] ou [p], on a recours à des signes diacritiques de « voisement » et « dévoisement ». Voir les cinq lignes supplémentaires du bas.
  • Quand la syllabe est complétée par une consonne nasale, on lui est adjoint le carcatère noté [n] de la onzième ligne.
  • Quand la voyelle o ou u est allongée : la série hiragana marque cela par l'adjonction d'un う (u) (par exemple : とうきょう Tokyo), sauf dans quelques mots où l’on redouble l’hiragana お o (par exemple : おおきい ōkii, « grand ») (il s’agit en fait d’anciens *owo).
  • Quand la consonne est doublée on fait précéder la syllabe de l'archiphonème /Q/, écrit っ. Voir dans la partie phonétique.
a i
(ou j ; ʲ : voir à droite)
ɯ
(ou allongement)
e o ja jo
Syllabes avec consonnes de base
ka kʲi ke ko きゃ kʲa きゅ kʲɯ きょ kʲo
sa ɕi se so しゃ ɕa しゅ ɕɯ しょ ɕo
ta tɕi tsɯ te to ちゃ tɕa ちゅ tɕɯ ちょ tɕo
na nʲi ne no にゃ nʲa にゅ nʲɯ にょ nʲo
ha çi ɸɯ he ho ひゃ ça ひゅ çɯ ひょ ço
ma mi me mo みゃ mʲa みゅ mʲɯ みょ mʲo
ja     jo
ɾa ɾi ɾɯ ɾe ɾo りゃ ɾʲa りゅ ɾʲɯ りょ ɾʲo
w͍a i   e o  
  n  
Syllabes étendues (avec signe diacritique de voisement)
ɡa ɡʲi ɡɯ ɡe ɡo ぎゃ ɡʲa ぎゅ ɡʲɯ ぎょ ɡʲo
dza dʑi dzɯ dze dzo じゃ dʑa じゅ dʑɯ じょ dʑo
da dʑi dzɯ de do ぢゃ dʑa ぢゅ dʑɯ ぢょ dʑo
ba bi be bo びゃ bʲa びゅ bʲɯ びょ bʲo
Syllabes étendues (avec signe diacritique de dévoisement)
pa pi pe po ぴゃ pʲa ぴゅ pʲɯ ぴょ pʲo

Les kanas en rouge sont aujourd’hui désuets. Quant à を, il a perdu sa valeur sonore au profit d’une valeur grammaticale.

Syllabaire katakana[modifier | modifier le code]

a i
ou j ; ʲ : voir à droite
ɯ
ou w : voir ci-dessous
e o ja jo
Syllabes usuelles (avec consonnes de base)
ka kʲi ke ko キャ kʲa キュ kʲɯ キョ kʲo
sa ɕi se so シャ ɕa シュ ɕɯ ショ ɕo
ta tɕi tsɯ te to チャ tɕa チュ tɕɯ チョ tɕo
na nʲi ne no ニャ nʲa ニュ nʲɯ ニョ nʲo
ha çi ɸɯ he ho ヒャ ça ヒュ çɯ ヒョ ço
ma mi me mo ミャ mʲa ミュ mʲɯ ミョ mʲo
ja     jo  
ɾa ɾi ɾɯ ɾe ɾo リャ ɾʲa リュ ɾʲɯ リョ ɾʲo
w͍a i   e o  
  n  
Syllabes étendues (avec signe diacritique de voisement)
ɡa ɡʲi ɡɯ ɡe ɡo ギャ ɡʲa ギュ ɡʲɯ ギョ ɡʲo
dza dʑi dzɯ dze dzo ジャ dʑa ジュ dʑɯ ジョ dʑo
da dʑi dzɯ de do ヂャ dʑa ヂュ dʑɯ ヂョ dʑo
ba bi be bo ビャ bʲa ビュ bʲɯ ビョ bʲo
Syllabes étendues (avec signe diacritique de dévoisement)
pa pi pe po ピャ pʲa ピュ pʲɯ ピョ pʲo

Syllabaire katakana étendu[modifier | modifier le code]

Ces combinaisons de katakanas servent à noter des mots étrangers utilisant des sons qui n’existent pas directement dans la langue japonaise.

a i ɯ e o ja jo
Syllabes étendues (combinaison de voyelles)
  イェ je  
  ウィ w͍i   ウェ w͍e ウォ w͍o  
Syllabes étendues (avec consonnes de base)
  シェ ɕe  
ツァ tsa ツィ tsi   ツェ tse ツォ tso  
  チェ tɕe  
  ティ ti トゥ  
ファ ɸa フィ ɸi   フェ ɸe フォ ɸo   フュ ɸʲɯ  
Syllabes étendues (avec signe diacritique de dévoisement)
ヴァ ba* ヴィ bi* * ヴェ be* ヴォ bo*  
  ジェ dʑe  
  ディ di ドゥ  

* est utilisé pour transcrire v, mais la plupart des Japonais le prononce comme b.

Phonétique[modifier | modifier le code]

Consonnes[modifier | modifier le code]

  bilabiale alvéolaire palatale alvéolo-palatale vélaire uvulaire glottale
occlusive [p]    [b] [t]    [d]     [k]    [ɡ]    
fricative [ɸ] [s]    [z] [ç] [ɕ]    [ʑ]     [h]
battue   [ɺ]          
nasale [m] [n]       [ɴ̩]  
spirante     [j]   []    

Où :

Archiphonème /Q/[modifier | modifier le code]

L'archiphonème /Q/ s'écrira っ ou ッ.

  • /niQpoɴ/ → [ȵipːpõɴ] nippon 日本 (にっぽん)
  • /kaQta/ → [katːta] katta 買った
  • /iQtjoo/ → [itːtɕo] itchō 一丁 (いっちょう)

Palatalisation des consonnes[modifier | modifier le code]

  • /m/ + /i/ → [mʲi] : /ɯmi/ → [ɯmʲi] umi
  • /m/ + /j/ → [] : /mjooga/ → [mʲoːɡa] myōga みょうが
  • /g/ + /j/ → [ɡʲ] : /ɡjooza/ → [ɡʲoːza] gyōza ぎょうざ
  • ...

occlusive/fricative coronale et /h/ :

  • /s/ + /i/ → [ɕi] : /sio/ → [ɕio] shio
  • /s/ + /j/ → [ɕ] : /sjaboɴ/ → [ɕabõɴ] shabon シャボン
  • /z/ + /i/ → [ʑi] ou [d͡ʑi] : /zisiɴ/ → [d͡ʑiɕĩɴ] jishin 地震
  • /z/ + /j/ → [ʑ] ou [d͡ʑ] : /zjagaimo/ → [d͡ʑaŋaimo] じゃがいも ; /ɡozjɯɯ/ → [ɡoʑɯ:] gojuu 五十
  • /t/ + /i/ → [t̠͡ɕi] : /tiziɴ/ → [t̠͡ɕiʑĩɴ] chijin 知人
  • /t/ + /j/ → [t̠͡ɕ] : /tja/ → [t̠͡ɕa] cha
  • /n/ + /i/ → [ȵi] : /ani/ → [aȵi] ani
  • /n/ + /j/ → [ȵ] : /njɯɯsjɯ/ → [ȵɯːɕɯ] nyuushu 入手
  • /h/ + /i/ → [çi] : /hito/ → [çi̥to] hito
  • /h/ + /j/ → [ç] : /hjakɯ/ → [çakɯ] hyaku

De plus, l'ajout des syllabes ya, yo et yu en petit à la suite d'une syllabe finissant par un i va modifier la prononciation de cette syllabe :

  • みょ s'écrira myo en rōmaji et se prononcera [mjo], comme dans myosotis ;
  • みよ s'écrira lui miyo en rōmaji et se proncera [mʲijo], à peu près comme la ville de Millau.

Cette agrégation existe de façon similaire pour les syllabes ki, hi, ni, mi, ri, bi, gi, pi suivies d'un « petit » ya, yu ou yo.

En revanche shi+(ya, yu ou yo en petit) donnent respectivement sha [ɕa], shu [ɕɯ] et sho [ɕo] (voir ci-dessous pour le sh japonais).

De même chi+(ya, yu ou yo en petit) donnent respectivement cha [t̠͡ɕa], chu [t̠͡ɕɯ] et cho [t̠͡ɕo] comme pour les syllabes précédentes.

Le sh japonais:

La consonne alvéolo-palatale [ɕ] de shi (し/シ) et de ses dérivées sha (しゃ/シャ), shu (しゅ/シュ), sho (しょ/ショ) et du plus récent she (シェ) est proche de la post-alvéolaire [ʃ] (de chat), qui peut être considérée comme un allophone. Mais son lieu d'articulation est plus proche du palais.

Le cas du ん[modifier | modifier le code]

La transcription n n'est qu'un artifice. Le ん possède plusieurs prononciations, mais note dans l'ensemble une nasale. Il ne peut se trouver qu'après une syllabe, et ne commence jamais un mot.

  • En position finale, le ん se prononce [ɴ̩] (son uvulaire).
  • Devant les bilabiales [p], [b], [m], le ん se prononce [].
  • Devant les dentales [t], [d], [z], [n], [ɺ] et [ʑ] le ん se prononce [] (son alvéolaire).
  • Devant les vélaires [k], [g], le ん se prononce [ŋ̩] (son vellaire).
  • Devant les voyelles et devant les consonnes [h], [ɸ], [s], [ɕ], [j], [] le ん se prononce en nasalisant la voyelle qui le précède.
  • Il existe un cas où le ん peut exister seul, mais il s'agit alors plus d'une onomatopée : ん! correspond à hum!.

Devant /z/, certains locuteurs prononcent le ん en nasalisant la voyelle qui le précède, tandis que d'autres le prononcent [] et prononcent le /z/ comme [dz].

Le f japonais[modifier | modifier le code]

La consonne bilabiale [ɸ], présente dans fu (ふ/フ) et dans ses dérivées modernes fa (ファ), fi (フィ), fe (フェ) et fo (フォ), diffère de la labio-dentale [f] (de faute). En effet, elle n'est pas produite en pressant ses lèvres contre ses dents, mais en fermant un petit peu les lèvres et en soufflant légèrement.

Voyelles[modifier | modifier le code]

Japanese (standard) vowels.svg

Le japonais compte cinq voyelles : /i/, /e/, /a/, /o/ et /ɯ/. /ɯ/ est utilisé pour représenter une voyelle fermée postérieure comprimée et non une voyelle fermée postérieure non arrondie, car il n'existe aucun symbole officiel pour représenter la voyelle comprimée.

Voyelles longues[modifier | modifier le code]

Les voyelles longues sont explicitement allongées à la prononciation, de sorte qu'en général les voyelles longues ne sont traitées phonétiquement que comme une séquence de deux voyelles identiques. Ainsi le o long de ありがとう (arigatō, « merci ») est phonétiquement un [oː].

Évolution de la prononciation[modifier | modifier le code]

Restes de l'ancienne orthographe[modifier | modifier le code]

La particule marquant le thème s'écrit aujourd'hui encore は mais se prononce wa et non pas ha . De même, la particule へ se prononce é et non . Par ailleurs les kana peu fréquents を, ぢ et づ, qui subsistent dans quelques mots, sont parfaitement homophones avec respectivement お, じ et ず.

Accent[modifier | modifier le code]

Accent de hauteur[modifier | modifier le code]

Le japonais est une langue à accent de hauteur. En japonais cet accent de hauteur est constitué de montée et descente abrupte de la hauteur, ainsi que de hauteurs relativement continues à l'intérieur d'un mot. Ces variations de hauteur sont classées en 6 catégories de base dont la variation peut changé sur les 6 premiers mores[1].

La méthode de transcription JSL permet de retranscrire en rōmaji ces accents de hauteur.

Accent selon les régions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (zh) « 多国语入门 »,de Chen Guoting (陈国亭), éditions 外语教学与研究出版社 (ISBN 978-7-5135-2097-3)