Pronom personnel en discours

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Les pronoms personnels d'après l'analyse Benveniste[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Problèmes de linguistique générale 1 Chapitre XVIII Structure des relations de personne dans le verbe et Chapitre XX La nature des pronoms, Émile Benveniste analyse séparément la personne stricte (je, tu, il au singulier) et la personne amplifiée (nous, vous, ils au pluriel) car le pluriel pronominal ne fonctionne pas de la même manière que le pluriel nominal (des GN).

Au singulier dans le discours, le « je » présuppose toujours un « tu », son allocutaire, je/tu forment alors un couple réuni par une corrélation de subjectivité ayant toujours un référent unique, interchangeable et actualisable par exemple le « je » qui désigne celui qui parle p. 252"instance de je comme référent, et instance de discours contenant je, comme référé" est à la fois réflexif puisque unique et orienté vers l'énonciateur de son propre discours. Benveniste appelle indicateur les embrayeurs personnels qui renvoient à l'acte d'énonciation. Ce qui fait qu'il y ait p. 229 un « désaccord entre la 3e personne et les deux premières » puisque celle-ci est non réflexive et se réfère à chaque fois soit à une personne différente, soit à un segment du discours, soit à tout autre objet du discours, et peut même soit p. 231 élever « l'interlocuteur au-dessus de la condition de personne et de la relation d'homme à homme » ou désigner une forme impersonnelle, et par le fait que dans les langues la forme verbale qui la sous-entend porte souvent un morphème zéro ou toute autre flexion l'y opposant aux deux premières, on peut suggérer que la forme pronominale « il » correspond à une non-personne.
p. 235 « D'une manière générale, la personne verbale au pluriel exprime une personne amplifiée et diffuse. Le »nous" annexe au « je » une globalité indistincte d'autres personnes". « Nous » n'est alors pas une multiplication de plusieurs « je » identiques mais une jonction entre le « je » et le « non-je » ce qui lui permet d'avoir 3 référents possibles: le « nous »(moi+vous) est un pronom pluriel inclusif puisque par rapport à « eux » le « non-je » inclut le « vous » et le « vous » étant en position d'allocutaire il y a une corrélation de subjectivité entre les 2 personnes. Dans une langue comme l'algokin(fox) ce « nous » possède même un morphème flexionnel de deuxième personne (ke-gunana, ke- ⇒ toi); le « nous »(moi+eux) qui est un pronom pluriel exclusif puisque par rapport à « eux », le « non-je » exclut le « vous » et le « eux » désignant une non-personne met en avant la même « corrélation de personne » qui oppose le je/tu(personne) à la non-personne(il); et le « nous » indifférencié que l'on dénomme pronom générique puisqu'il s'agit d'un « je » plus diffus et non multiplié. Nous avons un « vous » collectif et un « vous » de politesse et quant au « ils » la pluralisation de la non-personne peut être soit régulière(il+il+il) comme pour les GN soit irrégulière lorsque p. 235"elle exprime la généralité indécise du on". Donc p. 235 « Le pluriel est facteur d'illimitation, non de multiplication ».

Formalisation des pronoms personnels d'après Kamp[modifier | modifier le code]

La représentation en DRT (Discourse Representation Theory, Kamp 1981) sert à résoudre le problème de la dynamique des pronoms dans le discours puisque la fonction première d'un pronom est de reprendre un nom, elle permet ainsi de rendre compte de l'incrémentation du discours phrase par phrase.
Soit la phrase: Le 12 janvier 2004 Sandra voit une pub dernière-minute pour Marseille. Elle y va.
Cette analyse vise à rendre la grammaire compréhensible pour les traitements du langage en informatique. Donc il est nécessaire d'avoir recours à des prédicats qui sont des ensembles de propositions formulées d'après les règles de bonne formation du programme que l'on utilise et l'analyse grammaticale doit se baser sur la compétence du programme qu'il ne faut pas confondre avec la compétence d'un être humain en matière de langage, il s'agit d'un point de vue interne à la machine. Généralement l'imbrication de propositions ne va pas de soi puisqu'il est souvent interdit par le programme et nécessite alors l'usage de variables appelées arguments Q, R,S, T,U, V qui peuvent être reliés entre eux lorsqu'ils sont les mêmes. D'abord on scinde le texte en propositions logiques, généralement de façon exhaustive lorsque l'on distingue chaque élément du discours (déterminant, nom, nom composé, etc.)et ensuite on fait une analyse propositionnelle, en principe le modèle en DRT n'admet pas la quantification.
Ici, on remarque que dans la phrase étudiée le verbe voir possède un complément: « Le 12 janvier 2004 », un sujet: « Sandra » et un objet: « une pub dernière minute » donc on peut proposer les arguments suivants: voir(complément, sujet,objet), et comme le verbe voir a une valence de 3, on écrit « voit(Q, R,S) » que l'on peut lire Q, R voit S ou soit « Le 12 janvier 2004 Sandra voit une pub dernière-minute » et ainsi de suite. On représente les pronoms anaphoriques « Elle », les autres pronoms ainsi que les embrayeurs comme l'adverbe de lieu « y » par des variables qu'il faut désambiguïser en cherchant le terme auxquels ils se réfèrent. En posant U=R on a désambiguïsé le pronom personnel anaphorique « elle » qui a été représenté par la variable U et parce que la variable R correspond au prédicat Sandra(R). De même pour le pronom complément circonsctanciel de lieu V car « y »="Marseille".

Q, R,S, T U, V

Le 12 janvier 2004(Q)
Sandra(R)
voit(Q, R,S)
une pub dernière-minute(S)
pour(S, T)
Marseille(T)

va(U, V)
U=R
V=T