Prométhée ou le Poème du feu

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Prométhée ou le Poème du feu est l'opus 60 d'Alexandre Scriabine. L'œuvre est d'un genre intermédiaire entre le poème symphonique à la Franz Liszt et le concerto pour piano post-romantique à la Tchaïkovski ; sa composition, commencée en 1908, a duré jusqu'en 1910.

Orchestre[modifier | modifier le code]

Instrumentation de Prométhée
Orchestre
Bois
1 petite flûte, 3 flûtes , 3 hautbois, 1 cor anglais),

3 clarinettes en Si bémol, 1 clarinette basse en Si bémol, 3 bassons, 1 contrebasson

Cuivres
8 Cors, 5 Trompettes en Si bémol,

3 trombones, 1 tuba

Claviers
Piano (soliste)

Celesta

Orgue

Percussions
2 harpes, timbales,

triangle, cymbales, grosse caisse, Tam-Tam, jeux de timbres, 5 cloches

Cordes
premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses
Autres
Chœurs
Sopranos, altos, ténors, basses
Instrument visuel
Clavier à lumières (« Luce »)

Esthétique[modifier | modifier le code]

Prométhée ou le poème du feu est écrit pour un orchestre immense, avec piano soliste, chœurs mixtes (chantant uniquement des vocalises) et "orgue de lumière", qui projette au rythme de l'évolution musicale des faisceaux lumineux pré-déterminés dans la partition aux couleurs correspondant à un système d'équivalence « harmonie-couleur » établi par le compositeur.

Des décennies avant les recherches (nettement plus poussées) de Iannis Xenakis, il s'agit donc du premier « son et lumière » appliqué à de la musique « pure » - ni liée à des festivités comme la Musique pour les feux d'artifice royaux de Haendel, ni à un spectacle dramatique.

Musicalement, Scriabine se sert d'un accord « fondamental » qu'il appelle "accord synthétique" ou "accord mystique" de six sons en quartes superposées en usant de procédés proches des conceptions du dodécaphonisme à venir, sans s'affranchir encore ouvertement de la tonalité.

La musique progresse de manière organique, par demi-tons. La structure générale est celle d'un très long crescendo, où le piano et les voix servent en quelque sorte de "cochers" fouettant les "chevaux" constitués par l'orchestre. On retrouve là l'idée d'une progression essentiellement statique et qui se fait par à-coups déjà présente dans le Poème de l'extase, l'œuvre la plus connue de Scriabine. Il n'y a pas de thème dynamique en soi, mais une idée qui fait avancer un concept d'ensemble, musicalement et extra-musicalement révolutionnaire.

L'exécution de l'œuvre, d'un seul tenant, dure environ 20 minutes.