Projet d'Anatolie du Sud-Est

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Localisation du GAP
GAP

Le projet d'Anatolie du Sud-Est (en turc : Güneydoğu Anadolu Projesi = GAP) est un projet d'aménagement du sud-est anatolien mené par le gouvernement turc pour un coût de 32 milliards $. Il consiste essentiellement à irriguer 1,7 million d'hectares de terres arides à partir de 22 barrages principaux construits sur les bassins versants du Tigre et de l'Euphrate. En parallèle, 19 usines hydroélectriques permettront de fournir 7476 MW.

Ce projet devrait réduire de 22 km³ le débit des fleuves Tigre et Euphrate. Le partage des eaux de ces deux fleuves est une source de conflit entre la Turquie, la Syrie et l'Irak.

Étendue géographique[modifier | modifier le code]

Le GAP couvre huit provinces du Sud-est de l'Anatolie (Adıyaman, Batman, Diyarbakır, Gaziantep, Siirt, Şanlıurfa, Mardin et Şırnak).

Développement économique[modifier | modifier le code]

Irrigation[modifier | modifier le code]

Turkey-cotton-by-region.png Turkey cotton regions.jpg

Le GAP devrait doubler les surfaces agricoles irriguées de la Turquie. L'augmentation de l'activité agricole du GAP est montrée par les cartes ci-dessus. La production de coton est déjà passée de 150 000 à 400 000 tonnes, faisant de la région le premier producteur du pays.

Dams-GAP.jpg Ataturk regions-GAP.jpg

Le GAP créera 1,7 million d'hectares de terres irriguées dans la plaine d'Harran.

Les rapports indiquent que l'irrigation issue du barrage Atatürk a triplé les rendements des récoltes de coton, de blé, d'orge, de lentilles, et d'autres céréales. Un certain nombre d'initiatives soutenues par le ministère de l'agriculture encouragent des fermiers à expérimenter de nouvelles variétés de fruits et légumes qui ne poussaient pas dans la région antérieurement.

Le revenu moyen aurait ainsi triplé dans les huit dernières années.

Pêche[modifier | modifier le code]

Le GAP se construit dans une région où l'eau est rare. Le grand nombre de lacs créés a permis de développer une activité de pêche.

Énergie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie en Turquie.

Les 19 usines hydroélectriques devraient fournir 22 % de la consommation turque estimée en 2010. Le tableau ci-dessous présente la part du GAP dans la production hydroélectrique de la Turquie ainsi que dans la production d'énergie électrique globale.

Part du GAP dans la production d'énergie électrique en Turquie
Année Turquie Production hydroélectrique
du GAP
(GWh)
Part du GAP
Production
thermique

(GWh)
Production
hydroélectrique

(GWh)
Total
(GWh)
Part du GAP
dans la
production
hydroélectrique

(%)
Part du GAP
dans la
production
totale

(%)
1995 52 548 31 973 84 521 16 114 50 19
1996 (6 premiers mois) 23 520 21 805 45 325 10 211 47 22,5
1996 54 448 40 423 94 871 19 314 8 20
1997 (6 premiers mois) 29 224 20 456 49 680 10 362 51 21
1997 63 299 39 764 103 063 19 385 48.7 18.8
1998 (6 premiers mois) 32 571 21 135 53 706 9 959 47,1 18,5
1998 68 677 42 224 110 901 20 053 47.5 18
1999 (6 premiers mois) 37 860 18 493 56 353 6 967 37,7 12,4
1999 81 800 34 629 116 429 14 781 42.7 12.7
2000 (6 premiers mois) 43 531 17 632 61 163 6 992 39,7 11,4
2000 94 041 30 881 124 922
2001 98 720 24 005 122 725
2002 94 717 33 683 129 400
sources : www.gap.gov.tr/English/enerji.html et Hors-série Atlaséco du Nouvel Observateur - Janvier 2006

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

(Article complet: liste des ouvrages hydrauliques du GAP)

Vue générale des ouvrages hydrauliques[modifier | modifier le code]

Le plan ci-dessous montre l'emplacement des principaux ouvrages hydrauliques du haut bassin Tigre-Euphrate.

Vue générale des principaux ouvrages hydrauliques


Barrages en fonctionnement[modifier | modifier le code]

État des barrages du GAP en 2005 (source www.gap.gov.tr)
Année de
mise en service
Volume d'eau
retenu
Capacité Surface irriguée
Bassin de l'Euphrate
Karakaya 1987 9 580 hm³ 1 800 MW -
Atatürk 1992 48 700 hm³ 2 400 MW 872 385 ha
Birecik 2000 1 220 hm³ 672 MW -
Karkamış 1999 157 hm³ 180 MW -
Hancağız 1988 100 hm³ - 10 736 ha
Camgazi 1998 56 hm³ - 6 532 ha
Bassin du Tigre
Dicle 1997 595 hm³ 110 MW 126 080 ha
Batman 1998 1 175 hm³ 198 MW 37 744 ha
Kralkızı 1997 1 919 hm³ 94 MW 10 736 ha

Tunnels[modifier | modifier le code]

Tunnels de Şanlıurfa (ou d'Urfa)[modifier | modifier le code]

Deux tunnels de 26,4 kilomètres chacun convoient 328 m³ des barrages vers les plaines de Şanlıurfa, Ceylanpınar et Mardin. L'usine hydroélectrique de Şanlıurfa produit également 124 GWh par an.

Projets de barrages[modifier | modifier le code]

Barrage d'Ilısu[modifier | modifier le code]

Projet de barrage sur le Tigre devant contenir 10 400 hm³ et produire 1 200 MW. Ce projet est particulièrement contesté par les Kurdes pour différents motifs :

  • la destruction du patrimoine historique (en particulier la ville de Hasankeyf).
  • le déplacement de plus de 70 000 personnes.
  • le contrôle du débit du Tigre peut permettre d'assoiffer l'Irak et en particulier les Kurdes du Nord de l'Irak.

En 2002, des sociétés britanniques se sont retirées du projet sous la pression des associations, mais le projet semble repartir avec la participation de la société germanique Siemens.

Buts stratégiques[modifier | modifier le code]

Historiquement, l'Anatolie du Sud-est est un point de passage de la route des Indes avant le contournement de l'Afrique par les Portugais. Très riche culturellement, la région a décliné depuis. L'un des buts officiels du projet est de revaloriser la vie économique, sociale et culturelle de la région.

Peuplée de Kurdes, cette région est également une zone de conflit intérieur où le Parti des travailleurs kurdes (PKK) est très présent. Cette population est généralement plus pauvre de 47 % que la population turque. L'amélioration des conditions économiques devrait réduire les véléités séparatistes et améliorer également le contrôle de la région par les modifications des structures de communications. Les populations au contact des régions kurdes d'Irak seront d'ailleurs déplacées par la construction du barrage d'Ilısu. Le projet prévoit la création de 3,5 millions d'emplois.

La construction des barrages permet également de contrôler très finement l'eau s'écoulant en aval vers la Syrie et l'Irak. Les relations avec ces deux pays se sont d'ailleurs considérablement dégradées depuis le lancement du projet.

Photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sites officiels[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Autres sites[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]