Copernicus (Programme)

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Copernicus est le nouveau nom d'un « programme européen de surveillance de la Terre »[1]. Ce programme était autrefois nommé Global Monitoring for Environment and Security ou GMES dans les versions anglaises ; On conserve parfois dans la version française le sigle GMES, utilisé par tous les acteurs européens.)

Il s'agit d'une initiative conjointe de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de l'Union européenne qui vise à doter l'Europe d'une capacité opérationnelle et autonome d'observation de la Terre en tant que « services d’intérêt général européen, à accès libre, plein et entier »[2].

La France s'y associe notamment via le « plan d’applications satellitaires » du ministère du développement durable, décidé en 2011[3].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Ce programme vise à rationaliser l'utilisation de données relatives à l'environnement et à la sécurité issues de sources multiples, afin de disposer d'informations et de services fiables chaque fois que cela est nécessaire. En d'autres termes, Copernicus permettra de rassembler l'ensemble des données obtenues à partir de satellites environnementaux et d'instruments de mesure sur site, afin de produire une vue globale et complète de l'état de notre planète.

Les décideurs politiques font partie des principaux utilisateurs du programme Copernicus, qui leur permet de préparer les législations nationales, européennes et internationales relatives à l'environnement (y compris celles sur le changement climatique et le droit international de la mer) et de vérifier la bonne application de ces législations.

Copernicus s'appuie sur quatre « piliers » :

  • la composante spatiale (constituée de satellites d'observation du sol, des océans et de l'atmosphère),
  • la composante in-situ (constituée d'instruments de mesure au sol ou aériens mesurant des paramètres relatifs à l'état des océans, du sol et de l'atmosphère),
  • la composante normalisation et harmonisation des données,
  • la composante des services à l'utilisateur.

Les services d'information offerts par le programme Copernicus peuvent être regroupés autour de six thèmes principaux : le sol, les océans, le traitement de l'urgence, l'atmosphère, la sécurité et le changement climatique. Les services relatifs au sol, aux océans et au traitement de l'urgence et ceux relatifs à l'atmosphère et à la sécurité (aussi appelés « services pilotes ») ont été officiellement lancés à l'occasion du Forum Copernicus qui s'est déroulé à Lille en septembre 2008. Il est prévu que ces services, actuellement en phase pré-opérationnelle, entrent en phase opérationnelle en 2011 et qu'ils soient pleinement opérationnels à l'horizon 2014.

Copernicus est donc en marche vers son fonctionnement opérationnel. La définition et la mise en place d'une gestion et d'une structure de financement européennes sont des éléments clés de la réussite du programme.

Historique[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 19 mai 1998 : les institutions participant au développement des activités spatiales européennes donnent naissance au GMES par la déclaration connue sous le nom de "Baveno Manifesto". À l'époque, GMES signifie "Global Monitoring for Environmental Security" (surveillance mondiale de la sécurité environnementale).
  • 1999 : GMES change de signification et devient "Global Monitoring for Environment and Security" (surveillance mondiale de l'environnement et de la sécurité), illustrant ainsi que la surveillance de l'environnement a également des implications en termes de sécurité.
  • 2001 : à l'occasion du sommet de Gothembourg (Göteborg), les chefs d'États et de gouvernements demandent que la Communauté contribue à l'établissement d'une capacité européenne de surveillance globale pour l'environnement et la sécurité à horizon 2008.
  • Octobre 2002 : la nature et le périmètre de la composante "sécurité" du GMES sont définis comme couvrant la prévention et le traitement des crises liées aux risques naturels et technologiques, à l'aide humanitaire et à la coopération internationale, à la surveillance du respect des traités internationaux pour la prévention des conflits, l'aide humanitaire et le secours, les opérations de maintien de la paix et la surveillance des frontières de l'Union européenne.
  • Février 2004 : La Communication de la Commission "GMES : mise en place d'une capacité GMES d'ici 2008" introduit un plan d'action visant à établir une capacité GMES en 2008. En 2004, un accord cadre entre la Commission européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA) est également signé afin d'établir les fondements de la composante spatiale du GMES.
  • Mai 2005 : La Communication de la Commission "GMES: du concept à la réalité" établit les priorités pour l'entrée en service des services GMES en 2008, en mettant l'accent sur les services de surveillance du sol, de surveillance des océans et de traitement de l'urgence. Des services ultérieurs appelés "services pilotes" traiteront de la surveillance de l'atmosphère, de la sécurité et du changement climatique.
  • Juin 2006 : La Commission européenne crée le Bureau GMES, avec comme mission principale d'assurer la disponibilité à l'horizon 2008 des services jugés prioritaires. Le Bureau a également pour objectif de traiter les questions de gestion du GMES et du financement du système à long terme.
  • Mai 2007 : Adoption de la Communication sur la politique spatiale européenne, reconnaissant GMES comme une initiative phare de la politique spatiale de l'Union.
  • Septembre 2008 : Lancement officiel des trois services FTS et des deux services pilotes dans leur version pré-opérationnelle, à l'occasion du Forum GMES de Lille.
  • Novembre 2008 : La Communication de la Commission "GMES: le souci d'une planète plus sûre" établit la base des futures discussions relatives au financement, à l'infrastructure opérationnelle et à la gestion effective du GMES.
  • Mai 2009 : La proposition de la Commission concernant un Règlement sur "le programme européen d'observation de la terre (GMES) et sa mise en œuvre initiale (2011-2013)" propose une base légale pour le programme GMES et le financement par la Commission Européenne de sa mise en œuvre initiale.
  • Novembre 2010 : Le règlement sur "le programme Européen d'observation de la terre (GMES) et sa mise en œuvre initiale (2011-2013)" entre en vigueur.
  • Juin 2011 : La Commission Européenne présente sa proposition pour le prochain cadre financier pluriannuel (Multi-Annual Financial Framework, ou MFF, en anglais). Dans ce document la Commission propose de pourvoir au financement du programme GMES en dehors du MFF au-delà de 2014.
  • Novembre 2011 : Dans sa Communication sur l'exécution du programme GMES à partir de 2014, la Commission Européenne présente ses propositions pour le futur financement, la gestion et l'exploitation du programme pour la période 2014 - 2020. En particulier, la Commission propose la création d'un fonds GMES fonctionnant sur un modèle similaire à celui retenu pour le Fonds Européen de Développement, auquel les États Membres contribueraient en fonction de leur Produit National Brut.
  • Juillet 2013 : Le programme, renommé Copernicus, va pouvoir démarrer suite à l'approbation par le Parlement européen du cadre financier pluriannuel (MFF) pour la période 2014-2020, comportant une prévision de 3 786 M€. Elle couvrira l'exploitation des trois premiers satellites Sentinel en production dont les lancements sont prévus au premier semestre 2014 (Sentinel-1A sur Soyouz, Sentinel-2A et Sentinel-3A sur Rockot)[4].

De la R&D aux services opérationnels[modifier | modifier le code]

Au cours des dernières décennies, les institutions nationales et européennes ont consenti des efforts financiers importants en observation de la terre. Ces efforts ont permis d'obtenir des résultats considérables mais les produits et les services développés dans ce domaine héritent des limitations propres aux financements de type R&D (recherche et développement), par exemple manque de garanties quant à leur pérennité.

Le programme GMES a précisément été conçu pour permettre cette transition entre activités de R&D et mise en œuvre de services opérationnels pérennes. Cette transition doit se faire en trois phases principales  :

  • 2008 - 2010 : Services GMES pré-opérationnels
  • 2011 - 2013 : Mise en œuvre initiale
  • À partir de 2014 : Mise en service opérationnel

Les services GMES sont destinés à la surveillance et à la prévision de l'état des différents sous-systèmes de notre planète. Ils contribuent en outre au suivi du changement climatique. Les services GMES portent également sur la gestion des situations d'urgence (catastrophe naturelle, accident industriel ou crise humanitaire par exemple) et sur la sécurité (surveillance maritime ou contrôle des frontières par exemple).

À ce jour, les services GMES traitent les six domaines suivants  :

  • surveillance des terres (voir la vidéo produite par le projet FP7 SWIFT et décrivant le service correspondant)
  • surveillance du milieu marin (voir la vidéo produite par le projet FP7 SWIFT et décrivant le service correspondant)
  • surveillance de l'atmosphère (voir la vidéo produite par le projet FP7 SWIFT et décrivant le service correspondant)
  • gestion des urgences (voir la vidéo produite par le projet FP7 SWIFT et décrivant le service correspondant)
  • sécurité
  • adaptation au changement climatique (voir la vidéo produite par le projet FP7 SWIFT et décrivant le service correspondant)

Le développement des services est assuré par une série de projets lancés par la Commission Européenne et en partie financés par le 7e Programme Cadre (FP7). Ces projets sont geoland2 (terres), MyOcean (mers), SAFER (traitement de l'urgence), MACC et son successeur MACC II (atmosphère) et G-MOSAIC (sécurité), la plupart contribuant également à la surveillance du changement climatique.

  • geoland2 a démarré le 1er septembre 2008. Le projet couvre un large éventail de domaines parmi lesquels l'utilisation du sol, la qualité et la disponibilité de l'eau, l'aménagement du territoire, la gestion des forêts, le stockage du carbone.
  • MyOcean a démarré le 1er janvier 2009. Le projet couvre des thèmes tels que la sécurité maritime, la prévention des marées noires, la gestion des ressources marines, le changement climatique, la surveillance des banquises, la pollution de l'eau.
  • SAFER a démarré le 1er janvier 2009. Le projet aborde les sujets liés à la protection civile, à l'aide humanitaire et à la gestion des crises menaçant la sécurité des biens et des personnes.
  • MACC a démarré le 1er juin 2009. Il a poursuivi les activités lancées dans les projets GMES et PROMOTE. Une seconde phase de financement du service développé par MACC est maintenant acquise jusqu'en juillet 2014 avec le projet MACC II.
  • G-MOSAIC a démarré le 1er janvier 2009. Avec le projet LIMES (en partie financé par la Commission Européenne au titre du 6e programme cadre), G-MOSAIC traite de la surveillance maritime, de la surveillance des infrastructures critiques et du soutien aux opérations de maintien de la paix.

Domaines couverts par GMES[modifier | modifier le code]

L'objectif est de créer une capacité européenne autonome de surveillance à différentes échelles (locale, régionale, globale) pour l’environnement et la sécurité, qui serve d'appui aux politiques européennes (environnement, agriculture, etc.) et des engagements internationaux de l’Union.

Le domaine couvert par GMES est vaste (et évoluera en fonction des possibilités satellitaires). « GMES » peut notamment traiter les sujets suivants  :

Les « services thématiques » officialisés fin en 2008 permettent de perfectionner la construction, l’utilisation et l'entretien des infrastructures actuelles et futures, de développer la mise en commun des moyens de collecte et de diffusion de données, et d'intégrer ces données dans des systèmes de suivi et de prévision de l’état de l’environnement et du climat.

Le projet prévoit également d’assurer la pérennité et l’évolution des moyens spatiaux nécessaires à l’acquisition de ces données (satellites d'observation de la Terre…).

Projets et initiatives[modifier | modifier le code]

Les satellites de l'Agence spatiale européenne[modifier | modifier le code]

L'Agence spatiale européenne (ESA) développe actuellement une nouvelle série de satellites appelés Sentinel, afin de répondre aux besoins du programme GMES (Copernicus) en matière de données d'observation de la Terre. Ces satellites auront des capacités d'imagerie radar et super-spectrale pour l'observation de la Terre, des océans et de l'atmosphère. Les missions Sentinel auront les objectifs suivants  :

  • Sentinel-1  : fourniture d'imagerie radar tout-temps, jour et nuit, à des fins d'observation du sol et des océans. Sentinel-1A a été lancé le 3 avril 2014. Sentinel-1B est prévu en 2016.
  • Sentinel-2  : fourniture d'imagerie optique haute résolution pour l'observation des sols (utilisation des sols, végétation, zones côtières, fleuves, etc.). Sentinel-2 sera également utile pour la mise en place de services de traitement de l'urgence. Le lancement du premier satellite Sentinel-2 est prévu fin 2016.
  • Sentinel-3  : surveillance mondiale des océans et des sols. Le lancement du premier satellite Sentinel-3 était prévu fin 2017.
  • Sentinel-4  : embarqué comme charge utile sur un satellite EUMETSAT Météosat de Troisième Génération (MTG) , Sentinel-4 fournira des données sur la composition de l'atmosphère. Il sera lancé en 2018.
  • Sentinel-5  : fourniture de données sur la composition de l'atmosphère. Sentinel-5 sera lancé en 2019 sur un satellite Système polaire d’EUMETSAT – Deuxième génération (EPS-SG).

Dans l'attente de la fourniture de données par les missions Sentinel, de nombreuses missions en cours ou à venir fournissent ou fourniront prochainement des données utiles à GMES. Ces missions sont souvent désignées par le sigle GCM (GMES Contributing Missions/missions contribuant à GMES).

ERS: Le satellite européen de télédétection/European Remote Sensing Satellite ERS-1 (1991-2000) était le premier satellite d'observation de la Terre lancé par l'ESA. Lancé en 1995, ERS-2 fournit des données relatives à la température de surface des océans, aux vents marins et à la couche d'ozone.

ENVISAT: Lancé en 2002, Envisat était le plus gros satellite d'observation de la Terre jamais construit. Il transportait des instruments radars et optiques complexes parmi lesquels le radar ASAR (Advanced Synthetic Aperture Radar) et le spectromètre MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer). Envisat a fourni de manière continue des données issues de l'observation du sol, de l'atmosphère, des océans et de la calotte glacière. Les États membres de l'ESA votèrent à l'unanimité la reconduction de la mission Envisat jusqu'en 2013.

Earth Explorers: Les missions Earth Explorers sont de petites missions d'étude d'aspects particuliers de l'environnement. Ces missions portent en particulier sur l'atmosphère, la biosphère, l'hydrosphère, la cryosphère et aussi sur le sous-sol, dans le but d'en apprendre davantage sur les interactions entre ces composants et sur l'impact des activités humaines sur les processus naturels. Six missions ont été retenues  :

  • GOCE (Gravity Field and Steady-State Ocean Explorer), lancée le 17 mars 2009
  • SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity), lancement prévu en novembre 2009
  • CryoSat-2 (mesure de l'épaisseur de la banquise), lancée en avril 2010
  • Swarm (mesures de l'intensité et de la direction du champ magnétique terrestre), lancé le 22 novembre 2013.
  • ADM-Aeolus (Atmospheric Dynamics Mission), lancement prévu en 2014
  • EarthCARE (Earth Clouds, Aerosols and Radiation Explorer), lancement prévu en 2015

MSG: Seconde génération de Meteosat, projet commun de l'ESA et d'EUMETSAT.

MetOp: MetOp d'EUMETSAT: première constellation européenne sur orbite polaire consacrée à la météorologie. MetOp se compose de trois satellites lancés sur une période de 14 ans. Les deux premiers ont été lancés en 2006 et 2012. Ils fournissent des données météorologiques et des données utiles à l'étude du changement climatique.

SPOT: SPOT (Satellite Pour l'Observation de la Terre) est une série de satellites d'observation fournissant des images haute résolution de la Terre. SPOT-4 et SPOT-5 comportent des instruments nommés VEGETATION capables de surveiller les écosystèmes à l'échelle des continents.

TerraSAR-X: TerraSAR-X est un satellite d'observation de la Terre fournissant des informations topographiques de haute qualité. Les informations ainsi fournies sont utiles en hydrologie, météorologie, utilisation des sols, gestion des forêts et protection de l'environnement.

COSMO-SkyMed: la constellation COSMO-SkyMed comprend des satellites équipés de radars SAR. Les applications incluent l'analyse des séismes, la surveillance de catastrophes environnementales et l'agriculture.

DMC: La constellation DMC (Disaster Monitoring Constellation/Constellation Surveillance des catastrophes) est constituée de cinq satellites fournissant des images utiles aux équipes de secours intervenant au titre de la charte internationale "Espace et catastrophes majeures".

JASON-2: JASON-2-2 fournit des mesures précises de la topographie de surface des océans, des vents et de la hauteur des vagues.

PLEIADES: la constellation Pléiades comprend deux satellites fournissant des images haute résolution de la Terre.

Les données fournies par des satellites non-européens (par exemple LANDSAT, GOSAT, RADARSAT) peuvent également être utilisées par GMES.

Accord-cadre GMES entre ESA et Eumetsat[modifier | modifier le code]

Été 2009  : l’Agence spatiale européenne et Eumetsat signent un Accord-cadre sur le programme GMES, approuvé à l’unanimité par le Conseil de l'ESA le 10 juin 2009 et celui d’Eumetsat lors de sa session des 30 juin et 1er juillet 2009[5]. Cet accord, signé conjointement par le Dr Lars Prahm et Jean-Jacques Dordain, directeurs-généraux respectifs d’Eumetsat et de l’ESA, ouvre la voie à de futurs arrangements détaillés entre les deux organisations au titre de leur coopération sur les Sentinel GMES (Sentinel-3, -4 et -5).

Cet accord-cadre définit les rôles et responsabilités des deux organismes dans le cadre de leur coopération sur la composante spatiale de GMES (GSC).

À ce titre :

  • l'ESA est responsable de l'approvisionnement des missions Sentinel de GMES, de la coordination d'ensemble de la Composante spatiale (GSC) et de l'interface entre celle-ci et les services GMES
  • Eumetsat est responsable de la contribution de ses données, produits et services à GMES – conformément à la politique de données d’Eumetsat – et de la définition des besoins de la mission et de la réalisation des missions Sentinel de GMES qu'elle sera chargée d'exploiter.

Eumetsat et l’ESA prévoient des conventions d’exécution spécifiques concernant leur coopération sur le segment spatial de Sentinel-3 et sur l’intégration des instruments de Sentinel-4 sur les satellites Meteosat Troisième Génération (MTG) et de ceux de Sentinel-5 sur les satellites polaires du système Post-EPS d’Eumetsat.

Eumetsat fournit déjà gracieusement ses données et produits, y compris les données en temps quasi réel, aux cinq services de base de GMES (trois accélérés et deux pilotes) pendant leur phase pré-opérationnelle. Les trois premiers services accélérés de GMES comprennent  :

  • la surveillance des surfaces continentales
  • la surveillance du milieu marin
  • l’intervention d'urgence et deux services pilotes (sécurité et composition de l'atmosphère).

Eumetsat fournit donc une partie importante des données satellitaires nécessaires aux Services GMES de Surveillance atmosphérique et du milieu marin.

Centre Euro Méditerranéen de l’Environnement et des Risques (CEMER)[modifier | modifier le code]

Le CEMER, qui utilise les compétences des partenaires de pôles de compétitivité, vise à mettre en œuvre un système de surveillance de l'environnement et de gestion des crises. En particulier, une expérimentation a été menée sur le site de l'Éco-Vallée dans le cadre du projet européen WIN avec une simulation de gestion de crise liée à des inondations dans la plaine du Var[6].

Réseau d'Alerte aux Tsunamis et submersions COTières en Méditerranée (RATCOM)[modifier | modifier le code]

Une autre composante, RATCOM (Réseau d'Alerte aux Tsunamis et submersions COTières en Méditerranée), est en cours de réalisation dans le cadre des projets du Fonds Unifié Interministériel des pôles (FUI). Ce projet, de 6,2 M€, porté par le pôle Risques et colabellisé par les pôles Mer[7] et SCS comporte une composante montante de modélisation de la vague et de ses effets à partir de capteurs divers et une composante descendante d'alerte à la population mutualisant différents moyens de télécommunications.

Une version du CEMER Union pour la Méditerranée est soutenue par la mission Union pour la Méditerranée, le Maroc, la Tunisie et l'Égypte.

En 2011, le projet RATCOM est validé à Cannes, à la suite d'expériences menées pendant 30 mois sur des matériels et logiciels implantés sur la Côte d'Azur. Son objectif  :

  • prévenir la population en cas de tsunami d'origine locale, de type glissement sous-marin, comme pour l'aéroport de Nice en 1979
  • commencer à former les services de secours aux opérations à conduire dès l'alerte donnée.

Il est présenté à la presse en présence de tous les partenaires du projet, dans les locaux de du Centre spatial de Cannes - Mandelieu, par son directeur, Pierre Bénard, de Claire-Anne Reix, directrice du programme européen GMES et Philippe Bardey, président d'Acri, société basée à Sophia-Antipolis, spécialiste de l'observation de la Terre par satellite[8],[9].

Les partenaires

GMES Masters[modifier | modifier le code]

Un concours européen, dénommé GMES Masters, est créé en 2009, centré sur les applications satellitaires dans le domaine de la gestion des risques, de l’environnement et du climat. Il est le fruit d’une initiative conjointe de l’EPA Plaine du Var, porteur du projet Eco Vallée près de Nice, et du Centre d’Applications Spatiales de Munich-Oberpfaffenhofen[10].

Les GMES Masters Awards viendront récompenser les meilleures applications exploitant les données d’observation de la Terre ayant recours au GNSS et aux instruments de mesure au sol ou aériens. Seront primées aussi bien les solutions de pointe s’appliquant aux secteurs émergents, que les réalisations apportant une valeur ajoutée aux applications existantes pour les services GMES – sol, océans et traitement de l'urgence.

Deux prix seront attribués, l’un pour le secteur public, l’autre pour le privé.

La meilleure application du secteur privé bénéficiera d’un accompagnement de six mois au sein de l’incubateur « Centre d’Applications Spatiales » d’Oberpfaffenhofen.

Le participant ayant présenté la meilleure application pour le secteur public sera invité à venir présenter son projet aux responsables d’Eco Vallée et aux représentants locaux de la Côte d’Azur (Team Côte d’Azur).

Autres initiatives[modifier | modifier le code]

D'autres initiatives seront utiles à la mise au point puis au fonctionnement du GMES. il s'agit notamment de  :

  • INSPIRE : cette initiative vise à construire une infrastructure de données spatiales au-delà des frontières nationales.
  • URBAN ATLAS: À partir de données issues de photos satellites, Urban Atlas fournit une cartographie numérique permettant aux urbanistes de disposer des données à jour et précises sur l'aménagement du territoire. Urban Atlas leur permettra notamment de mieux évaluer les risques et possibilités (inondations, impact du changement climatique, nouveaux besoins en infrastructure et en transport publics,...). Toutes les villes de l'Union Européennes sont couvertes depuis 2011.
  • SEIS : le système SEIS (Shared Environmental Information System) est une initiative commune de la Commission européenne et de l'Agence européenne pour l'environnement visant à établir avec les États membres un système d'information environnementale intégré et partagé à l'échelle de l'Europe.

Acteurs[modifier | modifier le code]

Union européenne[modifier | modifier le code]

L'Union européenne est un, si ce n'est, l'acteur majeur de ce programme car elle est censée en assurer le financement par le truchement de la Commission européenne.

GMES est la contribution de l'Union au système mondial d'observation de la Terre GEOSS (Global Earth Observation System of Systems), qui fait l’objet des sommets d’observation de la Terre et des groupes de travail GEO et dont les principales têtes de file sont les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et l’Afrique du Sud.

Une vidéo présentant le programme GMES a été produite par le projet SWIFT (projet financé par la Commission Européenne dans le cadre du 7e Programme-cadre).

Colloque de juin 2012

Les 4 et 5 juin 2012, la présidence danoise de l'Union européenne organise un colloque sur le GMES[11], le second programme phare de l'Union après Galileo, rassemblant 180 participants autour des différents services devant être rendus par le système[12].

Un constat positif est observé sur :

  • le démarrage opérationnel, le 1er avril 2012, du premier service Emergency (GIO EMS) activé pour les inondations, tremblements de terre, glissements de terrain, feux, tempêtes, éruptions volcaniques, catastrophes technologiques, tsunamis, et crises humanitaires.
  • le démarrage opérationnel prochain de services expérimentaux testés depuis le FP-7  : MyOcean pour le maritime, GeoLand pour le terrestre, Macc pour l'atmosphère, et G-Mosaic pour la sécurité.

Cependant, le colloque constate le manque de financement pour le reste de l'exploitation opérationnelle prévue, certains États membres voulant le sortir du budget 2014-2020. Une réunion des États membres est programmée pour la fin du mois pour rediscuter du problème d'autant plus urgent que le satellite ENVISAT est tombé en panne le 8 avril, et que de nombreux services ne peuvent plus être rendus avant l'arrivée des Sentinel.

L'apport du CNES[modifier | modifier le code]

Le CNES (Centre national d'études spatiales, France) exploite, prépare ou contribue à une dizaine de missions qui trouveront naturellement leur place dans le segment satellite de GMES  : Spot, bientôt rejoint par Pléiades, pour la cartographie et l'aménagement du territoire; Topex et Jason-1 et 2 pour l'océanographie; Parasol et Calipso pour la compréhension de l'impact des nuages et des aérosols dans le bilan thermique de la planète ; Megha-Tropiques pour le suivi des épisodes de mousson; Vénus pour le suivi de la végétation ou encore l'instrument IASI, sur le satellite MetOp-A, pour la température et l'humidité de l'atmosphère[13].

Le rôle des entreprises privées[modifier | modifier le code]

Thales Alenia Space est étroitement associé à GMES, en particulier dans son établissement de Cannes, siège de la société. GMES y est coordonné par Claire Anne Reix[14], ingénieur des Mines d'Alès, directeur du projet GMES pour le groupe Thales.

La Société participe activement aux pôles de compétitivité implantés dans la Région PACA. En particulier Thales Alenia Space préside le pôle Risques qui, associé aux pôles Mer, Solutions Communicantes Sécurisées (SCS) et Pégase vise à la création du Centre Euro Méditerranéen de l’Environnement et des Risques (CEMER).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La formulation en français est utilisée dans le projet de règlement européen relatif à GMES.
  2. Brève de compte rendu du Forum national des utilisateurs Copernicus 2013, Ministère de l'écologie, consulté 2014-06-17
  3. Les applications satellitaires au service du développement durable, Ministère de l'écologie, mis en ligne 9 février 2012, consulté 2014-06-17
  4. SB, « Copernicus : feu vert du parlement européen », dans Air & Cosmos, no 2367, 12 juillet 2013
  5. « Eumetsat et l’ESA signent l’Accord-cadre GMES », sur le site web de Santinelle-3, 20 octobre 2009, en ligne sentinelle3.com
  6. Emmanuel Maumon, « GMES, bientôt un œil dans la Plaine du Var », dans WebTimeMedias, 16 septembre 2009, en ligne www.webtimemedias.com: interview sonore de Claire-Anne Reix, directeur GMES chez Thales Alenia Space
  7. Eveline Spina, « RATCOM », en ligne site web Pôle Mer PACA
  8. Emmanuelle Pouquet, « Alerte Tsunami : le projet Ratcom validé à Cannes », dans Nice-Matin, 9 juillet 2011
  9. Emmanuel Maumon, « RATCOM, un réseau d'alerte pour les tsunamis : interview de Jean-Louis Fondère (Thales Alenis Space) », dans WebTimeMedia, 4 juillet 2011, en ligne
  10. « Nice : l’Eco Vallée, partenaire de la 1re édition des GMES Masters », dans Team Côte d’Azur, 17 septembre 2009, en ligne www.cad.fr
  11. (en)Rapport du colloque publié sur le site de l'ESA
  12. Christian Lardier, « Le Gmes dans l'impasse », dans Air & Cosmos, N° 2316, 8 juin 2012
  13. « Le CNES et GMES : une histoire naturelle », dans CNESMAG, no 39, novembre 2008
  14. D. P., « Toute une journée pour célébrer les femmes, elles font l'actu : Claire-Anne Reix, une place chez les scientifiques », dans Nice-Matin, 8 mars 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "10 years of GMES: A chronicle" par Rheticus, Window on GMES, une publication BOSS4GMES
  • Claire-Anne Reix (Alcatel Space), Jean-Yves Lebras, (CLS Argos), « Environnement et Sécurité : GMES », conférence donnée à Toulouse le 21 avril 2004, relatée dans La Lettre AAAF, N° 6, juin 2004, online

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]