Prison de Fremantle

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32° 03′ 18″ S 115° 45′ 13″ E / -32.055, 115.7536 ()

La porte d'entrée de la prison.

La prison de Fremantle est située dans la ville de Fremantle en Australie Occidentale (Australie). Elle n’est aujourd’hui plus en activité mais sert de musée mémorial.

Elle est le premier bâtiment d’Australie Occidentale inscrit à la nouvelle Australian National Heritage List. Les 60 000 m² du site incluent la prison, le corps de garde, les murs d’enceinte, les habitations individuelles, les tunnels et l’art des prisonniers (objet artistiques réalisés par les prisonniers).

Histoire[modifier | modifier le code]

La prison fut construite par des bagnards (« convicts ») dans les années 1850 avec les pierres de calcaire de l’embouchure de la rivière Swan. Les travaux débutèrent en 1850 et se terminèrent en 1857. Lorsque les bagnards achevèrent les ailes de l’édifice ils furent employés pour d’autres travaux, tels que l’asile de Fremantle en 1860, aujourd’hui musée d’histoire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la prison fut réquisitionnée par l’armée australienne et utilisée comme prison militaire de septembre 1939 à juin 1946.

La salle de potence était le seul lieu légal d’exécution d’Australie Occidentale de 1888 à 1984. Durant cette période 43 hommes et 1 femme ont été exécutés. Le dernier d’entre eux est le tueur en série Eric Edgar Cooke, qui fut condamné à la pendaison en 1964. Les punitions dans la prison incluaient des isolements cellulaires et des flagellations.

La prison fut mise hors service le 7 novembre 1991 et remplacée par la prison de Casuarina. Celle-ci est située à 30 km au sud de Perth et remplaça après 130 années de service la prison de Fremantle. En 1970, une prison pour femmes (Bandyup Women’s prison) avait déjà été mise en service à 17 km au nord-est de Perth, pour abriter les détenus féminins de Fremantle.

Célèbres « locataires »[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal.

Le plus connu des prisonniers est sans aucun doute le « bushranger » Moondyne Joe, de son vrai nom Joseph Bolitho Johns, qui réalisa de nombreuses évasions. Il est aujourd’hui reconnu comme le plus grand artiste d'évasion de l’ère des forçats en Australie. Une fois, il s’évada de la prison de Fremantle en perçant littéralement le mur. Alors qu’il fêtait sa deuxième année de liberté, il fut capturé et renvoyé en prison. Il fut libéré en 1873 et mourut le 13 août 1900 à l’hôpital psychiatrique de Fremantle. Son nom fut utilisé comme enseigne par un café de la « Cappuccino Strip » de Fremantle : le Moondyne Joe’s Bar & Café.

D’autres personnages célèbres ont séjourné à la prison de Fremantle, tels que soixante-deux « Fenians » envoyés de la métropole en 1867. Beaucoup furent graciés au fil des ans, mais en 1876, six d’entre eux s’enfuirent jusqu’à New York sur le baleinier Catalpa. Les Wolfe Tones, un groupe de musique irlandais, a composé une chanson à propos de cet évènement, appelée The Fenian’s Escape. Brendan Woods, un guide touristique de la prison, est l’auteur de The Catalpa, une pièce de théâtre retraçant l’histoire de cette évasion.

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Les tunnels sous la prison.

En 1992, la prison a été ouverte au public. Elle expose et vend les œuvres d’art d’anciens et d’actuels détenus d’Australie Occidentale. En 2005, la prison attirait plus de 130 000 visiteurs par an.

Le 7 juin 2005, un réseau de tunnels a été ouvert au public, qui peut y circuler à pied ou en bateau. Ces tunnels avaient été creusés à 20 mètres sous terre par des forçats entre 1874 et 1898. Ils étaient utilisés pour approvisionner en eau, provenant d’un aquifère calcaire, les colons de Fremantle. Les tunnels s’étendent sur plus d’un kilomètre de long sous la prison et ses alentours.

La chapelle de la prison est aujourd’hui utilisée pour les cérémonies de mariage. Derrière l’autel se trouve une fresque sur bois représentant les Dix Commandements, dont le sixième a été subtilement modifié :

Au lieu de :

« Tu ne tueras point » (« Thou shalt not kill »)

On peut lire à présent :

« Tu ne commettras point de meurtre » (« Thou shalt do no murder »)

La pendaison étant couramment pratiquée à cette époque-là, le commandement « Tu ne tueras point » aurait semblé légèrement hypocrite.

Détenus notoires[modifier | modifier le code]