Bataille de la Smala

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Bataille de la Smala
Prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale: le lieutenant-colonel Louis-Michel Morris chargeant à la tête du 4e régiment de chasseurs d'Afrique
Prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale: le lieutenant-colonel Louis-Michel Morris chargeant à la tête du 4e régiment de chasseurs d'Afrique
Informations générales
Date 19 mai 1843
Lieu Taguin, Algérie
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau français Royaume de France Smala d'Abd el-Kader
Commandants
Henri d'Orléans
Forces en présence
500 hommes 2000 fantassins
1200 cavaliers
environ 30 000 personnes
Pertes
9 morts
12 blessés
300 morts
4 000 prisonniers
Conquête de l'Algérie par la France
Batailles
Campagne contre la Régence d'Alger (1830-1837)

Sidi-Ferruch · Staoueli · Sidi Khalef · Alger · Blida · Oran · Bône · 1re Constantine · 2e Constantine

Campagne contre Abd-el-Kader (1832-1834)

Kheng-Nettah · 1re Bougie

Campagne contre Abd-el-Kader (1835-1837)

2e Bougie · Sig · Macta · Mascara · Habrah · Tlemcen · Sikkak · Somah · Traité de Tafna

Campagne contre Abd-el-Kader (1839-1847)

Portes de Fer · Mazagran · Afroum · Mouzaïa · Médéa · La Smala · Isly · Sidi-Brahim

Campagne de la Grande Kabylie (1857)

Chellata · Mezeguene · Aït Aziz

Campagne de pacification (1830-1871)

El Ouffia (1832) · Zibans (1844) · Enfumades (1845) · Zaatcha (1849) · Laghouat (1852) · Mokrani (1871)

Campagne du Sahara (1881-1902)

Flatters · 1re Hoggar · Tit · 2e Hoggar

Coordonnées 34° 54′ 00″ N 2° 19′ 48″ E / 34.9, 2.3334° 54′ 00″ Nord 2° 19′ 48″ Est / 34.9, 2.33  

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Smala.

La bataille de la Smala ou combat de Taguin, qui s'est conclue par la prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale le 16 mai 1843, est un épisode important de la conquête de l'Algérie par la France.

La ville d'Alger avait été prise le 5 juillet 1830 par les troupes françaises. Une longue campagne militaire (de 1830 à 1857) fut ensuite nécessaire pour pacifier l'Algérie. Cette campagne fut marquée par la résistance d'Abd el-Kader et de Lalla Fatma N'Soumer.

Circonstances de l'attaque[modifier | modifier le code]

Le duc d'Aumale en 1843. Henri d'Orléans est prince royal depuis le décès de son frère Ferdinand-Philippe en 1842.

La smala avait passé la fin de l’hiver 1843 à deux journées de marche au sud de Takdempt. Instruite qu’on était à sa poursuite, elle erra pendant quelque temps et se trouva le 16 mai à la source de Taguin. Le gouverneur-général Bugeaud avait été informé de la présence de la smala aux environs de Boghar ; mais on ignorait l’endroit.

Il donna ordre au général Lamoricière, ainsi qu’au duc d’Aumale de se mettre à sa poursuite. Le prince partit de Boghar avec 1 300 fantassins et 600 chevaux. Trois jours après, il apprit que la smala se trouvait à 80 kilomètres au sud de Goudjila. Pour l’atteindre, il fallait franchir vingt lieues d’une traite sans une goutte d’eau. Alors que les soldats étaient à la recherche de la source de Taguin pour se désaltérer, l’agha Ahmar ben Ferhat vint informer le prince de la présence inattendue de la smala à cette même source.

Organisation de la smala[modifier | modifier le code]

Abd el-Kader organisait la smala toujours selon le même principe : elle se composait de quatre enceintes circulaires et concentriques où chaque douar, chaque famille, chaque individu avait sa place fixe et marquée, suivant son rang, son utilité, ses fonctions, ou la confiance qu’il inspirait. La smala arrivant à son gîte, la tente de l’émir se dressait au centre du terrain que le camp devait couvrir.

  • Elle était immédiatement entourée des tentes des serviteurs intimes et des principaux parents d’Abd el-Kader qui composaient la première enceinte  : 5 douars
  • La seconde comprenait les douars du Khalifa Ben Allal et de ses parents, ceux de l’infanterie régulière et de quelques chefs importants : 10 douars.
  • La troisième était absolument formée par les Hachem-Cherraga et par les Hachem-Gharaba : 207 douars.
  • La quatrième enceinte, plus ou moins rapprochée des enceintes principales, suivant les difficultés du terrain, l’eau, les bois ou les pâturages, était formée par sept tribus nomades qui servaient à la smala de guides et de protection dans le désert : 146 douars.

Soit un total de 368 douars, de quinze à vingt tentes chacun. On peut évaluer à vingt mille âmes la population de cette ville itinérante, et à cinq mille le nombre des combattants armés de fusils, dont cinq cents fantassins réguliers et deux mille cavaliers.

L'attaque[modifier | modifier le code]

Le duc d'Aumale attaque la Smalah à Taguin le 16 mai 1843 par Édouard Detaille.

Abd-el-Kader était absent, ainsi que ses principaux lieutenants, mais leurs familles étaient là. Le 16 mai, la cavalerie venait d’apparaître et se déployait sur un mamelon pierreux qui domine la source de Taguin. Un premier échelon, composé des spahis et du goum, s’ébranle au trot ; il est commandé par le colonel Yousouf (Né Joseph Vantini, précédemment interprète militaire). Le prince le suit avec les chasseurs et gendarmes dont il a formé sa réserve.

Mais un mouvement du terrain leur laisse voir l’immensité de la ville de tentes et cette fourmilière d’hommes qui courent aux armes  : les troupes, épouvantées, se débandent et le duc d’Aumale craint une contagion de la peur parmi ses troupes. L’audace seule peut décider du succès. Le prince fait donc oblique à droite avec le deuxième échelon et dépasse le premier ; les officiers les entraînent, et bientôt le douar d’Abd el-Kader est atteint.

Mais la résistance s’organise. La cavalerie des Ilachems, tous parents de l’émir, veut arracher aux français les familles et les richesses. Tandis que de rapides dromadaires entraînent les femmes, que l’on enlève des tentes tout ce qu’elles contiennent de plus précieux, les hommes de guerre saisissent leurs fusils, se jettent sur leurs chevaux, se rallient, s’élancent au combat. Le prince doit faire face à un ennemi bien supérieur en nombre. Il détache sur la gauche un peloton commandé par le sous-lieutenant Delage ; ils vont être entourés, lorsque le sous-lieutenant de Canclaux, envoyé à leur aide, les dégage.

À droite, le capitaine d’Espinay culbute avec son escadron tout ce qu’il a devant lui, et va arrêter au loin la tête des fuyards ; tandis que le lieutenant-colonel Louis-Michel Morris par son intervention avec trois pelotons de cavalerie assure la victoire.

Cependant les algériens laissèrent près de trois cents cadavres sur le terrain et seulement neuf hommes tués et douze blessés. Le butin était immense et plus de 4 000 prisonniers furent pris.

Selon Michel Levallois[réf. nécessaire], docteur en histoire (ès études Arabes), l’interprète militaire Ismaïl Urbain « fut de la Prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale (16 mai 1843), il eut la responsabilité de la détention de l'Émir en France, il lui rendit visite à Amboise, il l'accompagna à Paris lors de ses visites de 1853 et 1865 ».

Peinture[modifier | modifier le code]

Capture de la Smala d'Abdelkader, 16 Mai 1843 par Horace Vernet.

Cette bataille a été immortalisée par Horace Vernet en 1843. Le tableau est l'attraction principale des salles d'Afrique créées par Louis-Philippe au musée de l'histoire de France à Versailles[1].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le duo comique Pierre Dac et Francis Blanche a fait une allusion à « un épisode de la prise de la Smala d'Abd el-Kader par les troupes du duc d'Aumale, en 1843, en couleurs » dans leur sketch Le Sâr Rabindranath Duval.

Une plaque « rue Taguin, 1843 » existe encore, en 2014, à Dijon (France), sur une voie non publique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Narcisse Faucon, Le livre d'Or de l'Algérie, Challamel et Cie Éditeurs Librairie Algérienne et Coloniale, 1889.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la notice du Musée impérial de Versailles.