Prise d'otages d'Ouvéa

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La prise d'otages d'Ouvéa désigne une succession d'événements violents survenus sur l'île d'Ouvéa (Nouvelle-Calédonie) en avril-mai 1988 et qui ont durablement marqué le territoire.

Le contexte en France et en Nouvelle-Calédonie[modifier | modifier le code]

En avril 1988, après deux ans de cohabitation, la France se prépare à l'élection présidentielle qui voit s'affronter le Premier ministre Jacques Chirac et le président de la République François Mitterrand.

Depuis plusieurs années, en Nouvelle-Calédonie, la situation politique est tendue depuis que la métropole française appelle à une immigration massive de citoyens européens ou originaires d'Outre mer vers l'archipel océanien pour rendre les kanaks minoritaires[1] : des militants indépendantistes du FLNKS s'adonnent aux incendies et aux pillages répétés de maisons d'éleveurs « caldoches ». Le 5 décembre 1984, en représailles, une embuscade est menée à Hienghène dans laquelle dix indépendantistes sont tués, dont deux frères du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. En janvier 1985, l'indépendantiste kanak du FLNKS Éloi Machoro est abattu par le GIGN, devenant un martyr pour les kanaks.

Devant ces événements, le gouvernement décide d'un référendum concernant l'indépendance éventuelle de la Nouvelle-Calédonie. Le 13 septembre 1987, Jacques Chirac étant Premier ministre de la première cohabitation sous la présidence de François Mitterrand, a lieu le « référendum Pons » d'autodétermination. La question posée à près de cent cinquante mille habitants de la Grande Terre et des Îles Loyauté (Maré, Lifou et Ouvéa) est : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à l'indépendance ou demeure au sein de la République française ? ». La seule condition pour voter est une durée de résidence de trois ans, restriction insuffisante pour les indépendantistes qui décident de boycotter ce référendum. La participation est de 59,1 % (avec 58 % des inscrits) pour un résultat de 98,3 % de voix favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République Française.

En octobre 1987, un regain de tension se manifeste dans les rangs du FLNKS suite à l'acquittement, par la cour d’assise de Nouméa, des sept auteurs de l'embuscade menée en 1984. Les indépendantistes manifestent leur colère, conspuant le fait que le jury — constitué par tirage au sort parmi les citoyens français inscrits sur les listes électorales — fût composé exclusivement d'Européens[1].

Parallèlement, l'élection présidentielle coïncida avec les élections régionales instaurant un nouveau statut pour le territoire, le controversé statut Pons II très défavorable aux indépendantistes. Le FLNKS, qui à l'époque rassemble la majorité des mouvements indépendantistes, rejette les élections régionales néo-calédoniennes de 1988 et appelle à un « boycott actif » des élections. Un contingent supplémentaire de militaires et de gendarmes est envoyé sur l'archipel.

L’attaque de la gendarmerie[modifier | modifier le code]

Le vendredi au matin, à Fayaoué, sur l'île d'Ouvéa, deux jours avant le premier tour des élections présidentielles, des indépendantistes kanaks et membres du FLNKS, attaquent la gendarmerie (les trois gendarmes permanents étant récemment renforcés par vingt-huit gendarmes mobiles), dans le but de l’occuper jusqu’au jour du deuxième tour en prenant les gendarmes en otage. L'attaque a été parfaitement préparée par Dianou et ses hommes, forts des événements de Tieti qui se sont déroulés deux mois plus tôt. Quatre gendarmes sont tués par balles[2] et trois indépendantistes légèrement blessés[3]. Les médias de l'époque relayant les propos du Premier ministre Jacques Chirac[2] annoncent pourtant que les trois gendarmes ont été « massacrés à l'arme blanche »[3], ce qui est contesté par des documents d'autopsies et des témoignages de gendarmes[2] mais qui est confirmé dans un autre document, la famille d'une des victimes évoquant une falsification ultérieure des documents afin de « favoriser l’amnésie »[4].

Les vingt-sept autres gendarmes, désarmés, sont pris en otage et séparés en deux groupes. Le premier groupe, mené par Chanel Kapoeri, se rend dans le sud de l’île à Mouli, où les otages sont finalement libérés trois jours plus tard, à la demande des « vieux » et des coutumiers. Le second groupe de seize otages conduit par Alphonse Dianou (ancien séminariste s'occupant des jeunes du FLNKS) est emmené dans une grotte[5] près de la tribu de Gossanah.

Des actions similaires étaient prévues à Lifou et Maré[6], mais selon Jean Guiart n'eurent pas lieu pour des raisons coutumières diverses.

La prise d’otages[modifier | modifier le code]

Paris envoie sur place ses troupes d’élite sous le commandement du général Jacques Vidal, commandant sur place le régiment d'infanterie de marine du Pacifique (RIMaP) : le GIGN, EPIGN, le 11e Choc (dépendant des services secrets) et le commando Hubert. L’île d’Ouvéa est bouclée, déclarée « zone militaire[7] » et interdite aux journalistes[2], alors même que la grotte demeure introuvable, les gendarmes la cherchant partout où elle n'était pas, dans les falaises, alors qu'elle était portée sur la carte qu'ils avaient mal lue.

Le dimanche 24 avril, le premier tour des élections présidentielles marque une nette radicalisation du clivage entre les électorats : l'électorat loyaliste sanctionne le RPCR avec une importante progression du Front national, tandis que le mot d'ordre de boycott indépendantiste est largement suivi dans l'électorat mélanésien. On note trente-huit bureaux fermés.

La grotte est finalement repérée le 27 avril, après des interrogatoires musclés sur les habitants de Gossanah[8]. Selon des témoins, des enfants sont enchaînés à des poteaux et maltraités par les militaires devant leurs parents[2]. Le même jour, le capitaine Philippe Legorjus, du GIGN, sous l'autorité du général Vidal, accompagné du substitut du procureur de Nouméa, Jean Bianconi, vont parlementer avec leurs preneurs d'otages. Dianou menace d'exécuter des otages si Legorjus n'ordonne pas aux six gendarmes qui l'accompagnent d'entrer à leur tour dans la grotte[1]. Les huit hommes sont à leur tour pris en otage. Legorjus et Bianconi sont libérés le lendemain afin de servir de médiateurs.

Les preneurs d'otages, peu à peu lâchés par le bureau politique du FLNKS qui ne veut pas assumer la mort des quatre gendarmes[2], constatent que la situation insurrectionnelle qu'ils espéraient provoquer reste sporadique. Un semblant de négociation s’engage. Selon Legorjus, « Alphonse Dianou voulait sortir vivant de cette affaire, avec ses camarades. J'expliquai à Bernard Pons que l'idée d'une reddition était possible. Après le second tour de la présidentielle », mais l’échéance du deuxième tour des présidentielles, précipite les événements et l’assaut est décidé du fait, selon le général Vidal et Bernard Pons, ainsi que certains témoignages de gendarmes pris en otage[4], de l'impossibilité de négocier et de l'hostilité de certains des preneurs d'otages.

L'assaut de la grotte : responsabilités politiques et militaires[modifier | modifier le code]

D’après Gilles Ménage[9], alors directeur-adjoint du cabinet de François Mitterrand, cette crise est directement gérée par Matignon. Le Président, averti des tractations depuis que Legorjus a téléphoné à son camarade Christian Prouteau pour l'informer[10], exprime sa réticence quant à une opération armée dont les conséquences rendraient tout dialogue impossible par la suite. Ne voulant pas interférer dans l'action du gouvernement au risque de faire échouer les tentatives de libération des otages (la France connait alors une période de cohabitation), François Mitterrand se contente dans un premier temps d’échanges verbaux avec son Premier ministre.

Mais, le 30 avril, certains leaders indépendantistes adressent officiellement au Président une lettre relative à la situation sur place. Saisi directement, le Président de la République ne peut plus être accusé de gêner le gouvernement.

Dès le lendemain, le dimanche 1er mai, il adresse donc une lettre officielle au Premier ministre. Il réclame d’être informé régulièrement de l’évolution de la prise d’otage et qu’intervienne une réelle « mission de conciliation ». Cette dernière demande est rejetée par Jacques Chirac qui préfère réaffirmer sa confiance aux hommes dépêchés sur place. Le Premier ministre précise : « toute mesure de conciliation ou de médiation reviendrait dans ces conditions à placer sur le même plan ceux qui, dans le territoire, se conforment aux lois et ceux qui les violent ».

Dans le même temps, Bernard Pons échange, par écrit, avec le général Vidal et évoque une action de force permettant « une libération sans concession des otages ».

Le 3 mai de nouvelles informations parviennent à l’Élysée. Le gouvernement informe le Président que les conditions pour une opération militaire sont réunies. La météorologie est favorable – le vent, la pluie permettraient une approche discrète – et l’on assure au Président que les pertes kanaks seraient limitées au maximum.

Dans ces conditions, François Mitterrand donne son accord à une intervention qui doit avoir lieu en début de soirée, le 3 mai – heure de Paris ; à l’aube du 4 mai, selon l’heure de Nouvelle-Calédonie.

Quelques heures plus tard, la présidence de la République apprend l’annulation de l’opération et la communication se rompt entre l’Élysée, Matignon et les militaires sur place.

Cette décision ne sera pas sans conséquence sur la suite des événements : les conditions initialement prévues pour mener à bien l’opération ne sont plus réunies et la rumeur d’une intervention militaire est désormais sur toutes les lèvres dans l’archipel.

Alors que sont libérés, à la surprise générale, les derniers otages du Liban, l’assaut est lancé en Nouvelle-Calédonie sur la grotte. Il est 21 h à Paris. D'après Gilles Ménage, l’Élysée n’est pas tenu informé[11].

Soixante-quinze hommes participent à l'assaut[2]. Les preneurs d'otages combattent dans des postes de combat défendant l'accès de la grotte avec une mitrailleuse AA-52, des fusils et des FAMAS pris lors de l'attaque de la gendarmerie[12]. Dix-neuf des preneurs d'otages et deux militaires sont tués lors de l'assaut. L'opération permet la libération des gendarmes retenus en otages[2].

Des membres du FLNKS et d'autres indépendantistes accusent alors les forces de l'ordre d'avoir « laissé mourir volontairement » ou « exécuté sommairement » certains preneurs d’otages après l’assaut.

Les sources sur cette question exposent des versions contradictoires. Les autorités militaires ont toujours nié cette version. Suite à une enquête de commandement, Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense du gouvernement Rocard, relève « qu'aucun élément de l’enquête ne fait apparaître qu'il y a eu des exécutions sommaires » tout en évoquant des « actes contraires au devoir militaire » et « des points lui paraissant obscurs après l'évacuation d'Alphonse Dianou »[13] ».

Parmi les cas suspects, celui de Wenceslas Lavelloi, surnommé « Rambo », retrouvé mort d’une balle dans la tête et dont plusieurs témoignages semblent confirmer qu’il était encore vivant après la fin de l’assaut ; le cas d’Alphonse Dianou, chef du commando, blessé d’une balle au genou[14], laissé plusieurs heures sans soins et qui devait finalement décéder[2] ; le cas de Patrick Amossa Waina, un « porteur de thé »[15] de 18 ans qui ne faisait pas partie des preneurs d’otages, retrouvé mort d'une balle dans la tête alors qu'il était vivant à la fin de l’assaut[2] ; de Martin Haiwe qui tentait de s’enfuir avant l’attaque et de Samuel Wamo[16]. Le légiste ayant pratiqué les autopsies constatera également un nombre anormalement élevé de victimes tuées d’une balle dans la tête[17] : douze sur dix-neuf ont, en plus de multiples blessures, reçu une balle dans la tête[2]. Néanmoins d'après certains participants de l'opération interrogés par le Figaro, aucun coup de feu n'a été entendu sur zone après la fin des combats. L'officier de gendarmerie responsable des blessures subies par Alphonse Dianou (qui en est mort) a été sanctionné après l'enquête qui a suivi[18].

Selon Nidoïsh Naisseline, leader du mouvement indépendantiste Libération kanak socialiste  : « Pons et Chirac se sont conduits comme de véritables assassins. Ceux que l'on appelle les ravisseurs avaient déjà libéré dix gendarmes et attendaient que la situation politique se clarifie le 10 mai, afin de négocier. MM. Pons et Chirac ont préféré les assassiner. Ils auraient pu éviter cette boucherie, mais ont préféré échanger du sang kanak contre des bulletins de vote des amis de J.-Marie Le Pen »[19].

En 2008, Michel Rocard, qui a été le Premier ministre succédant à Jacques Chirac après les élections de 1988, déclare : « Ce que je savais moi — et que j’étais seul à savoir, je ne pouvais pas le dire aux autres délégations parce qu’il ne fallait pas que le secret sorte — c’est qu’il y avait aussi des officiers français… Enfin, au moins un et peut-être un sous-officier, on ne sait pas très bien… À la fin de l’épisode de la grotte d’Ouvéa, il y a eu des blessés kanaks et deux de ces blessés ont été achevés à coups de bottes par des militaires français, dont un officier. […] Il fallait prévoir que cela finisse par se savoir et il fallait donc prévoir que cela aussi soit garanti par l’amnistie »[20].

Conséquences politiques et sociales[modifier | modifier le code]

Deux jours plus tard, François Mitterrand est réélu président de la République. Il nomme Michel Rocard Premier ministre qui constituera une mission de dialogue chargée de renouer la discussion entre loyalistes et indépendantistes. Cette mission conduira aux accords de Matignon (26 juin 1988) et à une amnistie générale pour les preneurs d’otages et les militaires impliqués dans les morts suspectes.

Ces événements toujours très présents dans la mémoire des gens d’Ouvéa, accrurent également le malaise de la gendarmerie. Dans Le Quotidien de Paris, le , Charles Hernu, ancien ministre de la Défense et fils de gendarme, déclare : « Les gendarmes se sentent de moins en moins reconnus dans leur dignité. Après les événements de Nouvelle-Calédonie, l'opinion ne s'est pas assez rendu compte que les gendarmes avaient laissé leur vie là-bas. La nation, dans son ensemble ne s'est pas montrée suffisamment reconnaissante ».

Une cérémonie de réconciliation entre gendarmes et habitants de Gossanah eut lieu en 1998. Mais elle n'a pas eu lieu avec la population de Téouta, descendante d'immigrés de Samoa, et qui avait eu le plus de morts, ces derniers ayant participé à l'attaque de la gendarmerie alors que les hommes de Gossanah n'y étaient pas.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chanel Kapoeri, Témoignage de Chanel Kapoeri, Conseiller municipal d'Ouvéa, Attaché au cabinet du président de la Province des Iles Loyauté, secrétaire général adjoint de l'Union calédonienne, in Le Mémorial Calédonien, vol. 9, Nouméa, 1995
  • Jean Guiart, "Structure de la Chefferie en Mélanésie du Sud", le chapitre sur Ouvéa traite du contexte traditionnel des événements de la grotte, Institut d'Ethnologie, Paris 1992
  • Jean Guiart, A drama of ambiguity: Ouvea 1988-89, Journal of Pacific History, juin 1997
  • Michel Lefèvre, Ouvéa : l'histoire vraie, éditions du Rocher, 2012
  • Philippe Legorjus, La Morale et l'action, Paris, 1990
  • Cédric Michalski, L'Assaut de la grotte d'Ouvéa : Analyse juridique, Éditions L'Harmattan, Paris, 2004 (ISBN 2-7475-6467-3)
  • Michel Bernard, GIGN, le temps d'un secret, Bibliophane-Daniel Radford, Paris, 2003
  • Antonio Raluy, La Nouvelle-Calédonie. Paris, Éditions Karthala, 1990 (ISBN 2-8653-7259-6)
  • Alain Rollat et Edwy Plenel. Mourir à Ouvéa, Le tournant calédonien, Paris, 1988
  • Antoine Sanguinetti (dir. de pub.), Enquête sur Ouvéa, Études et documentation internationales, Paris, 1989
  • Henri Weill, Opération Victor, GIGN et Services Secrets dans le Pacifique, Balma, 1989
  • Général Picard, Ouvéa, quelle vérité ?, Éditions LBM, 2008
  • Gilbert Picard, L'Affaire d'Ouvéa, Le Rocher, 1988
  • Jacques Vidal, Grotte d'Ouvéa : la libération des otages, éditions Volum, 2010
  • Gilles Ménage, Convictions et responsabilité, Retour sur les événements de Nouvelle-Calédonie de mai 1988, Institut François Mitterrand, novembre 2011
  • Philippe Legorjus & Jacques Follorou, Ouvéa, la République et la morale, préface de Mathieu Kassovitz, éditions Plon, novembre 2011.
  • Le point de vue de Jean Bianconi dans GazetteInfo, 23/11/2011

Audio[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Patrick Pesnot, « 1988, la grotte d'Ouvéa », Rendez-vous avec X, 7 janvier 2012
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k David Servenay, « L'affaire de la grotte d'Ouvea, vraiment du passé ? », Rue89, 9 mai 2008.
  3. a et b Nouvelle Calédonie : opération commando du FLNKS, Journal de 20h de France 2 du 22/4/1988, archives INA.
  4. a et b « L’ordre et la morale : des anciens du GIGN démontent la version de Mathieu Kassovitz », par Roald Billebault, gazetteinfo.fr, article du samedi 19 novembre 2011, consulté le 24 novembre 2011.
  5. Une grotte dite « des guerriers », le hnapo, qui servait dans les anciens temps de refuge aux habitants d'un village en danger.
  6. Antonio Raluy, La Nouvelle-Calédonie, Paris, Éditions Karthala, 1990, p. 224.
  7. Seuls l'État d'urgence ou l'État de siège sont les assises légales qui autorisent l'armée à récupérer les pouvoirs de l'autorité civile.
  8. De nombreux témoignages évoqueront par la suite des cas de torture si ce n’est physiques au moins psychologiques (cf. Médiateurs du Pacifique, Ouvéa : autopsie d’un massacre)
  9. Gilles Ménage, Convictions et responsabilité, Retour sur les événements de Nouvelle-Calédonie de mai 1988, Institut François Mitterrand, novembre 2011
  10. Christian Prouteau, Au service du président, Michel Lafon,‎ 1999, 300 p.
  11. « Nous n’en apprendrons le lancement et la conclusion que… le lendemain matin ! Même l’AFP a été prévenue avant nous. Je précise que lorsque le général Fleury – chef de l’État major particulier du Président – réclame, dans la matinée du 5, des informations sur le déroulement de l’assaut, on lui répond dans un premier temps par une fin de non recevoir. On peut le comprendre puisque, comme on le sait, cette opération ne correspond en rien à ce qui avait été prévu. Nous en obtiendrons d’ailleurs confirmation dans les jours suivants lorsque nous parviendront les premiers rapports. Les conditions météorologiques ne sont plus les mêmes et, surtout, l’effet de surprise ne joue plus. D’ailleurs, sur place, les preneurs d’otages sont désormais plus nombreux et sur le qui-vive. Si bien que l’opération – qui devait être brève, menée essentiellement par le GIGN déjà positionné –, durera en réalité près de huit heures et engagera un fort dispositif avec de nombreux militaires des opérations spéciales venus des îles alentours afin de pouvoir atteindre la grotte désormais bien plus protégée », in Gilles Ménage, Convictions et responsabilité, Retour sur les événements de Nouvelle-Calédonie de mai 1988, Institut François Mitterrand, novembre 2011.
  12. Ouvea : la grotte, journal de France 2 de 20h du 6/5/1988, archives INA.
  13. Cité par Antonio Raluy, La Nouvelle-Calédonie, Paris, Éditions Karthala, 1990, p. 226 ; Conférence de presse de Jean-Pierre Chevènement du 30 mai 1988.
  14. Cette blessure lui aurait été là encore infligée après l’assaut.
  15. Nom donné aux habitants de Gossanah chargés de ravitailler la grotte pendant les négociations.
  16. (en) Jean Guiart, « A drama of ambiguity: Ouvea 1988-89 », Journal of Pacific History, juin 1997
  17. Elizabeth Drevillon, « Grotte d’Ouvéa : autopsie d’un massacre », 2008 (documentaire)
  18. Ouvéa : les mensonges de Kassovitz, Thierry Deransart, Le Figaro.fr, publié le 12/11/2011, consulté le 24/11/2011.
  19. Entretien avec N. Naisseline dans Témoignage chrétien, mai 1988, repris dans Charlie Hebdo, 19 juillet 2000, p. 4.
  20. David Servenay, « Nouvelle-Calédonie: l'aveu de Rocard sur l'affaire d'Ouvéa », Rue89, 19 août 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]