Prise d'otages à l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest à Stockholm

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59° 20′ 04″ N 18° 06′ 23″ E / 59.33444, 18.10639 ()

L'ambassade d'Allemagne à Stockholm en 2008.

C'est le 24 avril 1975 qu'a lieu une prise d'otages à l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest à Stockholm en Suède. Un commando de la fraction armée rouge, mouvement terroriste d'extrême-gauche originaire d'Allemagne de l'Ouest, pénètre dans les locaux avant d'en prendre le contrôle. Douze heures plus tard, une explosion vraisemblablement accidentelle met fin à la prise d'otages. Le bilan est de quatre morts : deux otages et deux terroristes. Les membres survivants du commando sont arrêtés par la police suédoise et extradés rapidement vers l'Allemagne, où ils sont condamnés à de lourdes peines.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les événements commencent à midi le jeudi 24 avril 1975, lorsque le commando Holger Meins de la fraction armée rouge investit l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest située rue Skarpögatan dans le quartier de Gärdet à Stockholm. Les membres du commando, Hanna Krabbe, Karl-Heinz Dellwo, Lutz Taufer, Bernhard Rössner, Ulrich Wessel et Siegfried Hausner prennent le personnel de l'ambassade en otage, un total de douze personnes parmi lesquelles figure l'ambassadeur Dietrich Stoecker.

L'ambassade est bientôt encerclée par la police suédoise, et des négociations sont entamées. Les terroristes exigent la libération de 26 membres[1] de la fraction armée rouge emprisonnés en Allemagne, en particulier Andreas Baader, Ulrike Meinhof, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe. Une connexion téléphonique directe avec l'ambassadeur de Suède à Bonn, Sven Backlund, est aussi exigée.

Le chancelier allemand Helmut Schmidt affirme au Premier ministre suédois Olof Palme qu'il n'est pas question de céder au chantage. Pour montrer sa détermination, Dellwo n'hésite pas à abattre deux des otages, l'attaché militaire Andreas von Mirbach et l'attaché au commerce Heinz Hillegaart[1], et menace de tuer un otage toutes les heures tant qu'il n'aura pas obtenu satisfaction. D'après les membres du commando, les négociations prennent un tour favorable. Mais à 23 h 47, une charge de TNT explose à l'intérieur de l'ambassade, de façon vraisemblablement accidentelle, mettant fin à la prise d'otages. Bien que blessés, les membres du commando tentent de fuir le bâtiment et sont immédiatement arrêtés par la police suédoise. Seul Wessel, qui est retrouvé mourant dans un couloir, manque à l'appel.

Conclusion[modifier | modifier le code]

La prise d'otages aura couté la vie à quatre personnes : l'attaché militaire von Mirbach, l'attaché au commerce Hillegaart, et deux membres du commando : Wessel et Hausner, qui succombe à ses blessures une dizaine de jours plus tard. Peu après l'explosion dans l'ambassade, Wessel est retrouvé inconscient au deuxième étage, grièvement blessé à la tête. Il est transporté à l'hôpital Sud, où il décède à 01 h 30 du matin. Grièvement brûlé, Hausner est quant à lui conduit à l'hôpital Karolinska. Extradé vers l'Allemagne, il décède le 5 juin.

Le gouvernement suédois décide, en conformité avec la législation anti-terroriste, de l'extradition immédiate des cinq membres survivants du commando (Hausner est alors toujours en vie). On estime en effet que leur présence sur le sol suédois augmente le risque d'une nouvelle action terroriste.

Le Premier ministre suédois Olof Palme affirme plus tard que la prise d'otages a connu une issue favorable, ce qui constitue une victoire pour la démocratie. Il se refuse à critiquer publiquement l'intransigeance des autorités ouest-allemandes.

Les quatre membres survivants du commando sont condamnés en Allemagne à une double peine de prison à perpétuité. Cette peine est peu à peu aménagée, et ils sont finalement libérés entre 1994 et 1996.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (sv) Johan Nordström. Terrordåd som skakat Sverige. Aftonbladet. 1er octobre 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (sv) Dan Hansén, Jens Nordqvist. Kommando Holger Meins: dramat på västtyska ambassaden och Operation Leo. Ordfront. 2005. ISBN 91-7037-092-3.