Prise d'otage

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Policiers durant un exercice de prise d'otage en 1999.

Une prise d'otage vise à retenir des personnes contre leur volonté afin, le plus souvent, de revendiquer quelque chose (la possibilité d'une évasion, des revendications politiques, etc.). Si les prises d'otages ont toujours existé dans l'histoire, le statut, l'utilité et la vision qu'on a des otages ont beaucoup évolué avec le temps[1]. Les premières prises d'otages répondant à la vision d'aujourd'hui furent menées dans les années 1920 par l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne, pour financer leurs activités et attirer l'attention internationale[2].

Histoire des preneurs d'otage[modifier | modifier le code]

Les prises d'otages ont toujours existé dans l'histoire mais ne recouvraient pas toujours une notion négative. Ainsi, la pratique des otages donnés voulait qu'un pays vaincu ou qui s'engageait à quelque chose fournisse des otages (souvent de haut rang) au vainqueur ou à celui envers qui il s'engageait (parfois un allié) comme garanties en attendant que toutes les obligations qu'il avait soient remplies[1]. Ce type d'otages s'apparente à des hôtes et ceux-ci sont bien traités, bénéficiant d'un cadre de vie semblable à celui qu'ils ont quitté[1]. Cette pratique disparaît progressivement au XVIIIème Siècle et s'éteint définitivement au XIXème.

En dehors de cette pratique, le concept de prise d'otages qu'on a dans la vision contemporaine (d'une personne qu'on retient de force pour l'utiliser comme avantage réel) a également toujours existé mais sous des formes différentes. Ainsi, au Vème Siècle av.J.C, les Spartiates faits prisonniers après la bataille de Sphactérie sont utilisés par Athènes comme otages, mais dans un seul but : priver Sparte de sa supériorité militaire en les gardant prisonniers[1].

Dans d'autres cas, les otages sont utilisés pour un but purement pécuniaire. C'est le cas de Guy de Lusignan, roi latin de Jérusalem, fait prisonnier par Saladin. Ce dernier le traita selon son rang de souverain, en attendant versement d'une rançon[1].

Enfin, d'autres buts peuvent exister à la prise d'otages, notamment la volonté de les utiliser à des fins de vengeance lors de guerres, ou comme sécurité pour éviter des attaques. Ainsi, pendant la Première Guerre mondiale, les Anglais faisaient monter des otages allemands (généralement des officiers de la marine allemande faits prisonniers) sur leurs navires de guerre pour éviter ainsi les torpillages allemands[1].

Aux XIXème et XXème Siècles , la théorie des prises d'otages aussi bien que les buts qu'on veut en tirer vont beaucoup se transformer.[1] L'otage (retenu de façon contrainte) devient un moyen de pression dans un but précis (exigences pécuniaires, idéologiques, de vengeance, etc..). Son avenir n'est pas forcément garanti,[3] et son statut se limite à une monnaie d'échange.[4]

Tactiques des preneurs d'otage[modifier | modifier le code]

Les preneurs d'otages peuvent avoir pour objectif de demander la libération de prisonniers amis ou alliés. La prise d'otage est souvent accompagnée de menace de mort si les revendications ne sont pas satisfaites, mais les otages sont parfois libérés sain et sauf même en cas de non-respect des revendications.

Dans les cas les plus graves, ce n'est pas la police qui intervient, mais l'armée.

En France, c'est le GIGN ou la Force d'intervention de la police nationale qui intervient. Comme dans la plupart des pays développés, les prises d'otages sont résolues par des négociateurs dans plus de 80 % des cas. Dans ce pays, chaque unité d'intervention dispose d'un négociateur qui lui est propre. La force n'est utilisée qu'en dernier recours, après échec des négociations ou lorsque le négociateur estime que la situation présente un risque inacceptable pour les otages.

Aux États-Unis c'est le FBI ou le SWAT qui intervient dans la majorité des cas. En Russie, c'est généralement le FSB qui intervient.

L’aspect psychologique[modifier | modifier le code]

Dans une prise d'otage il y a deux configurations possibles pour les otages

  • La première qui est la plus étrange, c'est que les otages acceptent la cause du preneur d'otage : c'est le Syndrome de Stockholm
  • La deuxième c'est que les otages sont traumatisés (quand leur âge leur permet de comprendre la situation) à vie et marqués à jamais dans leur esprit. Il y a aussi une modification du système de valeur et de croyance de la personne. Par exemple, des gens qui avaient la foi vont la voir ébranlée[5]. Des pathologies peuvent se déclencher juste après la libération comme par exemple la dépression, stress permanent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Quelques prises d'otage[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurence Dreyfus et Béatrice Casanova, Chroniques d'une prise d'otages, Flammarion, 1997, 161 p. (ISBN 2-08-067340-8)
  • Gérard A. Jaeger, Prises d'otages : de l'enlèvement des Sabines à l'affaire Betancourt (préface d'Hervé Morin), L'Archipel, Paris, 2008, 285 p. (ISBN 978-2-8098-0121-7)
  • Bernard Meunier, De la prise d'otage à la scène de ménage : la négociation de crise comme contexte de communication. Cadrage théorique et étude de cas, Mission Spéciale Productions, Les Échelles (France), 2005, 120 p. (ISBN 9782916357034)

Notes et références[modifier | modifier le code]