Principauté du Pinde et Voïvodie de la Macédoine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Principauté du Pinde et Voïvodie de la Macédoine
Πριγκιπάτο της Πίνδου
Printsipat di la Pind
Principato del Pindo

1941 – 1943

Drapeau
Informations générales
Statut Principauté fictive, Protectorat du Royaume d'Italie
Capitale Metsovo
Histoire et événements
1941 Création
1944 Dissolution

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Principauté du Pinde et Voïvodie de la Macédoine a été un état fictif et auto-proclamé, non reconnu officiellement et non accepté par la population locale, créé sous l'occupation italienne en Macédoine grecque, de décembre 1941 à octobre 1943.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'existence en Macédoine d'une minorité aroumaine (dite valaque) a été utilisée, pendant les Guerres balkaniques, la Seconde Guerre mondiale et la Guerre civile grecque (1944-1949), par les Ottomans, les Italiens et les communistes pour tenter de rallier à leurs causes les minorités latinophones locales. Bien que chacun de ces belligérants ait eu quelques partisans (Apostolos Margaritis en 1912, Alcibiades Diamandis en 1941, Dimitrios Vlahov en 1945), la population aroumaine dans son ensemble a refusé de cautionner ces positions et a préféré se rallier solennellement à l’Elleniki ethniki koinonia (communauté nationale grecque)[1].

Dans le contexte de l'occupation de la Grèce, en jaune : la "Principauté du Pinde" revendiquée entre 1941-1943 par Alcibiades Diamandis et Gyula Cseszneky. Cet "état" n'a jamais eu d'existence réelle sur le terrain et ses frontières n'ont jamais été clairement définies.

Événements[modifier | modifier le code]

Pendant l'occupation de la Grèce par les forces de l'Axe, les autorités italiennes se laissèrent convaincre par un groupe d'aventuriers baptisé « Légion romaine » et mené par Alcibiades Diamandis, de Samarina[2], lui-même influencé par les idées de la Garde de fer roumaine, de créer une Principauté valaque ou Principauté du Pinde qui devait correspondre à la région peuplée par la minorité aroumaine en Macédoine occidentale, plus quelques arrondissements environnants d'Épire, de Macédoine centrale et de Thessalie.

La Roumanie finançait, depuis 1913, les écoles aroumaines, tout en tentant de substituer la langue daco-roumaine à l'aroumain (considéré comme dialectal). Après 1938, ce réseau scolaire a été partiellement infiltré par des instituteurs sympathisants de la Garde de fer, qui ont tenté d'embrigader les Aroumains. Début 1941, le régime d'Antonescu (qui venait de rompre avec la Garde de fer et d'emprisonner ses membres) s'est opposé à l'entreprise de Diamandi et rejeta ses offres de service. La Roumanie cessa dès lors tout financement. Diamandi, qui s'était entre-temps auto-proclamé voïvode sous le nom d'Alkiviadis Ier (Alcibiade), a « régné » de 1941 à 1943, avec l'adjonction d'un autre titre, généreusement donné par une faction de l'ORIM (Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne), celui de « duc de Macédoine ». Le retrait de la guerre de l'Italie mit fin à l'expérience, qualifiée au sein même de la communauté de « sinistre pantalonnade ».

En 1943, alors que l'occupant allemand se substitue à l'occupant italien, un autre aventurier, le baron hongrois Gyula Cseszneky reprit les titres de Diamandi, dans des circonstances à éclaircir, suivi un an plus tard par son frère Miklos, sans pour autant qu'ils aient jamais mis les pieds dans leur « voïvodat et duché ». Les descendants de ce dernier n'utilisent aucun de ces deux titres.

Suites[modifier | modifier le code]

Lors de la Guerre civile grecque, les régions où vivent les minorités aroumaines ont été sous administration communiste, et Dimitrios Vlahov promit alors aux Aroumains la création d'une « région autonome » sur le modèle soviétique, la nouvelle Roumanie socialiste devant reprendre le financement des écoles locales.

À la suite de ces épisodes, les autorités grecques ont refusé toute reconnaissance politique et tout droit spécifique à la minorité aroumaine, et les dirigeants locaux de cette communauté ont pris soin d'éviter toute revendication de ce type pour ne pas être accusés de séparatisme. Les écoles aroumaines, qui n'ont plus été financées par la Roumanie après 1945, ont été intégrées dans l'enseignement national grec. Seule l'expression de la spécificité culturelle est tolérée, conformément aux règles de l'Union européenne. La plupart des Aroumains, de toute manière, n'en demandent pas plus.

Chefs d'État[modifier | modifier le code]

  • 1941-1942 : prince Alcibiade Ier
  • 1943  : régent Nicolas Ier
  • 1943  : voïvode Jules Ier

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (el) Ευάγγελος Aβέρωφ-Τοσίτσας, Η πολιτική πλευρά του Κουτσοβλαχικού ζητήματος, Τρίκαλα, Ίδρυμα Ευαγγέλου Αβέρωφ-Τοσίτσα,‎ 1992, 238 p. (ISBN 960-85143-5-5)
  • Evanghelos Avéroff (préf. Maurice Druon), Terre des Grecs, Paris, Stock,‎ 1968, 340 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Pierre Sintès, École française d'Athènes
  2. Village du nome de Grevena, dans le Pinde, à la limite de l'Épire