Prieuré de Sion

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Le Prieuré de Sion est le nom donné à plusieurs groupes, à la fois réels et fictifs, notamment à une organisation fondée en France en 1956 par Pierre Plantard. Dans une série de documents tapés à la machine à écrire et déposés à la Bibliothèque nationale au milieu des années 1960, intitulés Dossiers secrets d'Henri Lobineau, Pierre Plantard présente le Prieuré comme une confrérie remontant à 1099, liée à l'ordre du Temple en France. Cependant, de nombreux universitaires et spécialistes ont démontré l’inauthenticité de ces derniers[1]. Néanmoins, de nombreux théoriciens de la conspiration persistent à croire que le Prieuré de Sion est une organisation obscure qui protège un secret capable de faire s'écrouler l'Église catholique. Cette thèse est celle proposée par Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh dans leur livre L'Énigme sacrée publié en 1982 et dont de nombreux éléments ont été repris par Dan Brown dans son best-seller intitulé Da Vinci Code.

Polémique autour de Pierre Plantard[modifier | modifier le code]

Selon les documents déposés par Pierre Plantard à la Bibliothèque nationale de France dans les années 1960 intitulés "archives du Prieuré de Sion", le Prieuré de Sion serait une organisation secrète prestigieuse fondée en 1099 à l'issue de la Première croisade, qui aurait compté parmi ses membres un grand nombre de personnages qui figurent parmi les plus illustres de l’histoire et de la civilisation occidentale comme Guillaume de Chanaleilles (1153-1154), Sandro Botticelli (1483-1510), Leonardo da Vinci (1452-1519), Charles III (Duc de Bourbon-Montpensier) (1519-1527), Isaac Newton (1691-1727), Victor Hugo (1802-1885), Claude Debussy (1885-1918) ou encore Jean Cocteau (1918-1963). En 1993 Pierre Plantard admit cependant que cette liste n'était que le fruit de son imagination.

Toujours selon ces dossiers secrets, le Prieuré de Sion comprenait 1 093 membres, structurés en sept niveaux. À mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie, le nombre des membres se divise par trois, jusqu'à la charge de nautonier, exercée par une personne seule.

De nos jours, le Prieuré de Sion a une existence « officielle », mais bien moins mystérieuse et ésotérique : il s'agit d'une association loi de 1901 fondée le 7 mai 1956 par Pierre Plantard (secrétaire général), André Bonhomme (président), Jean Deleaval (vice-président), Armand Defago (trésorier) et dont les statuts sont déposés à la sous-préfecture de Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie). Elle prend pour sous-titre l'acronyme CIRCUIT (Chevalerie d'institution et règle catholique et d'union indépendante traditionaliste) et comme emblème un coq blanc. Plantard, accusé de fraude devant la justice française en 1992 a déclaré qu'il s'agissait d'une supercherie qui était censée le mettre sur le trône de France en tant que descendant des Mérovingiens.

Le 27 décembre 2002, un communiqué fut publié sur du papier à en-tête officiel, annonçant publiquement la réactivation de la société. Le message était signé de Gino Sandri, ancien secrétaire particulier de Pierre Plantard, sous le titre de secrétaire général, et d'une femme anonyme, censée être le nouveau nautonier. Cependant,certains experts y virent un coup publicitaire.

L'Énigme sacrée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : L'Énigme sacrée.

L'Énigme sacrée (The Holy Blood and the Holy Grail, « La Sainte Lignée et le Saint Graal ») publié en 1982 par Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh, trois journalistes britanniques, présentent le Prieuré comme un regroupement d'organisations secrètes telles que les templiers, les Rose-Croix ou encore les francs-maçons. Dans cet essai, la dynastie mérovingienne quant à elle descendrait directement de Jésus et de Marie Madeleine. Dans cette optique, la mission du Prieuré serait donc de cacher l'existence de cette « sainte lignée ». Les trois coauteurs établirent un lien entre cette mission et le thème du Graal, traditionnellement associé aux Templiers et déclarent que le « Graal » est une métaphore qui désignerait cette descendance supposée du Christ.

Littérature[modifier | modifier le code]

Umberto Eco, dans son roman de 1988 Le Pendule de Foucault, montre son point de vue sur la question en illustrant un système d’association sans preuve qui aurait permis le fondement de la société secrète.

Dans la série de romans historiques Les Enfants du Graal (1991 à 1997) de Peter Berling, le Prieuré de Sion y protège les deux héros, Roç et Yesa, qui y sont présentés comme des descendants de Jésus. Elle met aussi en scène Guillaume de Gisors et Marie de Saint-Clair, deux des grands maîtres de la société.

Dan Brown, quant à lui, a repris tous ces thèmes pour construire l'intrigue de son Da Vinci Code. La trame de ce roman s'appuie en réalité sur l'histoire de l'abbé Saunière de Rennes-le-Château. Autour de la relation entre Jésus-Christ et Marie Madeleine, sur laquelle le roman de Dan Brown décline son énigme, se greffe le Prieuré de Sion. La société secrète est ici présentée comme une des clefs de voûte de la descendance de Jésus-Christ. Cette fiction navigue ainsi entre vérité et parfum de complot et dans laquelle Léonard de Vinci, le Saint Graal, les templiers, les cathares et les francs-maçons viennent s'ajouter.

Jean-Paul Bourre a repris le thème du Prieuré de Sion dans un thriller politico-occultiste intitulé, L'Élu du serpent rouge (éditions Les Belles Lettres) : Patrice Villard (alias François de Grossouvre) est le grand maître du Prieuré de Sion et responsable des Chasses présidentielles (couverture lui permettant d'être un des conseillers occultes du Président François Mitterrand). On voit apparaître un certain Gillis archiviste de l'Ordre de Dieu. Différentes sociétés secrètes ou discrètes vont se disputer un mystérieux manuscrit intitulé « Le serpent rouge ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Bourre, L'Élu du Serpent rouge, Les Belles Lettres, 2004, 303 pages. (ouvrage consacré à Rennes-le-château avec une étude approfondie sur Pierre Plantard et le Prieuré de Sion.)
  • Dan Brown, The Da Vinci Code, édition originale, Doubleday, 2003, (ISBN 0385504209) ; Da Vinci Code, éd. française chez Jean-Claude Lattès, 2004 (ISBN 2709624931), édition illustrée (ISBN 2709626934).
  • Jean-Pierre Garcia, Rennes-le-Château, le secret dans l'art ou L'art du secret, 2008
  • Laurent Buchholtzer, Octonovo, Rennes-le-château, une affaire paradoxale, L'Œil du Sphinx, 2008.
  • Massimo Introvigne, Les Illuminés et le Prieuré de Sion, traduction Antoine Ofenbauer, Editions Xénia, Vevey, CH. avec un résumé sur le site du CESNUR [1]
  • Jean Robin, Les Sociétés secrètes au rendez-vous de l'Apocalypse, Guy Trédaniel éditeur, 1985, 390 p. (seconde partie).
  • Luis Miguel Martinez Otero, El Priorato de Sión, Obelisco, 2004 (ISBN 84-9777-093-5)
  • Don Rosa, Une lettre de la maison, Egmont, 34 p, 2004, où les antagonistes font partie du Prieuré. (ouvrage de fiction faisant une référence au Prieuré de Sion)
  • Richard Bordes, "Les Mérovingiens à Rennes-le-Château, mythe ou réalité", Philippe Schrauben Editeur, 1984.

Articles connexes[modifier | modifier le code]