Prieuré d'Oignies

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Ancien prieuré de Saint-Nicolas d'Oignies
Cour intérieure de l'ancien prieuré
Cour intérieure de l'ancien prieuré

Ordre anciennement Augustins
Fondation 1192
Fermeture 1796
Fondateur Gilles de Walcourt
Personnes liées Hugo d'Oignies
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1975, no 52074-CLT-0001-01)
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Commune Aiseau-Presles
Hameau Oignies
Coordonnées 50° 25′ 30″ N 4° 35′ 59″ E / 50.424882, 4.59982850° 25′ 30″ Nord 4° 35′ 59″ Est / 50.424882, 4.599828  

Géolocalisation sur la carte : Hainaut

(Voir situation sur carte : Hainaut)
Ancien prieuré de Saint-Nicolas d'Oignies

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Ancien prieuré de Saint-Nicolas d'Oignies

L’ancien prieuré d’Oignies, souvent qualifié d’abbaye d’Oignies se trouve dans le hameau belge d’Oignies, en bord de Sambre, dans la commune actuelle d’Aiseau-Presles, près de Charleroi (Région wallonne). Ce prieuré, composé de chanoines augustins à partir de 1192, fut supprimé dans les années qui suivirent la Révolution française, en 1796.

Origine[modifier | modifier le code]

Quatre frères venus de Walcourt s’installent, avec leur mère veuve, en 1187 près d’une ancienne chapelle Saint-Nicolas, en bord de Sambre[1]. Des quatre frères, trois sont prêtres : Gilles, Robert et Jean. Le quatrième est Hugues. Resté laïc il deviendra un orfèvre de grand renom et sera connu plus tard sous le nom d’Hugo d’Oignies.

Vivant de manière religieuse ils adoptent la règle de Saint-Augustin et en 1192 leur prieuré (Saint-Nicolas d’Oignies)[1] est officiellement reconnu par l’ordre des chanoines de Saint-Augustin. Gilles de Walcourt en est le premier prieur.

Leur mère dirige une communauté de béguines dans le voisinage du prieuré. En 1207 elle y reçoit comme béguine une « Marie de Nivelle » cherchant la solitude. Grande mystique favorisée de grâces spirituelles exceptionnelles, Marie meurt à Oignies en 1213. La dévotion populaire la canonisera ; elle est connue, liturgiquement, comme sainte Marie d’Oignies. Le béguinage disparaît au XIVe siècle.

Brève histoire[modifier | modifier le code]

Le prieuré se développe et devient un monastère augustin florissant, même si entre les XIIIe et XVIe siècles il connaît plusieurs incendies et la fureur destructrice de troupes de passages, lors des guerres qui ravagent les Pays-Bas méridionaux. Les chanoines s’occupent de nombreuses paroisses des environs (dont Moignelée) comme le demande leur vocation canoniale.

En 1559, lors de la réorganisation ecclésiastique des Pays-Bas méridionaux le prieuré de l’église Saint-Nicolas passe du diocèse (et principauté) de Liège au diocèse de Namur, nouvellement établi.

La dévotion populaire attire beaucoup de pèlerins qui visitent Oignies, pour vénérer les reliques de sainte Marie d’Oignies. Les bâtiments médiévaux sont remplacés par d’autres qui seront constamment réaménagés. Le monastère est à son apogée au XVIIe siècle, ce qui permet la reconstruction de certains bâtiments en style néo-classique.

Suppression et fin[modifier | modifier le code]

En 1796 les chanoines sont expulsés. Comme d’autres monastères les biens fonciers du prieuré sont parcellés et vendus comme biens publics. Jean François Pierlot, en religion: frère Grégoire, originaire de Soignies, fut le 42e et dernier prieur de l'abbaye. Après la révolution, certains religieux restèrent néanmoins au couvent jusqu'en 1808[2].

Les bâtiments au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1836, le nouveau propriétaire démolit cloître et église dont les mobiliers sont dispersés. On en retrouve une partie dans les églises paroissiales des environs, à Saint-Christophe (Charleroi) ou Saint-Martin (Ragnies). Une belle statue de la Vierge d’époque médiévale a abouti au Metropolitian Museum de New York.

À partir de 1838, et pendant plus d’un siècle le site sera occupé par la glacerie Saint-Marie d’Oignies qui dispose des lieux suivant ses besoins. Des logements ouvriers sont aménagés dans les bâtiments du prieuré. En 1956 la glacerie ferme. Les bâtiments industriels sont démolis et les autres transformés en logements sociaux pour une société de charbonnages voisine.

Un incendie en 1973 ajoute à la dégradation des lieux. Un classement du site au patrimoine wallon (en 1975) ne change pas grand-chose à la situation. Ce n’est qu’en 1987, lorsque des particuliers rachètent ce qui reste du prieuré et qu’une association des Amis de l’abbaye d’Oignies est créée, qu’un renouveau se dessine. Une restauration des lieux est encore en cours. C’est la dénomination de cette association qui a diffusé l’idée que le prieuré était une abbaye.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Patrimoine monumental de Belgique, tome 20, p. 43
  2. François Toussaint, Histoire du monastère d'Oignies, de l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, Vve F.-J. Douxfils (Namur), 1880

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 20 : Wallonie, Hainaut, Arrondissement de Charleroi, Liège, Pierre Mardaga, éditeur,‎ 1994, 602 p. (ISBN 2-87009-588-0, lire en ligne)
  • Jean Fichefet : Histoire du prieuré et béguinage d'Oignies, Aiseau, 1977.
    L’ouvrage de Monsieur Fichefet comprend plusieurs erreurs historiques[réf. souhaitée] et doit être lu avec beaucoup de prudence ; Monsieur Fichefet n’était pas historien.