Première maison de Bourbon

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La première maison de Bourbon est celle des seigneurs primitifs de Bourbon (aujourd'hui Bourbon-l'Archambault), éteinte dans les mâles en 1171.

Blason de la première maison de Bourbon

La seigneurie ou « sirerie » de Bourbon est devenue en 1272, par alliance, un bien d'une branche cadette la maison royale de France. Elle est à l'origine de l'ancienne province française du Bourbonnais.

Le premier seigneur de Bourbon[modifier | modifier le code]

Aymar ou Adhémar est le premier seigneur de Bourbon connu de cette maison, cité en 913[1] quand le roi Charles le Simple, lui octroya en récompense de sa fidélité plusieurs terres situées en Berry, en Auvergne et dans l'Autunois.

Aymar était vassal du comte d'Auvergne pour la viguerie de Deneuvre (vicaria Denobrensis), actuellement Châtel-de-Neuvre, viguerie importante pour sa localisation à l'extrême-nord du comté d'Auvergne, faisant face au Berry et à l'Autunois. On considère que cette viguerie contenait les terres situées entre Châtel-de-Neuvre, Marigny et Neuvy[2].

Il fit don en 915 de l'alleu de Souvigny à l'abbaye de Cluny. Par cette acte, il faisait probablement un acte politique en donnant sa villa à l'abbaye fondée en 909 par son suzerain[3].

Il est cité dans un autre acte, fait à Autun en 918, quand il ajouta au prieuré de Souvigny un bien situé à Lusigny.

Adhémar fit son testament en 923 ; dans ce testament, daté « de son château de Moulins au territoire d'Autun », il parle de son aïeul le comte Aymar et de son père Nibilonge et y institue Aymon, son fils aîné, héritier de tous ses biens, à l'exception de dotations foncières moins importantes à ses puînés.

Il eut trois fils avec sa femme Hermengarde : Aymon Ier, son successeur, ainsi que Dagobert et Archambaud, sans postérité connue. L'authenticité des actes de 918 et 923 est néanmoins plus que contestable, car l'acte de 923 parle de son château de Moulins ; or, il n'existait pas encore de château à Moulins, il parle également de Saint-Vincent de Chantelle qui ne sera fondé que treize ans après[2].

Les sires de Bourbon[modifier | modifier le code]

Le fils d'Aimard, Aymon Ier, essaie de récupérer les terres concédées au prieuré de Souvigny, mais se rend finalement compte qu'il est de son intérêt d'entretenir de bons rapports avec les moines de Cluny, aussi leur cède-t-il une parcelle supplémentaire à Longvé (à Bressolles) en 953[4]. Aimon possédait alors les vigueries de Deneuvre et de Bourbon en raison pour la première de son héritage paternel, et pour la seconde selon l'écrit de 953 qui est rédigé dans le château de Bourbon[5].

Il est le premier seigneur de Bourbon, car c'est lui qui possède pour la première fois dans cette lignée le château de Bourbon. On ne sait pas pas si ce bien est acquis par les armes ou par mariage[6]. Avec l'acquisition de ce château, les sires de Bourbon devenaient les seigneurs les plus puissants entre le Cher et l'Allier[7]. Durant les premiers temps, la croissance de l'influence des sires de Bourbon sera dépendante de celle du prieuré de Souvigny et vice-versa[2].

Le fils d'Aimon Ier, Archambaud Ier le Franc, qui succède à son père en 954, puis son fils Archambault II étendent leur territoire tout en soutenant les moines. La chronique de Vézelay relate une guerre déclenchée en 990 entre Archambault II et Landri de Nevers entre la Loire et l'Allier[7]. Archambault II, en 1024 ou 1025, fait don en présence de sa femme Ermengarde et de ses enfants Archambaud, Alfuin, Gérard et Aimon de la chapelle de la Faye et du lieu nommé Les Champs. Sa femme Ermengarde fait don de Saint-Maurice (Autry-Issards) et de la Ferté (La Ferté-Hauterive).

Entre 1061 et 1070, Archambault III dit Archambaud du Montet fait don du monastère du Colombier après avoir chassé les brigands qui s'y trouvaient. Archambaud IV est décrit comme une personne sans scrupules qui pillait les biens du clergé. En 1078, il part combattre les religieux d'Évaux (Évaux-les-Bains). Il entre en conflit avec saint Hugues, abbé de Cluny, qui convoque un concile à Charlieu pour discuter de la question. Il fut sensible à une menace d'excommunication, se réconcilia avec les moines et eut même le droit d'être enseveli dans Souvigny[7],[2].

À la mort d'Archambault V, son fils, Archambault VI n'est qu'un enfant et son oncle, Aimon II dit "Vaire Vache", en profite pour accaparer la seigneurie. Le fils d'Aimon II, Archambault VII, épouse Agnès de Savoie, belle-sœur du roi Louis VI. Ils ont une fille, Mathilde (ou Mahaud), dernière de cette famille.

Blason de la première maison de Bourbon

Généalogie[modifier | modifier le code]

Chevalier Aymar ou Adhémar de Bourbon (cité en 913)
x Ermangarde 
│
┊
Aymon Ier, sire de Bourbon († v. 980)
x ..
│
├──Archambaud Ier le Franc, sire de Bourbon († v. 1031-1034)
│  x Rothilde
│  │
│  ├──Archambaud II le Vieux, sire de Bourbon ou parfois comte de Bourbonnais[8] († v. 1054)
│  │  x 1 ..
│  │  x 2 Agnès
│  │  │
│  │  ╰──Archambaud III le Jeune, sire de Bourbon († 1078)
│  │     │  
│  │     ╰──Archambaud IV le Fort, sire de Bourbon († 1095)
│  │        │
│  │        ├──Archambaud V le Pieux, sire de Bourbon († 1096)
│  │        │  │
│  │        │  ╰──Archambaud VI, sire de Bourbon († 1097)
│  │        │
│  │        ╰──Aymon II Vaire-Vache, sire de Bourbon († 1120)
│  │           │
│  │           ╰──Archambaud VII, sire de Bourbon († 1171)
│  │              │
│  │              ╰──Archambaud de Bourbon († 1169)
│  │                 │
│  │                 ╰──Mahaut Ire, dame de Bourbon († 1218)
│  │                    x Guy de Dampierre, maréchal de Champagne († 1216)
│  │
│  ├── Aymon de Bourbon, archevêque de Bourges de 1050 à 1070.
│  │
│  ╰── Albuin de Bourbon
│
╰── Gérard

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Grand cartulaire de Cluny A, fol. 82, publié par dom Jean Mabillon, Annalecta ordinis Sancti Benedicti, vol. III, p. 85 ; et dans Gallia christiana nova, t. II, in Instrumenta, col. 377.
  2. a, b, c et d Léon Cote, Moines et Ducs à Souvigny.
  3. Association Souvigny Grand Site, Souvigny. Bénédictins et Bourbons de saint Mayeul à nos jours.
  4. Léon Cote, op. cit.
  5. René Germain, Les sires de Bourbon et le pouvoir de la seigneurie à la principauté.
  6. Association Souvigny Grand Site, op. cit.
  7. a, b et c René Germain op. cit.
  8. Charte de 1048, in : Dom Mabillon, Annalecta ordinis sancti Benedicti, livre 58, $ 24.

Voir aussi[modifier | modifier le code]