Première guerre civile centrafricaine

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Première guerre civile centrafricaine
La ville de Birao après le conflit, mars 2007.
La ville de Birao après le conflit, mars 2007.
Informations générales
Date 2004-2007
Lieu Centrafrique
Issue Accords de paix
Belligérants
UFDR
APRD
CPJP
MLCJ
Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
Drapeau du Tchad Tchad
Drapeau des Nations unies MINURCAT
Commandants
Michel Djotodia (UFDR[1], GAPLC[2])
Abakar Sabon (MLCJ[2])
Justin Hassane (FDC[2])
Drapeau de la République centrafricaine François Bozizé
Drapeau des Nations unies José Victor da Silva Ângelo
Forces en présence
plus de 300 rebelles 4 500 soldats
Batailles
Première guerre civile centrafricaine (2004-2007)

Deuxième guerre civile centrafricaine (2012-2013)
1er Bangui

Troisième guerre civile centrafricaine (2013-)
Bouca · Gaga · Bouar · Massacre de Bouar · Incendie de Camp Bangui · Massacre de Boali · 2e Bangui · Bossangoa · Opération Sangaris · Bozoum · Massacre de Bohong · Massacre de Bossembélé‎ · Massacre de Bossemptélé · Massacre de Baoro · Boali · 1er Grimari · 2e Grimari · Batangafo

La première guerre civile centrafricaine[3] commence avec la rébellion de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), dirigée par Michel Djotodia, après que François Bozizé s'est emparé du pouvoir par un coup d'État en 2003. Toutefois, le conflit commence véritablement en 2004[4]. Cette guerre civile pourrait être liée au conflit au Darfour au Soudan voisin. Près de 10 000 personnes ont été déplacées en raison des violences selon Human Rights Watch[1].

L'UFDR dispose de plusieurs alliés : le Groupe d'action patriotique pour la libération de Centrafrique (GAPLC), le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), et le Front démocratique centrafricain (FDC). Un accord de paix fut signé avec le gouvernement en avril 2007.

Chronologie du conflit[modifier | modifier le code]

2004 : début de la guerre civile[modifier | modifier le code]

En novembre 2004, au moins 20 personnes sont tuées lors d'un raid rebelle sur la ville de Birao dans le nord-est de la République centrafricaine[4].

2006 : intensification des combats[modifier | modifier le code]

Rebelle armé d'un AK-47 dans le nord de la Centrafrique, 15 juin 2007.

Des milliers de personnes défilent dans la capitale de la RCA, Bangui, le 8 novembre et appellent les troupes gouvernementales à se confronter à l'UFDR après qu'une attaque ait provoqué la mort de 20 membres du gouvernement et 3 rebelles[5]. Il a également été confirmé que l'UFDR s'est emparé de plusieurs véhicules blindés, y compris un avion de transport du matériel militaire qui a atterri à Birao[5].

Le 13 novembre 2006, les rebelles de l'UFDR prennent le contrôle de Sam-Ouandja, une ville située dans le nord de la RCA[6]. À peine trois jours plus tard, Ouadda est également capturée par les rebelles. Lorsque les 20 000 habitants de la ville ont appris que l'UFDR allait s'emparer de la ville, entre 5 000 et 10 000 personnes ont fui dans les villes voisines de Bambari et Bangui[7]. L'UFDR envisagerait également de capturer Bria et des rumeurs soutiennent également que les rebelles pourraient lancer une offensive sur Ndélé[5].

L'intervention de l'Armée de l'air française le 14 novembre 2006 à Birao a mis un frein à l'avancée des rebelles[8] sur la ville et entrainé des négociations entre les parties en présence, sous l'égide sécuritaire de l'armée tchadienne et d'une force africaine internationale mandaté par l'ONU est autorisées par la République centrafricaine à se déployer dans la ville. Depuis la fin de 2006, l'armée française entretient une petite garnison d'une vingtaine d'hommes à Birao[9].

En décembre 2006, les troupes tchadiennes attaquent le village de Bémal, tirant au hasard sur la population locale et dérobant leur bétail ainsi que outils agricoles et des sacs d'arachides[10].

2007-2012 : Accords de paix[modifier | modifier le code]

De nouveaux de violents combats détruisent la ville de Birao en mars 2007 jusqu'à l'intervention de la 13e demi-brigade de Légion étrangère soutenue par des Mirage F1.

Le 13 avril 2007, un accord de paix est signé entre le gouvernement et l'UFDR à Birao. Celui-ci prévoit une amnistie pour l'UFDR, sa reconnaissance en tant que parti politique et l'intégration de ses combattants dans l'armée[11].

Des négociations complémentaires ont par ailleurs abouti à un accord en 2008 pour une réconciliation nationale, un gouvernement d'union nationale et la planification d'élections locales en 2009 ainsi que des élections parlementaires et présidentielles en 2010[12]; le nouveau gouvernement a été formé en janvier 2009[13].

Le 15 novembre 2010, Birao repasse sous le contrôle de l'armée centrafricaine mais est immédiatement reprise par les rebelles de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP)[14]. Le 1er décembre 2010, l'armée tchadienne réintervient une nouvelle fois pour reprendre la ville aux rebelles au nom du gouvernement centrafricain[15],[16].

Reprise des combats en 2012-2013[modifier | modifier le code]

La coalition rebelle de Séléka, formée par des membres de la Convention des patriotes pour le salut du Kodro (CPSK), de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), de l’UFDR, et du Front démocratique du peuple centrafricain et dirigée par Michel Am Nondokro Djotodia[17], a repris les armes le 10 décembre 2012 et conquis un certain nombre de villes au nord, au centre et à l'est du pays (dont Bria, Bambari, Ouadda, Ndélé, Batangafo, et Kaga-Bandoro le 25 décembre[18],[19]), afin selon ses porte-paroles « de faire respecter les accords de paix[20]». Le 21 décembre des combats ont lieu à Kabo à l'est. Le 26, les rebelles sont à Damara, dernière ville clé avant Bangui[18].

Le 23 mars 2013, les rebelles de la coalition Séléka annoncent avoir franchi le PK 12 (point kilométrique 12), marquant l'entrée dans Bangui, prennent le palais présidentiel entraînant la fuite du président François Bozizé pour la République démocratique du Congo[21],[22]. Michel Djotodia, chef de la rébellion, s'autoproclame président de la République[23]. Ils prennent aussi possession de la cathédrale Notre-Dame de Bangui, un de leurs objectifs[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Central African Republic: Concern As Civilians Flee, Government Denies Rebel Capture of Third Town, AllAfrica, 13 novembre 2006
  2. a, b et c (en) Central African Republic: Rebels Call for Dialogue After Capturing Key Town, allAfrica, 2 novembre 2006
  3. (en) Central African Republic (the) Feature - Bush war leaves Central African villages deserted, Reuters, 30 août 2007
  4. a et b (en) Raid on CAR town 'leaves 20 dead', BBC News, 23 novembre 2004
  5. a, b et c (en) Central African Republic: Rebels Claim Seizure of Second Town, allAfrica, 10 novembre 2006
  6. (en) Central African rebels claim capture of third town, SudanTribune, 12 novembre 2006
  7. (en) Central African Republic: Concerns Over Food Availability As Rebels Advance, AllAfrica, 16 novembre 2006
  8. (en) France renders last minute support to Central African Republic sur Afrol news le 14 novembre 2006.
  9. Patrick Pesnot, Les dessous de la Françafrique, Nouveau Monde Editions,‎ 2008, p. 161
  10. (en) Abuses by Chadian Forces, Human Rights Watch, consulté le 2 février 2012
  11. (en) Central African Republic, rebels sign peace deal, USATODAY, 13 avril 2007
  12. (en) CAR president dissolves government, vows unity, TaipeiTimes, 20 janvier 2009
  13. (en) Touadera names rebels in new Central African Republic govt, AFP, 19 janvier 2009
  14. (fr) Centrafrique: attaque rebelle sur Birao dépêche AFP du 24 novembre 2010.
  15. (fr) Les autorités centrafricaines affirment avoir repris la ville de Birao sur Radio France international le 27 novembre 2010.
  16. (fr) Centrafrique: l'armée tchadienne a bombardé Birao pour Bangui (rébellion) dépêche AFP le 28 novembre 2010.
  17. Duel entre François Bozizé et Michel Am Nondokro Djotodia, leader de Séléka sur Jeune Afrique le 24 décembre 2012.
  18. a et b Centrafrique: Bangui sous la menace des rebelles dans Le Figaro du 27 décembre 2012.
  19. La France n'est pas en Centrafrique pour y protéger «un régime» dans Libération du 27 décembre 2012.
  20. Centrafrique : les rebelles du Séléka sont aux portes de la capitale dans L'Humanité le 26 décembre 2012
  21. « Centrafrique : les rebelles sont à Bangui », Le Figaro,‎ 23 mars 2013 (lire en ligne).
  22. Centrafrique: le président Bozizé s'est enfui vers le Congo dépêche AFP du 24 mars 2013.
  23. Centrafrique: Michel Djotodia déclare être le nouveau président de la République centrafricaine., RFI, 24 mars 2013
  24. Centrafrique: Les chrétiens seraient harcelés par des militants islamiques

Liens externes[modifier | modifier le code]

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