Première bataille de Saint-Albans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Alban.
Première bataille de Saint-Albans
Plan de la bataille.
Plan de la bataille.
Informations générales
Date 22 mai 1455
Lieu St Albans (Hertfordshire)
Issue Victoire yorkiste
Belligérants
Yorkshire rose.svg

Maison d'York
Lancashire rose.svg

Maison de Lancastre
Commandants
Richard d'York
Richard Neville père
Richard Neville fils
Humphrey Stafford
Edmond Beaufort
Henry Percy
Thomas Clifford (en)
Thomas de Courtenay (en)
Forces en présence
3 000 hommes 2 000 hommes
Pertes
environ 300
Guerre des Deux-Roses
Coordonnées 51° 44′ 55″ N 0° 20′ 20″ E / 51.7487, 0.339 ()51° 44′ 55″ Nord 0° 20′ 20″ Est / 51.7487, 0.339 ()  

Géolocalisation sur la carte : Angleterre

(Voir situation sur carte : Angleterre)
 Différences entre dessin et blasonnement : Première bataille de Saint-Albans.

La première bataille de Saint-Albans se déroule le 22 mai 1455. C'est le premier affrontement de la guerre des Deux-Roses, et elle se solde par une victoire du parti yorkiste.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1455, le protectorat exercé par le duc d'York Richard sur le roi Henri VI prend fin, et le duc de Somerset Edmond Beaufort est remis en liberté. Le parti de la cour (Lancastre) persuade le roi de réunir un grand conseil à Leicester en mai. Pour York et son principal allié, le comte de Salisbury Richard Neville, ce conseil est un piège : ils sont persuadés que Beaufort a convaincu le roi de les éliminer. Pour reprendre le pouvoir, ils doivent contrôler la personne du roi et éliminer Beaufort. La solution évidente est un coup de force armé. Étant donné l'incompétence militaire notoire de Beaufort, une petite force est jugée suffisante pour tendre une embuscade au convoi royal en route pour Leicester. Ce plan est particulièrement séduisant pour Neville, car l'ennemi juré de sa famille, le comte de Northumberland Henry Percy, figure dans l'escorte royale.

Le 21 mai, le roi et Somerset quittent Westminster à la tête d'un convoi d'environ 2 000 hommes. Ils remontent Watling Street en direction de St Albans, où plusieurs magnats doivent les rejoindre avec leurs troupes. Peu après leur départ, Henri reçoit des lettres du duc d'York et des Neville, qui se plaignent d'avoir été convoqués à Leicester en raison des mensonges de leurs ennemis, et annoncent avoir dû lever des hommes pour leur protection. Le convoi royal poursuit sa route, sans se douter qu'il se dirige tout droit dans un piège, et s'arrête pour la nuit à Watford.

Vers 7 heures du matin le 22 mai, la présence des troupes d'York arrive aux oreilles du convoi royal. Henri convoque un conseil durant lequel il retire le commandement des troupes à Beaufort au profit du vieux duc de Buckingham Humphrey Stafford, qui est le beau-frère du duc d'York et du comte de Salisbury[1].

Les deux armées arrivent à St Albans vers 9 heures du matin. Le roi s'établit sur la place du marché, tandis que ses troupes, sous le commandement du duc de Somerset, du comte de Northumberland et de Lord Clifford (en), prennent position dans les rues qui y conduisent depuis l'est, bloquées par des barricades[2]. Face à eux se trouve l'armée yorkiste, dont les ailes sont commandées par le duc d'York et le comte de Salisbury. Au centre du dispositif, le comte de Warwick Richard Neville, jeune fils du comte de Salisbury, doit leur servir de soutien.

La bataille[modifier | modifier le code]

Les troupes d'York et de Salisbury lancent l'attaque sur les barricades de Sopwell Lane et Shropshire Lane vers 10 heures du matin. L'assaut initial surprend les Lancastre, qui s'attendaient à une résolution pacifique de la crise, mais ils tiennent bon et, malgré l'infériorité numérique, infligent de lourdes pertes à leurs adversaires.

Le comte de Warwick, resté jusqu'alors en retrait, s'élance à son tour à l'attaque et parvient à transpercer les lignes de défense ennemies au cri de « À Warwick ! À Warwick ! »[3]. Cette intervention décisive permet aux Yorkistes de contourner les défenseurs des barricades, qui s'enfuient en nombre, et leur ouvre le chemin jusqu'à la place du marché. Les derniers Lancastre se rassemblent sur autour du roi, mais se débandent rapidement lorsque les archers yorkistes les prennent pour cibles, et leurs chefs sont tués ou faits prisonniers en tentant de s'enfuir. Le roi lui-même est éraflé au cou par une flèche[4].

Conséquences[modifier | modifier le code]

La bataille fait de nombreuses victimes dans le camp Lancastre : Somerset, Northumberland et Clifford sont tués, tandis que le duc de Buckingham et les comtes de Devon, Dorset et Pembroke sont blessés et faits prisonniers[4],[5]. Conduit à l'abbaye de Saint-Albans, le roi Henri accorde son pardon aux chefs yorkistes, et rentre avec eux à Londres dès le lendemain. Le duc d'York gouverne dès lors le pays au nom du roi, et reçoit le titre de protecteur du royaume en novembre[6].

La bataille de Saint-Albans figure à la fin de la deuxième partie de la trilogie dramatique Henri VI de William Shakespeare.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hicks 2010, p. 108
  2. Goodman 1981, p. 22
  3. Hicks 2010, p. 35
  4. a et b Goodman 1981, p. 24
  5. Hicks 2010, p. 110
  6. Hicks 2010, p. 114

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Andrew Boardman, The First Battle of St Albans, Tempus,‎ 2006 (ISBN 0-7524-2983-3).
  • (en) Anthony Goodman, The Wars of the Roses:Military Activity and English Society, 1452-97, Routledge & Kegan Paul,‎ 1981, p. 22
  • (en) Michael Hicks, The Wars of the Roses, Yale University Press,‎ 2010
  • (en) Alexander Rose, Kings in the North: The House of Percy in British History, Phoenix / Orion Books,‎ 2002 (ISBN 1-84212-485-4).
  • (en) Alison Weir, Lancaster and York: The Wars of the Roses, Pimlico,‎ 1998 (ISBN 0-7126-6674-5).