Prélude à l'après-midi d'un faune

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Nijinski pour L'Après-midi d'un faune, dessiné par Léon Bakst

Le Prélude à l'après-midi d'un faune, sous-titré églogue pour orchestre d'après Stéphane Mallarmé, est une œuvre symphonique de Claude Debussy, composée entre 1892 et 1894[1].

L'œuvre est créée le 22 décembre 1894 par l'Orchestre de la Société nationale de musique à Paris[2]. La direction en fut confiée au compositeur et chef d'orchestre suisse Gustave Doret[2] et le solo de flûte interprété par Georges Barrère (1876-1944).

Debussy écrit dans le programme imprimé : « La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. Elle ne prétend nullement à une synthèse de celui-ci. Ce sont plutôt des décors successifs à travers lesquels se meuvent les désirs et les rêves d'un faune dans la chaleur de cet après-midi. Puis, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, il se laisse aller au soleil enivrant, rempli de songes enfin réalisés, de possession totale dans l'universelle nature. »

La formation comporte trois flûtes, deux hautbois, un cor anglais, deux clarinettes, deux bassons, quatre cors, deux harpes, deux crotales (ou cymbales antiques) et la section de cordes, soit les deux sections de violons, les altos, les violoncelles et les contrebasses.

C'est une des œuvres les plus connues de Debussy[1], dont le succès fut immédiat, et qui constitue le plus bel exemple de la musique impressionniste. Elle a été transcrite pour de nombreuses formations instrumentales, la plus jouée étant sans-doute la réduction pour flute (ou violon) et piano due à Gustave Samazeuilh.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Thème principal au début du Prélude à l'après-midi d'un faune de Claude Debussy

L'œuvre, qui compte 110 mesures, est inspirée du poème L'Après-midi d'un faune de Stéphane Mallarmé, qui est lui-même composé de 110 alexandrins.

Adaptations chorégraphiques[modifier | modifier le code]

Sous le nom de L'Après-midi d'un faune, en 1912, Vaslav Nijinski, avec les Ballets russes de Serge de Diaghilev, crée sur ce Prélude une chorégraphie qui révolutionne la pratique du moment de la danse.

Jérome Robbins reprend à son tour la musique de Debussy dans Afternoon of a faun en 1953. L'argument du ballet est le suivant: un jeune danseur s'échauffe dans un studio de danse lorsque survient une danseuse qui fait de même. Une rencontre se fait...

En 2006, la chorégraphe de danse contemporaine Anne Teresa De Keersmaeker utilise le prélude de Debussy comme base de sa pièce D'un soir un jour, faisant également des allusions à la création de Nijinski.

Le poème de Mallarmé[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hendrik Lücke : Mallarmé - Debussy. Eine vergleichende Studie zur Kunstanschauung am Beispiel von „L'Après-midi d'un Faune“. Studien zur Musikwissenschaft, Bd. 4. Hamburg 2005, (ISBN 3-8300-1685-9).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 391
  2. a et b Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 1, Les Hommes et leurs œuvres. A-K, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-0401-0721-5), p. 261