Préhistoire de la France

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La Préhistoire de la France est la période comprise entre les premières occupations des hominines du territoire actuel de la France jusqu'à la conquête romaine lorsque le territoire entre dans le domaine de l'histoire écrite.

Situé à l'extrémité nord-ouest du continent eurasien, ce territoire a abrité divers peuples et cultures.

Plusieurs points de vue coexistent au sein de la communauté scientifique concernant la date du début du peuplement du territoire français. Pour certains auteurs, minoritaires, il est antérieur à 1 million d'années BP[1]. Pour d'autres, il n'est avéré qu'à partir de 600 000 ans BP. L'homme de Néandertal est présent à partir d'environ 200 000 ans BP. Il est l'auteur des premières sépultures humaines. Homo sapiens succède à ce dernier à partir de 35 000 ans BP. Il est l'auteur d'un art pariétal et mobilier des plus riches en Europe avec le nord de la Péninsule Ibérique. Durant toute cette période, les hommes connaissent plusieurs phases de glaciation et d'interglaciaires.

L'agriculture et l'élevage, impliquant la sédentarisation, sont apportés par deux courants migratoires venus de l'est ; le Cardial et le Rubané vers le VIe millénaire av. J.-C.. Les premiers mégalithes s'érigent dans le courant du IVe millénaire av. J.-C.. Se succèdent ensuite, entre autres, les cultures proto-celtiques de l'Âge du fer du Hallstatt puis de La Tène. Au IIe siècle av. J.-C., les romains désignent ce territoire comme la Gaule et le conquièrent vers -50.

La recherche en préhistoire dans le territoire français est très ancienne et a bénéficié des travaux novateurs de grands chercheurs comme Jacques Boucher de Perthes, Jean-Baptiste Noulet, Henri Breuil, François Bordes et André Leroi-Gourhan.

Paléolithique[modifier | modifier le code]

Biface Acheuléen du site éponyme de Saint-Acheul.

Tout le Paléolithique est compris dans l'époque géologique du Pléistocène, caractérisé par de longs stades glaciaires avec régression marine coupés par des stades interglaciaires, plus cléments. Les populations humaines sont constituées de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Plusieurs espèces d'hommes se succèdent sur le territoire actuel de la France jusqu'à l'arrivée de l'homme moderne au Paléolithique supérieur.

Paléolithique inférieur[modifier | modifier le code]

Le Paléolithique inférieur débute en France avec les premières incursions d'Homo erectus/Homo antecessor (Lézignan-La-Cèbe). Des ossements d'Homo heidelbergensis ont également été mis au jour à la Caune de l'Arago (Homme de Tautavel).

Aux premières industries lithiques à galets aménagés succède l'Acheuléen. Cette industrie doit son nom au site français de Saint-Acheul et comprend des bifaces et des hachereaux. Les principaux sites archéologiques français de cette période sont la Caune de l'Arago, Terra Amata et Menez Dregan. Ce dernier abrite l'une des plus anciennes évidences de foyers aménagés connues au monde, datant d'environ 500 000 ans. Il a livré une industrie nommée Colombanien, qui s'étendrait autour de la Péninsule armoricaine[2]. Le Clactonien est une industrie définie par Henri Breuil. Il la considérait comme contemporaine de l'Acheuléen en Europe du nord-ouest. Ne présentant pas de bifaces, elle est désormais plutôt considérée comme un faciès particulier de l'Acheuléen et a perdu toute signification culturelle en France.

Paléolithique moyen[modifier | modifier le code]

La principale culture du Paléolithique moyen en Europe et au Moyen-Orient est le Moustérien, dont le site éponyme est Le Moustier (Dordogne). En France, elle est l'œuvre des Néandertaliens. Ces derniers ont évolué à partir d'une forme primitive dont on retrouve quelques traces, les pré ou proto-Néandertaliens, qui auraient eux-mêmes évolué en Europe à partir d'Homo heidelbergensis et d'autres hominines du Paléolithique inférieur européen.

Le Moustérien a été divisé en plusieurs faciès technologiques (Moustérien de type Quina, Moustérien de Tradition Acheuléenne, etc.) dont les interprétations sont nombreuses et controversées. Le Moustérien est marqué par la généralisation d'une innovation technique dans les méthodes de débitages de la pierre avec la méthode Levallois, nommée d'après les industries lithiques de Levallois-Perret. François Bordes et d'autres auteurs l'ont définie comme une méthode de débitage caractérisée par une préparation préalable du nucléus impliquant une prédétermination de l'éclat recherché. Ces définitions ont été développées par Éric Boëda pour inclure les modalités récurrentes permettant le débitage de plusieurs éclats Levallois prédéterminés successifs aux dépens d'un même nucléus préparé.

Les premières sépultures néandertaliennes identifiées ont été découvertes à La Chapelle-aux-Saints en 1908 puis à La Ferrassie en 1909[3]. Elles ont apporté des arguments majeurs concernant la capacité des Néandertaliens a développer des croyances métaphysiques[4],[5], conférant à cette espèce une forme d'humanité alors qu'on lui prêtait jusqu'alors volontiers des caractères plutôt simiesques[6].

Paléolithique supérieur[modifier | modifier le code]

Le Paléolithique supérieur en France débute avec le Châtelperronien, du nom du site français de Châtelperron. Présente surtout dans le sud-ouest de la France, cette industrie est généralement attribuée aux derniers Néandertaliens même si l'association Châtelperronien / homme de Néandertal est contestée par certains auteurs. Le Châtelperronien est caractérisé par les premiers éléments de parure européens ainsi que par le développement de l'industrie sur matière dure animale (os, bois), selon certains sous l'influence des Homo sapiens venus du Proche-Orient et porteurs de l'Aurignacien. Celui-ci s'étend sur le territoire à partir de l'Europe centrale. Son site éponyme est la grotte d'Aurignac. Les Néandertaliens disparaissent du territoire actuel de la France aux alentours de 35 000 ans BP. En France, l'Aurignacien est caractérisé par l'une des plus anciennes grottes ornées au monde, la grotte Chauvet. Datée d'environ 31 000 ans BP, son dispositif pariétal témoigne d'une importante maîtrise technique et artistique, brisant les idées jusqu'alors établies d'une évolution linéaire de l'art paléolithique depuis des expressions abstraites jusqu'au réalisme.

À l'Aurignacien succède le Gravettien à partir de 29 000 ans BP. Alors qu'il s'étend sur toute l'Europe, il doit aussi son nom à un site français, La Gravette (Bayac, Dordogne). Le Gravettien est surtout connu pour la généralisation des statuette anthropomorphes dites « Vénus paléolithiques », bien que quelques exemples de ce type de représentation féminine apparaissent dès l'Aurignacien. En France, la fameuse Dame de Brassempouy est attribuée au Gravettien.

Feuille de laurier solutréenne

Le Solutréen, dont le site éponyme est la Roche de Solutré (Bourgogne), apparaît aux alentours de 22 000 ans BP et est présent dans la zone franco-cantabrique. Toutefois, le nord de la France est inhabité puisqu'on se retrouve là en plein maximum glaciaire. Les sites solutréens les plus septentrionaux se trouvent dans le sud du bassin parisien et en Mayenne. Cette culture est caractérisée par des éléments lithiques d'une étonnante finesse comme les feuilles de laurier. L'aiguille à chas et le propulseur sont deux innovations majeures de cette période.

Le Badegoulien apparaît vers 18 000 ans BP et sa zone de répartition est à peine plus étendue que celle du Solutréen[7].

Le Magdalénien apparaît vers 17 000 ans BP. Il est marqué par l'utilisation du harpon, la généralisation du propulseur ainsi que de l'art figuratif sur les outils en matières dures animales. L'art magdalénien est en général caractérisé par son grand réalisme avec une attention portée sur le rendu du mouvement. La Grotte de Font-de-Gaume est un exemple de site magdalénien célèbre pour son art pariétal.

Mésolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mésolithique.

Néolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Néolithique.

Chalcolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chalcolithique .

Âge du bronze[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du bronze.

Âge du fer[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du fer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • * Bulletin de la Société préhistorique française publié sans interruption depuis 1904, c'est la plus importante revue de Préhistoire française avec des articles originaux de Préhistoire, du Paléolithique au premier âge du fer.(En ligne : 890 numéros accessibles en 2012, soit 8627 contributions pour les années 1904-2007)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bonifay, E. (2002) - Les premiers peuplements de l'Europe, La Maison des Roches, 127 p.
  2. Anne Gebhardt, Bernard Hallegouet, Stéphan Hinguant, Jean-Laurent Monnier, 1992 - Le gisement Paléolithique inférieur de Ménez-Drégan 1 (Plouhinec, Finistère). Bulletin de la Société Préhistorique Française, 89, 3, pp. 77-81
  3. Nougier L.-R., 1963, La préhistoire : essai de paléosociologie religieuse. Paris : Bloud & Gay : 43-44
  4. Binant P., 1991 - Les sépultures du Paléolithique. Paris : Errance
  5. Collectif, 1976 - Sépultures néandertaliennes. CNRS
  6. Postel B., 2008 - « Néandertal et la mort », Archéologia n°458 : 6-11
  7. Le Badegoulien était auparavant appelé Magdalénien ancien ; toutefois les dernières recherches ont conduit à donner à ce que l'on pensait être une phase ancienne du Magdalénien une appellation propre.