Poveglia

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Poveglia
Panorama de Poveglia
Panorama de Poveglia
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Localisation Lagune de Venise (mer Méditerranée)
Coordonnées 45° 22′ 50″ N 12° 19′ 56″ E / 45.3806, 12.33222 ()45° 22′ 50″ N 12° 19′ 56″ E / 45.3806, 12.33222 ()  
Point culminant 2 m
Géologie artificialisé
Administration
Région Vénétie
Province Venise
Autres informations
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : Lagune de Venise

(Voir situation sur carte : Lagune de Venise)
Poveglia
Poveglia

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Poveglia
Poveglia
Îles d'Italie

Poveglia est une petite île située dans la lagune de Venise en Italie, entre la ville de Venise et la dune de Lido.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette île était autrefois appelé "Popilia" ou "Dei Pioppi" (des peupliers) probablement en raison de sa végétation.

Selon Pompeo Molmenti dans la seconde moitié du IXème siècle, l’île a été peuplée par environ deux cents familles de Venise : ils étaient les serviteurs du doge Pietro Tradonico, tué en 864 à la suite d’un complot de nobles vénitien. Ils se barricadèrent dans le Palais des Doges jusqu’à ce qu’on leur assure la vie sauve et une terre où s’installer. Orso Partecipazio, le successeur du doge assassiné, leur accorda l’île et un certain nombre de privilèges.

En Juin 1305 Tolberto da Camino, Iacopo Ricco, Guido Avogaro et Pirolino de’ Costantini, ambassadeurs de Gerardo et Rizzardo da Camino et de la commune de Trévise, demandèrent au Doge de Venise que leurs soient livrés certains coupables de "machination", contre Da Camino et la municipalité de Trévise. Le Doge leur a répondu qu’il était désolé, mais qu’il ne pouvait pas les "livrer comme des étrangers, mais qu’il les avait déjà fait arrêter à Poveglia où ils seraient jugés.

En moins d’un siècle, la communauté de Poveglia s’agrandit : plus de huit cents maisons furent construites et l’île était riche en vignobles et marais salants. En 1378 elle était devenue une république autonome gouvernée par un Gastaldo ducale et dix-sept Consiglieri.

Dans les premiers siècles, la justice à Poveglia était administrée par un intendant (gastaldo) qui en référait au Palazzo Ducale.

Compte tenu de l’importance prise par la population de île, le 30 Décembre 1339, par une résolution du Grand Conseil, on chargea le Podestà de rendre la justice, et on élu Pietro Lando, podestà de Poveglia.

Le nouveau podestà avait compétence sur Malamocco, Pellestrina et Pastene. Chaque lundi il devait aller à Malamocco et un autre jour de la semaine à Pellestrina. Mais comme le voyage à Pellestrina était long et désagréable en hiver, il a été décidé en octobre 1341 d’y suspendre. Le podestà était élu pour un an, et cet homme âgé entre 20 et 50 ans était assisté par un notaire et quatre famuli.

En plus des juridictions civile et juridique, il devait assurer la protection du fragile équilibre environnemental, veiller à l’état des vignes, et faire entretenir les quai et les les rives. Il était également chargé de veiller à la régularité des entrées dans la ville, Poveglia étant le point de passage obligé pour se rendre alors à Venise.

En septembre 1375, notamment, il fit coincer des habitants de Chioggia qui transportaient de nuit  à Venise, du vin de contrebande.

Le déclin commença après 1379 à cause de la guerre de Chioggia. La population a considérablement diminuée, mais ceux qui sont restés sur l’île n’ont jamais été privés de leurs anciens privilèges, comme l’exemption de taxes.

Au XVIIIème siècle deux lois furent promulguées pour que les navires dont on soupçonnait la peste à bord puissent rester en quarantaine devant Poveglia.

19 août 1750, not. 34 c.30t “Permettendo circostanze del tempo e dell’acqua, obbligato ammiraglio Malamocco condur bastimenti in una sol volta al loro luogo: li provenienti da luoghi infetti in Fisolo, quelli di minor sospetto in Poveglia [...]

2 décembre 1771, not. 41 c. 153t  “Con li metodi prescritti da terminazione 5 febbraio 1760, tradur debbano bastimenti soggetti a contumacia di giorni 40 nel Canal di Poveglia, li soggetti a giorni 28 in quello de’ Marani” En 1777, l’île est passée sous la juridiction du Magistrato di Sanità.

Les navires, leurs équipages et passagers ne venaient pas directement au Lido, mais empruntaient le canale di Poveglia et le Teson, et transitaient par Poveglia, où le grand bâtiment servait de stockage. En 1793, on y isola un équipage d’une "tartarella idriotta infetta di peste" mais on n’enregistra aucun mort de la peste. Dans le rapport d’un ingénieur daté du 20 avril 1842, on peut lire que "Le Lazaret de Poveglia a été progressivement amené à cet usage, avec la construction de bâtiments spacieux avec des conditions impérieuses pour la santé..."  de nouveaux puits sont construit pour éviter toute contamination possible (avec un seul puits).

Au cours du XIXe siècle, l’île a été transformée en une maison de repos de la santé maritime, usage maintenu jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.

À une époque, il y avait sur une église dédiée à San Vitale, qui possédait un crucifix célèbre, aujourd’hui conservé dans l’église de Malamocco, et un tableau de Titien, mais elle a été fermée en 1806 et plus tard détruite. Il n’en reste plus que le campanile pointu qui a été transformé en phare quand l’île a servi pour mettre les navires en quarantaine.

Au siècle dernier, Poveglia devint une maison de convalescence et de repos pour les personnes âgées jusqu’à ce que, en 1968, elle a été abandonnée définitivement.

Aucun article de journal rapporte que des médecins se soient suicidés sur l’île de Poveglia en se jetant du haut du campanile. Mais les articles des journaux de l’époque et les archives de Venise ne recèlent aucun évènement qui aurait pu expliquer les fantaisies reportées dans les légendes qui courent sur l’île.

De nombreuses légendes urbaines ont été propagées sur cette îles par des chasseurs de fantômes anglo-saxons, ces rumeurs n'ont aucun fondement historique :

"Poveglia jouit d’un passé peu enviable et est considérée, pour certains, comme un endroit réputé pour des phénomènes paranormaux[1]. À l’époque de l’Empire romain, l’île fut utilisée pour isoler des milliers de victimes de la peste et à trois reprises lorsque la peste noire s'est répandue à travers l’Europe. L’île fut en effet un lieu de sépulture des victimes de cette terrible maladie : un moyen jugé efficace pour séparer les gens atteints de ceux dits en santé. Il y a lieu de croire que plus de 160 000 personnes seraient mortes sur cette île tout au long de son histoire.

En 1922, un hôpital psychiatrique fut bâti sur l’île. Il y avait des rumeurs persistantes à l’effet que des patients, après leur arrivée, voyaient des esprits tourmentés, victimes de la peste. Le médecin résident enquêta sur ces phénomènes en conduisant des lobotomies et des expériences médicales. D’après des témoignages, celui-ci aurait été victime des mêmes phénomènes et se suicida en se jetant du clocher de l’hôpital. Après ces incidents, l’hôpital fut abandonné et demeure inhabité depuis.

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle était très occupée par les soldats et fut le lieu où l'on y déposa les cadavres de victimes."

Tout cela n'est que légendes, l’île n’a pas été utilisé comme mouroir lors des grandes pestes comme cela s’est produit au Lazzaretto Vecchio et au Lazzaretto Nuovo, n’a jamais été utilisée comme hôpital psychiatrique à la manière de San Clemente et San Servolo … la seule malédiction de l’île de Poveglia est celle de son abandon par les hommes.

Aujourd'hui, l’île est utilisée pour l’agriculture (surtout la viticulture) et n’est pas accessible aux touristes[2].

En 2014, le gouvernement italien annonce son intention de s'en séparer et l'isola de Poveglia est mise en vente aux enchères pour une durée de 99 ans. Pour éviter que ce lieu historique devienne un repaire pour les plus fortunés de la planète, les vénitiens ont créé une association pour tenter de remporter les enchères; Chacun peut apporter 99 €uros pour avoir sa part dans l'avenir de l'île avec Poveglia per Tutti[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) 'World's most haunted island' up for auction, Tom Kington, The Daily Telegraph, 15 avril 2014.
  2. The Spookiest Places, Christina Valhouli , Forbes, 28 octobre 2004.

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