Pouvoir des pyramides

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'espace pyramidal du musée d'Okanoyama est utilisé comme salle de méditation[1].

Le pouvoir des pyramides se réfère à de prétendues propriétés surnaturelles ou paranormales des pyramides d'Égypte antiques et des objets de forme similaire. Ces propriétés sont l'une des nombreuses théories pseudo-scientifiques au sujet des pyramides, théories désignées collectivement sous le nom de pyramidologie.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Les parapsychologues Patrick Flanagan[2] et Max Toth[3] s'attribuent la paternité du terme « pouvoir des pyramides » dans le titre de leurs livres publiés au milieu des années 1970. Cela conduit l'éditeur de Flanagan, jaloux des ventes du livre de son concurrent, à intenter un procès contre celui de Toth pour violation de copyright, procès qui conclut que les titres de livres ne sont pas soumis au copyright[4].

Découvertes des pouvoirs[modifier | modifier le code]

Une légende veut qu'un certain nommé Alfred Bovis ait fait en 1930 la curieuse découverte de cadavres de chats, rats et autres petits animaux dans la chambre du roi de la grande pyramide, animaux probablement morts après s'être perdus dans les galeries de la pyramide et y avoir erré. Or ces animaux dans la chambre relativement humide étaient desséchés alors que ceux dans les galeries étaient décomposés. Bovis en conclut aussitôt que les proportions et l'orientation de la pyramide conféraient à cette dernière des propriétés extraordinaires telle que la momification naturelle[5]. Cette histoire légendaire est relatée pour la première fois dans l'ouvrage Psychic Discoveries Behind the Iron Curtain (1970) des auteurs de paranormal Sheila Ostrander et Lynn Schroeder[6]. En réalité, Alfred Bovis (12 janvier 1871 - 13 novembre 1947), quincailler niçois, n'a jamais été en Égypte mais s'est appuyé sur l'ouvrage La Science mystérieuse des pharaons (1923) de l'abbé Théophile Moreux, directeur de l’observatoire de Bourges, pour réaliser ses expériences de radiesthésie sur des maquettes en carton de la pyramide de Khéops : introduisant un petit morceau de viande au tiers de sa hauteur (lieu de la Chambre du Roi) et un autre à l'extérieur, le premier se momifie tandis que le second pourrit selon Bovis[7].

D'autres théories sans fondement scientifique (comme le montrent les tests de la Toronto Society for Psychical Research)[8] prétendent que tout objet en forme de pyramide (simple armature ou objet plein dans lequel on place un élément ou un organisme dont on veut modifier les propriétés), orienté comme la pyramide de Khéops et quel que soit son matériau[9], peut accélérer la germination des graines ou stimuler la croissance des plantes[10], donner à l'eau du robinet un goût d'eau de source, avoir de nombreuses vertus curatives[11], rehausser les saveurs naturelles, redonner un lustre aux vieux bijoux, faciliter la méditation et la relaxation[12]. Le prétendu pouvoir le plus connu des pyramides, outre celui de la momification, est d'aiguiser une lame de rasoir. L'ingénieur électronicien tchécoslovaque Karel Drbal, après avoir répété depuis 1949 les expériences de Bovis, dépose en 1959 son brevet n° 91 304 des « Pyramides de Drbal » au Bureau des inventions de Prague : ses pyramides de Khéops en modèle réduit à base de styrène sont, selon lui, des systèmes aiguiseurs de lames de rasoir (accessoirement de tout outil de coutellerie)[13],[4].

Le prétendu pouvoir curatif et relaxant des pyramides est utilisé par Duke Lanfre, français qui possède la société Pyramid Products, pour commercialiser de nombreux produits en forme de pyramide, notamment 238 000 « tentes pyramides de Khéops » (Cheops Pyramid Tents) vendues en 1975[4].

Ces théories pseudo-scientifiques à tendance New Age trouvent de nombreux échos dans la littérature ésotérique. Donnant pour explication la concentration dans la pyramide d'un champ d'ondes de forme généré par l'énergie cosmique, elles ne reposent sur aucun fondement scientifique[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Botond Bognár, The Japan guide, Princeton Architectural Press,‎ 1996, p. 223
  2. (en) G. Patrick Flanagan, Beyond Pyramid Power, DeVorss,‎ 1975
  3. (en) Max Toth, Greg Nielsen, Pyramid Power, Warner Books,‎ 1976
  4. a, b et c (en) Daniel Loxton, « A Conversation with Max Toth », sur Skeptic.com,‎ décembre 2005
  5. analyse critique de cette théorie
  6. Sheila Ostrander, Fantastiques recherches parapsychiques en U.R.S.S, Robert Laffont,‎ 1978
  7. Michel Moine et Jean louis Degaudenzi, Guide de géobiologie, Bartillat Editeur,‎ 1993, 291 p.
  8. (en) Allen Alter, « The pyramid and food dehydration », New Horizons, vol. 1, no 2,‎ 1973
  9. À l'exception des matériaux non magnétiques.
  10. (en) Bill Schul, Ed Pettit, The psychic power of pyramids, Fawcett Publications,‎ 1976, 224 p.
  11. Uri Geller a fait construire une pyramide en verre dans son jardin à cet effet. Photo de la pyramide d'Uri Geller.
  12. Anne Jaeger-Nosal, Les chercheurs d'eau : Sourciers et géobiologues. Une enquête ethnologique, Georg editeur,‎ 1999, p. 207
  13. Une pyramide … brevetée !
  14. Annie Hasch, Le pouvoir des pyramides, Marabout,‎ 1998, 146 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]