Poussière (À la croisée des mondes)

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La Poussière est une particule mystérieuse et essentielle mentionnée dans la série À la croisée des mondes (His Dark Materials) de Philip Pullman.

Description[modifier | modifier le code]

La Poussière est dans les romans une forme de matière sombre, une particule élémentaire dont l'importance est fondamentale. Elle est invisible à l’œil nu, elle peut être visualisée grâce à des instruments, comme le miroir d'ambre ou un film spécial de photogramme, alors que certaines créatures, comme les Mulefas, sont capables de la voir de leurs propres yeux.

Contrairement aux particules ordinaires, la Poussière est consciente. Elle tombe du ciel (elle vient de l'espace) et est attirée par les êtres vivants intelligents (pas par les animaux) ainsi que les objets fabriqués. Ces spécificités retiennent l'attention du Magisterium, qui pense qu'elle est la manifestation du Péché originel, bien que le lecteur apprenne plus tard que la Poussière véhicule la conscience, la connaissance et la sagesse, et que la Poussière se forme lorsque la matière devient consciente d'elle-même. Dans la pièce de théâtre et le film adaptés des romans, la Poussière représente la vie et l'énergie vitale. Puisque pour le Magisterium, la Connaissance (donc la Poussière) est la cause du Péché, il emploie de nombreux moyens afin de la détruire. Cependant, étant donné qu'il ignore la vraie nature de la Poussière, il manque de visualiser toutes les répercutions que son élimination aurait : cela marquerait la fin de la conscience.

Elle est aussi le « lien » qui unit un humain à son dæmon (manifestation physique de l'âme sous la forme d'un animal). La Poussière est plus attirée par les adultes que les enfants, ceux-ci n'ayant pas encore une conscience du monde qui les entoure (la forme définitive prise par leur dæmon à la puberté déclenche l'intérêt de la Poussière pour l'humain en question, étant donné qu'il devient mature et donc plus « sage » et plus « conscient »).

C'est la Poussière qui alimente l'aléthiomètre de Lyra Belacqua, ainsi que le système I Ching et l'ordinateur de Mary Malone.

Elle est présente dans les différents mondes explorés, et est parfois appelée « Ombres » ou « particules de Rusakov », alors que les Mulefas l'appellent « sraf ». Les Anges sont des êtres intelligents formés de Poussière (leur forme résulte de sa condensation).

Elle est décrite comme « semblable à un immense nuage de créatures minuscules flottant au vent. De prime abord, elles semblaient dériver au hasard, comme les particules de poussière dans les rayons du soleil, ou des molécules dans un verre d'eau » (Le Miroir d'ambre).

Origine[modifier | modifier le code]

Dans Les Royaumes du Nord, Lord Asriel explique l'origine du terme Poussière, tiré de la version alternative de la Bible dans le Monde de Lyra : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » (Genèse 3:19).

Symbolisme[modifier | modifier le code]

À la croisée des mondes est largement reconnue comme étant une œuvre antireligieuse, et plus particulièrement antichrétienne. Beaucoup d'éléments antireligieux sont explicites, mais la plupart sont implicites, couverts par le symbolisme que Pullman a largement utilisé, grâce aux métaphores, allégories, personnifications, etc. La narration allégorique symbolise d'autres évènements et œuvres, dont les principales sont Le Monde de Narnia de C. S. Lewis, Le Paradis perdu de John Milton, ainsi que le conflit entre Charles Darwin et l’Église chrétienne.

Concepts similaires[modifier | modifier le code]

Le fait de relier la matière noire avec l'esprit (dans le sens d'une particule consciente) offre une solution spirituelle à la quête ayant pour but de combiner la physique quantique avec la relativité générale, populairement connue sous le nom de la théorie du tout (Theory of everything). De nombreux ouvrages de science-fiction font allusion à ses implications spirituelles, comme Que sait-on vraiment de la réalité !? (film) ou Le Tao de la physique (livre de Fritjof Capra).

Dans À la croisée des mondes, Pullman intègre des explications scientifiques sur la matière noire et la physique quantique avec des implications poétiques et théologiques sur la nature de l'univers et le rôle que la conscience a dans celle-ci. Ce comportement est appelé « mysticisme quantique ».

À l'instar d'Einstein dont les théories de la relativité proposent un lien entre la matière et l'énergie, et qui ont bouleversé notre compréhension de l'univers comme un tout, Pullman imagine un schéma intellectuel qui incorpore la spiritualité et la conscience comme la pièce manquante qui connecte le chercheur en physique quantique à son expérience.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]