Potez 840

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Potez 842
Rôle Transport de passagers
Constructeur Drapeau : France Potez
Équipage 3
Premier vol 29 avril 1961
Dimensions
Longueur 15,89 m
Envergure 19,60 m
Hauteur 5,19 m
Aire alaire 35,0 m²
Masse et capacité d'emport
Max. à vide 5,43 t
Max. au décollage 8,9 t
Passagers 18
Motorisation
Moteurs 4 × Turboméca Astazou
Puissance unitaire 477 kW
(640 ch)
Performances
Vitesse de croisière maximale 500 km/h
Vitesse maximale 500 km/h
Autonomie 3 000 km
Plafond 8 000 m
Vitesse ascensionnelle 10,5[1] m/s

Le Potez 840 était un avion quadrimoteur français monoplan destiné au transport de 18 passagers. Il fut le dernier appareil à porter le nom Potez.

Développement[modifier | modifier le code]

Le Potez 840 se présentait comme un monoplan à aile basse cantilever de construction métallique doté d’un train d’atterrissage tricycle rentrant. Il pouvait emporter un équipage de trois personnes tandis que la cabine accueillait 18 passagers. L’appareil était propulsé par quatre turbopropulseurs Turboméca Astazou II développant 440 ch (328 kW), montés sur le bord d’attaque des ailes avec des hélices tripales Ratier-Figeac.

Le prototype a effectué son vol inaugural le 29 avril 1961. Un deuxième appareil dote de turbopropulseurs Turboméca Astazou XII plus puissants développant 600 ch (447 kW) l’a rejoint dans les airs en juin 1962. Cet appareil a notamment effectué une tournée commerciale en Amérique du Nord grâce à Turbo-Flight[2]. Deux appareils seulement virent le jour dont un destiné aux essais statiques (no 04).

Les deux exemplaires suivants furent conçus comme Potez 841 propulsés par quatre Pratt & Whitney Canada PT6A-6 de 550 ch (417 kW). Deux autres exemplaires modifiés et dotés de Aztazou ont été produits, l’un en 1965 et l’autre en 1967.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Potez 840 : version à turbopropulseur Astazou, 4 exemplaires
  • Potez 841 : version à turbopropulseur PWC PT6, 2 exemplaires
  • Potez 842 : version modifiée à turbopropulseur Astazou, 2 exemplaires

L’échec commercial[modifier | modifier le code]

À l’issue d’un vol de démonstration effectué à l’intention de journalistes le 12 mars 1963[2], Henry Potez lui-même annonce le lancement de la fabrication en série de douze appareils. L’usine Potez de Toulouse-Blagnac doit assurer le montage du fuselage et l’assemblage final tandis que l’établissement Morane-Saulnier de Tarbes-Ossun doit fabriquer les voilures.

L’optimisme qui règne alors laisse entrevoir un premier vol de cet appareil de série pour mars 1964[2]. Il était prévu de produire le Potez 840 dans une usine située à Baldonnel, en Irlande grâce à une aide financière reçue du gouvernement irlandais. L’usine ferma malheureusement ses portes en 1968 sans qu’aucun exemplaire ne sorte des chaînes.

Les débouchés envisagés semblaient pourtant multiples, notamment en Allemagne et en Grande-Bretagne mais aussi en Afrique où ses 3 000 km de distance franchissable et sa configuration quadrimoteur auraient pu être un gage de réussite. Le Service de la navigation aérienne ainsi que le Groupement des liaisons aériennes ministérielles (G.L.A.M.) auraient manifesté leur intérêt pour l’appareil[2].

Vie opérationnelle du Potez 840[modifier | modifier le code]

Deux Potez 840 ont été immatriculés sur le registre français. Le n° 01 portait l'immatriculation F-BJSH alors que le n° 02 s'est vu attribuer l'immatriculation F-BJSU. Le premier et seul Potez 841 immatriculé au registre français est devenu F-BLKR. Le n° 2 est quant à lui devenu D-CHEF pour appartenir à la chaîne allemande des grands magasins Hertie puis à une autre firme allemande. Vendu à une firme américaine en 1975, l'appareil a fini ses jours dans un parc à ferrailles de Kansas City dès l'année suivante.

Un seul Potez 842 a figuré sur le registre français, le n° 3 F-BNAN, utilisé par le Secrétariat Général à l'Aviation Civile de 1965 à 1976. Le n° 4 CN-MBC puis CN-ALL était un cadeau du Général de Gaulle à Sa Majesté Hassan II du Maroc. L'appareil était encore présent en 1990 à Rabat en voie de dépérissement[3].

Exemplaires préservés[modifier | modifier le code]

  • L’exemplaire Potez 842 n° 3 F-BNAN préservé au Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget
  • Fuselage intact d’un second exemplaire sur l’île Shetland. Cet appareil immatriculé F-BMCY a été victime d’un atterrissage sur le ventre sur l’aérodrome de Sumburgh en mars 1981. Quelques années plus tard, le fuselage a été récupéré et déplacé vers son lieu de résidence actuel dans un jardin privé dans le nord de Shetland F-BMCY sur le site Airplane Pictures.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John W. R. Taylor, Jane's All The World's Aircraft 1965-66, London, Samson Low, Marston,‎ 1965
  2. a, b, c et d « A bord du Potez-840 », Air et Cosmos, no 1,‎ 25 mars 1963, p. 18 (ISSN 1240-3113)
  3. Pierre Gaillard, Les avions français de 1965 à 1990, Paris, Editions EPA,‎ 1991 (ISBN 978-2-85120-392-2)