Potentiel d'un champ vectoriel
Concept fondamental en analyse vectorielle et pour ses implications en physique, le potentiel d'un champ vectoriel est une fonction scalaire ou vectorielle qui, sous certaines conditions relatives au domaine de définition et à la régularité, permet des représentations alternatives de champs aux propriétés particulières. Ainsi :
- Un champ vectoriel irrotationnel (de rotationnel nul) peut être identifié au gradient d’un potentiel scalaire.
- Un champ vectoriel solénoïdal (de divergence nulle) peut être identifié au rotationnel d’un potentiel vecteur.
Dans les deux cas, le champ d’origine dérive d’un potentiel (allusion entre une fonction et sa primitive). Ces résultats s’inscrivent comme des cas particuliers du théorème fondamental du calcul vectoriel.
Ces potentiels permettent non seulement d’appréhender certains champs vectoriels sous un angle complémentaire (pour un traitement parfois plus aisé), mais ils légitiment des abstractions essentielles comme, par exemple en physique, l’énergie potentielle associée à un champ de forces conservatives.
[modifier] Potentiel scalaire
Sur un domaine connexe par arcs et simplement connexe (sans « trous »), un champ
continu et irrotationnel dérive d’un potentiel scalaire
(l’adjectif est souvent omis) conformément à la relation
Le même résultat se vérifie dans l’espace entier à condition que, vers l’infini, le champ décroisse « assez » rapidement.
L'existence du potentiel est une conséquence du théorème de Green (ou d’une forme du théorème du rotationnel qui en découle) : il est possible de formuler une relation caractérisant explicitement
en fonction de
.
Ce potentiel est défini à une constante additive près qui peut être choisie arbitrairement. Par ailleurs, selon le contexte, par convention ou commodité, le signe « - » de la relation est parfois omis.
En physique, les potentiels scalaires interviennent dans différents domaines :
- En mécanique, le champ gravitationnel dérive du potentiel gravitationnel.
- En électromagnétisme, le champ électrique dérive du potentiel électrique.
- En mécanique des fluides, le champ des vitesses d'un écoulement irrotationnel (sans tourbillon) dérive d'un potentiel : on parle d'écoulement à potentiel des vitesses.
Les deux premiers cas correspondent à la situation importante des forces conservatives. La constante arbitraire est souvent définie en fonction des conditions aux limites du problème, et le signe « - » est retenu de sorte qu'une position d'équilibre stable corresponde à un minimum de l'énergie potentielle associée.
Dans ce contexte, il y a parfois confusion entre potentiel et énergie potentielle, c’est à dire entre une cause et son effet. En prenant par exemple le cas du potentiel électrique, cette confusion vient du fait qu’une relation semblable relie le champ électrique
et le potentiel électrique
d'une part, la force électrique
et l'énergie potentielle
d'autre part :
Entre la seconde relation et la première, il existe un multiple correspondant à la charge électrique placée dans le champ, sans laquelle la seconde relation n’a pas de sens :
.
La situation est analogue pour le potentiel gravitationnel.
On peut donc dire que la force dérive de l'énergie potentielle et que le champ dérive du potentiel.
[modifier] Potentiel vecteur
Sur un domaine ouvert et étoilé, un champ
régulier et de divergence nulle dérive d’un potentiel vectoriel
conformément à la relation
Le même résultat se vérifie dans l’espace entier à condition que, vers l’infini, le champ décroisse « assez » rapidement.
Après l’avoir formulée adéquatement en termes de formes différentielles, cette propriété est une application directe du lemme de Poincaré.
Comme le potentiel scalaire, le potentiel vecteur n'est pas unique : le rotationnel d'un gradient étant toujours nul, le potentiel vecteur est déterminé à un gradient près. En d'autres termes, deux potentiels vecteurs reliés par une relation du type
représentent le même champ vectoriel.
En physique, les potentiels vecteur interviennent dans différents domaines :
- En électrodynamique classique, l’invariance de jauge est fondée sur le potentiel scalaire du champ électrique et le potentiel vecteur de l’induction magnétique.
- En mécanique des fluides dans le cas des écoulements de fluides incompressibles dont la vitesse est à divergence nulle par conservation des masses.



