Postmaturité

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Postmaturité
Classification et ressources externes
CIM-10 O48, P08.2
CIM-9 766.22
DiseasesDB 10417
eMedicine med/3248 
MeSH D007233
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La postmaturité désigne la naissance d'un enfant postmature, ou post-mature, après le terme normal d'une grossesse, c'est-à-dire après 42 semaines de gestation[1].

Estimation théorique du terme d'une grossesse[modifier | modifier le code]

On considère comme grossesse à terme toute grossesse de 37 à 41 semaines d'aménorrhée complètes (SA). Le terme théorique correspond à 41 semaines complètes, et on parle de terme dépassé à partir de 42 semaines. Ces chiffres n'ont de sens que pour une date du terme théorique déterminée à l'échographie, par mesure de la longueur crânio-caudale du fœtus, entre 11 et 13 semaines. Les spécialistes de biométrie fœtale disposent de tables statistiques sur différentes mesures[2] qui leur permettent de dire si les mesures paraissent cohérentes avec la date de conception supposée. Cependant, cette méthode ne permet de détecter que les différences grossières[3].

D'autre part la dispersion sur les durées de grossesse par rapport au terme théorique est élevée. Cette dispersion non symétrique est difficile à évaluer actuellement en raison de la fréquence des déclenchements, mais une valeur de 7 jours pour l'écart-type est une estimation acceptable. Ceci revient à dire que 95 % des femmes accoucheraient spontanément entre 39 et 43 semaines d'aménorrhée.

Incidence[modifier | modifier le code]

Selon l'estimation de sages-femmes qui pratiquent un suivi global et de certaines études sur le déclenchement[4], la postmaturié concernerait 1 % des accouchements.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Les causes en sont inconnues.

Risques[modifier | modifier le code]

Cette prolongation de la grossesse peut aboutir à une insuffisance placentaire qui peut mettre en danger la vie du futur enfant : le placenta ne livre plus la quantité nécessaire d'aliment et d'oxygène.

Cela peut entraîner la mort in utero du fœtus. Celle du nouveau-né est deux fois plus courante[5].

Détection[modifier | modifier le code]

La postmaturité est difficile à détecter mais quelques signes cliniques seraient les suivants[6] :

  • la hauteur utérine et le périmètre ombilical ne progressent plus ;
  • l'utérus semble se mouler autour du fœtus ;
  • la quantité de liquide amniotique diminue — le fœtus ne flotte plus ;
  • les mouvements fœtaux perdent de l'amplitude.

Interventions possibles[modifier | modifier le code]

Un déclenchement de l'accouchement voire une extraction du fœtus peuvent être décidés par le médecin s'il existe une menace vitale.

Les défenseurs d'une pratique obstétricale moins interventionniste[7] suggèrent une surveillance attentive de l'apparition de ces signes cliniques — avant même que la souffrance fœtale ne devienne visible sur le rythme cardiaque — plutôt que la pratique très répandue qui consiste à déclencher systématiquement l'accouchement à 42 semaines d'aménorrhée.

La tendance des obstétriciens, toutefois, consiste à mettre en balance les risques (pour la mère et l'enfant) associés à un âge gestationnel particulier avec les risques d'un déclenchement de l'accouchement. Les recommandations de pratique clinique visent à indiquer des limites raisonnables en fonction de la littérature scientifique et du consensus des experts. Toutefois, la décision finale de traiter ou non appartient à la femme enceinte (cf l'article L 1111-4 du code de la santé publique en France).

Aspect clinique[modifier | modifier le code]

La peau du nouveau-né a un aspect inhabituel. Elle est fripée et dépourvue de vernix caseosa. De plus, les paumes de ses mains et les plantes de ses pieds pèlent[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site du CHU de Rouen
  2. Voir quelques exemples.
  3. Voir une discussion détaillée du dépassement de terme.
  4. Par exemple, (en) Postterm with favorable cervix: is induction necessary ? (B. Chanrachakul & Y. Herabutya) European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology 2003;106, page 156.
  5. Site de l'université de Rennes
  6. Source : Jacqueline Lavillonnière. La postmaturité en question — quel diagnostic — quel pronostic ?
  7. Voir notamment Henci Goer, When Research is Flawed: Management of Post-Term Pregnancy. Commentary on: Crowley P. Interventions for preventing or improving the outcome of delivery at or beyond term. (Cochrane Review). In: The Cochrane Library. Issue 2. Oxford: Update Software, 2002.
  8. « postmaturité », Larousse.fr - Encyclopédie (consulté le 24 août 2012)