Porte-avions

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Vue d'artiste de l'USS Gerald R. Ford (CVN-78), tête de sa classe, le plus gros porte-avions en service à l'horizon 2015
Photo de groupe de porte-avions, porte-aéronefs et porte-hélicoptères d'assaut : le STOBAR CV Principe de Asturias, l'USS Wasp (LHD-1), le CATOBAR CV USS Forrestal et le STOBAR CV HMS Invincible (7 octobre 1991)

Un porte-avions ou un porte-aéronefs (aussi écrit porte-avion et porte-aéronef[1]) est un navire de guerre permettant le lancement et la réceptions d'aéronefs (avions de combat, hélicoptères) à partir de son pont. Ils sont dotés d’une puissance militaire considérable et dont les capacités multiples en font des instruments d’une grande souplesse d’utilisation militaire ou diplomatique.

Capable d’assurer une projection de puissance garantissant une supériorité aérienne depuis la mer et sur la terre, les porte-avions sont de véritables bases aériennes pouvant se déplacer de mille kilomètres par jour. Ils permettent de placer une force aérienne autonome en n'importe quel endroit du globe. Ce sont généralement de très grands navires et de véritable villes flottantes nécessitant un équipage de souvent plusieurs milliers de marins. Le porte-avions est généralement le centre d'un groupe aéronaval constitué de plusieurs types de navires de guerre présents pour assurer une bulle de sécurité dans les airs, en surface et sous la mer. En raison d’un entretien extrêmement complexe et coûteux, l'exploitation d’un porte-avions est réservée à quelques rares États disposant des moyens industriels et d’un budget de défense conséquents.

Par sa puissance, sa mobilité, son autonomie et la variété de ses moyens, le porte-avions est souvent la pièce maîtresse des flottes de combat modernes. Sur le plan tactique, voire stratégique, il a remplacé le bâtiment de ligne dans le rôle de navire amiral. L'un de ses gros avantages est qu'en naviguant dans les eaux internationales, il n'occasionne aucune ingérence dans une quelconque souveraineté territoriale et permet de ce fait de s'affranchir des autorisations de survol de pays tiers (dont l'obtention peut prendre plusieurs semaines même avec un pays ami, ou pire être refusée), de réduire les temps et distances de transit des avions et par conséquent d'augmenter considérablement le temps de disponibilité sur la zone de combat.

Dès qu'une crise internationale se profilait, Henry Kissinger, le secrétaire d'État américain de 1973 à 1977 et Prix Nobel de la paix en 1973 pour son action dans la résolution de la guerre du Viêt Nam et de la guerre du Kippour, ouvrait rituellement les réunions du conseil national de sécurité par la phrase : « où sont les porte-avions ? ». Il clamait aussi : « un porte-avions c'est 100 000 tonnes de diplomatie »[2].

Description[modifier | modifier le code]

Un porte-avions est constitué des éléments suivants :

  • un pont d'envol plat constitué de deux pistes (une piste axiale et une piste latérale) permettant le catapultage et l'appontage de son parc aérien ;
  • un îlot, placé sur tribord[3] du pont d'envol et servant entre autres de tour de contrôle ;
  • des ascenseurs permettant les mouvements des aéronefs (avions et hélicoptères) entre le pont d'envol et les hangars ;
  • sous le pont d'envol, on trouve les hangars où sont garés les avions et où s'effectue leur entretien, les soutes à carburant et à munitions, les logements du personnel et les machines fournissant l'énergie et assurant la propulsion ;
  • sur le pont d'envol se trouvent les catapultes permettant de donner aux avions une accélération au décollage ainsi que les brins d'arrêt pour le freinage à l'appontage.

À la différence d'un porte-avions, un porte-aéronefs ne possède pas de catapulte. Il met en œuvre des avions à décollage court au moyen d'un tremplin situé sur l'avant du pont d'envol, ou à décollage vertical. Selon le type d'avions embarqués il peut posséder ou non des brins d'arrêt. Si le porte-aéronefs n'est pas équipé de brins d'arrêt, les avions se posent sur son pont, en vol stationnaire à la manière d'un hélicoptère.

Le porte-avions américain USS Lincoln et ses navires d'accompagnement
Le porte-aéronefs italien Giuseppe Garibaldi (C-551), le porte-avions français Foch (R-99) et le porte-aéronefs espagnol Principe de Asturias, dans la formation.

Ce type d'avions à décollage court ou vertical permet d'utiliser des plateformes moins vastes que celles des porte-avions, donc de construire des bâtiments de plus faibles tonnage au coût de construction et de possession moins élevés. En contrepartie, ces avions, qui consomment une grande quantité de carburant pour apponter ou décoller, sont handicapés par leur plus faible autonomie en vol qui limite leur rayon d'action et leur capacité d'emport.

Élément majeur de la force navale le porte-avions est un bâtiment précieux. Aussi est-il escorté par d'autres unités de combat qui assurent sa protection : croiseurs, frégates antiaériennes, frégates anti-sous-marines, chasseurs de mines et sous-marin nucléaire d'attaque. Pour le ravitailler, ainsi que son escorte, il est accompagné d'un ou plusieurs pétroliers ravitailleurs d'escadre. Cette force opérationnelle destinée à une projection de puissance constitue un groupe aéronaval.

Sa vulnérabilité fait que la pertinence du porte-avions a souvent été (et est encore) contestée. Notamment parce qu'il mobilise un grand nombre de bâtiments d'escorte. De même, les catapultes constituent le talon d'Achille du porte-avions. Ce matériel est très complexe et en cas de panne ou d'avarie de combat, certes le porte-avions reste à flot mais il a perdu toute sa valeur opérationnelle, ne pouvant plus mettre en œuvre son aviation embarquée.

Mais les multiples opérations militaires qu'il permet d'accomplir font de ce type de bâtiment un atout irremplaçable pour les gestions de crise. Pouvant opérer à partir des eaux internationales, il évite les longues délicates et incertaines tractations diplomatiques, destinées à obtenir d'États tiers, limitrophes des zones de crise ou de conflit, des autorisations de survol et de stationnement éventuel sur son sol.

En raison des moyens qu'il mettent en œuvre (de 20 à 90 avions et hélicoptères), les porte-avions sont les plus gros navires de guerre existants. Afin d'augmenter leur autonomie et leur indépendance en carburant et d'éviter de fréquents ravitaillements à la mer, certains porte-avions sont à propulsion nucléaire. Remontant au début des années 1960, ce type de propulsion est à présent parfaitement maîtrisé après avoir connu divers problèmes de jeunesse tels que le danger des radiations, les fuites éventuelles, la vulnérabilité des chaufferies, et un entretien spécifique. La propulsion nucléaire ne supprime pas le besoin de ravitailler le navire en carburant pour ses avions, et elle permet d'embarquer davantage de kérosène qu'un porte-avions à propulsion classique, en utilisant la capacité des soutes à gazole dont il n'a pas besoin au profit de son parc aérien.

Historique[modifier | modifier le code]

Les porte-avions dans le monde[modifier | modifier le code]

Classification des porte-avions[modifier | modifier le code]

Image de bâtiments de 5 nations engagées dans l'opération Enduring Freedom en mer d'Arabie. En 4 colonnes, de en haut à gauche à en bas à droite : ITS Maestrale (F 570), FS De Grasse (D 612), USS John C. Stennis (CVN 74), USS Port Royal (CG 73), FS Charles de Gaulle (R 91), HMS Ocean (L 12), FS Surcouf (F 711), USS John F. Kennedy (CV 67), HNLMS Van Amstel (F 831), et ITS Luigi Durand de la Penne (D 560) (18 avril 2002)
  • AV : Seaplane Tender, transport d'hydravions (désignation désuète) ;
  • CV : Carrier Vessel, porte-avions à propulsion classique [i.e. : non nucléaire] ;
  • CVL : Light aircraft carrier, porte-avions léger (plus utilisé) ;
  • CVE : Carrier Vessel Escort, porte-avions d'escorte (plus utilisé) ;
  • CVH : Helicopter Aircraft Carrier, porte-aéronefs apte seulement à la mise en œuvre d'appareils ADAV/ADAC
  • CVN : Carrier Vessel Nuclear, porte-avions/aéronefs à propulsion nucléaire ;
  • CVS : ASW Support Aircraft Carrier, porte-aéronefs à vocation prioritaire de lutte anti-sous-marine ;
  • CVSG : porte-aéronefs à vocation prioritaire de lutte anti-sous-marine et armé de missiles antinavires (ne s'applique qu'à la classe Kiev et n'est plus utilisé) ;
  • CATOBAR : Catapult Assisted Take Off But Arrested Recovery, avec catapultes et avec brins d'arrêt ; permet la mise en œuvre d'avions conventionnels (mais navals ou navalisés),
  • STOBAR : Short Take-Off But Arrested Recovery, tremplin et brins d'arrêt ; permet aussi la mise en œuvre d'avions « conventionnels » (i.e. : terrestres), mais avec moins de souplesse qu'un CATOBAR (direction et force du vent plus contraignantes) ; unique exemple actuel : le PA russe Amiral Kouznetsov ;
  • STOVL : Short Take-Off, Vertical Landing, dispose d'un tremplin ; apte seulement à la mise en œuvre d'appareils ADAV/ADAC ;
  • DDH : destroyer porte-hélicoptères ;
  • LHD : Landing Helicopter Dock, porte-aéronefs à pont d'envol continu, disposant d'un grand radier ;
  • LHA : Landing Helicopter Assault, porte-aéronefs à pont d'envol continu, disposant d'un petit radier ;
  • LPH : Landing Platform Helicopter, porte-hélicoptères à pont d'envol continu, sans radier (plus utilisé).

Liste des porte-avions dans le monde[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles de référence[modifier | modifier le code]

Nathalie Vergeron et al, « Porte-avions, porte-aéronefs et bâtiments amphibies à pont continu dans le monde », dans Défense & Sécurité internationale (ISSN 1772-788X), no 35 (mars 2008)

Livres[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Sheldon-Duplaix, Histoire mondiale des porte-avions : des origines à nos jours, ETAI, Boulogne-Billancourt, 2006 (ISBN 2-7268-8663-9)
    Ouvrage de référence.
  • Alain Pelletier, Les Aigles des mers : histoire mondiale des avions embarqués depuis 1910, ETAI, Boulogne-Billancourt, 2006 (ISBN 2-7268-9471-2)
    Ouvrage de référence.
  • Bernard Prézelin, Flottes de combat 2006, Éditions maritimes et d'outre-mer, Rennes, 2005 (ISBN 978-2-7373-3879-3)
    Ouvrage de référence sur les navires français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les rectifications orthographiques du français en 1990 recommandent les graphies porte-avion et porte-aéronef
  2. Frédéric Lert, « Porte-avions, des géants aux pieds d'argile ? », Scienes & vie, no Hors série33,‎ 1er juin 2011
  3. Il n’en a pas toujours été ainsi. Dans les années 1930, la marine impériale japonaise mettait en ligne trois paires de porte-avions —les Première, Deuxième et Cinquième division de PA— dont l’un avait son îlot à tribord (Kaga, Soryu et Shokaku) pendant que sa conserve respective avait le sien à bâbord (Akagi, Hiryu et Zuikaku)

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