Porte-à-faux

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Une installation est dite en porte-à-faux lorsqu'un élément est soutenu par une partie qui est elle-même au-dessus du vide, c'est-à-dire sans support immédiat en dessous de l'élément en « porte-à-faux ». Dans le langage courant, une installation en porte à faux évoque un risque de déséquilibre ou de rupture si elle est trop chargée, comme elle repose sur la solidité des supports qui la retiennent et que l'ensemble de l'installation n'est pas à l’aplomb de son point d’appui.

En architecture[modifier | modifier le code]

Articles connexes : encorbellement et saillie (architecture).

Il s'agit également du nom architectural donné au départ d'une partie supérieure d'un bâtiment par rapport à sa base. L'un des plus importants porte-à-faux architecturaux (45 mètres) est celui du centre culturel et palais des congrès de Lucerne (Kultur und Kongresshaus), réalisé par Jean Nouvel en 1999.

En ingénierie[modifier | modifier le code]

Par exemple, le porte-à-faux peut désigner la distance de l'extrémité du véhicule à l'essieu.

En ingénierie, on utilise aussi le terme anglais cantilever.

Le pont de Québec (et le Pont Pierre-Laporte en arrière-plan) surplombant le fleuve Saint-Laurent entre Québec et Lévis.

Une poutre en porte-à-faux est une poutre rendue isostatique au moyen d'articulations. Plus généralement, un pont en porte-à-faux est constitué de consoles prolongeant une travée ou encastrées sur pile et de travées indépendantes s'appuyant sur ces consoles. Le pont à poutres cantilever ayant la portée libre la plus grande au monde est le pont de Québec, et non pas comme on le croit parfois, le pont du Forth, en Écosse. La longueur totale de ce dernier est plus grande, mais il est en fait composé de deux ponts cantilever mis bout à bout.

En aéronautique, on appelle une « aile cantilever », un système de voilure développé vers le milieu des années 1910 selon un principe permettant d'éviter les haubans (générateurs de traînée perturbatrice) auxquels la voilure des premiers avions était suspendue. L'un des premiers à avoir mis au point ce principe était Levavasseur sur son avion Antoinette monobloc.

Un vilebrequin en porte-à-faux est un vilebrequin asymétrique : il tourne sur un seul palier et le maneton n'a qu'une seule masse d'équilibrage. On trouve ce montage sur des moteurs de faible puissance, comme le Vélosolex, le Cady de Motobécane ou certains Kreidler.

Applications aux deux-roues[modifier | modifier le code]

Porte-à-faux sur une Vincent HRD 1000

En 1949, Vincent HRD sort une moto de 500 cm³ dont les amortisseurs arrières sont situés devant la selle, grâce à un système de renvoi. Principe qui sera étendu à la 1 000 cm³.

Lucien Tilkens aurait présenté au Grand Prix moto de Belgique la première moto de cross munie d'un cadre équipé d'une suspension à cantilever. Son pilote Håkan Andersson remporta la course en 250 cm³[1].

Le principe est repris par Yamaha dès 1973 sur la YZ 250 d'usine qui remporte le titre. En 1975, les motos « client » en bénéficient et le procédé est adopté en Grand Prix. En 1976, la Yamaha 125 DTMX le vulgarise. Cette suspension, qui oblige à trianguler le bras oscillant, rend celui-ci plus rigide. Elle reporte ensuite les efforts de la suspension arrière sur l'épine dorsale du cadre, zone rigide par définition. On peut alléger la partie arrière du cadre, qui ne supporte plus que le poids du pilote. Comparativement à des amortisseurs verticaux montés en bout de bras oscillant, le cantilever accroît la course de la suspension, à débattement égal (grâce à l'effet levier, le « lever » de cantilever), ce qui favorise la qualité de l'amortissement. Il a ensuite été remplacé par les suspensions à basculeurs qui permettent un placement différent de l'amortisseur arrière, tout en conservant une grande démultiplication. Ce système vient d'être remis au goût du jour par la Kawasaki Er-6.

En cyclisme, il s'agit d'un certain type de freins, caractérisé par l'arrivée du câble à la verticale de la roue. Celui-ci tire sur un autre câble qui rapproche les patins (plutôt longs dans ce type de freins) de la jante.

En odontologie[modifier | modifier le code]

Un cantilever ou « pont en extension » est une réalisation prothétique dentaire de type fixée qui remplace une dent absente en réalisant sur une dent adjacente une prothèse double, en extension. Il est en général associé à un pont de plus grande étendue afin que les contraintes exercées sur la dent pilier ne soient pas trop déséquilibrées.

De plus en plus rare du fait d'une fiabilité aléatoire, cet artifice était utilisé à des fins plus esthétiques que fonctionnelles.

En logistique[modifier | modifier le code]

Le cantilever désigne un type de rayonnage capable de stocker des charges très longues et encombrantes, telles que des planches, plaques, tubes, barres, etc. Très répandu dans les entrepôts et hangars logistiques, on le retrouve également dans certains magasins de grande distribution de bricolage. Les chariots élévateurs à fourche frontale, nécessitant le permis CACES 3, sont appelés chariots en porte-à-faux du fait du déséquilibre possible à l'avant (la charge, palettisée le plus souvent, pouvant amener le chariot à se déséquilibrer).

En transport routier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Porte-à-faux (véhicule).

En transport routier, le porte-à-faux d'un véhicule désigne les parties de carrosserie situées entre l'axe des roues et l'extrémité avant ou arrière du dit véhicule.

En microscopie[modifier | modifier le code]

Le cantilever désigne le levier flexible du microscope à force atomique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Moto news n°25 de septembre 1978

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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