Porphyrie aiguë intermittente

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Porphyrie aiguë intermittente
Classification et ressources externes
Porphobilinogen.png
porphobilinogène
CIM-10 E80.2
CIM-9 277.1
OMIM 176000
DiseasesDB 171
eMedicine med/1880 
MeSH D017118
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La porphyrie aiguë intermittente est la plus fréquente des porphyries. C'est une forme sévère de porphyrie hépatique.

Elle affecte principalement les viscères et le système nerveux central et autonome. Les manifestations de cette maladie sont intermittentes et menacent quelquefois la vie du patient.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une Mutation du gène HMBS situé sur le chromosome 11 codant la porphobilinogene deaminase.

Les lésions neurologiques seraient dues à l'accumulation d'acide 5-aminolaevulinique qui serait toxique pour les neurones[1].

Incidence et prévalence[modifier | modifier le code]

Cette maladie se rencontre surtout en Suède avec une prévalence de 1 sur 10 000 (avec une fréquence augmentée au nord de ce pays, probablement due à la diffusion d'une famille porteuse)[2] et en Angleterre. La prévalence européenne est de 1 sur 75 000[3] et elle peut monter à un sur 500 dans les malades atteints de troubles psychiatriques.

Description[modifier | modifier le code]

La porphyrie aiguë intermittente est souvent déclenchée par la prise d'alcool, de barbituriques, stéroïdes (médicaments activateur du cytochrome p450). Les régimes amaigrissants, le stress[4]. les voyages ainsi que les variations hormonales de la femme sont aussi retrouvés comme facteur déclenchant.

Les premières manifestations apparaissent à la puberté, deviennent plus fréquentes après la quarantaine et atteignent plus souvent les femmes que les hommes[5].

Le retour à un état normal peut prendre quelques jours à quelques mois sans traitement.

Les crises débutent par une anxiété, un mal-être, une insomnie.

Les douleurs abdominales sont la manifestation la plus fréquente de la maladie et sont souvent le premier signe évocateur d'une porphyrie aiguë intermittente. Les autres signes digestifs d'accompagnement sont les nausées, vomissements, constipation ou diarrhée, iléus paralytique, rétention urinaire ou incontinence d'urine.

L'atteinte du système nerveux se manifeste par une faiblesse musculaire des jambes et des bras. Les nerfs crâniens sont aussi atteints. Cela peut aller jusqu'à une quadriplégie, comportant un risque vital (troubles de la respiration), pouvant être plus ou moins réversible.

Les signes psychiatriques sont fréquents comprenant hystérie, dépression, phobie, psychose, délire ou coma.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

L'examen clinique est sans particularité.

Les radiographies de l'abdomen sont normales ou peuvent montrer un iléus (paralysie du tube digestif se manifestant sur le cliché par la présence de quelques « niveaux liquides »).

Les examens biologiques de base peuvent montrer les conséquences de l'atteinte digestive avec une augmentation du taux de la créatinine témoignant d'une insuffisance rénale débutante secondaire à une certaine déshydratation, un taux de sodium diminué (hyponatrémie).

Le diagnostic est fait par la mesure du taux de la porphobilinogène dans les urines, qui est fortement augmentée. Le dosage peut être normal en dehors des crises[6].

Évolution[modifier | modifier le code]

Le nombre de crises est le plus souvent réduit avec un retour intégral à la normale[3].

Les personnes atteintes ont un risque accru de cancer du foie ou d'insuffisance rénale.

Traitement et prise en charge[modifier | modifier le code]

Les médicaments possiblement responsable du déclenchement de la crises doivent être évités.

Le traitement symptomatique consiste en la prescription d'antalgiques (pouvant aller jusqu'aux morphiniques), de neuroleptiques comme la Chlorpromazine. Une réhydratation et une renutrition peuvent être nécessaire. En cas de paralysie mettant en jeu la fonction respiratoire, une mise sous ventilation artificielle peut être nécessaire.

Le traitement spécifique repose sur l'administration d'Hème en perfusion[7]. Cet hème peut être sous la forme d'une solution stabilisé par l'arginine[8] ou sous forme lyophylisée[9].

Chez les formes sévères et particulièrement récidivantes, une transplantation hépatique peut être discutée[10].

Conseil génétique[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Meyer UA, Schuurmans MM, Lindberg RL, Acute porphyrias: pathogenesis of neurological manifestations, Semin Liver Dis, 1998;18:43-52
  2. Floderus Y, Shoolingin-Jordan PM, Harper P, Acute intermittent porphyria in Sweden. Molecular, functional and clinical consequences of some new mutations found in the porphobilinogen deaminase gene, Clin Genet, 2002;62:288-297
  3. a et b Puy H, Gouya L, Deybach JC, Porphyrias, Lancet, 2010;375:924-937
  4. Doss MO, Kuhnel A, Gross U, Alcohol and porphyrin metabolism, Alcohol Alcohol, 2000;35:109-125
  5. Bylesjo I, Wikberg A, Andersson C, Clinical aspects of acute intermittent porphyria in northern Sweden: a population-based study, Scand J Clin Lab Invest, 2009;69:612-618
  6. Aarsand AK, Petersen PH, Sandberg S, Estimation and application of biological variation of urinary delta-aminolevulinic acid and porphobilinogen in healthy individuals and in patients with acute intermittent porphyria, Clin Chem, 2006;52:650-656
  7. Anderson KE, Bloomer JR, Bonkovsky HL et als. Recommendations for the diagnosis and treatment of the acute porphyrias, Ann Intern Med, 2005;142:439-450
  8. Mustajoki P, Nordmann Y, Early administration of heme arginate for acute porphyric attacks, Arch Intern Med, 1993;153:2004-2008
  9. Siegert SW, Holt RJ, Physicochemical properties, pharmacokinetics, and pharmacodynamics of intravenous hematin: a literature review, Adv Ther, 2008;25:842-857
  10. Seth AK, Badminton MN, Mirza D, Russell S, Elias E, Liver transplantation for porphyria: who, when, and how?, Liver Transpl, 2007;13:1219-1227

Site Web[modifier | modifier le code]