Populus alba

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Peuplier blanc ou Peuplier de Hollande (Populus alba L., 1753), aussi appelé , Abèle, Peuplier à feuille d'érable, Peuplier argenté, Blanc de Hollande, Aube, Ypréau ou Piboule[1], est un arbre à feuilles caduques de la famille des Salicacées. Ce peuplier est originaire d'Europe centrale et méridionale et d'Asie occidentale et centrale.

Description[modifier | modifier le code]

Lenticelles losangiques sur le tronc.
Feuilles polymorphes de Populus alba
Chatons mâles

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

C'est un arbre drageonnant de 20 à 30 m de hauteur pouvant vivre de 200 à 400 ans[2]. Son écorce blanche, lisse, devient grise et rugueuse avec les années, puis finit par se crevasser et former des lenticelles en forme de losanges. Les feuilles sont très polymorphes, palmées ou subovales, parfois presque rhomboïdales, à marge sinueuse ou lobée dentée. Elles sont blanches tomenteuse dessous, vert sombre dessus. Leur pétiole a une section transversale arrondie.

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Cette espèce est dioïque. La floraison a lieu entre mars et avril, avant l'apparition des feuilles. L'inflorescence est un chaton mâle ou femelle. Chaque fleur est supportée par un périanthe en forme de coupe et protégée par une bractée dentée et ciliée. La fleur mâle comprend 8 étamines rougeâtres ; la fleur femelle un ovaire uniloculaire, à deux carpelles, surmonté de 4 stigmates jaunes disposés en croix. La pollinisation est anémogame.

Le fruit obtenu après fécondation est une capsule bivalve, ovoïde, à graines pourvues d'une aigrette blanche dont la dissémination est anémochore.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce vit en Europe centrale et méridionale, mais aussi en Asie occidentale et centrale et en Afrique du Nord. On trouve cette espèce dans presque toute la France métropolitaine, y compris en Corse[3].

Même si le peuplier blanc préfère le bord de rivières ou les lieux humides, il supporte les milieux modérément secs. Il présente aussi une certaine tolérance envers les embruns marins ou une légère salinité du sol. C'est un arbre héliophile qui a une préférence pour les sols neutres ou basiques[4]. Il pousse généralement à une altitude inférieure à 900 m.

Cette espèce est caractéristique de plusieurs associations végétales des forêts riveraines, ou forêts et fourrés très humides. Elle est caractéristique des forêts-galeries méditerranéennes de grands Saules (association Populetalia albae) mais aussi des forêts méditerranéennes de peupliers, ormes et frênes (association Populion albae). Elle est une des espèces secondaires de l'association Querco-Ulmetum minoris (grandes forêts fluviales médio-européennes)[5].

Systématique[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1753 par Carl von Linné, naturaliste suédois, dans son Species plantarum (volume 2).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme latin Populus désigne un peuplier. Le terme latin alba signifie "blanc" et fait référence à l'écorce blanchâtre de l'arbre et de la couleur blanc argenté du dessous de ses feuilles.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Bois de peuplier blanc

Bois[modifier | modifier le code]

Son bois peu dense se travaille facilement, mais se polit mal. On en fait généralement de la pâte à papier, des allumettes, des emballages ou contreplaqués, mais il est aussi utilisé en menuiserie, ou comme bois de charpente. Autrefois, il était utilisé pour fabriquer des merrains, des tombereaux et brouettes, ou des panneaux destinés à servir de support pour les peintures à l'huile[4].

C'est un combustible très médiocre, qui produit peu de chaleur à la combustion, et produit un charbon de piètre qualité[4].

Autres usages[modifier | modifier le code]

  • Planté à titre ornemental, cet arbre peut aussi servir de coupe-vent.
  • Son écorce contient de la salicine et a été utilisée comme fébrifuge[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion et Gérard Dumé, Flore forestière française : guide écologique illustré, t. 1 : Plaines et collines, Paris, Institut pour le développement forestier,‎ 1er janvier 1989, 1785 p. (ISBN 2904740163 et 978-2904740169, résumé, lire en ligne), p. 518-519
  2. J.-C. Rameau et al. Op. Cit.
  3. Association TELA BOTANICA, « Populus alba L. », sur http://www.tela-botanica.org (consulté le 17 décembre 2010)
  4. a, b, c et d Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, Gérard Dumé, Flore forestière française: Région méditerranéenne, Forêt privée française,‎ 2008, 2426 p. (ISBN 2904740937, lire en ligne), p. 807
  5. Corine Biotope, « Forêts riveraines, forêts et fourrés très humides », sur http://in2000.kaliop.net, Natura 2000 (consulté le 18 décembre 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :