Ponton (automobile)

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Ponton (de l’anglais pontoon) désigne un type de carrosserie automobile[1]. Son sens premier (sens américain) désigne un élément de automobile intégrant tout à la fois l’aile et le garde boue. Ponton dans son sens européen, également adopté par les Britanniques, désigne un modèle de voiture dont les portières se fondent non seulement dans les ailes avant (portière avant) mais aussi aux ailes arrières (portière arrière).

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs théories à propos de l’origine du terme. En premier lieu, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, une protection des parois latérales de blindés consistait en une longue boîte creuse destinée à faire éclater les charges explosives avant qu’elles arrivent au contact du blindage. Les soldats ont appelés ces boites « pontons » par analogie au matériel marin. C’est ainsi qu’une série de modèles Mercedes-Benz aurait été affublée de ce sobriquet par analogie à ces coffres.

On raconte également que les phares des Mercedes-Benz des années 1950 étaient intégrés dans les ailes au lieu d’être indépendants ce qui les faisaient ressembler à des pontons flottants[2]. Finalement, un journaliste aurait comparé le nouveau sous-châssis d’une pièce de la Mercedes-Benz de 1953, qui soutenait à la fois le moteur, la transmission et la direction, à un pont flottant[2],

D’autres manufacturiers ont également adoptés ce principe à la même époque : Opel et Auto Union (incluant certains modèles DKW et Borgward)[3].

Origine du style[modifier | modifier le code]

Bugatti 1923 Type 32 « Tank »
Hanomag 2/10 PS de 1928
BMW 328 Mille Miglia
Cisitalia 202 de 1946

Une des premières automobile de ce style est la Bugatti type 32 « Tank » qui a participé au Grand Prix de France à Tours. La première production de masse a été la Hanomag 2/10, de 1924 à 1928. Sa carrosserie ressemblait à un pain et fut surnommée « Kommissbrot », un pain de blé entier communément distribué dans l’Armée allemande[4]. Fidelis Böhler, le dessinateur de la firme, a construit le modèle à partir de l’idée de mettre les passagers à deux de largeur en omettant les marche-pieds pour économiser sur le poids[5]. L’auto fut très populaire en Allemagne[6].

En 1937, Pininfarina SpA dessina une carrosserie de ce style pour le coupé Lancia Aprilia, pour tirer parti de son aérodynamique ce qui valut le surnom de berlinetta aerodynamica[7]. La compagnie poursuivi avec la cabriolet du même modèle en 1940[8].

À la fin des années 1930, la BMW 328 utilisait un ponton très moderne. La coupé Cisitalia 202 de 1946, dessiné par Pinafarina à partir des esquisses de Giovanni Savonuzzi, fut l’auto qui changea le style des automobiles après la Seconde Guerre mondiale selon le Museum of Modern Art de New-York. Dans la collection permanente de ce musée on retrouve une Cisitalia de 1951 qui incorpore le capot, les ailes et les phares comme un ensemble et non plus comme des éléments distincts[9]. En 1947, la Alfa Romeo 6C 2500, aussi dessinée par Pinafarina, suit le style ponton[10].

Ces formes rondes, continues et fluides, que Paolo Tumminelli nomma le « côté ponton » sont devenues la grande mode en Europe. Alfa-Romeo, Fiat et Rover ont été les premiers fabricants à les généraliser[11]. Ce style se répandit ensuite chez les constructeurs américains et japonais[12]. Une des premières automobiles nord-américaines de ce genre fut la Studebaker Champion de 1947, dessinée par Virgil Exner et Roy Cole[13]. On peut mentionner à travers le monde la GAZ-M20 Pobeda 1946, construite en Union soviétique, la Standard Vanguard britannique de 1947, les Ford et General Motors de 1949 qui emboîtèrent le pas[11]. Des exemples français sont la Ford Vedette de 1948 et la Renault Frégate de 1950.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lennart W. Haajanen, Karl Ludvigsen et Bertil Nyden, Illustrated Dictionary of Automobile Body Styles, McFarland & Co.,‎ 2002 (ISBN 9780786412761), p. 109.
  2. a et b (en) Jeff Miller, « Why are they called Pontons?Mercedes-Benz Pontons (1952-1962) », www.mbzponton.org,‎ 13 juillet 2001 (consulté le 7 août 2008).
  3. (de) (de) Hans-Hermann Braess et Ulrich Seiffert, Automobildesign und Technik: Formgebung, Funktionalität, Technik, Vieweg+Teubner Verlag,‎ 2007 (ISBN 978-3-8348-0177-7), p. 248.
  4. (en) « Company History », Böhler Einbauteile GmbH (consulté le 30 juillet 2009).
  5. (en) Nick N Georgano, The Beaulieu Encyclopedia of the Automobile, Fitzroy Dearborn Publishers,‎ 2000, 667 p. (ISBN 9781579582937, lire en ligne).
  6. (en) Rob De La Rive Box, The Complete Encyclopedia of Vintage Cars 1886-1940, Rebo International,‎ 1998, 147 p. (ISBN 978-9036615174).
  7. (en) « Lancia Aprilia Coupé Introduced 1937 », Pininfarina (consulté le 29 juillet 2009).
  8. (en) « Fotos: Lancia Aprilia Cabriolet », www.infocoches.com (consulté le 29 juillet 2009).
  9. (en) « Cisitalia. '202' GT Car. 1946 », Museum Of Modern Art (consulté le 10 août 2008).
  10. (en) « Alfa Romeo 6C 2500 », Consumer Guide (consulté le 10 août 2008).
  11. a et b Paolo Tumminelli, Car Design By, Neues Publishing Company,‎ 2006 (ISBN 9783823845614, lire en ligne), p. 30.
  12. Krafft, « Architecture: formes et fonction », Jour mondial de l’urbanisme,‎ 1963, p. 87.
  13. (en) « 1950-1951 Studebaker », Consumer Guide (consulté le 8 août 2008).

Source[modifier | modifier le code]