Pont de la Basse-Chaîne (Angers)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pont de la Basse-Chaîne
Image illustrative de l'article Pont de la Basse-Chaîne (Angers)
Géographie
Pays France
Région Pays de la Loire
Département Maine-et-Loire
Localité Blason d'Angers.svg Angers
Coordonnées géographiques 47° 28′ 14″ N 0° 33′ 49″ O / 47.470555556, -0.56361111147° 28′ 14″ N 0° 33′ 49″ O / 47.470555556, -0.563611111  
Fonction
Franchit Maine
Fonction Pont routier
Caractéristiques techniques
Type Pont à poutres
Longueur 124 m
Portée principale 54 m
Matériau(x) Béton armé, pierre
Construction
Construction 21 mars 1960

Géolocalisation sur la carte : Pays de la Loire

(Voir situation sur carte : Pays de la Loire)
Pont de la Basse-Chaîne

Géolocalisation sur la carte : Maine-et-Loire

(Voir situation sur carte : Maine-et-Loire)
Pont de la Basse-Chaîne

Géolocalisation sur la carte : Angers

(Voir situation sur carte : Angers)
Pont de la Basse-Chaîne

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pont de la Basse-Chaîne

Le pont de la Basse-Chaîne franchit la Maine à Angers entre le quartier de la Doutre et le Château d'Angers, dans le Maine-et-Loire et la région Pays de la Loire en France.

L'ancien ouvrage, achevé en 1838 est connu pour sa destruction en 1850 qui provoqua la mort de 220 soldats du 3e bataillon du 11e régiment d'infanterie légère et de 3 civils lors d'une revue dans Angers[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pont de la Basse-Chaîne, inauguré en septembre 1838, était un pont suspendu ancré au sol, conçu par l'architecte Joseph Chaley et autorisé par l'ordonnance royale du 12 juin 1835 pour une durée de concession de 35 ans. Il était de type routier et mesurait 102 m de longueur. Ce passage au-dessus de la Maine était établi au même emplacement qu'aujourd'hui, au pied du château d'Angers, mais franchissait la Maine d'une seule travée. La partie conception a débuté en 1831 et la fin à proprement parler du projet a lieu en 1842, lorsque tous les documents administratifs furent réglés, tels que les arrêtés ou les procès verbaux nécessaires à la mise en conformité de l'ouvrage. La concession et le péage du pont prirent fin en 1870[1].

Il existe deux versions du drame, la première incrimine la tempête, sévissant ce jour-là, ajouté au fait que certains des câbles en fer étaient oxydés, ce qui aurait conduit à l'effondrement de l'ouvrage. La seconde considère que ce pont cachait des problèmes de conception et que le bois, constituant le tablier, est entré en résonance avec la marche au pas du régiment qui défilait[2].

Note : Nous n'avons pas de garantie de la réalité historique des gravures présentées ci-dessous.

La catastrophe de 1850[modifier | modifier le code]

La rupture du pont de la Basse-Chaîne à Angers en 1850

Le matin du 16 avril 1850, le 3e bataillon du 11e régiment d'infanterie légère[1] partait en direction de la place de l'Académie pour y passer une revue. Ils revenaient du bois d'Avrillé où ils avaient fait une halte pour prendre un repas. Ce jour-là, une tempête épouvantable s'abattait sur Angers mais les hommes continuèrent leur marche en direction du pont. Le lieutenant-colonel Simonet, qui commandait la troupe, avait fait rompre le pas[3].

Une partie du bataillon avait atteint la rive gauche quand le vent violent provoqua des oscillations du pont suspendu, qui furent accentuées par les soldats se balançant d'un côté à l'autre, dans le but d'équilibrer le tablier. Un « craquement formidable » se fit entendre, puis le poids des soldats acheva la rupture des câbles de suspension qui précipita le régiment dans la rivière, provoquant la mort de 223 hommes (226 selon certaines sources), parfois transpercés dans leur chute par leurs baïonnettes. Deux employés d'octroi qui accompagnaient le bataillon, moururent noyés dans ce drame. Les écrits, qui tentent de nous faire part de l'horreur de la scène, mentionnent : « La Maine devint rouge et vit se débattre dans les affres de la mort 485 soldats »[4]. Plus tard, la tempête, ainsi que l'oxydation des câbles du pont suspendu seront mis en cause dans cette tragédie[3].

La variante de l'histoire accuse la marche au pas du régiment d'être responsable de la rupture du pont, pourtant arrêtée avant l'entrée du pont selon certains écrits : les vibrations régulières sur le pont suspendu donnèrent au tablier un mouvement ondulant, s'amplifiant car entretenu par le pas des soldats jusqu'à l'entrée en résonance du pont et sa destruction. Le matériau constitutif du tablier du pont, à savoir l'acier, a alors vibré selon la même fréquence que le rythme de la marche au pas du régiment, ce qui a généré ce phénomène. Cette version est contestée puisqu'un règlement interdisant la marche au pas sur les ponts existait avant cette catastrophe[2].

Une commémoration en l'honneur des victimes a eu lieu suite à la catastrophe. Les travaux de démolition ont été entrepris ultérieurement pour dégager la Maine et les parties restées instable après la chute de l'ouvrage, puis des études ont été lancées pour prévoir la construction d'un nouveau passage[1]. Une plaque commémorative, placée sur l'actuel pont rend hommage aux victimes de l'accident.

Le pont en pierre de 1856

Le pont en pierre de 1856[modifier | modifier le code]

Il fut remplacé par un pont en arc vouté en pierre, constitué de 5 travées. La construction débuta en 1851, sous la direction de l'ingénieur Thoré, l'entrepreneur retenu et son inauguration se déroula le 15 avril 1856[1],[2].

L'effondrement du pont de Broughton[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pont de Broughton.

Un accident similaire relaté dès 1833, dans le « Magasin Pittoresque », avait eu lieu 20 ans avant celui d'Angers, en Angleterre sur le pont suspendu de Broughton, près de Manchester. Le 12 avril 1831; ce pont construit sur la rivière d'Irwel s'est écroulé lors du passage d'un détachement de 60 hommes d'artillerie. Le détachement avançant au pas, le balancement synchrone du pont allait croissant. Alors que la tête du détachement allait atteindre l'autre extrémité du pont, un des piliers en fer supportant les chaînes tomba sur le pont, entraînant avec lui une grosse pierre du piédestal à laquelle il était fixé. L'un des coins du tablier se trouvant abandonné, s'affaissa immédiatement et plongea dans la rivière. Plus de 40 soldats périrent et une vingtaine reçurent des blessures[2]. Une autre source confirme la vingtaine de blessés, mais indique qu'il n'y a eu aucun mort[5].

Descriptif[modifier | modifier le code]

Le pont de la Basse-Chaîne réunit les quartiers de la Doutre et du boulevard Foulques-Nerra, avec le centre et le boulevard du Général-de-Gaulle, en face du château d'Angers. Il est situé entre la Cale de la Savatte en amont avec l'espace culturel Le Quai et le Nouveau théâtre d'Angers, puis le quai Éric-Tabarly en aval. On peut apercevoir également le long de la Maine le pont de Verdun en amont et le pont de l'Atlantique en aval, juste avant le lac de Maine.

Vue depuis le pont de Verdun sur la cale de la Savatte

L'ouvrage, tel qu'il est aujourd'hui, a été inauguré le 21 mars 1960[1],[3]. Il s'agit d'un pont à poutres avec 3 travées pour 2 piles dans la Maine. Le tablier est composé de 8 poutres en béton armé par travée et supporte 4 voies de circulation. Les piles sont en maçonneries.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • [1] La catastrophe sur le site Art-et-histoire.com
  • [2] Archives municipales de la ville d'Angers (1849-1870)
  • [3] Ville d'Angers, Archives anciennes, inventaire méthodologique des Voiries, boulevards, ponts (document pdf).
  • [4] Ronde de nuit, galerie de photos d'Angers prises de nuit, 2004-2005.
  • L'ancien Pont de la Basse-Chaîne sur Structurae.
  • Le Pont de la Basse-Chaîne sur Structurae.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Angers.fr
  2. a, b, c, d et e Art-et-Histoire.com
  3. a, b et c Structurae
  4. Les Archives départementales du Maine-et-Loire
  5. (en) Anon, « Fall of the Broughton suspension bridge, near Manchester », The Manchester Guardian, The Manchester Guardian,‎ 16 April 1831