Pont couvert

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Un pont couvert à Routhierville au Québec.
Le pont Smith sur la rivière Brandywine au Delaware (États-Unis).

Un pont couvert est un pont construit le plus souvent en bois, mais parfois aussi en maçonnerie. Il comporte un plancher supporté par des longerons ou des traverses, appuyé sur deux poutres triangulées et couvert d'une toiture, d'où son nom.

Origines[modifier | modifier le code]

L'origine des ponts couverts remonte au XIIe siècle, en Europe, principalement en Suisse, ainsi qu'en Asie. L'ingénieur Thimothy Palmer (Newburyport, Massachusetts, États-Unis), fit construire en 1797 le premier pont avec poutres triangulées en bois (fermes). Long de 167 mètres, il fut construit pour franchir la rivière Schuylkill à Philadelphie et fut nommé Permanent Bridge. Ce n'est cependant qu'en 1806 qu'il fut doté d'un toit, qu'il conserva jusqu'à la fin de son utilisation en 1850.

Palmer, à raison, décida de faire couvrir le pont d'un toit afin de protéger sa structure des intempéries; sa durée de vie probable d'une quinzaine d'années passait ainsi à plusieurs décennies. Cette méthode fut alors reprise sur plusieurs autres ouvrages aux États-Unis et au Canada.

Allemagne[modifier | modifier le code]

Angleterre[modifier | modifier le code]

Le Pulteney Bridge de Bath, sur l'Avon, est un des plus beaux ponts couverts en maçonnerie. Il est bordé d'échoppes, mais le piéton peut malgré tout voir la rivière par des fenêtres.

Canada[modifier | modifier le code]

Nouveau-Brunswick[modifier | modifier le code]

66 au Nouveau-Brunswick. D'ailleurs, le plus long pont couvert est situé à Hartland dans cette province, et ses 390 mètres datant de 1901 permettent de traverser le fleuve Saint-Jean.

Québec[modifier | modifier le code]

Pont couvert Félix-Gabriel-Marchand de Fort-Coulonge

Plus de 1 000 ponts couverts ont été bâtis dans la province, le plus récent en 1958 en Abitibi-Témiscamingue.

Le plus vieux pont couvert toujours existant au Québec est celui d'Elgin (Hinchinbrooke) sur la rivière Châteauguay, qui date de 1861. Ce pont a aussi la particularité d'être le seul exemple encore intact au monde à avoir été construit avec des fermes de type McCallum[1].

Le plus long pont couvert au Québec est celui de la municipalité de Notre-Dame-des-Pins dans la région de la Beauce. Construit en 1928, la structure mesure 154,5 m. Il a cependant 1 mètre de moins que le pont Félix-Gabriel-Marchand si mesuré selon la méthode reconnue officielle.[réf. nécessaire]

Le pont Félix-Gabriel-Marchand de Fort-Coulonge, construit au-dessus de la rivière Coulonge, est l'un des plus longs ponts couverts au Québec, soit 152 mètres. Si mesuré selon la méthode reconnue officielle, le pont Marchand est le plus long pont couvert du Québec. Érigé en 1898 par Augustus Brown de Beachburg en Ontario, le pont a été classé monument historique le 1er juin 1988.

Souvent érigés sur de petites routes rurales, les ponts couverts ont été négligés, si bien que, de ce millier, on n'en comptait plus que 245 en état d'utilisation en 1965, puis 100 en 1980, et enfin 91 en 1997. C'est à cette époque, suite à des pressions populaires afin de conserver ce patrimoine bâti pittoresque, que l'inventaire et l'inspection des ponts couverts du réseau routier québécois fut entrepris par le Ministère des Transports du Québec, afin d'en évaluer l'état, l'intérêt touristique et l'entretien.

Autres provinces[modifier | modifier le code]

On retrouve en 2009 deux ponts couverts en Colombie-Britannique et trois autres en Ontario.

Chine[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Le pont couvert Cox Ford dans le parc Turkey Run (Indiana).

Aux États-Unis, plus de 825 ponts couverts existent toujours, surtout en Nouvelle-Angleterre et dans le midwest : on les retrouve en Pennsylvanie (environ 200), en Ohio (environ 135), en Indiana (environ 95), au Vermont (environ 90), au New Hampshire (environ 50) en Oregon (environ 50) et au Maine (environ 9). Ceux de Madison, dans l'Iowa, sont célèbres pour avoir été le lieu du roman The Bridges of Madison County de Robert James Waller et du film de Clint Eastwood (Sur la route de Madison).

France[modifier | modifier le code]

La France ayant une tradition bien établie de construction de ponts en maçonnerie (pierre puis béton) et en métal, l'emploi du bois était réservé aux ouvrages temporaires ou aux ponceaux. Il n'existe donc qu'un seul pont en bois couvert ancien, sur la commune du Pont-Chrétien-Chabenet dans l'Indre. C'était un pont de service établi sur la Bouzanne à l'occasion de la construction d'un viaduc ferroviaire au milieu du XIXe siècle. Il fut rapidement doublé par un pont routier sans être démoli et est resté utilisé pour un trafic agricole modeste. Il a été restauré récemment et est désormais réservé aux piétons.

Pont couvert routier de Saint-Gervais-sous-Meymont

La mise au point du lamellé collé et la preuve de ses capacités et de sa durabilité pour la construction de halles a conduit à la réalisation de nombreuses passerelles et de quelques ponts routiers en bois, la plupart du temps non couverts. Aussi, le pont couvert moderne de Saint-Gervais-sous-Meymont reste une exception[2]. Construit au milieu des années 1990, il a une portée de 33 m et n'est pas limité en charge. Il permet à la route départementale 906 de franchir la Dore, dans le Puy-de-Dôme.

En 2000 a été lancé le pont des Fayettes, à structure mixte bois, métal (pour les tirants) et béton (pour le tablier). Il est couvert de bardeaux en bois. C'est un pont routier sans limite de charge permettant à la D526 de franchir la Bonne près de Valbonnais (Isère).

En revanche, on connaît comme ponts-couverts en maçonnerie ceux de Rive-de-Gier (Loire), au-dessus de la rue du canal, anciennement le canal de Givors, et de Narbonne, le fameux Pont des Marchands.

Strasbourg[modifier | modifier le code]

Les ponts couverts de Strasbourg, sur la rivière Ill, précèdent de quelques années la fortification de la ville par Vauban après la prise de la ville par Louis XIV, le 30 septembre 1681. Ils avaient pour fonction de protéger les accès fluviaux de la Ville Libre de Strasbourg, relevant alors de l'Empire mais possédant un statut d'immédiateté et une large autonomie permettant l'établissement d'une douane propre. Les ponts couverts servaient donc de point de passage obligé entre les villes alsaciennes, toutes situées en amont de Strasbourg sur l'Ill et le Rhin situé à 10 km en aval de Strasbourg, et donnaient accès aux richesses culturelles et au savoir renommé de la « ville des routes ».

Luxembourg[modifier | modifier le code]

Plusieurs ponts couverts sur la rivière Sauer (Sure).

Suisse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des ponts couverts de Suisse.
Pont couvert Kapellbrücke à Lucerne, Suisse.
Le Rheinbrücke à Diessenhofen, Suisse.
Le Holzbrücke de Büren an der Aare.

La Suisse est sans doute l'un des premiers pays européens à avoir construit des ponts couverts en bois :

Vietnam[modifier | modifier le code]

  • Au Viêt Nam, le pont couvert de Hôi An, construit en 1593 par les Japonais, pour relier les communautés Chinoises et Japonaises. Chaque extrémité est gardée par un couple de chiens et de singes.
Pont couvert dans l'ouest de Sumatra en Indonésie (1877-1879)

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Exemples de charpentes de ponts couverts
  2. Le Journal du bois, n°35, juillet-août 1996.
  3. « Pont de Berne », Fribourg Région - Suisse (consulté le 19 août 2007)
  4. « Die Holzbrücke », Büren an der Aare (consulté le 19 août 2007)
  5. « Pont couvert de Diessenhofen », Structurae (consulté le 19 août 2007)
  6. « Le pont couvert en bois le plus haut d'Europe - Melchtal, Suisse Centrale », Suisse Tourisme (consulté le 19 août 2007)