Polypore soufré

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Polyporus sulphureus

Laetiporus sulphureus

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Polypore soufré

Classification
Règne Fungi
Division Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Ordre Polyporales
Famille Fomitopsidaceae
Genre Laetiporus

Nom binominal

Laetiporus sulphureus
(Bull. ex Fr.) Murrill

Synonymes

Polyporus sulphureus

Laetiporus sulphureus, de son nom vernaculaire en français, le Polypore soufré, autrefois Polyporus sulphureus ou Polyporus sulfureus[1] est un champignon basidiomycète de la famille des Fomitopsidaceae. Son nom latin a été formé sur laetus, gai (en référence à sa couleur vive) et -porus (à pores) à partir de polyporus.

Description[modifier | modifier le code]

Ce champignon se rencontre du printemps à l'automne, sur l'écorce de troncs verticaux ou couchés (plus rarement à l'intérieur de cavités) de nombreux feuillus : chênes, châtaigniers, hêtres, cerisiers, pommiers, etc. ; il est plus rare sur conifères.

C'est un redoutable parasite. Un arbre attaqué meurt rapidement, évidé par l'intérieur, tout en conservant son aspect extérieur.

« Un chêne très âgé de l'Université de Prague s'est ainsi abattu d'un seul coup sur plusieurs personnes par une journée ensoleillée de juillet où il n'y avait pas le moindre souffle de vent, et a fait plusieurs victimes. »

— Henri Romagnesi, Atlas des champignons d'Europe p. 274

.

  • Chapeaux multiples, sessiles, de 10 à 30 cm de large, exceptionnellement de 50 cm voire plus sur des troncs couchés, étagés et imbriqués en éventail, d'aspect chamoisé, jaune soufre puis jaune orangé. Absence de pied proprement dit, champignon en console sur les troncs.
  • Chair de 1 à 3 cm d'épaisseur, blanchâtre, d'abord tendre et exsudant un jus jaunâtre, puis sèche, légère et friable comme du plâtre.
  • Odeur fongique forte, d'abord douceâtre rappelant à l'état juvénile celle de la chair de poulet puis évoluant vers celle du cèpe ou du bolet chez les individus plus âgés[2] non caractéristique, saveur acidulée.
  • Tubes très fins, jaune soufre plus clair, courts, les pores petits, jaune citron très vif
  • Sporée : de couleur blanc-crème

Habitat[modifier | modifier le code]

Polypore soufré (exemplaire plus âgé)

Le polypore soufré est un parasite de blessure de nombreux arbres, essentiellement des feuillus et particulièrement sur les genres Prunus, Pyrus, Robinia et Populus, plus rarement de conifères (Larix, Taxus) qui vient du printemps à l'automne et peut rapidement atteindre plus de 10 kg par temps humide.

Il produit une pourriture brune fatale à son support, mais n'attaque que des arbres blessés, tombés ou affaiblis.

Comestibilité[modifier | modifier le code]

Sur tronc de chêne qui semble fendu et avoir été antérieurement blessé au collet

Les exemplaires très jeunes sont considérés comme comestibles et appréciés dans certains pays comme les États-Unis où il porte le nom de chicken of the woods ou sulphur shelf, mais peuvent provoquer des allergies quand ils sont consommés[2].

Propriétés[modifier | modifier le code]

Ces composants, in vitro se sont montrés antibiotiques vis-à-vis des bactéries Gram négatif et ils ont fortement inhibé la croissance des bactéries Gram-positif testées[3].
L'extrait brut présentait aussi une forte activité antifongique sur Candida albicans[3].
  • Cette espèce pourrait être utilisée pour la mycoremédiation (épuration par des champignons) de certains polluants organiques, dont les pesticides minéraux ou métalliques toxiques et non biodégradables utilisés dans certains traitements conservateurs des bois[4]. Une étude a évalué la capacité de cette espèce (et de 2 autres : Fomitopsis palustris et Coniophora puteana à accumuler à la bioremédiation (ou extraction biologique en l'occurrence) de l'arséniate de cuivre chromaté (ACC) dans des bois traités par ce pesticide non biodégradable une fois que le bois a été acidifié (ce qui rend les métaux plus mobiles et plus bioassimilables). L'acide oxalique permet de lessiver les métaux lourds du bois. Sur une période de fermentation de 10 jours, F. palustris et L. sulphureus ont extrait plus d’acide oxalique (respectivement 4,2 g / l et 3,2 g / l ) que C. puteana. Cultivés sur du bois traité et réduit en sciure, ces champignons ont extrait respectivement environ 100 % et 85 % de l'arsenic du bois (alors que C. puteana n’en avait extrait que 18 %).
    Pour le chrome, C. puteana s'est également montré moins performant, probablement car moins capable d’absorber l'acide oxalique. Ceci suggère que F. palustris F. et Laetiporus sulphurous peuvent assainir du bois (préalablement acidifié), mais ceci laisse aussi penser que ces champignons peuvent accélérer la remise en circulation de métaux accumulés par les arbres au long de leur vie s'ils ont poussé dans une atmosphère polluée, surtout en condition acide.
  • Ce champignon produit une lectine hémolytique toxique; cette nouvelle lectine (tétramère, de poids 190 kDa, dite Lectine LSL (pour lectine sulphureus L.) présente de fortes similarités structurales avec des toxines bactériennes (une toxine bactérienne MTX2 produite par Bacillus sphaericus contre les moustiques, et la toxine α produite par Clostridium septicum [5].

Espèces proches[modifier | modifier le code]

Le polypore soufré peut aussi se confondre avec d'autres polypores mais reste très caractéristique de par sa couleur et la friabilité de sa chair.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Romagnesi, Atlas des champignons d'Europe Bordas Nature Paris 1995[6]
  • Roger Phillips, Les Champignons, éditions Solar[7]
  • André Marchand, Champignons du Nord et du Midi, tome III / IX, Hachette[8]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • (fr)

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Romagnesi, Atlas des champignons d'Europe Bordas Nature Paris 1995 (p. 274)
  2. a et b Le polypore soufré (Mycorance)
  3. a, b et c Aziz Turkoglu et al. Antioxidant and antimicrobial activities of Laetiporus sulphureus (Bull.) Murrill ; Food Chemistry ; Volume 101, Issue 1, 2007, Pages 267-273 ; doi:10.1016/j.foodchem.2006.01.025 (Résumé)
  4. S. Nami Kartal & al. 2004/07/14 ; Bioremediation of CCA-treated wood by brown-rot fungi Fomitopsis palustris, Coniophora puteana, and Laetiporus sulphureus Résumé) ; Journal of Wood Science ; Ed : Springer Japan ; ISSN:1435-0211 (Print) ISSN:1611-4663 (Online) ; Volume 50, Number 2 / avril 2004 ; DOI:10.1007/s10086-003-0544-8 ; p. 182-188
  5. Hiroaki Tateno et Irwin J. Goldstein ; Molecular Cloning, Expression, and Characterization of Novel Hemolytic Lectins from the Mushroom Laetiporus sulphureus, Which Show Homology to Bacterial Toxins ; 2003/08/04, doi:10.1074/jbc.M306836200 ; The Journal of Biological Chemistry, 278, 40455-40463.
  6. (ISBN 2-04-027156-2)
  7. (ISBN 2-263-00640-0)
  8. (ISBN 84-499-0649-0)