Polybe (affranchi)

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Polybe (Gaius Iulius Polybius) (Ier siècle) est un affranchi de l’empereur Claude qui a été élevé au rang de secrétaire pendant son règne.

Avant l'accession de l'empereur au trône, il assistait Claude dans ses travaux littéraires, juridiques et historiques comme chercheur. Par la suite, Polybe est devenu l’un des responsables de la chancellerie impériale, avec le titre de a studiis.

L'historien Suétone écrit dans sa Vie des douze Césars que Claude était si reconnaissant de son l'aide que l'on a permis à Polybe de se mêler aux consuls pendant le travail.

« Polybium ab studiis, qui saepe inter duos consules ambulabat[1] »

Quand Polybe perdit un frère au début des années 40, Sénèque, alors en exil, écrivit son célèbre Ad Polybium[2]. Dans cette œuvre, il loue Polybe pour sa fidélité à Claude, mais le sermonne aussi sur le fait que le service de l'empereur est prioritaire sur son chagrin.

Sénèque fut soupçonné de vouloir s’attirer les grâces de l'influent Polybe afin d'obtenir le droit de rentrer à Rome. Son exil se prolongea pourtant encore cinq ans[3].

La déloyauté aurait mené Polybe à sa chute[4]. Il fut exécuté sur une accusation de Messaline[5], prouvant ainsi que, malgré leur immense pouvoir, les affranchis de l’administration impériale, étaient sous l’autorité de l'empereur, et non l’inverse comme la rumeur se plaisait à le dire. Sénèque, dans sa caricaturale Apocoloquintose de Claude[6], cite de nouveau Polybe en 54, parmi les affranchis qui accueillent le défunt Claude aux Enfers.

Des historiens antiques ont prétendu que l'impératrice Messaline complota pour sa disgrâce après s'être fatiguée de lui comme amant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Polybe, maître des études, qui allait toujours entre deux consuls. Suétone, Claude, 28.
  2. Sénèque, Consolation à Polybe (Ad Polybium consolatio).
  3. Louis Gabriel Michaud, Biographie Universelle, éd. Michaud frères, 1825, p. 25.
  4. Ce n'est pas l'opinion de Pierre Grimal, Sénèque ou la conscience de l'Empire, Paris, 1978, p. 100 : « sa mort paraît bien avoir été due à sa fidélité envers Claude; lorsqu'il tenta d'empêcher la tentative de Messaline pour remplacer Claude par Silius ».
  5. Dion Cassius, livre 60, 31.
  6. Sénèque, Apocoloquintose, XIII.