Pollyanna (film, 1960)

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Pollyanna

Réalisation David Swift
Scénario David Swift
Sociétés de production Walt Disney Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1960
Durée 134 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Pollyanna est un film américain de David Swift sorti en 1960. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle Pollyanna écrite par Eleanor H. Porter et publiée en 1913.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Pollyanna, fille orpheline de missionnaires, arrive dans la petite ville de Harrington pour vivre avec sa riche tante, Polly Harrington. Pollyanna est jeune et gaie, se concentre sur la bonté de vie et, ainsi se fait de nombreux amis dans la communauté dont l'hypocondriaque Mme Snow et l'acide ermite M. Pendergast.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin[1], John West[2] et IMDb[3]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source : Leonard Maltin[1], Dave Smith[4], John West[2] et IMDb[3]

Sorties cinéma[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database[5].

Origine et production[modifier | modifier le code]

Le film reprend l'histoire de Pollyanna écrite par Eleanor H. Porter et publiée en 1913 au sujet d'une orpheline accueilli par sa tante Polly à Harrington vers 1912[1],[6]. Une précédente adaptation avait été réalisée en 1920 avec Mary Pickford, Pollyanna (1920)[7].

Pollyanna marque la première participation de l'actrice Hayley Mills, fille de l'acteur John Mills à une production Disney mais les premiers pas de réalisateur de David Swift[1],[4]. Walt Disney aurait été impressionné par la prestation d'Hayley Mills dans Les Yeux du témoin (1959), film dans lequel elle joue aux côtés de son père et que Walt envisageait d'engager pour le rôle-titre du film Les Robinsons des mers du Sud[8]. David Swift était un employé de bureaux du studio Disney depuis les années 1930 qui est devenu assistant animateur aux côtés de Ward Kimball[8]. Après avoir quitté le studio durant les années 1940 pour écrire des scénarios pour la télévision dont la série télévisée Mr. Peepers (1952-1955), Disney lui offre avec Pollyanna une chance de réaliser son premier long métrage[8]. Il confie à Swift l'adaptation du livre d'Eleanor Porter dont il venait d'acheter les droits[9]. Jane Wyman et Agnes Moorehead avaient joué ensemble dans Johnny Belinda (1948)[4].

David Swift rédige un premier scénario de 60 pages avec les grandes lignes de ce que serait le film et l'envoi à Walt Disney même si pour lui le style est plus proche du Saturday Evening Post, il le considère comme son meilleur récit[9]. Walt Disney apprécie l'histoire au point d'avouer avoir versé une larme et quand Swift revient avec le scénario final qu'il juge trop long Walt Disney lui dit que c'est lui qui coupera si nécessaire[9]. David Swift et Winston Hibler ont été choqué de voir Walt Disney pleurer lors du visionnage des rushes[10]. C'est l'un des trois films pour lequel Walt Disney a une réaction aussi forte avec Danny, le petit mouton noir (1948) et Calloway le trappeur (1965) en raison du décor de petite ville de l'Ouest américain au début du XXe siècle très proche de ses souvenirs[10].

Bien que Pollyanna soit la première réalisation de Swift, Walt Disney lui confie un budget conséquent de 2,5 millions d'USD et les ressources techniques du studio Disney considéré par Swift comme les meilleurs à Hollywood[6],[9]. John West précise qu'à l'instar d'Alfred Hitchcock, David Swift s'amuse à faire des caméos dans ses films, il joue ici le pompier qui réprimande Kevin Korkoran dans la scène d'incendie de l'orphelinat[11]. Le seul regret de Swift à propos du film est qu'il le jugeait trop long, trop de 25 minutes[12]. Mais Walt Disney appréciait chaque pouce de film et refusa d'en supprimer un seul, de son coté Swift aurait coupé les scènes de la relation entre le docteur Chilton et la tante Polly[12].

Tournage[modifier | modifier le code]

Les extérieurs du film ont été tournés à Santa Rosa et dans la Napa Valley en Californie[7],[12],[6], des lieux qui ressemblent selon Leonard Maltin de « manière acceptable » à la Nouvelle-Angleterre au début du XXe siècle[7]. Le studio Disney de Burbank a aussi été utilisé[12] principalement pour les intérieurs[6]. La plupart des maisons victoriens et la gare sont situés dans la région de Santa Rosa et le studio a du demandé l'aide des pompier pour remplir la piscine vidée à cause de la sécheresse[12]. La maison de Jane Wyman est en réalité celle de Mme Julliard McDonald située à Santa Rosa, réplique de 1877 d'une maison construite par sa famille avant la Guerre de Sécession à Natchez dans le Mississippi[12],[6]. La maison des McDonald possède un étage de moins que celle du film, ajouté grâce au travail d'artiste matte de Peter Ellenshaw[12].

Une vieille locomotive et une ancienne gare de train ont été utilisées pour renforcer l'atmosphère[7]. La gare a depuis retrouvé son état d'abandon et David Swift y est retourné dans les années 1990 en famille, pour découvrir que les rails avaient été enlevés, les fenêtres brisées et les caténaires retirés[12]. Les décors intérieurs dont l'église (Leonard Maltin suppose que c'est une véritable église) et la riche maison de la Tante Polly ajoutent au réalisme[7]. Les costumes et la direction artistique ont nécessité d'engager des personnes d'autres studios dont Walter Plunkett et Robert Clatworthy afin d'étoffer les compétences[7]. Le tournage a nécessité 150 figurants, 30 moutons, 18 chevaux et 6 cageots de poulets vivants[12].

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Le film Pollyanna avait été initialement perçu comme une mauvaise comédie sentimentale larmoyante mais parce qu'il avait été conçu comme un film plus grand public et au contraire des attentes, il fut très bien accueilli[1]. Le Time, Newsweek et les autres critiques se sont accordés sur le fait qu'un tel projet serait un désastre ; une histoire larmoyante présentée par le maître du mièvre ; ce qui a surpris les critiques (leurs opinions étaient unanimes) est que le film était l'un des meilleurs jamais produits. Mais peu avaient compté sur la malédiction du livre, qui avait alors une réputation de saccharine ». Lorsque le film n'a pas réussi à rapporter les 6 millions d'USD attendus, Walt Disney répondit que[8],[13] : « le film aurait été meilleur édité sous un autre titre. Les femmes et les filles sont allées le voir mais les hommes l'ont évité car il semblait trop doux et attachant. » Le Time, dans une critique inversée, y voit « l'un des meilleurs films avec acteurs de Disney jamais réalisés, » mais ajoute que cette remarque est un « Niagara d'idioties et un chef d'œuvre de flagornerie[8]. »

Variety voit dans ce film un triomphe personnel pour Hayley Mills[8]. Le magazine londonien Observer trouve qu'il est très agréable de voir et entendre Hayley et comme elle semble dotée du don de faire rejaillir le talent de ses partenaires, le film est charmant et amusant[8]. Arthur Knight du Saturday Review écrit que Pollyanna possède la sensation d'Americana, l'atmosphère nostalgique d'une façon de vivre plus simple et plus douce qui a caractérisé la plupart des films de Disney[8].

Malgré la qualité de la production et les bonnes critiques, le film n'obtient pas le résultat escompté avec 3,75 millions d'USD de recettes, il est loin des 6 millions attendus[8]. Toutefois Hayley Mills a obtenu un oscar spécial pour son rôle dans le film donné durant la cérémonie par Shirley Temple mais comme elle n'était pas présent, Hayley avait été remplacée par Annette Funicello[12].

Par la suite il a été diffusé à la télévision dans l'émission Walt Disney's Wonderful World of Color sur NBC en trois épisodes, le 1er décembre, 8 décembre et 15 décembre 1963[14]. Le film a été édité en vidéo en 1982 et 1993[6]. Le studio a aussi réalisé différents téléfilms un premier réalisé par Robert Day The Adventures of Pollyanna (1982) et deux réalisés par Debbie Allen Polly (1989) et Polly Comin' Home (1990)[6].

Analyse[modifier | modifier le code]

Leonard Maltin reprend la plupart des écrits publiés à la sortie du film à son compte[8]. Pollyanna est l'un des films les plus longs de Disney mais sa longueur est justifiée selon Maltin en raison du scénario patiemment conçu qui offre des points de vues toujours nouveaux de l'histoire[8]. Le script de Swift comporte de nombreuses touches merveilleuses à la fois humoristiques et poignanntes[8]. En plus du script, Swift en tant que réalisateur a ajouté de nombreux détails pour donner l'impression d'être dans une petite ville américaine en 1912[8]. Selon Jimmy Johnson, cette première participation d'Hayley Mills à un film Disney est un succès auprès des critiques mais reste modeste au niveau du box-office[15]. Pour Steven Watts, Pollyanna est le meilleur exemple de film dans lequel le studio Disney présente une sensibilité positive et optimiste du simple citoyen et son rôle social efficace[16]. La capacité de la jeune Pollyanna à trouver des solutions aux problèmes et d'aider les autres permet d'influencer les relations, améliorer les vies des habitants de la petite ville d'Harrington[16]. Cette mise en avant de l'intégrité individuelle et de la volonté est l'une des marques de fabriques du studio Disney dans les années 1950[16]. Steven Watts considère l'image de la femme renvoyée dans Pollyanna comme le plus fascinant portrait de l'idéologie domestique Disney durant la Guerre froide[17]. Le film rejette la pensée victorienne rigide et vieillotte au profit d'une ouverture d'esprit, un optimisme, de la joie et un bonheur personnel[18]. Watts écrit que ce film de Disney mets en avant une pensée positive et une philosophie populaire socio-religieuse que l'on peut associer à celle de l'icone morale de l'Amérique de la Guerre froide, Norman Vincent Peale[18]. Et malgré son décor du début du XXe siècle, c'est l'image de la femme idéale moderne qui est présentée[18].

Le 25 octobre 1987, Jerry Griswold de l'Université d'État de San Diego écrit dans le New York Times[13] : « Une tentative de ressusciter Pollyanna a été faite en 1960 par Walt Disney en adaptant le livre dans un film. John West considère le film comme excellent avec un rendu croustillant de l'ambiance du roman d'Eleanor Porter ce qui en fait un des meilleurs films avec acteurs de Disney[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 170.
  2. a et b (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 168.
  3. a, b et c (en) Pollyanna (film, 1960) sur l’Internet Movie Database
  4. a, b et c (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 446
  5. (en) Pollyanna - Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  6. a, b, c, d, e, f et g (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 447
  7. a, b, c, d, e et f (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 171.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 172.
  9. a, b, c, d et e (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 169.
  10. a et b (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 5
  11. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 170.
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 171.
  13. a et b New York Times: Pollyanna, Ex-Bubblehead
  14. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 361.
  15. (en) Jimmy Johnson, Inside the Whimsy Works, p. 106
  16. a, b et c (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 296
  17. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 331
  18. a, b et c (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 332

Liens externes[modifier | modifier le code]