Politique nationale

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La Politique nationale est une politique économique mise sur pied par les conservateurs de John A. Macdonald en réaction à la crise économique de 1873. Les conservateurs misent gros sur cette politique et en font leur principal cheval de bataille lors des élections de 1878. D'ailleurs, la Politique nationale, par l'espoir qu'elle suscite chez les gens, permet aux conservateurs, avec John A. Macdonald en tête de revenir au pouvoir après le scandale du Pacifique de 1873.

Composantes[modifier | modifier le code]

L'idée de la Politique nationale fut émise par John A. Macdonald en 1878.Macdonald eut l'idée de la Politique nationale lorsqu'on décida de fédérer les colonies britanniques d'Amérique du Nord en 1867 pour pouvoir créer, entre autres, un ensemble économique viable puisque le Traité de Réciprocité avec les États-Unis venait de prendre fin. C'est donc 11 ans plus tard, à la suite du Scandale du Pacifique, lorsque le Parti conservateur de Macdonald fut défait aux élections de 1874 par les Libéraux d'Alexander Mackenzie, que Macdonald revint en force avec un plan pour cette Politique nationale. Les trois principaux aspects de cette politique sont :

  1. l’instauration de tarifs douaniers de 30 à 35 % sur les produits manufacturiers pour favoriser l’industrialisation du Canada ;
  2. l’extension du chemin de fer vers les villes secondaires et vers l’ouest du pays pour faciliter les échanges commerciaux ;
  3. le support à l’immigration pour développer l’ouest du pays et augmenter la taille de l’économie canadienne.

Conséquences territoriales[modifier | modifier le code]

C'est donc dans l'esprit de la Politique nationale que Macdonald acheta des terres de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Il voulait ainsi les coloniser avec des milliers de personnes qui exploiteraient le blé, qui serait ainsi transporté sur les marchés internationaux. La condition essentielle au développement de ce commerce était de trouver un moyen de transport rapide et efficace. Lors de l'entrée de la Colombie-Britannique dans la Fédération, Macdonald proposa au plus vite que celle-ci soit relié aux Grand Lacs par un chemin de fer. De cette façon, les récoltes pourront facilement être acheminées vers le centre du Canada, où on transformera la marchandise et où on pourra l'expédier vers l'Europe.

Interrelation des composantes de la Politique Nationale[modifier | modifier le code]

Les trois composantes de la Politique nationale sont étroitement liées entre elles. D'abord, l'augmentation des tarifs douaniers, première composante de cette politique économique, constitue une forme directe de protectionniste qui permet le développement de l'industrie canadienne naissante. En plus de protéger le développement industriel canadien, les tarifs douaniers élevés permettent l'afflux de nouveaux capitaux dans les coffres du gouvernement fédéral. Ces capitaux seront réinvestis dans ce qui constitue le deuxième objectif de la Politique nationale : l'extension du réseau ferroviaire vers l'ouest. L'atteinte du troisième objectif, c'est-à-dire la colonisation de l'ouest, est intimement liée à la réalisation du deuxième objectif : le développement de voies de transport et de communication efficaces vers l'ouest. La colonisation des territoires à l'ouest augmente la population du pays et offre de nouveaux débouchés aux industries canadiennes naissantes.